Disclaimer: Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer
A/N: Le chapitre tant attendu, celui du test de paternité de Jasper! Je ne vais pas m'étendre là-dessus, je préfère vous laisser lire et donner votre avis après! Alors bonne lecture et merci mille fois à celles qui prennent la peine de reviewer!
Chapitre 48 – Test de paternité
JPOV
Je ne pouvais pas arrêter d'y penser, jour, nuit, au boulot, à la maison. Maria avait déposé une bombe à retardement et je ne pouvais à présent rien faire d'autre qu'attendre qu'elle m'explose au visage. Inlassablement, j'essayais de me rappeler la période où cette enfant aurait pu être conçue, en vain. Plus j'y pensais, et moins ça me paraissait plausible. Même si j'aimais Maria à l'époque, mon état de santé ne m'aurait jamais permis de faire une chose pareille. Et puis pour autant que je sache, elle prenait ses précautions non ? Elle ne cessait de me dire qu'elle ne voulait surtout pas tomber enceinte pour ne pas ruiner son corps, ça je m'en rappelais bien… Combien de fois m'avait-elle allumé pour mieux me laisser frustré après coup… Avait-elle changé d'avis pendant mon séjour à l'étranger ?
J'essayais de faire bonne figure devant Alice pour ne pas l'alarmer. Mes sentiments pour elle étaient inchangés, mais je ne souhaitais pas qu'elle pense que toute cette histoire risquait de mettre en péril mon désir de l'épouser. Elle aussi avait été fort secouée par la nouvelle malgré son apparente bonne humeur et notre vie affective somme toute normale. Je le savais, et ne m'étonnais pas de la trouver parfois bien silencieuse alors qu'elle se croyait seule dans la pièce. Mon premier réflexe aurait été d'aller la prendre dans mes bras pour la réconforter, mais ça aurait été faux, puisque je n'étais pas capable moi-même de me convaincre que toute cette histoire était absurde. Alors nous faisions semblant d'ignorer le problème, intensifiant nos efforts dans la préparation du mariage.
Au moins ce point là était certain, et l'organisation semblait en meilleure voie. J'étais passé la veille faire quelques retouches à mon costume, qui j'espérais serait à la convenance d'Alice. Je n'osais même pas imaginer sa réaction si mon choix n'était pas à sa convenance. Tout devait être parfait. Il n'y avait qu'à voir l'état dans lequel elle s'était mise lorsque j'avais failli surprendre la paire de chaussures qu'elle comptait mettre pour le jour J. De même, elle m'avait formellement interdit de l'accompagner chercher sa robe, je ne devais pas la voir avant la cérémonie. D'ailleurs elle ne l'avait pas ramenée à la maison pour éviter toute tentation, Rosalie s'étant chargée de la conserver chez elle en attendant la cérémonie. Je n'étais pas particulièrement fan des grandes manifestations publiques, mais je devais admettre qu'Alice savait faire planer le suspens, et j'avais progressivement développé une certaine impatience à la voir toute de blanc vêtue… Et ma nervosité de ces derniers jours n'aidait en rien à la calmer.
J'étais particulièrement nerveux aujourd'hui. Maria m'avait appelé au bureau pour me proposer de venir faire le test de paternité le lendemain. Anna n'avait pas école, et sa mère pourrait la conduire jusqu'au laboratoire. J'allais devoir rencontrer cette petite fille de cinq ans, qui non contente d'avoir une mère absolument abjecte, risquait à présent d'avoir un père totalement inutile et absent. Un véritable modèle d'éducation ! Une nouvelle fois une pensée m'assaillit. Et si Anna était ma fille ? Alors quoi ? Devrais-je finalement assumer mon rôle et enfin lui offrir l'attention qu'elle méritait ? Cela impliquait-il de laisser Maria s'immiscer de nouveau dans ma vie ? Et Alice dans tout ça ? Comment le vivrait-elle ? Car je comptais bien l'épouser, envers et contre tout. Accepterait-elle de devenir la belle-mère de cette enfant dont elle ne savait rien ?
« Jazz, ça t'ennuie si je rentre plus tard demain après-midi ? J'ai promis à Rosalie de garder les petits pendant qu'elle va chez le médecin… »
« Huh ? »
« Demain après-midi, nous avions prévu d'aller voir ce film tu te rappelles ? »
« Ah, euh oui, c'est vrai. Non non ce n'est pas grave, on ira une autre fois. A la vérité ça m'arrange, j'ai des choses à faire moi aussi. »
« Ah oui ? »
« Oui euh… »
« Jazz… Tu ne sais rien me cacher, je te conseille de cracher le morceau… »
Elle avait raison, je ne savais pas mentir. Du moins pas à elle. Quand elle me regardait ainsi, avec cette moue un peu boudeuse, adorable dans cette petite robe fleurie dont la bretelle glissait doucement le long de son épaule, il m'était tout simplement impossible de raisonner avec logique. Mais je n'avais pas non plus envie de ruiner l'instant et l'ambiance en parlant de Maria… Pourtant il serait plus honnête que je lui explique la situation. Les secrets n'étaient jamais vraiment bons dans un couple, en tous cas pas ceux là… Je soupirai donc bruyamment, prêt à faire mon annonce
« J'ai rendez-vous au labo en ville pour faire le test de paternité… »
« Oh… »
Ce fut tout ce qu'elle dit, baissant les yeux sur ses mains. Et voilà, j'avais ruiné l'atmosphère joyeuse créée un peu plus tôt. Je glissai alors mes doigts entre les siens, désireux de lui montrer que quoi qu'il se passe, ça ne changeait en rien mes sentiments à son égard. Elle eut un léger sourire triste, et je ne pus m'empêcher de la serrer contre moi. Pourquoi fallait-il toujours que je la rende malheureuse ?
« Jazz… »
« Oui ? »
« Quoi qu'il arrive, sache que je t'aimerai toujours ! »
Comment un monstre comme moi pouvait-il avoir déniché pareil oiseau rare ? Alice était la femme la plus merveilleuse que j'ai jamais rencontrée… Pris d'un élan de passion je la soulevai alors de terre et l'emmenai dans notre chambre. Elle lutta juste pour la forme, avant de vite rendre les armes en me laissant l'aimer furieusement des heures durant.
APOV
Je savais bien qu'il était nerveux. Je savais aussi qu'il essayait de le cacher, et qu'il bataillait dur pour ne pas m'inquiéter. Mais malheureusement pour lui, il n'était pas très doué à ce jeu là. Je savais pertinemment que cette histoire de paternité le taraudait en permanence, et je devais admettre que je n'étais pas vraiment tranquille non plus. L'idée que cette femme revienne dans sa vie par l'intermédiaire de cette pauvre petite fille ne m'enchantait guère. Mais je ne comptais pas me laisser faire si facilement, aussi j'avais mis au point ma propre stratégie.
Elle était d'ailleurs très simple, son but étant de rassurer Jasper sur mes sentiments pour lui, et surtout m'assurer des siens. C'était en partie la raison pour laquelle je faisais davantage d'efforts pour le séduire, et jusque là mon plan fonctionnait à merveille puisque je n'avais même pas besoin de réclamer son affection, il me l'offrait sans condition. Je savais aussi que son soudain besoin de me faire l'amour avec ardeur avait été déclenché par mes quelques petits mots, que je ne devais utiliser qu'avec précaution et parcimonie pour qu'ils gardent leur force.
Le lendemain serait crucial avec ce fameux test, mais ce serait surtout les cinq jours d'attente qui suivraient qui seraient les plus durs. Je devinais déjà par avance que Jasper serait torturé au possible, et qu'il me serait difficile de lui parler pendant ce laps de temps. Je craignais qu'il ne soit le père de cette enfant, mais par-dessus tout, je craignais le retour de cette Maria dans sa vie. Elle ferait tout pour le détourner de moi, et le récupérer. C'était évident, sinon elle ne serait pas soudainement réapparue dans sa vie. Et avec le mariage qui approchait, je redoutais que ses doutes ressurgissent, et qu'il ne cède à ses vieux démons.
Non, je devais être optimiste et me dire que tout ceci ne serait qu'un mauvais souvenir d'ici une semaine, et que bientôt mes seules préoccupations seraient de savoir si ma robe m'irait toujours malgré le poids que j'avais perdu depuis mon dernier essayage…
Je reposais à présent à côté de Jasper, me laissant bercer par sa respiration et les battements de son cœur. Son bras était enroulé autour de moi, m'empêchant de bouger – non que je m'en plaigne… Je relevais la tête, sondant son beau regard. Il était de nouveau parti dans ses pensées, et je ne pus m'empêcher de le trouver irrésistiblement attirant. J'avais consciente que bien des femmes en ce monde pouvaient m'envier. Il serait à tomber dans son costume le jour de notre mariage, et moi je serai la fille la plus chanceuse du monde de me faire passer la bague au doigt par un apollon pareil. Bella disait toujours que j'exagérais, parce que beaucoup de gens s'arrêtaient aux cicatrices et du coup, ça jouait sur son attrait physique. Moi je ne les voyais plus vraiment, il m'arrivait de les tracer du doigt lorsque je le caressais, mais c'était quelque chose de tellement secondaire… Derrière ces marques devenue blanches avec le temps, je voyais sa peau légèrement hâlée, un regard à faire pâmer n'importe quelle femme, ou des abdos en béton que je ne me lassais pas d'admirer. Il était beau, et parfait, et j'étais folle de lui.
Je l'embrassai doucement pour le sortir de ses noires pensées, et déjà il me souriait tendrement. Voilà, c'était cet homme là que j'aimais !
« Alice, excuse-moi si je ne suis pas à la hauteur de tes attentes ces jours-ci. »
« Ne t'excuse pas, je comprends. Ca va aller. »
« J'espère… Je suis tellement désolé de devoir t'infliger tout ça, surtout si proche de notre mariage »
« Ca me rend encore plus impatiente de te passer la corde au cou très cher ! Et pour l'heure, je n'ai absolument pas à me plaindre, tu assures sur tous les tableaux… »
Il esquissa un autre sourire qui me fit fondre, et je décidai que nous passerions le reste de la journée dans cette chambre. Il n'y vit aucune objection, trop heureux de pouvoir abuser de la situation. Nul besoin que j'explique la manière dont nous occupâmes les heures qui suivirent, toujours est-il que nous dormîmes comme des loirs après.
Le lendemain matin, je me réveillai seule dans notre grand lit. Je n'aimais pas ça, les draps étaient froids, preuve que mon homme s'était levé il y avait un moment déjà. Pourtant ce n'était que l'après-midi qu'il avait rendez-vous ! J'enfilai donc un peignoir et sortit de la chambre pour aller prendre ma douche. Il n'y était pas non plus, dommage. J'en profitais pour me pomponner à loisir, mon plan de garder mon homme fou de moi toujours en tête, optant pour une petite jupe en jeans assez courte et un simple top noir qui mettait en valeur mon peu d'attributs féminins.
Je fis enfin mon entrée à la cuisine, et y trouvai Jasper en train de prendre son café tranquillement, lisant le journal. Il leva les yeux lorsque j'entrai, et me sourit avec douceur, appréciateur. Il quémanda son baiser matinal, et reprit sa lecture l'air de rien. Il était déjà tard, nous avions dormi une bonne partie de la matinée, et je devais aller garder les enfants de Rosalie dans peu de temps. Si seulement j'avais su avant que le test avait lieu aujourd'hui, j'aurais pu l'accompagner ! Lorsque j'avais suggéré d'annuler mes plans avec Rose, il avait dit que ce n'était pas nécessaire, et qu'il pouvait se débrouiller tout seul. Ce n'était pas ça le problème, mais j'avais déjà plus de mal à l'idée qu'il se retrouve en présence de Maria et de la petite Anna… Je savais comment il se comportait avec les enfants de sa sœur, il avait un vrai don pour ça. Et étonnamment ils le lui rendaient bien, faisant fi de son apparence pourtant impressionnante. Je savais par avance que la petite fille l'adopterait immédiatement, et ce n'était pas exactement ce que je craignais tant que les intentions de sa mère…
Je songeais à toutes ces choses lorsqu'il se leva et murmura quelques mots d'amour à mon oreille avant d'aller se préparer. Je l'aimais tellement… Je le regardai enfiler ses chaussures, et prendre sa petite mallette en cuir.
« Tu passes au bureau ? »
« Non, mais je compte faire un tour par chez Jenks. »
« Ton avocat ? »
« On n'est jamais trop prudent mon ange… »
« Je vois… Tu m'appelles quand tu sors ?»
Il acquiesça, m'embrassa une dernière fois et sortit de la maison, me laissant toute seule. Mon cœur battait la chamade, et l'inquiétude commença à s'emparer de moi. Pour essayer de me changer les idées, je décidai de faire un brin de ménage en attendant d'aller garder les enfants, à commencer par la cuisine où tout était encore en plan. C'était le deal entre Jasper et moi. Etant donné qu'il était légèrement plus lève-tôt que moi, il préparait le petit déjeuner, et comme je démarrais le travail en général bien plus tard que lui, je m'occupais de tout ranger et nettoyer. Et nous avions gardé le même rythme les week-ends, satisfait de cette organisation. Pour une fois que le ménage me semblait être un bon dérivatif !
JPOV
Je me tenais dans la salle d'attente du laboratoire. Evidemment, Maria était en retard. Elle n'avait jamais su arriver à l'heure à nos rendez-vous à l'époque, ça n'allait pas changer maintenant ! Je détestais tout ce qui me rappelait les hôpitaux. Chaque fois je revoyais les murs blancs de ma chambre après mon accident, et les bruits de mes hommes blessés ou mourants venaient résonner à mes oreilles. Puis une douleur lancinante venait me prendre au ventre, comme pour me rappeler que oui j'avais survécu, mais ce n'était pas le cas de tout le monde ! Si Alice avait été là, peut-être aurais-je été plus détendu… Mais elle avait promis à Rose. Et je ne voulais pas lui imposer cela en plus. Elle avait assez à supporter avec toute cette histoire, le mariage, et ses propres soucis sans que je ne lui rajoute les miens.
Enfin je vis Maria arriver. Elle tenait une petite fille par la main. Anna. Elle était adorable dans sa petite robe rose et ses collants blancs. Exactement le genre de vêtements qu'Alice ferait porter à notre fille si nous en avions une un jour… Lorsqu'elles arrivèrent à ma hauteur, elle vint s'agripper à la jambe de sa mère, soudain intimidée devant moi. J'échangeai quelques mots avec Maria, puis m'agenouillai à la hauteur de la petite fille pour lui parler.
« Bonjour Anna. Je m'appelle Jasper. »
« Anna, ne fais pas le bébé, dis lui bonjour ! »
« … 'Jour… »
« Tu sais, c'est normal d'avoir un peu peur. Moi aussi je ne suis pas rassuré quand il y a tous ces docteurs… »
« Maman a dit que je devais venir… Mais je ne suis même pas malade ! »
« Je sais, moi non plus, mais ils ont besoin de faire quelques tests pour voir si toi et moi nous avons des choses en commun. Tu veux bien ? »
Elle me regarda avec circonspection, hésitant encore à me faire confiance. Quoi de plus normal après tout, elle ne m'avait jamais vu de sa vie… Tandis que sa mère allait remplir quelques formulaires à la réception, je l'invitai à venir s'asseoir à côté de moi. Elle grimpa sur la chaise, laissant ses petites jambes pendre dans le vide. J'imaginais sans mal mon Alice faire la même chose à son âge…
« Toi aussi tu dois remplir des feuilles ? »
« Oui, ils ont besoin de savoir des choses sur moi aussi. Ils posent parfois des questions difficiles !»
« Je peux peut-être t'aider. La maîtresse dit que je sais bien lire ! »
« Vraiment ? C'est une bonne nouvelle alors ! »
Elle m'offrit alors un sourire plein de fierté et me montra ses talents en déchiffrant les premières phrases du formulaire. Je jouai le jeu, la complimentant à chaque mot difficile. A présent elle ne me craignait plus, j'avais gagné sa confiance.
« Maman dit que tu es mon papa… C'est vrai ? »
« Je ne sais pas, c'est pour ça que je suis venu aujourd'hui. Les docteurs vont nous le dire. »
« Comment ils sauront ? »
« Ils vont faire un test ADN. C'est-à-dire ils vont prendre un petit bâton comme une sucette, ils vont te demander de le gratter contre l'intérieur de ta bouche, et ils vont faire pareil avec moi. Ensuite ils vont utiliser des appareils très compliqués qui diront si nous sommes de la même famille. Tu comprends ? »
« Oui, enfin je crois. Mais c'est dégoûtant. C'est de la bave ! »
J'esquissai un sourire. Elle était adorable ! J'étais sûr qu'Alice l'adorerait. Et quand bien même Anna ne serait pas ma fille, je savais que nous aurions des enfants rapidement, malgré notre désir de profiter de notre vie de couple un petit moment. Alice serait absolument merveilleuse enceinte, et je l'imaginais tout à fait un nouveau né dans les bras, un bébé dont nous serions tous les deux sûrs d'être à l'origine…
« Mr Whitlock, si vous voulez bien me suivre… »
Le médecin qui était venu me chercher m'emmena dans un petit cabinet et me fit m'asseoir. Comme je l'avais expliqué à Anna, il procéda au test ADN, et me posa quelques autres questions dont il nota les réponses au dos du formulaire que j'avais déjà rempli. Selon lui, il faudra entre trois et cinq jours pour connaître les résultats. Le taux de réussite de ce test dépassait les 99%, je pourrais donc être assuré de ma paternité ou non. En moins de deux j'étais déjà sorti, et Maria et sa fille furent à leur tour introduites dans la même salle où j'étais quelques instants auparavant. J'aurais pu partir directement et rentrer à la maison, mais je préférais attendre qu'elles aient terminé afin de déterminer la marche à suivre ensuite.
Anna sortit la première et vint me raconter comment ça s'était passé, tandis que sa mère flirtait outrageusement avec le jeune médecin. Du Maria tout craché… Lorsqu'enfin elle nous rejoignit l'air de rien, elle m'expliqua que selon les résultats des tests, alors je devrais accepter de rencontrer son avocat pour régler cette histoire d'école à l'étranger, et alors tout rentrerait dans l'ordre. Je l'informai également avoir pris contact avec mon avocat afin d'étudier tout document qui me serait remis, afin d'agir pour le mieux de ma fille si tel était le cas. Je promis de la recontacter dès lors que j'aurais reçu le coup de fil du labo, et saluai la petite fille avant de prendre congé.
Voilà, c'était fait, à présent les dés étaient jetés. Je ne pouvais plus qu'attendre les résultats. Anna semblait être une enfant adorable, et étonnamment plus agréable que sa mère, pas surprenant que cette dernière veuille l'envoyer étudier à l'étranger… Si elle tenait tant que ça à s'en débarrasser, et en admettant que le test revienne positif, peut-être pourrais-je envisager de demander la garde totale d'Anna. Il faudrait évidemment en parler avec Alice, mais cela pourrait en valoir la peine… Maria n'était pas faite pour être mère, n'importe qui pouvait le voir… En vivant avec moi, Anna pourrait évoluer dans un univers sain, et aurait toutes les chances de se construire une vie correcte… Enfin, si bien sûr j'étais le père…
Je n'avais pas réalisé qu'en reprenant ma voiture, j'avais roulé tout droit chez ma sœur. C'était inconscient, parce que j'avais initialement prévu de rentrer directement à la maison pour laisser mon esprit digérer toutes ces émotions… Pourtant, une nouvelle fois, c'était vers Alice que j'avais cherché à revenir. J'avais besoin d'elle, de lui parler, de partager mes sentiments avec elle… un coup d'œil à ma montre me laissa deviner que les petits devaient être en train de faire la sieste, nous pourrions donc discuter tranquillement. Je garai la voiture dans l'allée, et frappais doucement à la porte. Non sans avoir vérifié avant, elle vint m'ouvrir et m'accueillit d'un sourire chaleureux. Dieu que je l'aimais…
QUATRE JOURS PLUS TARD
APOV
La journée avait été éprouvante, en particulier avec la préparation du défilé de mode auquel j'avais été conviée. C'était un grand honneur qu'on me faisait étant donné mon peu d'ancienneté dans le métier, alors je donnais tout ce que j'avais pour être à la hauteur. D'ailleurs tous les soirs je montrais mes progrès à Jasper, mimant ma démarche dans le salon, un dictionnaire sur la tête comme les plus grands tops models. L'effet était toujours immédiat, je finissais irrémédiablement dans ses bras à l'embrasser à pleine bouche… Quoi, ne pouvait-on mêler l'utile à l'agréable ? Et puis lui aussi avait besoin de souffler un peu… Depuis qu'il était revenu de faire son test, il était sur des charbons ardents. Pas qu'il passe ses nerfs sur moi, au contraire il était toujours très correct et attentionné, mais je voyais bien la façon avec laquelle il se fâchait au téléphone dès que son assistante l'appelait, ou lorsqu'il me racontait les réunions auxquelles il avait assisté. Ca ne lui ressemblait pas, et c'était ainsi que je me rendais bien compte qu'il était nerveux.
Lorsque je passai la porte de la maison, je le vis immédiatement. Il était au téléphone en grande conversation avec Jenks, son avocat. Je n'avais jamais bien compris la raison pour laquelle cet homme continuait de travailler pour lui après toutes ces années. Jasper était absolument immonde avec lui, qu'il soit de bonne humeur ou non, et n'avait jamais fait le moindre effort pour remercier l'homme de loi. Lorsque je lui avais posé directement la question concernant son comportement, il m'avait seulement répondu « selon son expérience, certaines relations professionnelles étaient parfois mieux entretenues par la peur que par l'appât du gain ». Quoi que cela pouvait bien signifier…
Je me contentai donc de venir m'asseoir au salon sur le canapé, attendant qu'il ait terminé avant de l'interroger. Il semblait agité, et je n'arrivais pas à mettre de sens sur ses paroles. Lorsqu'enfin il raccrocha, il vint me rejoindre sur le sofa, et prit ma main dans les siennes. Un frisson parcourut mon échine. Il ne pouvait être question que d'une seule chose…
« Alice, juste avant d'avoir mon avocat en ligne, le labo a appelé. »
Toute une série de questions vint alors envahir mon esprit. Et s'il était le père ? Et s'il décidait de se battre pour sa fille ? Et s'il décidait de se remettre avec Maria pour le bien de leur enfant ? Et s'il me quittait ? Et s'il ne le faisait pas ? Et s'il n'était pas le père, les choses seraient-elles quand même différentes ? Chercherait-il à renouer avec elle ? Autant d'interrogations sans queue ni tête qui me laissèrent le souffle court.
« Ils avaient les résultats ? »
Il ne répondit pas, se contentant d'acquiescer. J'étais tétanisée, et mes mains tremblaient entre les siennes. Il ferma les yeux un instant, soupira doucement, prêt à m'annoncer le verdict.
Non non ne me haïssez pas, je sais que c'est cruel de couper à ce moment précis... :p Mais je vous en explique la raison, elle est toute simple. J'ai réfléchi aux deux possibilités qui s'offrent à moi, et je n'arrive pas encore à décider avec certitude. Au début j'avais pris une décision, et j'avais écrit un paragraphe supplémentaire. Et puis en me relisant, j'ai été prise de doutes, alors je l'ai effacé. J'ai encore besoin de temps (je sonne comme une série américaine lol) avant de choisir, ne m'en voulez pas, et continuez de me dire ce que vous pensez que je devrais faire! Vos avis me sont précieux, j'en tiens autant compte que possible.
Merci et à très vite!
