Stupide ! Voilà ce que je suis ! Stupide ! Pourquoi avait-il fallut que je pense que j'étais capable de rester aussi longtemps sans boire du sang ! Même moi, qui avait un certain nombre d'année derrière moi, j'avais failli tuer une charmante infirmière qui me faisait les yeux doux depuis au moins 30 minutes ! Cela m'apprendra à ne pas croire que je suis capable de rester tant de temps sans une seule goute de sang frais ( d'animal, je précise ).

Esmée avait raison, j'avais toujours quelques failles dont une qui aurait pu courir à ma perte. Je n'arrivais toujours pas à le croire. Tuer une humaine d' à peine 22 ans. Elle ne savait pas le risque qu'elle encourait à me séduire comme cela. Elle pourrait mourir comme elle avait failli tantôt alors qu'elle tentait encore une approche. De toute évidence, elle aimait le danger. Un peu comme Bella qui s'était jetée de cette falaise et qui s'était amourachée d'Edward, un vampire qui détestait plus que tout d'être ce qu'il était.

Mon GSM vibra dans la poche de mon pantalon. Mais étant en pleine consultation, j'étais dans l'incapacité de décrocher. J'essayais par tous les moyens de rester serein mais c'était mission impossible. Cet appel me torturerait pendant toute la journée. Ne pas savoir qui m'avait appelé avant d'être sorti de ce bâtiment était le pire des châtiments.

Ma patiente me regardait étrangement. Malheureusement, je ne savais pas lire dans les pensées comme notre cher Edward. Je tentais de me rattraper en lui souriant. Dieu merci, j'étais un vampire, grâce à cela, je fus capable de la faire sourire différemment. Pour une fois, j'étais heureux d'être l'horrible créature que j'était. Sa fille ne lui ressemblait pas du tout. Elle avait des yeux bleus azurs tellement intenses alors qu'elle avait des yeux bruns. Ce qui n'était normalement pas possible car le brun l'emportait sur le bleu. Le visage non plus, la jeune femme avait les traits fins tandis que ma patiente n'avait pas cet atout.

Le soleil ne brillait pas. Cette morose habitude me pesait un peu. Peut-être qu'un petit voyage à Londres. Non pas, Londres, pas assez de soleil. Mais pourquoi penser à ça, puisque de toute façon, je ne pouvais pas me montrer quand le temps était favorable aux activités humaines. J'étais une sorte de malade permanent. C'était horrible pour un médecin de se dire malade permanent.

La journée passa lentement. Lentement. Très lentement. Ce qui était très rare car d'habitude, je trouvais mon métier exaltant. Si je pouvais revoir le visage paisible de Bella sourire. Juste une fois. J'aimais tellement son sourire. Surtout quand elle me souriait avec ses yeux marrons qui fixaient les miens. Je rêvais de sa voix qui chantonnait chaque mot qu'elle prononçait. Elle était naturellement belle sans une seule touche de maquillage.

Une autre cause du dégout de Rosalie à son égard. Stupide raison n'est-ce pas. Sauf pour ma chère fille. Elle me manquait aussi terriblement. Son dévouement à la famille était indescriptible. Elle chérissait tout ce qui avait un rapport avec la famille. Un simple objet pouvait la faire sourire. Mais un sourire différent des autres, un nostalgique. Si elle le pouvait, elle pleurait toutes les larmes de son corps. Mais c'était impossible. Comme son rêve d'avoir des enfants. J'étais profondément désolé pour ça.

Bella, Bella s'était le seul prénom qui me venait à l'esprit malgré moi. Je me sentais obligé de la protéger contre le monde entier. Vous devez me prendre pour un fou mais c'est ma vérité. J'avais peur. Vous n'imaginiez pas ma peur quand Jasper l'avait attaquée ! J'étais terrifié pour elle. Le seul fait de la savoir en danger me mettait dans tous mes états.

La fin de la journée fut sonné pour moi à 20 heures. Je me dirigeai vers le parking où se trouvait ma place privée. Oui, j'étais revenue depuis peu et j'avais de nouveau mon emplacement personnel. Une fois dans ma voiture, je sortis mon GSM et lus " Un appel manqué : Charlie Swan " . Cela faisait 1 mois que je n'étais plus passé chez eux. Que se passait-il ?

Je préférai aller directement à la résidence Swan pour savoir le problème. Je pris la direction de cette maison . La voiture de Charlie était garée, comme d'habitude, devant la maison. Tout semblait normal à part une chose, il n'y avait pas l'habituel silence de mort. Des sanglots perçaient ce silence. Je sonnais avec une appréhension à la porte. Charlie m'ouvrit et se pétrifia.

- Carlisle ? Entre, entre, Bella est très mal.

J'entrai d'un pas rapide à l'intérieur dans le hall. Mon hôte m'amena dans le salon. La pièce sentait le renfermé à croire qu'ils n'avaient pas fait le ménage depuis 1 siècle - et je savais de quoi je parlais .

- Elle est très mal, elle pleure sans arrêt. Ma fille dit que sa vie ne lui sert plus à rien et part dans une autre dépression, je crois. Je vous en supplie, aidez-la, j'ai tout tenté ! Sans vous, elle se perd ! Montrez-lui le bon chemin.
- Où est-elle ? demandais-je un peu autoritaire.

Il me désigna l'étage d'un geste du menton. Je montai seul l'escalier et ouvrit la porte de la chambre de ma petite protégée. Elle était recroquevillée sur son lit. Bella avait un visage dénué de n'importe quelle expression à présent. Mais on voyait très bien qu'elle venait de s'arrêter de pleurer. Son regard vide était posé sur moi. On aurait dit qu'elle portait un masque. C'était à la fois terrifiant et fascinant. Une musique passait : " There You'll be". Magnifique chansons, je devais dire. Si mes souvenirs étaient bons, elle venait du film " Pearl Harbor" . J'avais toujours trouvé l'introduction impressionnante.

Ma protégée se leva difficilement toujours en me regardant. Je la trouvais étrangement pâle et fragile. Pâle car on pouvait à la limite voir en transparence de sa peau et fragile car elle était effroyablement maigre. Bella fit le tour de la pièce, regarda dehors et se retourna lentement. Je voyais quelques larmes discrètes couler sur ses joues de porcelaine. Elle n'avait rien perdu de sa beauté. Je fermai la porte derrière moi. Elle s'avança vers moi. Ses yeux semblaient ne plus arriver à contenir toute leur tristesse. J'étais bouleversé de la voir comme ça. La jeune femme sombra en pleurs accrochée à ma veste. Je l'enlaçait pour la réconforter.

- J'ai peur, Carlisle, murmura-t-elle. J'ai peur de tout. Je suis tellement insignifiante. Je me sens inutile. J'ai peur que personne n'ait plus jamais besoin de moi.
- Bella, tu es tout sauf insignifiante et inutile, dis-je en lui soulevant le visage par le menton. Je peux te l'assurer. Si tu savais toutes les personnes qui ont besoin de ta présence pour être sereines et posées.

Moi, pensais-je, amèrement malgré tout. J'avais besoin d'elle. Son sourire, sa personnalité, ses yeux posés sur moi, sa voix, elle tout simplement...