Arrêt temporaire du Flashback ( Histoire )

- Carlisle ?, s'écria Rosalie. Sors de tes rêveries !
- Oh désolé, s'excusa-t-il. Trop de souvenirs.

Rosalie fit quelques pas dans cette pitoyable ruelle qui sentait affreusement le poisson pourri. Londres s'éveillait peu à peu. Les jeunes enfants allaient bientôt se lever pour partir de leurs petits nids pour l'école. C'était à peu près la même chose pour les adultes quand on y pense. Sauf que nos chers bambins avaient une vision beaucoup plus simple du monde froid et dur que leurs parents affrontaient tous les jours et ce, jusqu'à la fin de leurs existences. Voilà à quoi se résumait leurs vies. C'était triste à dire mais vrai.

La fameuse chanson de Bella lui restait dans l'esprit. C'était la première fois que cela lui arrivait. Il me sentait porter par cette mélodie. Il pouvait à la limite entendre sa protégée la chanter. La ruelle, sa fille, sa veste posée à ses pieds, tout avait disparu, je ne voyais qu'elle dans sa robe rouge sang. Une robe à bustier avec un nœud au niveau de sa hanche droite.

- Tu m'exaspères, souffla sa fille adoptive. Tu étais tellement vif et sur de toi avant et maintenant regarde-toi, on dirait un homme à la rue qui a tout perdu !
- J'ai perdu tout ce que j'avais mis tant de temps à construire, Rosalie : une famille unie.

Le bel homme se leva d'un bond remarquablement gracieux et regarda le soleil se lever. Des couleurs chaudes envahirent le ciel. Il supplia le temps de s'arrêter pour me laisser contempler ce spectacle encore plus longtemps. Sans succès.

Et puis que signifiait encore le mot " bonheur " pour lui, rien ! Il se refusait toute forme de joie depuis qu'il avait quitté sa belle.

Il ferma les yeux pour la voir. Carlisle la voyait virevolter avec lui pendant une valse autrichienne. Les plus belles musiques de danse pour cet homme d'un autre âge. Il était tout simplement très romantique. Un sourire se dessina ses lèvres.

Soudain, un bruit étrange. Une sorte de murmure très discret que seul un vampire peut entendre. Les deux voix lui étaient familière. Il ouvrit les yeux et une Alice resplendissante lui apparut en pleine conversation avec son autre fille.

- Carlisle, s'écria-t-elle. Si tu savais comme tu nous manques ! C'est effroyablement triste cette rue.
- Si on peut appeler ça comme ça, grogna la femme d'Emmett.
- Rosalie !,s'indigna sa soeur, tu ne devrais pas avoir de tels propos !

Il s'approcha à pas lent d'elle pour la saluer dans bref geste de la tête. Elle le regarda avec peine.

- Carlisle, commença Alice, j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle pour toi ... La mauvaise, c'est ... Que je suis là pour t'ennuyer et t'écouter. La bonne, c'est que Bella va bien ainsi que ta fille : Léa Cullen.

Il releva la tête et sourit. Carlisle prit sa fille adoptive dans ses bras et la fit tournoyer dans les airs. Il ne savait quoi tant il était heureux. Le jeune père la reposa par terre .

- Quand pourrais-je la voir ?
- Quand tu auras terminé de raconter votre histoire, dit Alice avec des étoiles dans les yeux. Comme Bella le stipule dans sa lettre mon cher père.
- Quelle lettre ?

Alice, toute sautillante, lui donna la lettre et se recula pour continuer à converser avec sa radieuse soeur.

" Cher Carlisle,
Quel commence solennel tu ne trouves pas ? Mais je ne trouvais pas une autre façon de t'écrire.
Léa, ta fille, est née le 20 décembre alors que tu n'étais pas là ... Rosalie est partie te chercher et voulant connaitre toute notre aventure, elle te demandera de la lui raconter. Raconte-lui jusqu'à la fin ainsi qu'à Alice et puis seulement revient. Ne prends pas ça comme un blâme, je t'en supplie. Elles veulent tellement savoir que je préfère qu'Edward n'entende pas tout de ta bouche. Ta fille te ressemble énormément , tu le verras en rentrant.
Je t'aime Carlisle, plus que tout, je peux te l'assurer. Ta présence me manque tant. Prends soin de toi, mon amour.

Bella Cullen, ta Bella Cullen"

Une pétale de rose accompagnait son message. Pourquoi ? Il n'en savait rien. Il aurait aimé qu'elle soit là en chair et en os devant lui. Mais juste le fait de sentir son odeur le rendait heureux. L'idée qu'elle lui avait écrit une lettre était très parlante pour son esprit. Elle l'aimait toujours comme elle l'avait dit.

- Carlisle, si tu continues à penser aussi souvent, tu seras jamais là. Tu peux en être sûr. Et je ne suis pas sûre non plus que Bella soit contente de te voir arriver 100 ans plus tard, murmura Rosalie.
- Ce serait dommage, renchérit Alice, un si beau couple ... Avec un si bel avenir devant lui.
- Tu n'avais pas déjà dit ça pour Edward et elle ?, lâcha sa soeur.

Reprise du Flashback ( Histoire )

La respiration de Bella était saccadée. Très saccadée. Etait-ce de ma faute ? Je n'osais pas lui poser la question. Elle était allongée contre moi dans son lit. J'avais fait semblant de sortir pour faire croire à Charlie que j'étais parti pour revenir par la fenêtre. Stupide tactique me diriez-vous mais elle suffisait à tromper un humain.

Ils étaient tous seulement des humains et moi, un vampire. Bella était une simple mortelle qui risquait sa vie dès qu'elle sortait de chez elle alors que moi, les seuls que j'avais réellement à craindre, c'étaient les Volturis.

Aro, en particulier. Lui, qui avait le pouvoir sur nous. Ce vampire qui se vantait de toutes ces conquêtes. Surtout des humaines, qu'il tuaient par la suite ou alors, il les transformait pour continuer son jeux avec. Je détestais cet aspect de sa personnalité pourtant si cultivée.

Je regardais à mon tour par la fenêtre. Une magnifique pleine lune régnait sur le Ciel comme le soir où ma protégée avait sauté de cette falaise.

Etait-ce réellement une bonne idée de repenser à cela ? Peut importait la réponse. Seule la lune était une bon souvenir pour moi ...