Était-ce réellement une bonne idée ? Je n'en savais rien mais je devais le sauver, je devais nous sauver. Allais-je faire la pire chose de ma vie ? Moi, jeune vampire et jeune maman que j'étais, je devrais m'offrir à cet homme que je détestais plus que tout !
Je devais le faire pour ma famille, pour Carlisle, pour Léa, pour Alice et tous les autres. J'essayais par tous les moyens de me persuader que ce que j'allais faire était bien, sans y arriver de toute évidence.
J'étais prisonnière dans la gigantesque demeure des Volturi avec 2heures pour me décider. Plus d'une heure était passée à mon plus grand désespoir. Aro venait de temps à autre vérifier que j'étais toujours là car, avec le peu de bruit que je faisais, il pouvait aisément croire que j'avais trouvé une façon de m'échapper. Comme si c'était possible de s'échapper de cet enfer ! Il n'y avait aucune issue possible !
Si le Paradis existait vraiment, j'aurais aimé qu'il m'emmène maintenant. Léa serait en sécurité avec Carlisle. Il était la sécurité même. L'amour que je portais à l'homme qui m'avait aidée à remonter la pente était incomparable à celui que je portais à Edward. Je l'avais aimé mais, pas autant que le père de ma fille. Je m'en rendais compte de plus en plus à présent.
Aucune échappatoire ne semblait pourvoir me sauver. Dieu que mon bonheur avait été de courte durée : mon plus grand amour était parti pour me protéger d'Edward qui ne pouvait nous souffrir ensemble et Aro me demandait une chose horrible .J'étais condamnée au malheur.
Je me regardais dans l'immense glace qui ornait la salle où l'on m'avait enfermée. Elle reflétait une ravissante jeune femme dont la beauté égalait presque celle de Rosalie. Un teint pâle, des longs cheveux bruns ondulés, une grâce et une posture inhumaine mais malheureusement d'effrayants yeux rouges vifs.
J'entendais encore Carlisle hurler à Aro de me lâcher. La dernière fois, il avait été là pour me protéger mais cette fois, j'étais seule contre lui. J'allais devoir jouer de ruses pour gagner du temps.
Aro entra dans un fracas assourdissant. Son sourire me terrifia. Ce n'était pas n'importe quel sourire, c'était celui d'une victoire gagnée d'avance. Le pire de tous. Je le voyais s'avancer dans le miroir. Je n'osais pas lui faire face. Je détournais mon regard pour ne plus du tout le voir. J'entendais pourtant ses pas sur le carrelage blanc dont la couleur ressemblait plus à du gris qu'une autre. Le grand lustre en or s'alluma sur les coups de 20 heures. J'étais piégée à présent : soit je refusais et les miens mourraient ou j'acceptais et il nous laissait vivre. Je soupirai avant de me retourner brusquement. On voyait encore les traces des larmes de sang sur mes joues. Le chef des vampires claqua des doigts et une valse (si on pouvait appeler cette musique comme ça) terrifiante retentit dans la pièce où nous nous trouvions. Elle convenait très bien avec le moment, je devais l'avouer. Il se rapprocha de moi à une vitesse humaine. Son costume, toujours noir, était toujours aussi soigné. Aro avait tout organisé, la musique, l'endroit et même nos tenues. Jane m'avait obligée à enfiler une robe rouge sang à bustier. Elle était longue et sans bretelles. Comme dans les dessins animés Disney.
- Avez-vous pris une décision, Isabella ?
- Oui, murmurais-je lasse de cette même question posée plusieurs fois auparavant.
Je regardais cet homme tourner autour de moi tel un vautour. La musique semblait avoir été conçue pour ce moment. Sa voix sonnait comme un éclair tranchant le ciel par temps d'orage. Celle de Carlisle, en revanche, sonnait comme une mélodie délicate. Je fermais les yeux pour oublier, ne serait-ce que pour un court moment, la situation dans laquelle je me trouvais.
Je pensais à une forêt enneigée. Le froid de la neige et le calme de la forêt étaient si reposant. Puis une fille de 15 ans approximativement m'apparut. Elle avait une allure féline qui lui donnait un charme terrifiant. La jeune femme avait de magnifiques yeux en amande, le teint mat, les cheveux bruns avec de resplendissants reflets roux. Ses cheveux étaient coiffés sans vraiment l'être. Ses lèvres étaient pulpeuses et d'un rose inhumain. « Qui êtes-vous ? », demandais-je. Elle s'approcha de moi avec une allure de lionne et me sourit. « N'avez-vous réellement aucune idée de qui je suis ? ». Je secouai la tête en signe de non. Elle rit mais ce rire ne m'était pas inconnu. « Je suis la fille que tu aurais pu avoir avec Jacob »
- Bella ?, s'enquit Aro, Où êtes-vous donc ? Vous semblez si loin dans vos pensées que je ne peux déceler.
- Désolée, Aro. Je ... Je ... Ca n'a pas d'importance.
- Qu'avez-vous choisi, ma chère ?
Je contournai la grande table touchant du bout des doigts le bois verni. Mes talons-aiguilles rompaient le silence à chacun de mes pas. Alice aurait pris une photo de moi comme ça si elle avait été là. Qu'elle ignorante, j'étais franchement, comme pourrais-je gagner du temps face à lui ! C'était mission impossible. Il le décèlerait aussi vite que Carlisle avec la maladie. Je passai ma main dans mes cheveux afin de légèrement les ébouriffer.
Aro ne bougea pas mais m'observa avec une étrange attention. C'était ahurissant la façon dont il pouvait rester comme cela. Je faisais tout pour éviter de croiser son regard. Il semblait plus dangereux que Damon (Vampires Diaries - c'est juste une comparaison, Damon n'interviendra JAMAIS dans l'histoire ) Sauf que lui, ce n'était pas avec sa beauté qu'il était redoutable, c'était sa force due à son grand âge.
Je redoutais de plus en plus le moment où il me poserait un ultimatum. Mais rien, pas un signe ne désignait cela. Son sourire s'amplifiait de minutes en minutes. A croire qu'il avait prévu que je ferait tout un manège pour éviter que tout ne se produise trop vite.
Là n'était pas la question, pensais amèrement heureuse qu'il ne puisse lire dans mes pensées comme Edward. Je voulais avoir le père de ma fille à mes côtés. Je voulais qu'il me protège, qu'il me serre dans ses bras, qu'il me dise « Je t'aime ». Je désirai tant de choses tout en sachant qu'elles ne pouvaient se réaliser pour le moment. Un miracle ne pourrait même pas me sauver de l'atrocité d'Aro. Puis dans un éclair de génie, je pensai à Alice, elle verra sûrement ce qu'il veut qu'il se passe et elle était avec Carlisle et Rosalie !
- Alice doit déjà être au courant de ce que vous manigancez ! Elle viendra bientôt m'aider avec Carlisle !, m'écriais-je d'un coup.
- Quelle enfant dépourvue d'intelligence vous faites, Isabella. Ne pensez-vous pas que je n'y avais pas pensé avant ?
Il soupira et commença à marcher vers la porte et demande à Jane de l'ouvrir. Il revint 2 secondes plus tard avec un loup-garou à sa hauteur. J'étais décidément perdue. C'était impossible qu'il aie amené des loup-garou rien que pour l'occasion !
- J'accepte, murmurais-je résignée à mon sort.
OoOoOoO
Alice sautillait dans tous les sens possibles et inimaginables avant même que Carlisle ne commence vraiment à conter tous les grands événements de son histoire. Rosalie lui dit gentiment ( à sa façon ) d'arrêter rapidement avant qu'elle ne fasse un massacre.
Flashback ( Histoire )
Le lendemain matin, j'étais toujours avec elle sur son lit. Je l'avais regardée dormir toute la nuit. Elle était passionnante ! Jamais je n'aurai pu imaginer toutes les sensations que cela faisait d'être si proche d'une humaine si fragile et je désirais plus que tout la protéger contre le monde entier. Surtout de mon monde. Cela m'était inconcevable qu'elle se fasse attaquer par un des nôtres. Impossible ! J'allais peut-être devenir son garde du corps à l'instar des grandes stars qui n'osent plus sortir de chez elles. C'était hilarant de les voir terrifiées à l'idée de mettre un pied dehors sans une personne pour les protéger.
Elle bougea lentement contre mon torse de marbre et sourit avec une sorte de malice très charmante. Mais en un éclair, il disparut.
- Carlisle, j'ai peur que vous ne soyez pas là près de moi. J'ai peur que tout ceci ne soit qu'un doux rêve auquel je mettrai fin quand j'ouvrirai les yeux. J'ai peur de les ouvrir et de voir que vous n'êtes pas là. Que vous n'avez jamais été là.
- Je suis là, murmurais-je, Ne t'inquiète donc pas tant. Je serais toujours là pour toi. Pour toujours, je te le promets.
- Mais ...
- Il n'y aura jamais de mais quand il s'agira de toi. Bella, crois-moi, je suis là, ouvre les yeux.
Elle hésita un long moment. Je voyais sa peur sur son visage marqué par la fatigue de tant de nuits blanches à pleurer Edward. Finalement, elle ouvrit lentement ses yeux. Ma protégée poussa un soupir de soulagement en me voyant.
J'entendis les pas de Charlie dans les escaliers. Je regardai la porte et ensuite Bella qui m'observait attentivement.
- Charlie, dis-je avant de partir à une vitesse vampirique de son lit.
Elle ne vit pas partir et 30 secondes plus tard, son père entrait dans sa chambre pour lui annoncer qu'il allait au travail et que l'école avait demandé son retour aujourd'hui. Je souris, condamnée à aller à l'école pour le reste de ses 18 ans minimum.
Je toquais à la porte de la résidence Swan et je perçus le bruit du dévalement des escaliers que le père venait de faire avec une légèreté comparable à celle d'un éléphant. Toujours aussi délicatement, il ouvrit la porte tel un ouragan se déchainant sur un arbre centenaire.
- Carlisle !, s'exclama-t-il avec un large sourire. Bella va beaucoup mieux, merci beaucoup. J'aurai aimé vous accueillir mais je dois partir travailler.
- Oh, c'est dommage, j'aurai vraiment aimé lui parler, dis-je en jouant la comédie en répondant à son sourire.
Il me fit signe d'approcher et murmura – si on pouvait appeler ça murmurer car la délicatesse ne semblait pas être son fort :
- J'aimerai que vous la conduisiez à l'école si cela ne vous dérange pas trop. J'ai quelques appréhensions par rapport au fait qu'elle reprenne le volant. De plus, vous pourrez aisément lui parler. Et d'ailleurs, de quoi voulez-vous lui parler ?
- Son état d'esprit. La communication est le meilleur moyen, répondis-je sûr de moi.
- Très bien. Je dois vous laisser. Euh ... Comment êtes vous venu ? Je ne vois pas votre voiture.
- Elle est plus loin, j'avais envie de me dégourdir les jambes, mentis-je tout en sachant qu'elle était en réalité devant ma maison.
Il acquiesça et partit sur les chapeaux de roues en regardant l'heure qu'il était. J'entrai dans la maison et découvrit une Belle toute en beauté. Un jean slim et une chemise à carreaux à courtes manches avec une ceinture pour souligner son ventre plat. On pouvait même discerner des boucles d'oreilles bleues dont la teinte était celle de sa chemise. Elle me sourit en descendant gracieusement les escaliers avec ses Converses noires.
- Je me suis dit que pour revenir dans cet établissement après plus de 2 mois, il fallait marquer le coup en affichant des images positives.
- Très juste, approuvais-je. Mais avant de partir, puisque, c'est moi qui vous emmène ... Petit déjeuner !
- Je n'ai pas faim !, bouda-t-elle telle une enfant de 6 ans.
- Rien à faire ! On mange tout de même !
Elle s'exécuta sans broncher en me regardant entrain de la regarder. C'était réellement un spectacle à filmer. On se serait cru à un interrogatoire ou un examen de mathématiques.
Je couru chercher la voiture et la déposai devant son enfer. Je me souvins de l'école que je fréquentais étant jeune et humain. Nous étions peu, seuls les parents riches avaient les moyens d' y envoyer leurs enfants. Moi, j'avais eu de la chance, mon père était pasteur et donc, j'avais eu facile à y entrer.
Bella semblait heureuse et triste à la fois dans la voiture mais je n'osais pas lui demander pourquoi. La différence d'époque y était pour beaucoup. Elle ouvrit la portière et me regarda une dernière fois avant de se lever.
- Je viens te chercher après les cours, n'oublie pas !, m'exclamais-je.
- Cessez de vous inquiéter pour si peu, il m'est impossible de vous oublier, chantonna-t-elle en refermant la portière de la voiture.
Je la regardais s'éloigner, elle se retourna plusieurs fois pour me sourire. Ma vie entière avait changé depuis qu'elle avait sauté de cette falaise, je m'en rendais compte de jours en jours. A mes dépends.
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Merci à tous pour vos commentaires =P Cela me fait très plaisir de les lire =) Je préviens tout le monde, après le prochain chapitre, il faudra attendre plus longtemps car ils sont pas encore écrit ( je suis incapable d'écrire toute une histoire d'un coup )
