J'étais dans des draps de soie noire. Ils étaient magnifiques mais ils avaient été la scène d'un spectacle effroyable. Aro, allongé à mes côtés, souriait pendant que moi, je pleurais sur ses draps. Il laissait de temps à autre échapper un " Tu as fait ce qui était le mieux pour ta famille ". Mais à chaque phrase, je le haïssais de plus en plus. Quand je n'étais qu'une humaine, ça avait commencé par une caresse puis un baiser et Carlisle était arrivé dans la pièce avec une lueur meurtrière dans les yeux quand il avait vu Aro. Mais cette fois, j'étais seule et vampire mais incapable de me défendre contre un vampire vieux de centaines d'année.
Je me levai et revêtis ma robe. Je me déplaçai vers la grande fenêtre qui donnait sur Voltera. La pleine lune était là comme à chacun des moments où j'avais besoin de réconfort. Seulement, d'habitude, il était là avec moi, pour moi. Ses cheveux blonds étaient mon soleil et son peau pâle, ma lune. Il était si calme et serein si parfait que tout ce qu'il entreprenait était toujours réussis.
Aro se leva et s'habilla de son habituel costume. Je détournai légèrement la tête pour ne pas lui faire face. Il resta en retrait et ne bougea plus. Je fermais les yeux pour revoir le visage du père de ma fille. Il était là tendant la main pour que je l'attrape. Son sourire me disait de venir, de le rejoindre mais je savais qu'il n'était là que parce que j'avais fermé les yeux quand je les ouvrirai, il ne cessera plus là. Et je reviendrai dans cet enfer qu'est Voltera. Je soupirai.
Le maître de ces lieux se déplaça à vitesse humaine vers la grande porte et toqua 3 coups distincts qui sonnaient comme des coups de feux. Quelques secondes plus tard, Jane lui ouvrit. Elle voulu refermer la porte mais Aro tonna :
- Laisse la porte ouverte, elle est libre à présent de faire ce qu'elle veut.
Elle grogna bruyamment mais la laissa ouverte. J'ouvris les yeux, m'obligeant à quitter Carlisle et regardai encore cette fameuse lune. J'ouvrai cette immense vitre et marchais vers la sculpture d'un lion de pierre. Je m'agrippai à cette statue pour m'empêcher de tomber car même en étant vampire, mes jambes ne savaient plus me porter tant la tristesse m'envahissait.
Edward était là, en bas. Je l'entendais maudire les Volturi . Je me penchais pour l'apercevoir et le vis assis sur les marches d'une église. Nos regards se croisèrent et en 1 seconde, il était à côté de moi.
Il m'observa avec tellement de peine dans les yeux que je crus qu'il allait s'effondrer devant moi. Il m'enlaça et me serra contre lui comme si j'allais disparaître dans peu de temps. Ce qui avait beaucoup de chance de se produire car j'avais besoin d'être seule.
- Je sais que je t'ai fait souffrir quand je suis parti, murmura-t-il, mais je t'aimerais tout l'éternité. Je sais que tu l'as choisi mais je me battrai pour tu changes d'avis même si mon combat est perdu d'avance. Je ne veux que ton bonheur et si c'est lui qui peut te l'apporter, je suis prêt à effacer mes sentiments au Monde et ne les garder que pour moi.
- Je suis désolée de te faire endurer ça, Edward mais je crois, qu'au fond de moi, j'ai toujours eu des sentiments pour lui. Dès notre premier regard à l'hôpital. Dès que j'ai entendu le son de voix me murmurer qu'il serait toujours là pour moi... Edward, pardonne-moi ...
Je sautais dans le vide et atterris sans aucun problème sur la terre ferme. Je jetai un dernier regard à mon ex-amoureux dont le regard vide se perdait sur la statue et m'en allais dans la ville déserte.
Je déambulais dans les ruelles les plus sombres sans chercher à savoir où j'étais et ce que je faisais. Chaque pas que je faisais, je m'éloignais un peu plus de la raison. Je levai les yeux pour observer le ciel étoilé. Aucun nuage ne faisait barrage à ma contemplation.
Volterra était déjà loin derrière moi. J'étais déjà en pleine campagne italienne, à quelques kilomètres de la frontière française. Je souris et m'assis dans un champs de lavande. L'odeur me donnait le tournis. Elle était si intense comme la force d'un ouragan sur une pauvre petit maison isolée.
Il devait être approximativement 2heure du matin quand je me décidai à rendre une visite anonyme à Carlisle qui n'était pas si loin de moi. Quelques centaines de kilomètres et une mer et j'y étais.
Quelques heures plus tard, j'avais rejoint Londres pour le voir pendant quelques brèves secondes pendant lesquelles je passerai près de lui. Quelques secondes qui avaient une importance capitale pour moi.
Londres, ville sombre et intrigante, dans laquelle se trouvait Alice, Rosalie et Carlisle que je devais trouver avant les premières lueurs de l'aube. Je me référais à son odeur pour le repérer. Mais la brume brouillait mon odorat. Cela m'énervait au plus haut point !
Je fermai les yeux et inspirai un grosse bouffée d'air. Je le sentais. Il n'était plus très loin. Au détour d'une ruelle plus sombre que les autres, je découvris un petit clan de personne étrangement pâle : c'était lui.
Je le regardai tout en avançant vers lui mais je savais que je continuerai mon chemin tant je ne me sens plus capable de le regarder dans les yeux après ce qu'il s'était passé. Je ralentis quand je fus à deux mètres d'eux. Rosalie et Alice me dévisagèrent. Carlisle, lui, resta de marbre , mais quand je fus passée, se retourna brusquement.
OoOoOoO
L'homme aux yeux d'or ne put s'empêcher d'observer la jeune femme qui était passée près lui pendant qu' elle s'éloignait à pas lents. Il se sentait irrévocablement attiré par elle et trouvait cette situation plutôt étrange. Il ferma ses yeux quelques secondes pour humer l'air humide du Vieux Londres et décela une fragrance familière. Sur les pavés de pierre, il entendait les claquements des talons de la jeune inconnue. Jeune, il en était sûr ! Mais pourquoi, ça, il n'en savait rien. Peut-être qu'il préférait ne pas le savoir en fait. Les deux autres jeunes femmes se toisèrent avec le même regard qui en disait long sur la personne qui venait de passer tel un fantôme.
Le regard vide, notre héro se tourna lentement vers ses filles adoptives sans un seul mot. Il ferma les yeux quelques secondes pour tenter de reprendre un visage humain et surtout, pour repenser à cette scène. Il soupira et ouvrit les yeux d'un coup comme si un choc électrique l'y avait obligé.
- Les jours passaient lentement quand j'étais loin d'elle ...
Flashback ( Histoire )
... Chaque seconde semblait durer des années. J'arrivais, à mes dépends, à une conclusion terrifiante et qui s'affirmait de jours en jours. Mais je la faisait taire. Je me devais de la faire taire pour le bien de ma famille, en fin, de ce qu'il en restait : Edward n'était pas revenu depuis des mois, Rosalie et Emmett partaient souvent plusieurs jours en voyage, Alice et Jasper, eux restaient avec Esmé et moi. Nous n'étions plus que quatre alors qu'avant, nous étions 7, bientôt 8.
Toutes les choses qu'elle avait dit prenait sens ( All the things she said ^^ ). Ma femme avait raison : notre famille se détruisait à vue d'œil, tout comme notre couple. En effet, nos désaccords se multipliaient et nos chemins s'éloignaient. Le seul moment où nous étions ensemble, c'étaient pour aller chasser. Le reste du temps, je me cloitrai dans mon bureau lisant tous les livres de sciences qu'il y avait et elle, elle s'essayait à la cuisine humaine. N'était-ce pas pitoyable ? Une famille qui n'en n'était plus une se laissant détruire de l'intérieur. Etait-ce une bonne solution d'ignorer nos problèmes ? Maintenant quand j'y repense, oui, il nous était impossible de continuer comme ça mais personne n'osait dire tout haut ce que tout le monde pensait tout bas.
J'étais parti depuis plus de 5 mois. 5mois sans une seule nouvelle de Bella. 5 mois loin de ma vraie maison. 5 mois loin de mon hôpital. 5 mois loin de tout ce qui comptait à mes yeux. C'était devenu insupportable. Mais je ne pouvais pas abandonner ma famille, je ne pouvais pas faire ça.
Ma vie, aussi minable, était-elle, la conclusion était toujours la même : Quand j'étais loin de Bella, ma vie n'avait plus aucun sens ...
