Note : Je suis en retard, et c'est nul. Pour me faire pardonner je vais tenter de me forcer à poster une deuxième fois fin de semaine, parce que j'aime pas ce chapitre et que j'espère compenser avec le prochain, et aussi parce que mes vacances vont être chargées (en vrai j'ai hâte, honhon). En tout cas merci aux coupains qui ont laissé des review, et aussi à ceux qui ont rajouté la fic en alert. Love.
Soundtrack qui ne peut toujours pas s'appeler une playlist parce que c'est court mais je pense on va s'en tenir là de toute façon : Jimmy - Moriarty ; Ribs - Lorde ; House of the Rising Sun - The Animals
Chapitre 2
« Le Pays des Merveilles »
C'est un samedi, en novembre. Il est 6h12 et le ciel est encore un peu bleu de nuit.
La chambre est presque vide. il y a pour uniques meubles un matelas, un sac à dos, un Peter.
Il est allongé sur le matelas, avec juste un pantalon et un casque qui lui chante un morceau de Lorde dans les oreilles. Peter a une cigarette au coin des lèvres, de la fumée dans ses cheveux. Il a placé le matelas dans le coin, à côté des fenêtres de grandes ouvertures qui prennent beaucoup de place en travers le mur, qui donnent sur la rue, qui rendent la vue belle. Il aime déjà l'endroit.
Peter inspire le tabac, expire la fumée. Inspire, expire. Respire. Peter respire. Il ferme les yeux.
Quelque mois plus tôt, on lui a dit qu'avec les cachets, les hallucinations et les cauchemars cesseraient Peter, avec le peu d'espoir qui lui restait, a réussi à y croire. Il le voulait, parce que si ces choses dans sa tête pouvaient s'en aller, alors plus rien ne l'empêcherait de dormir, plus rien ne l'obligerait à garder les yeux ouverts pendant trois jours jusqu'à ce qu'il s'écroule sur le sol de sa cuisine. Il a avalé les pilules et pendant quelques jours, il a eu du mal à formuler des pensées correctes. Mais sa tête était vide, il pouvait dormir, c'était le principal. Le mercredi de la deuxième semaine, un flash lui est revenu en pleine tête et il a cru que le miroir devant lui s'était brisé pour planter ses dents dans son crâne. Jeudi, il a pris un cachet de plus. Vendredi, il n'a pas compté. Samedi, il s'est réveillé à l'hôpital.
Il y a toujours la boite dans son sac à dos.
Peter tire sur sa cigarette. A défaut d'autre chose, il se sert d'un mouchoir comme d'un cendrier. Sa vision est floue, à cause du manque de sommeil ou de sa myopie. En un sens, c'est presque reposant dès qu'il a la capacité de voir, Peter observe. Il voit toujours tout avec une précision presque mathématique sans qu'il ne puisse y faire quoi que ce soit. Il note chaque trait, chaque détail dans un paysage, sur un visage, sur un corps. Regarder l'a toujours fasciné il n'a jamais eu aucun don pour dessiner qui aurait pu mettre cette qualité à profit, alors son oncle Ben lui a acheté un reflex pour ses douze ans. Depuis, Peter traque les expressions, capture les mouvements.
Parfois, le flou lui permet d'arrêter de penser.
Lorsque la chanson laisse place à une autre, il lui semble entendre parler. Il soulève le côté droit de son casque, et il se rend compte qu'on est en train de crier.
En russe.
–Я тебе говорила что я это не выношу.
–Est-ce que tu m'estimes si peu pour considérer que je vaux pas la peine de comprendre ce que tu dis ?
Peter se lève, doucement, sortant de la chambre pour s'approcher de l'entrée de l'appartement.
–Я убираюсь от сюда. *
–Natasha, si tu veux qu'on communique mets-y du tien, parce que-
–Je me tire.
Une porte claque alors que Peter ouvre la sienne. Il a à peine le temps de détailler l'apparence de la jeune femme qui passe devant lui. Longs cheveux roux, yeux en amande, peau blanc papier et vêtements noir corbeau. Elle, elle ne lui jette pas un regard. Il n'a pas le temps de se demander ce qui vient de se passer qu'elle a disparu, au coin du couloir, emportant toute la colère avec elle.
De l'autre côté du couloir, la porte voisine à la sienne est ouverte, et il y a un homme dans l'encadrement. Il doit être un peu plus âgé que lui et Peter remarque cet air fatigué dans ses traits tirés par la nuit et ses cheveux blond sale décoiffés. Son t-shirt mauve est chiffonné. Le matin n'épargne personne.
–C'est l'effet Natasha, dit le gars, et c'est comme si ça expliquait tout.
–Il vient de se passer quoi ? Demande Peter.
L'autre ne répond pas mais soupire. Il lève la tête.
–On t'a réveillé ?
–Non.
Il ne ment pas. Peter s'est réveillé aux alentours de cinq, peut-être quatre heures. Bien avant que la dispute n'éclate. Ça, il ne le dit pas, il le dirait peut-être si on lui demandait. Et si on lui demandait pourquoi, il répondrait qu'il est fasciné par la nuit, et ce ne sera pas tout à fait faux, mais seulement à moitié vrai.
Ce matin, à 4h54, il a pris quelques photos de la ville endormie par la fenêtre ouverte.
Peter ne dort pas parce que lorsqu'il se sent sombrer, il entend ses cauchemars lui souhaiter bonne nuit. Il n'a toujours pas trouvé le moyen ni le courage de les chasser. Peter ne dort pas parce qu'il en a peur, même s'il n'arrive pas à se décider qui du sommeil ou de la réalité lui fait le plus peur.
Ce matin, à 5h20, les photos dans sa tête se sont changées en poussière dans ses yeux.
–J'allais te proposer un café pour me faire pardonner, dit le gars. De t'avoir réveillé, je veux dire. Même si tu dormais pas, je peux quand même m'excuser pour le bruit. Tu rentres ?
Peter hésite un peu. Il est levé depuis à peu près deux heures et n'a rien de mieux à faire. Finalement, il hausse les épaules.
–Je vais m'habiller, dit-il. J'arrive.
Il se retrouve quelques minutes plus tard dans l'autre appartement, avec ses vêtements de la veille. Il se sent un peu sale, mais ce n'est pas comme s'il avait prévu de rester la nuit.
L'intérieur est simple, mais a été meublé avec soin. C'est assez ordonné pour être correct, et quelques affaires traînent par endroit, histoire que l'habitation ait l'air d'appartenir à quelqu'un de vivant. Une paire de baskets traîne au pied du canapé, deux verres de vin entamés sur la table basse.
–Darcy fait de bien meilleurs cafés en bas, fait, fait le gars en se dirigeant vers la cuisine. Pas sur que ce soit ouvert, cela dit. Bien qu'elle dorme jamais. M'enfin, c'est pour le principe.
En parlant, il prépare le café.
–Moi c'est Clint, au fait. T'es le nouveau ?
Peter s'étonne d'avoir déjà la réputation du « nouveau ». Le bâtiment est petit et les mots vont vite.
–Ouais, répond-t-il. Je m'appelle Peter.
Clint s'appuie contre le plan de travail après avoir appuyé sur le bouton de la cafetière.
–Alors ? Qu'est-ce que tu viens faire ici ? T'es plutôt jeune, nan ?
–Bientôt vingt-deux ans.
–Bon Dieu, ouais, t'es jeune. J'suis déjà un grand-père.
Il ne dit pas son âge mais Peter sourit un peu, parce que Clint a l'air d'avoir trente-cinq ans, tout au plus.
–Dis pas à Natasha que je t'ai fait entrer, s'il te plait. Je pense pas que ta présence la dérange en soi, mais ça lui ferait encore un truc à me reprocher. Du genre « tu ramènes tout le monde ici alors que t'es pas chez toi ».
–Pas chez toi ?
–Ça dépend un peu, en fait. Officiellement, non, mais je pense que ces dernières années, j'ai du passer plus de temps ici qu'à mon appart.
Il sent, en quelque sorte, que Peter n'ose pas lui demander pourquoi, alors il répond avant que la question ne soit posée :
–C'est parce que Nat est comme elle est que je m'installe pas. C'est aussi parce qu'elle est comme elle est que je reste.
Encore une fois, c'est comme si ça expliquait tout. Peter n'est pas sur de suivre mais au fond, il lui semble qu'il comprend. Natasha semble être une de ces femmes fascinantes, intouchables. Clint et elles doivent avoir une relation à la fois belle et compliquée. Peut-être qu'ils sont du genre à se détruire l'un l'autre et eux-mêmes, et à en redemander, qu'à chaque fois qu'ils se disputent, ils sont un peu plus attachés l'un à l'autre.
Mais Peter se fait souvent des films sur la vie des gens, par habitude. Il en est à peine conscient ou alors il le nie, mais c'est parce que ça l'empêche de penser à sa vie à lui.
–Sinon, tu fais quoi ? Fait Clint.
–De quoi ?
–Dans la vie, tu fais quoi ? Des études, un job ?
Le café est prêt.
–Oh, fait Peter. Je prends des photos. Pour le Daily Bugle.
La vérité c'est qu'il s'est fait virer il y a quelques mois. Là, Peter ment.
–Un autre photographe, fait Clint en sortant deux mugs d'un placard. Ce hasard.
–Pour un journal aussi ?
–Nan. Dans la mode. Je photographie des mannequins pour plusieurs marques. En général les pièces qu'elles portent valent les trois quarts de mon salaire mensuel.
–Ça a un peu plus de gueule.
–Tu trouves ? Pour tout te dire, ça me faisait plus marrer quand y'avait pas une seule de mes photos dans un magazine mais des milliers dans mes tiroirs, et que j'avais plus d'images à développer que d'argent pour payer mon loyer. Ça avait son charme. Maintenant j'ai l'impression d'être devenu un vieux con qui pense qu'à la thune.
Un bruit se fait entendre derrière Clint. Peter penche sa tête, Clint tourne la sienne. Un chat noir gratte la vitre pour rentrer. Clint ouvre la fenêtre, laissant l'animal se faufiler sous ses bras. Peter lui gratte le sommet de la tête et il se frotte contre la paume de sa main.
–C'est Black Widow, fait Clint. Peter, Black Widow. Black Widow, Peter.
–Black Widow ?
Clint récupère une bouteille de lait sur le plan de travail. Il attrape le petit bol posé sur l'appui de fenêtre et le remplit.
–C'est le nom que Natasha lui a donné, dit Clint en caressant le chat qui s'est mis à laper le contenu de la soucoupe. C'est un peu le chat de tout le monde, ici. Je pense que chacun lui a donné un nom différent. Tony l'appelle Nuggets.
Peter se brûle en buvant son café, parce qu'il réprime un rire.
–Tu faisais quoi, avant ? Demande-t-il après s'être repris. Je veux dire, avant de devenir un vieux con qui pense qu'à la thune.
Ce que Clint n'a pas l'air d'être, de toute évidence, mais il est de notoriété publique que le sarcasme coule dans les veines de Peter Parker. A en juger par le sourire de Clint, c'est le cas pour lui aussi.
–T'as dit que tu photographiais déjà des gens ?
–Je faisais des photos urbaines, dit-il. Des gens dans la rue, des inconnus. Je prenais la photo, puis j'allais leur demander si je pouvais le garder. J'ai tenté d'exposer, des fois, mais les galleries d'art étaient pas mal exigeantes. Ou alors j'étais nul à chier. Ou alors mon génie ne sera reconnu qu'après ma mort. En tous les cas j'ai jamais réussi à vivre de ça, même si j'aurais bien aimé. Ce que je fais maintenant, c'est pas tellement mon délire, à la base. Même si certains modèles sont intéressants à capturer, je trouve ça plus magique sans... mise en scène. Les spots, les lumières, les tenues, tout est parfait mais c'est pas vivant.
–Pourquoi t'être dirigé vers ce milieu, du coup ?
Clint a un sourire en coin.
–Fallait bien manger.
Et bien sur, ce n'est pas tout. Bien sur. Peter le sait. Il le saura peut-être un jour, mais au fond, ce n'est pas si important que ça parce que ça ne le regarde pas.
Clint finit sa tasse de café d'un coup.
–Ça te dit qu'on descende ? Quand t'auras fini, hein. Prends ton temps. Faut que j'aille remballer mes affaires et enfiler quelque chose de propre.
Lui, il rajoute beaucoup de lait et de sucre dans son mug la vérité, c'est qu'il n'adore pas vraiment le café, mais il a accepté pour le geste. Black Widow/Nuggets se frotte contre ses jambes.
Lorsqu'ils descendent, il n'y a pas encore de musique. Le café, vide, a l'air beaucoup plus grand que la veille. Quelques lumières sont allumées, parce qu'il fait noir dehors. Un ordinateur portable est posé sur le comptoir, à côté d'un bol de céréales à moitié entamé et d'une tasse de thé refroidi. Derrière le bar, Darcy, les cheveux attachés en un chignon désordonné, le poing sur la joue et les sourcils froncés, fait tourner un pion coloré dans sa main. Elle est en plein milieu d'une partie de Mastermind avec un individu dont Peter ne peut pas voir le visage de là où il est.
–Hey, fait-il une fois en bas de l'escalier.
Darcy sort soudain de sa concentration, battant des cils alors qu'elle lève les yeux vers lui.
–Oh, déjà levé ? Vous êtes tous des insomniaques ou comment ça se passe ? Dormez un peu, les jeunes, c'est bon pour la peau.
–Ça a vingt-cinq ans et deux heures de sommeil par mois et ça donne des leçons, hein, grogne Clint qui apparaît derrière Peter, son grand sac de sport sur le dos.
Une autre voix se fait entendre c'est l'adversaire de Darcy qui parle.
–Et toi, princesse ? Tu fais quoi de si bon matin ? C'est un peu tard pour poursuivre ta belle, elle s'est enfuie il y a un moment déjà.
–Toi je t'emmerde, connard, fait Clint.
–Tant d'agressivité dès le matin.
Le type a l'air satisfait et plutôt amusé.
–Bon, fait Clint, ignorant l'autre. Je vais rentrer chez moi.
–Sois pas stupide, fait Darcy. Tu sais très bien que si elle te pardonne pas ce soir, elle le fera dans deux ou trois jours. Et si elle te fout dehors, va chez Tony et Bruce. J'ai pas envie que tu disparaisses encore de la surface de la planète pendant dix jours. Il va encore falloir que je passe chez toi pour voir si t'es en vie. C'est cher, le métro.
–Dix jours, c'est optimiste, fait l'inconnu à l'attention de Peter. Je suis sûr qu'il tiendra même pas deux.
C'est à ce moment, pendant que Darcy tente de convaincre Clint de rester, que Peter pose ses yeux sur lui. Jusqu'à maintenant, il n'y avait pas vraiment fait attention.
Plus de la moitié de son visage est brûlée. Seule la partie supérieure droite semble plus ou moins en bon état. Les cicatrices continuent dans son cou, et sans doute sous ses vêtements. Ses cheveux sombres ne couvrent que la moitié du crâne, mais l'autre n'est pas élégamment rasée. C'est inégal et carbonisé.
Ses yeux sont noirs comme le charbon.
Il voit Peter l'observer, alors il dit :
–Wade Wilson, enchanté.
–Peter, dit-il.
L'inconnu, Wade Wilson, attrape la tasse fumante à sa droite. Il prend une gorgée de son expresso.
–Je t'ai jamais vu, Peter. T'habites ici ?
–Il faut croire que oui. Depuis hier soir.
Peter est occupé à s'étonner du nombre de personnes qui sont venues lui parler ce matin. Deux, il ne s'agit que de deux, mais il n'a pas l'habitude. Parce qu'au lycée, s'il avait de la chance, on ne le remarquait pas. S'il en avait moins, on le poussait dans les couloirs, et il se cognait les épaules contre les casiers. Il a eu deux, trois amis, mais ce ne serait jamais arrivé sans Gwen. Et avec elle, avec Gwen, tout est allé très vite.
C'est sans doute ce à quoi la vraie vie ressemble. La vraie vie, loin de celle du lycée, ou même de l'université où il n'est resté que quelques mois. Ou peut-être aussi que les gens d'ici sont tout aussi cinglés que lui.
Ce qui n'est pas exclu.
–Qu'est-ce qui t'amène ici ? Demande Wade. Je veux dire, c'est plutôt surprenant. Pourquoi un si joli jeune garçon comme toi viendrait-il risquer ses belles fesses dans cet asile de fous ?
–Oh, c'est si horrible que ça ? Rit Peter. Pour le moment, ça m'a l'air plutôt fantastique.
–Et c'est là que c'est dangereux. C'est le Pays des Merveilles. Ça t'attire, parce que c'est étrange. Alors tu t'approches, tu tombes dans le terrier, et tu te retrouves embarqué dans ce monde sans queue ni tête.
–Et toi t'es le Chat du Cheshire et tu me préviens à coups d'insinuations vagues avec un grand sourire ?
Et ouais, Wade sourit, maintenant.
–Je vais faire mon boulot jusqu'au bout, dit-il. Autant tenter de te perdre pour que tu restes prisonnier ici.
–Tu vis au-dessus, toi aussi ?
–Oh, non. Pas du tout. Je passe juste ici quand j'ai le temps, avant ou après le boulot, et pour les fêtes. Je pense que Darcy ne me laissera jamais m'installer.
Peter ne demande pas pourquoi. Wade, comme Clint, comme le monde entier, a l'air d'avoir une vie pleine de drôles d'histoires qu'il ne veut pas raconter.
La porte claque, et Darcy revient. On voit aussi Clint remonter les escaliers, son bagage sur le dos, et on ne sait pas ce qu'elle lui a dit, mais il semble qu'il ait finalement décidé de rester.
–Alors, fait-elle à l'intention de Peter. T'as passé une bonne nuit ?
Il ment :
–Super.
Dans son sourire restent coincés des mots tristes et des soupirs fatigués.
Darcy retourne derrière le bar. Elle attrape son bol et avale une grande bouchée de céréales.
–Tu vas faire quoi aujourd'hui ? Demande-t-elle.
–J'aimerais bien aller chercher quelques affaires chez ma tante.
Et lui annoncer, éventuellement, que ça y est, il part. Faire ses cartons, y ranger ses fringues et les affaires qui traînent sur son bureau. Arracher les photos du mur, les regarder. Pleurer un peu, retenir un cri, vouloir les jeter, ne pas y arriver. Écrire « Gwen » sur un carton. Le fermer et se promettre de ne plus jamais l'ouvrir, enterrer ses souvenirs. Puis s'en aller, quitter l'endroit qui l'a vu se laisser mourir pendant une année.
–Tu as besoin d'aide pour le déménagement, tout ça ?
Darcy, tout en parlant, a repris entre ses doigts un pion orange. Elle finit par le poser, au bout de sa phrase, sur le plateau de Mastermind.
–Ça va aller, répond Peter. J'ai un ami qui a un 4x4 et j'emporte pas grand chose d'encombrant. Juste... quelques trucs.
A vrai dire, il n'a pas encore demandé ce service à Flash mais il lui fait confiance si ce n'est pas ce jour-ci, ce sera un autre, et il est sur qu'il ne rechignera pas à lui venir en aide. Pour les affaires, Peter ne ment pas. Il tient à s'en procurer des nouvelles, même s'il a peu de moyens. C'est un investissement de changer.
Wade pose deux pions blancs et un rouge à côté de la rangée de Darcy.
–YES !
Elle lève le poing, victorieuse. Son rival, lui, finit sa tasse d'une traite et jette un oeil à l'horloge au-dessus du comptoir.
–Bon, Darcy, mon poussin, j'aurais été ravi de continuer cette partie, mais le devoir m'appelle. J'ai du boulot. Les chatons coincés dans les arbres et les petites vieilles à qui on a volé le sac à main m'appellent à l'aide. C'est du travail de secourir la veuve et l'orphelin. Une vie de dingue.
–Je sais pas ce qui est le pire, fait Darcy. Ton excuse ou le fait même que tu te défiles parce que j'allais te battre. Sale lâche.
Wade claque un baiser sur la joue de Darcy. Il chuchote « bye, je reviens bientôt » à son oreille, et Peter envisage un instant qu'ils soient ensemble. Puis Wade le prend par les épaules et lui embrasse sa joue à lui. A lui, il dit :
–On se reverra sans doute vite.
Puis il s'en va. L'inconnu, le Chat du Cheshire, Wade Wilson, s'en va.
–Il est toujours comme ça, dit Darcy. Avec tout le monde.
Il s'avère que les gens d'ici sont peut-être bien tout aussi cinglés que lui.
C'est un samedi, en novembre. Il est 7h46, et le ciel vire au jour. Il vire au gris.
* On n'est pas censé comprendre ce que dit Natasha, donc j'ai pas mis la traduction directement à côté. Mais juste comme ça, la première phrase veut dire quelque chose dans le goût de "je t'ai dit que je supportais pas ça" et la seconde "je sors d'ici". Merci Dellsey pour la traduction en russe, tu gères. D'ailleurs allez lire ses fanfics, je ferais une pub en bonne et due forme plus tard mais allez-y, sérieux.
