Bonjour à tou(te)s. Voilà la suite.
J'ai quelques réponses à vous donner. ^^
Pour Hayase-sama: Oui, Gin souffre beaucoup dans cette fic et il n'est pas près de voir le bout du tunnel, mais ne t'inquiète pas, ça viendra. ^^'
Pour Mel: Byakuya sait ce que Gin a subi. Tout du moins en partie. Gin a dû témoigner à son procès et à celui d'Aizen, révèlant une partie des tortures qu'il a enduré au cours de ses années d'esclavage. Kurotsuchi en au aussi "lu" une partie dans son esprit grace à l'une de ses inventions, afin de déterminer s'il disait la vérité ou non. C'est d'ailleurs ce témoignage et le fait qu'il était sous la domionation d'Aizen qui lui a évité l'exécution. Mais Byakuya ne sais pas tout quand même.
Avant de vous laisser lire le chapitre, je dois vous annoncer que je pars quelques jours la semaine prochaine et que vous n'aurez pas de chapitre de Dernière chance, ni de Après la pluie. J'en suis désolée.
Place au chapitre.
Bonne lecture.
Chapitre 8:
FRISSONS.
Le capitaine Unohana arriva rapidement, accompagnée de l'un de ses hommes, et fut introduite dans la chambre du malade. Byakuya et Yukiko l'accueillirent silencieusement. La femme médecin s'agenouilla près du malade et commença à l'ausculter à gestes doux. Au fur et à mesure de son examen le froncement de sourcils qu'elle arborait s'accentua jusqu'à ce qu'ils se rejoignent au milieu de son front. Elle semblait inquiète. Après un moment, elle se redressa et s'assit sur ses talons.
- Que s'est-il passé? Demanda-t-elle.
En quelques mots, Byakuya lui résuma l'incident sans rien omettre, hormis son attirance pour Gin.
- Je vois, fit simplement Unohana. Vous avez manqué de prudence, capitaine Kuchiki. Vous auriez dû vous souvenir que Ichimaru n'est pas en mesure de supporter votre réiatsu.
Byakuya ne répondit rien. Il essaya de ne rien montrer de la culpabilité qu'il ressentait.
- Ichimaru a beaucoup de fièvre, annonça la femme capitaine. Il est faible. Je vais devoir le placer sous perfusion.
- Il refuse de manger, informa Yukiko. Il laisse tout ce qu'on lui apporte et revoit ses repas en cuisine sans y avoir touché.
- Le gardez-vous enfermé dans cette chambre? Demanda Unohana, les sourcils froncés.
Yukiko secoua la tête.
- Non, Ichimaru-san est libre d'aller et venir comme il veux dans la propriété. Il aime beaucoup les jardins. Mais il évite Byakuya-kun. Dès qu'il rentre, Ichimaru-san vient s'enfermer dans cette chambre.
Au grand soulagement de Byakuya, Unohana ne chercha pas à en savoir plus à ce sujet.
- Il refuse de manger, répéta-t-elle, pensive. Oui, c'est ce qu'il fait quand il est anxieux ou déprimé. Au moment de son procès, il était si stressé qu'il a complètement cessé de s'alimenter. J'ai dû le faire placer sous perfusion.
Unohana se redressa et se dirigea vers la porte.
- Heureusement, j'avais prévu cette éventualité.
Elle ouvrit la porte et fit entrer Hanatarô Yamada dans la chambre. Le jeune shinigami salua Byakuya avant de se mettre silencieusement au travail. Il déposa un sac sur le sol et commença à en sortir du matériel médical qu'il installa rapidement près du futon. Tandis qu'il accrochait plusieurs flacons de médicaments à une potence qu'il venait de monter en quelques secondes, Unohana déballa une aiguille stérile. A gestes doux, elle planta l'aiguille dans le pli du poignet gauche du malade qui gémit faiblement.
- Ichimaru a une peaux si fine, remarqua la femme capitaine en fixant l'aiguille avec un pansement. Une vrai peau de femme!
Byakuya ne pouvait qu'approuver mentalement. Il regarda en silence la femme médecin brancher les tubes des perfusions à l'aiguille avant d'en régler soigneusement le débit.
- Voilà, fit elle. La seule chose que l'on puisse faire pour le moment, c'est essayer de faire baisser la fièvre et veiller à ce qu'il ne se déshydrate pas.
Alors qu'elle replaçait doucement le bras du jeune homme sur la couette, Byakuya vit quelque chose qui gela instantanément son coeur. Il se précipita et attrapa le bras du malade. D'un geste, il le retourna de manière à voir l'intérieur du poignet. Une cicatrice rougeâtre le barrait se découpant nettement sur la peau pale.
- Qu'est-ce que c'est? Demanda-t-il à Unohana.
- La cicatrice d'une tentative de suicide, répondit-elle dans un soupir. Il a la même à l'autre poignet.
Byakuya lui lança un regard interrogateur.
- Je n'étais pas au courant que Ichimaru avait essayé de mettre fin à ses jours.
- Moi non plus avant de voir ça, avoua Unohana. Je ne l'ai découvert que quand il a été hospitalisé au cours de sa détention. Il m'a dit que c'est la seule solution qu'il ait trouvé pour échapper à Aizen.
Un frisson parcouru le corps de Byakuya. Pour que quelqu'un comme Ichimaru décide que la seule solution qui lui restait afin de recouvrir sa liberté était le suicide, il devait vraiment avoir été poussé à bout. Byakuya préférait ne pas imaginer tout ce que Gin avait pu subir.
Unohana donna ses instructions à Yukiko pour les soins à apporter à Gin et quitta la chambre en compagnie de Hanatarô. Avant de partir, elle précisa qu'elle repasserait le lendemain dans la matinée. Si quelque chose se produisait d'ici là, il ne fallait pas hésiter à la faire appeler. Elle était aussi là pour ça. Yukiko la raccompagna jusqu'aux portes du domaine laissant Byakuya seul avec le malade. Le jeune noble observait Gin en silence. Sur son visage des marques rouges, dues à la fièvre, commençaient à apparaître. Il semblait avoir de la peine à respirer et son souffle produisait un ronronnement inquiétant. Ses cheveux collaient à son front humide. Byakuya tendit la main pour les écarter de son visage. Ses doigts frôlèrent la peau brûlante du malade qui soupira bruyamment à ce contact. Ils descendirent lentement le long de la tempe et de la mâchoire de Gin pour caresser sa joue et le jeune homme tourna doucement la tête pour presser sa joue contre la main du noble. Byakuya se figea instantanément avant de se reprendre. Il retira vivement sa main comme si le contact de la peau de Gin l'avait brûlé.
Pourquoi se comportait-il de la sorte? Il ne comprenait pas. Il n'était pourtant pas du genre à se laisser avoir de la sorte par ses sentiments. Ordinairement, c'était lui qui les contrôlait, pas le contraire. Alors que se passait-il donc? Pourquoi voir Ichimaru comme ça le mettait dans cet état. Pourquoi voulait-il tellement le prendre dans ses bras et le protéger? Pourquoi éprouvait-il cette envie de caresser son visage et de sentir la douceur de sa peau sous ses doigts?
C'était insupportable. Il ne devait pas penser à ça.
Agacé, il se leva avec raideur et quitta la chambre sans un bruit, laissant Gin dormir.
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Gin se réveilla difficilement. Il se sentait faible et nauséeux. Un furieux orage semblait avoir élu domicile dans son crâne. Il ne parvenait pas à ouvrir les yeux, mais la lumière filtrant au travers de ses paupières n'avait rien à voir avec celle dont il avait l'habitude dans sa prison. Il était confortablement installé dans un nid moelleux et confortable, sous une couette qui le gardait bien au chaud. Ça aussi c'était étrange. Son lit habituel était raide et dur, inconfortable et il dormait mal dedans, sans parler des couvertures rêches et râpées qui ne lui tenaient pas chaud du tout. Il ne comprenait pas ce changement.
Intrigué, il se força à ouvrir les yeux. Pendant un instant la lumière l'aveugla, l'empêchant de bien voir ce qui l'entourait. Ses yeux s'habituèrent à la luminosité ambiante après un moment. D'abord, il ne sut pas où il était. Il regarda autour de lui, un peu hébété avant de se souvenir de ce qui s'était passé. Il s'était évanoui devant Byakuya, mais ses souvenirs n'allaient pas plus loin. Il essaya de bouger mais il ressentit une piqûre dans son bars gauche qui l'empêcha de continuer son mouvement. Il leva un peu la tête pour voir l'aiguille de la perfusion plantée dans son bras. Il reposa la tête sur l'oreiller en soupirant et lança un regard vers les flacons presque vides qui pendaient au dessus de lui. Il devait être inconscient depuis un moment. Tout son corps était faible et il avait du mal à bouger. Il se laissa retomber dans son futon en soupirant. Il avait hâte de retrouver ses forces, il en avait assez de cette faiblesse ridicule ... mais il savait qu'il ne se remettrait jamais s'il continuait à bouder les repas qu'on lui apportait. Et puis, pour parler franchement, il ne risquait pas d'attirer le regard de Byakuya dans son état de maigreur actuel. Il devait reprendre du poids et du muscle. Mais pour le moment, il avait surtout besoin de se reposer.
Il somnolait depuis quelques minutes à peine quand il entendit la porte s'ouvrir lentement. Il ouvrit les yeux et vit Yukiko entrer sans faire de bruit. Elle marcha doucement jusqu'au futon et vérifia les perfusions. Ce n'est que lorsqu'elle s'agenouilla près de lui, qu'elle remarqua qu'il l'observait.
- Vous êtes enfin réveillé, Ichimaru-san, fit-elle avec un sourire.
Elle posa la main sur le front du malade.
- Vous avez encore de la fièvre, remarqua-t-elle.
Elle trempa un linge dans une bassine placée prés du futon et le plaça sur le front de Gin. Celui-ci frissonna mais le contact humide et froid lui fit du bien.
- Vous êtes resté inconscient pendant quatre jours, informa Yukiko. Le capitaine Unohana n'est pas contente du tout. Elle veut que vous mangiez et que vous cessiez de vous torturer de la sorte.
Gin se contenta de hocher la tête, Yukiko se redressa.
- Je vais vous chercher quelque chose à la cuisine.
Elle quitta la chambre sans faire de bruit. Gin ferma les yeux et écouta la fontaine zen gazouiller sous sa fenêtre. Il entendit aussi les jardiniers ratisser les allées pour les débarrasser des feuilles mortes. Ils riaient en parlant entre eux mais Gin ne parvenait pas à entendre ce qu'ils disaient. Il était fatigué et ses yeux se fermaient tout seul. Il se sentait sombrer dans le sommeil quand la porte se rouvrit. Yukiko entra et vint s'agenouiller près de lui. Elle lui souleva doucement la tête et pressa un bol contre ses lèvres.
- Aller, mangez Ichimaru-san, ça vous fera du bien.
Gin n'avait plus assez de force pour protester ou pour refuser. Il obéit docilement et but à petites gorgées la soupe qu'elle lui avait apporté. Rien ne lui avait jamais paru aussi bon. Pour lui qui s'était contenté de la nourriture horrible de la prison durant toute une année, après avoir dû affronter les "talents" culinaires des arrancar et leur bouffe atroce, cette soupe était le repas le plus merveilleux qu'il ait eu depuis longtemps. Il en vint à regretter de s'être affamé de la sorte ces derniers jours.
Il finit presque entièrement le bol, ne laissant au fond que quelques morceaux de daikon et de tofu. Yukiko sembla satisfaite et le recoucha doucement avant de remonter la couette sur son torse. Elle rinça le linge avant de le replacer sur le front du malade. Gin soupira.
- Reposez-vous. Le capitaine Unohana a dit que vous deviez rester au lit encore quatre ou cinq jours. Profitez-en pour reprendre des forces.
Gin se contenta de hocher la tête. Yukiko lui sourit avant de quitter la chambre. Resté seul Gin passa un moment allongé sur le dos à regarder les ombres danser au plafond. Il ne pouvait pas se rendormir, il n'était pas à l'aise. Son yukata était humide et désagréable. Il voulait en changer. Il rassembla ses maigres forces et se redressa. Il se leva lentement afin d'épargner son corps affaiblit et d'éviter le vertige. Ses jambes tremblantes menacèrent de se dérober sous lui et il s'accrocha à la potence de la perfusion pour rester debout. Il s'en servit comme appui pour marcher vers le placard où ses vêtements étaient rangés. Il dénoua son obi et le laissa tomber par terre. Il décrocha le flacon de la perfusion et le fit passer dans sa manche avant de le raccrocher. Il avait souvent fait ça quand il était prisonnier. Il ôta son yukata humide et le laissa tomber au sol avant d'ouvrir la porte coulissante du placard.
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Yukiko frappa à la porte. Même en étant l'amie de longue date de Byakuya, il y avait des choses qu'on ne pouvait se permettre, comme entrer sans autorisation dans son bureau. C'était quelque chose qu'elle savait depuis longtemps et à quoi elle avait toujours fait attention.
- Entrez, répondit le jeune noble de l'autre coté de la porte.
N'importe qui entendant sa voix s'enfuirait aussitôt en courant, mais Yukiko fit doucement coulisser la porte et entra dans le bureau. Byakuya était agenouillé sur un coussin derrière une table basse en acajou finement travaillée. Un pinceau en main, il signait des documents que lui avaient fait parvenir les membres du conseil de famille du clan Kuchiki. Ce jour là, il n'avait rejeté qu'un seul document: un rendez-vous avec un autre clan noble afin de négocier un mariage arrangé avec la fille de ce clan, une certaine Amigawa Tamiko, dont il n'avait jamais entendu parler et dont il ne voulait pas entendre parler.
- Que veux-tu?
- Ichimaru-san est réveillé.
Byakuya leva le nez de son travail familial pour la regarder.
- Il est encore faible et il a besoin de repos, mais il a mangé. Je l'ai laissé dormir.
Byakuya hocha la tête sans rien dire.
- Je vais faire prévenir Unohana annonça Yukiko avant de sortir du bureau.
Pendant un instant, Byakuya regarda la porte close en faisant rouler le pinceau entre ses doigts. Que devait-il faire? Aller s'excuser auprès de Ichimaru était la moindre des choses, après tout c'était lui qui l'avait assommé avec son reiatsu. Il n'était pas le seul responsable mais Unohana lui avait dit d'être prudent et il ne l'avait pas été. Pas que la santé de Ichimaru lui importa tant que ça mais il était en partie responsable de son malaise et un Kuchiki savait admettre ses responsabilités.
Il jeta un coup d'oeil à son travail. Il ne lui restait plus à traiter que le dossier concernant son propre mariage. Il n'avait pas envie d'en entendre parler. Il rangea soigneusement ses papiers et ses pinceaux avant de se lever. Il remit son kimono en plis avant de sortir du bureau. Il se dirigea vers le couloir dans lequel se trouvait la chambre de Gin. Il fit attention à bien sceller son reiatsu en arrivant devant la porte. Pensant que Gin devait se reposer, il entra sans se faire annoncer...
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Gin tira la boite contenant l'un de ses yukata préféré du placard et l'ouvrit pour en vérifier le contenu. Satisfait, il posa la boite sur les tatami et en tira le kimono. Il se redressa avec peine et accrocha le obi à la potence de la transfusion avant de déplier le kimono. Il allait l'enfiler lorsque la porte de la cambre s'ouvrit sans avertissement. Surpris, Gin poussa un petit cri avant de se tourner vers la porte. Byakuya resta un instant figé par ce qu'il voyait. Gin, en simple fundoshi, complètement figé, le fixait de ses yeux grands ouverts. Le regard du noble se promena un instant sur le corps maigre et pale que marquait quelques cicatrices blanchâtres. Après un instant de complète stupéfaction, Gin réagit en cachant son corps derrière le yukata qu'il tenait à la main. Il n'était pas excessivement pudique mais il ne voulait pas que Byakuya le voit comme ça. Il avait honte de ce qu'il était devenu.
Il y eut un instant de silence pendant lequel les deux hommes se regardèrent avec stupéfaction. Après une longue minute, Byakuya leva la main. Le coeur de Gin se mit à battre à toute vitesse. Pendant un instant, il pensa que le noble allait lui prendre son yukata. Que ferait-il après ça? Se pouvait-il que ... ? Le jeune-homme déglutit péniblement, les yeux fixés sur la main de Byakuya. Gin ne réagissait plus, comme s'il était hypnotisé par cette main et ses mouvements gracieux. Il eut l'impression que le temps s'arrêtait autour d'eux. La main de Byakuya resta un instant en suspension entre eux ... avant d'attraper le cadre du shoji et de le refermer brutalement, séparant les deux hommes.
Pendant un instant, Gin observa la porte close sans réagir, assommé par ce qui venait de se passer. Ce n'est que quand il entendit les pas de Byakuya s'éloigner qu'il bougea enfin. Il baissa la tête et poussa un soupir de dépit. Il était déçu. Mais à quoi s'était-il attendu? Qui pouvait regarder son corps sans éprouver de dégoût? Il se dégoûtait déjà lui même. Il ne lui restait rien ... Rien du tout!
Il poussa un soupir déchirant et enfila son kimono propre.
La prochaine fois qu'il se trouverait nu devant Byakuya Kuchiki, le noble ne quitterait pas la chambre de cette manière. Il le jurait.
