Bonjour.
Après vous avoir fait attendre, voilà la suite. ^^
En ce qui concertne le chapitre de Dernière chance, je vais vous demander un peu de patience, j'ai quelques ennuis avec, mais je vous promet de vous le mettre dès qu'il sera fini et corrigé. ^^
Bonne lecture.
Chapitre 9:
UN DON.
Gin ne savait plus quoi faire. Ça faisait une semaine maintenant qu'il avait reçu de Unohana l'autorisation de quitter sa chambre. Il se sentait beaucoup mieux maintenant qu'il mangeait régulièrement une nourriture saine et équilibrée. Il avait repris un peu de poids mais pas suffisamment pour camoufler sa maigreur. Il commençait également à reprendre des couleurs et sa peau était moins pale qu'à son arrivée. Il n'avait pas récupérer une once de reiatsu pour le moment et il essayait de ne pas faire de gros efforts, son corps était encore fragile et vulnérable. Il ne devait pas se surmener, c'était un ordre de Unohana.
Comme avant, il faisait tout pour éviter Byakuya qui lui rendait les choses plus faciles en ne cherchant pas après lui. Il se retirait toujours dans sa chambre dès que le noble rentrait au manoir et passait ses journées dans le jardin, hors de vue, la plupart du temps près de l'étang ou devant le jardin minéral, lorsque Byakuya était de repos. Ils ne s'étaient plus retrouvés face à face depuis l'épisode de la chambre. Gin ne tenait pas à ce que Byakuya le voit de nouveau comme ça, tout du moins, pas tant qu'il n'aurait pas repris du muscle. Dans son état actuel, il n'aurait certainement attiré personne, même pas les types les plus désespérés du Seireitei.
Gin soupira en ouvrant une porte. Yukiko lui avait dit qu'il y avait une bibliothèque dans cette aile manoir où il pouvait aller faire un tour quand il voulait. Il espérait simplement ne pas y trouver Byakuya ... et trouver la bonne salle avant la soirée. Il referma la porte sur une ennième salle vide et remonta le couloir d'un pas lourd. Il y avait tellement de salles vides dans cette maison qu'on aurait pu y héberger toute la troisième division. Il ouvrit la porte voisine mais tomba encore sur une salle vide. Dépité, il referma la porte et avança dans le couloir. Il n'avait pas compté le nombre de portes qu'il avait ouvert jusque là mais ça devait avoisiner la vingtaine. La prochaine fois, il songerait à demander à Yukiko de lui dessiner un plan, ça lui éviterait peut-être de chercher comme ça. Il ne se souvenait pas avoir déjà tourné en rond de la sorte. Quand il était arrivé à la troisième division, il avait mis moins de temps à retrouver son chemin dans les couloirs labyrinthiques de la caserne. Même Las Noches était ...
Non! Il ne voulait pas penser à ça. De toutes façons, il n'avait pas le droit de se promener dans les couloirs sombres et tortueux de la forteresse. Aizen craignait trop qu'il en profite pour s'échapper. Il avait passé la majeur partie de son séjour là-bas, prisonnier dans la chambre d'Aizen, à sa disposition jour et nuit, parfois passant plusieurs jours enchaîné au lit. C'était le pire moment de sa vie, car cette fois, il n'avait aucun endroit où se réfugier pour se protéger. Il était entièrement soumis au sadisme d'Aizen.
Avec un soupir, il se dirigea vers la porte suivante. A sa grande déception, il ne s'agissait toujours pas de la bibliothèque, bien que des dizaines de livres soient soigneusement rangées sur des étagères. Il s'agissait d'un bureau, vide de son occupant, pour le moment. Il allait refermer la porte lorsqu'une voix claqua derrière lui:
- Qu'est-ce que vous faîtes là?
Le ton était loin d'être aimable et Gin retint un nouveau soupir en se retournant. Rukia Kuchiki arrivait vers lui d'un pas décidé, arborant une mine à faire peur.
- C'est le bureau de mon frère, vous n'avez rien à y faire, fit-elle d'un ton hargneux.
"Fait chier! Songea Gin. Pourquoi elle ne travaille pas à cette heure ci, cette petite emmerdeuse?
- Encore derrière mes fesses, hein, Rukia-chan? Fit-il en lui lançant son ancien sourire terrifiant.
L'air arrogant de la petite shinigami fut aussitôt balayé par la peur instinctive qu'elle ressentait face à ce sourire. Gin éprouva une sorte de joie vengeresse à cette vision.
- Méfies-toi je vais finir par penser que tu ne peux plus te passer de moi.
- Vas en Enfer, lui cracha-t-elle à la face.
Un rire sans joie s'échappa de la poitrine du jeune homme.
- En Enfer? J'en reviens, ma petite, fit-il en tournant les talons.
Il nota mentalement l'emplacement du bureau de Byakuya dans sa mémoire, au cas où, puis s'en alla sans se retourner, abandonnant Rukia Kuchiki au milieu du couloir.
Cette petite emmerdeuse était revenue du manoir quelques jours plus tôt et semblait particulièrement déçue de voir qu'il avait survécu à la fièvre. Elle était partie sur Terre officiellement pour aider Kurosaki dans sa tache de shinigami remplaçant, officieusement pour passer un peu de bon temps avec le rouquin et n'avoir surtout pas à rencontrer Gin au manoir. Elle fut satisfaite d'apprendre que Byakuya ne lui accordait aucune attention et que Gin disparaissait dans sa chambre dès que le noble rentrait. Après deux où trois jours d'observation, elle s'était rendue compte que Gin ne cherchait pas la confrontation et préférait tourner les talons. Elle commença à le harceler dans le but de faire de sa vie un enfer afin qu'il dégage du manoir et aille pourrir ailleurs. Malheureusement pour elle, Yukiko, qui avait compris son manège, lui était tombée dessus comme la foudre et lui avait passé un savon comme Rukia en avait rarement pris dans sa vie. Attiré par le raffut, Byakuya était venu voir ce qui brisait la tranquillité de sa demeure. Il se contenta d'ordonner à Rukia de laisser Gin en paix. Elle s'attendait à ce que le pensionnaire indésirable vienne aussitôt la narguer mais, à sa grande surprise, il n'en fut rien. Il continua à l'ignorer, ce qui n'incita cependant pas Rukia à renoncer à son projet de débarrasser le manoir de sa présence répugnante.
Bien qu'il ignora tout de ses plans, Gin savait qu'il devait se méfier d'elle. Il savait qu'elle le détestait au delà de toute raison et ne voulait qu'une seul chose: l'échec de sa réhabilitation. D'ailleurs, il se demandait si ce n'était pas aussi le but du Central 46. La première audience hebdomadaire devant les vieux cons, avait eu lieu pendant qu'il était inconscient, mais il avait dû assister aux suivantes. Il se demanda quel était le but de ce "procès" lorsqu'il vit la liste des témoins convoqués par l'assemblée: Rukia Kuchiki, Hitsugaya Tôshirô et Hinamori Momo, les trois shinigami qui le détestaient plus que tout et voulaient le voir rôtir en Enfer. Il se demanda aussi quel pouvait être l'intérêt de les interroger à son sujet alors qu'aucun d'eux n'avait eu de contacts avec lui depuis son arrestation.
Hitsugaya admit aisément qu'il ne pouvait rien dire d'intéressant à propos de l'ancien prisonnier, ce qui ne l'empêcha pas de lui lancer un regard haineux en quittant le box des témoins. Kuchiki fut plus réticente à admettre la même chose, mais un regard impérieux de son frère lui fut d'une grande aide pour se convaincre de dire la vérité. Hinamori, en revanche, se lança dans un discours enflammé destiné à dénoncer les actions malveillantes de celui qu'elle considérait encore comme l'homme ayant forcé son capitaine Aizen adoré à agir contre son gré. Lorsque le président du Central 46 objecta que toutes les preuves démontraient que c'était justement le contraire qui s'était produit et qu'elle ne faisait que refaire la liste de tout ce que Gin avait été obligé de faire sous la domination d'Aizen, l'exaltée entra dans une véritable crise de fureur démente. Elle hurla en plein tribunal qu'il fallait punir Gin pour ses crimes, et l'exécuter après l'avoir torturé. Elle hurla tout un tas d'insanité qui scandalisa l'assemblée des 46. Des gardes en armes furent obligés de la faire sortir de la salle par la force. On l'entendit hurler dans le couloir pendant plusieurs minutes pendant qu'on l'emmenait en détention. Elle fut condamnée à deux semaines de prison pour outrage envers la cour. Secoué par toutes les horreurs proférées par l'hystérique, Gin se précipita hors de la salle et Yukiko le retrouva dans les toilettes où il vomissait tout ce qu'il avait mangé le matin.
Frissonnant à ce souvenir, Gin continua sa visite du manoir, heureux que les murs des jardins le protègent de l'extérieur. Il renonça à l'idée de trouver la bibliothèque mais il se promit de demander à Yukiko de l'y emmener dès qu'il trouverait la jeune femme. Au bout du couloir les shoji étaient ouverts donnant sur l'engawa et sur le jardin. Dehors, il tombait des cordes et les arbres semblaient courber l'échine sous la lourde pluie d'automne qui tombait sans discontinuer depuis la veille. Cette pluie était la raison de l'errance de Gin à l'intérieur de la maison. Habituellement, quand Byakuya était en congé, Gin passait sa journée dans le jardin mais aujourd'hui, c'était impossible. Il était resté un moment dans sa chambre puis, s'ennuyant vivement, il décida d'en sortir et de chercher la bibliothèque. Il espérait ne pas tomber sur Byakuya et se demanda vaguement ce qu'il pouvait bien faire pendant ses jours de congé.
Gin trouva un nouveau couloir et décida de l'explorer avant de retourner à sa chambre, s'il parvenait à retrouver sa route. Il découvrit plusieurs chambres inutilisées, un bureau vide, un placard, une salle d'eau, deux débarras remplis d'objets hétéroclites mais pas l'ombre d'une bibliothèque. Était-il maudit?
La dernière porte qu'il trouva barrait tout le couloir face à lui et les cloisons de papier laissaient filtrer une lumière plus vive que dans les pièces qu'il venait de visiter. Songeant que c'était peut-être enfin le but de ses recherches, il ouvrit la porte et resta stupéfait. Ce n'était pas la bibliothèque. Il se trouvait à l'entrée d'une sorte de jardin. On avait abattu plusieurs cloisons pour ne faire qu'une seule grande salle de ce qui en était deux ou trois à l'origine. Cette pièce, la plus grande de la maison, avait été aménagé pour abriter une impressionnante collection de bonsaï d'intérieur. La lumière entrait par d'immenses fenêtres et une grande porte donnait sur un véritable jardin intérieur dans lequel des bonsaï d'extérieurs recevaient la pluie qui tombait toujours.
Gin s'avança, intrigué par les arbres miniatures. Il les examina un moment sans toutefois les toucher. Il y en avait de toutes les tailles et de toutes les formes, certains droit comme un I, d'autres tordus et tortueux, comme s'ils souffraient. Il y avait des érables japonais aux feuilles rouges, des ormes chinois aux petites feuilles dentelées, des ficus, des pins aux minuscules aiguilles. Il y en avait des minuscules, à peine plus gros que le petit doigt, plantés dans des pots de la taille d'une tasse à saké. A l'inverse, au milieu de la salle, un bonsaï énorme trônait sur une table d'acajou. Il arrivait jusqu'à la poitrine de Gin et son pot occupait toute la surface de la table. Ses branches tortueuses s'étalaient en tous sens avec une discipline qui n'avait rien de naturelle. Plus d'une vingtaine d'arbres nains étaient exposés dans la salle sur des étagères spéciales ou de petites tables, et il sembla à Gin qu'il y en avait encore autant dehors. Toutefois, il ne sortit pas pour vérifier, il se contenta des bonsaï d'intérieur qui s'offraient à lui. Il vit aussi dans un coin de la salle un petit établi sur lequel des outils de jardinage étaient soigneusement rangés: petites cisailles, minuscules ciseaux, arrosoir au long col, armatures en fer pour obliger les branches à prendre certaines positions, engrais artisanal spécial et petits pots de terre cuite superbement ouvragés.
Gin resta un moment dans la salle à observer les bonsaï. Certains étaient vraiment magnifiques, d'autres ne ressemblaient qu'à un bâton pourvu de feuilles, mais tous laissaient entrevoir le travail et le patience qui les avaient façonnés. Gin caressa de la main les feuilles rouges d'un petit érable en songeant à Byakuya. Il venait de découvrir son passe-temps et, à voir certains arbres, celui de plusieurs générations de Kuchiki avant lui. Il regarda le gros bonsaï au centre de la pièce. C'était certainement un héritage de famille. Pendant un instant Gin envia Byakuya. Il n'avait jamais eu de faille en dehors de Rangiku et n'avait aucun héritage. Ça lui manquait un peu même s'il devinait que la famille du noble devait être un fardeau plus qu'autre chose. Il suffisait de le regarder pour comprendre. Aucun homme n'était naturellement aussi froid et indifférent. Gin ignorait ce qu'on lui avait fait mais il devinait aisément que l'enfance du noble n'avait pas vraiment dû être rose tous les jours.
Il caressa une feuille de l'énorme bonsaï entre ses doigts comme si c'était une façon pour lui de se rapprocher de la famille qu'il n'avait jamais connu. Pendant un instant, il se demanda s'il n'avait pas fait quelque chose de terrible dans une autre vie pour être torturé de la sorte dans celle-ci. Il avait peut-être été un hollow, ou un arrancar, purifié par un shinigami? ... Cette pensée le démoralisa. Il soupira bruyamment et se détourna du bonsaï. Il était temps de partir, si Byakuya le trouvait ici, il n'allait certainement pas apprécier. Il se retourna et sursauta violemment en poussant un cri de surprise. Dans l'encadrement de la porte, l'observant de ses yeux gris et froids, se tenait Byakuya. Pendant un instant, les deux hommes s'observèrent en silence. Le jeune noble était revêtu d'un kimono gris et d'un haori d'intérieur qui le changeaient radicalement de son uniforme de shinigami. Il paraissait moins sévère et plus jeune dans cette tenue. Gin, surpris, l'observa un instant en se demandant ce qui avait changé chez le noble en dehors de son kimono.
- Que fais-tu là, demanda Byakuya de sa voix froide.
Gin tressaillit comme si on l'avait fouetté.
- Euh ... je ...Je m'ennuyais et Yukiko m'a parlé d'une bibliothèque.
- Tu t'es trompé de couloir. Il fallait prendre celui de gauche après la salle d'arme.
- Oh!
Ce fut tout ce que Gin trouva à dire. Il n'osait pas regarder Byakuya en face mais il continuait à chercher ce qui avait changé en lui. Il avait l'air moins martial que d'habitude.
- Je vais partir dans ce cas.
Il fit un pas vers la porte mais la voix de Byakuya l'arrêta.
- Tu aimes les bonsaï, Ichimaru?
- Euh, oui... J'aime beaucoup les regarder.
- T'en occuper?
Gin haussa les épaules.
- J'en ai eu un que Rangiku m'avait offert pour mon anniversaire, mais il est mort au bout de quelques semaines. Je n'ai découvert qu'après que Aizen l'arrosait chaque jour avec son thé.
Cette révélation sembla outrer Byakuya.
- Pourquoi a-t-il fait ça?
- La jalousie, je suppose, soupira Gin.
Byakuya fit quelques pas dans la pièce, les cheveux flottant doucement sur ses épaules. Ce ne fut qu'à ce moment que Gin comprit ce qui avait changé chez le noble. Il ne portait pas son kenseikan et ses cheveux tombaient librement sur ses épaules.
- Celui-ci, fit Byakuya en désignant l'énorme bonsaï au centre de la pièce, fut mis en pot par le grand père de mon grand père, alors qu'il était à peine plus gros que celui là.
Il désigna un petit orme sur la table voisine.
- Il est aussi vieux que cette maison et tout aussi précieux.
- Je veux bien le croire, fit simplement Gin.
Byakuya s'avança vers une table et prit l'un des bonsaï entre ses mains. C'était un érable rouge, l'un des plus beau de la collection.
- Celui-là je l'ai mis en pot l'année où je suis devenu capitaine.
Il se tourna vers Gin et lui tendit le bonsaï.
- Tiens, prends le.
Gin le regarda avec des yeux ronds.
- Euh ...
Le noble lui fourra le bonsaï dans les bras.
- Occupe t'en bien, je serai vraiment très désappointé s'il mourait.
- T'inquiètes pas, je l'arroserai pas avec du thé.
Un micro sourire passa sur les lèvres de Byakuya si rapidement que Gin pensa avoir rêvé.
- Dans la bibliothèque, tu trouveras des livres qui te seront utiles. Mon grand père aimait rédiger des traités sur ses bonsaï, fit Byakuya en se détournant.
- A condition que je trouve d'abord la bibliothèque, soupira Gin.
Byakuya lui lança un regard par dessus son épaule avant de poser l'arrosoir sur l'établi devant lui et de préparer soigneusement son engrais. Gin, se sentant de trop, tourna les talons et quitta le jardin d'exposition, son bonsaï dans les bras.
