Je vois que vous êtes tous contents de voir Byakuya se réchaffer un peu, ainsi ce chapitre risque de vous décevoir un peu. Avec Byakuya c'est souvent un pas en avant, deux pas en arrière. ^^
Mais rassurez-vous. Il finira bien par vraiment se réchauffer.
Gin peu vous parraître horriblement OOC dans ce chapitre, mais mettez vous à sa place, le pauvre, Byakuya ne l'aide pas vraiment. ^^'

Bonne lecture.

Chapitre 10:

GRONDEMENTS.

Gin se sentait mieux depuis quelques jours. La pluie avait cessé et le soleil automnal avait repris ses droits sur le ciel du Seireitei. Un nouvel accès de fièvre, dut à l'humidité et au froid ambiant, l'avait gardé au lit pendant trois jours et Unohana était venue pour l'ausculter, s'inquiétant de le voir encore tousser et cracher du sang. D'après ses examens, il semblait que le corps du jeune homme réagissait au manque de reiatsu et que tout rentrerait dans l'ordre une fois qu'il aurait retrouvé ses forces. Le problème c'est qu'elles ne lui revenaient que lentement et que son reiatsu était à un tel niveau qu'aucun hollow ne se serait donné la peine de s'intéresser à lui.

Il était à nouveau sur pieds, récupérant lentement, toutefois il n'était pas sortit depuis près d'une semaine et son enferment commençait à lui peser. Il n'aimait pas particulièrement rester enfermé dans la demeure austère et sombre. Il avait l'impression que des siècles de tradition familiale pesaient sur ses épaules et il n'était même pas un Kuchiki. Il préférait ne pas imaginer ce que ce devait être pour le chef du clan. Ce devait être un clavaire pour Byakuya.

Gin soupira et posa son morceau de fusain sur sa petite table avant de lancer un coup d'oeil à son bonsaï. Il l'avait posé sur les tatami, près de sa table. Un carnet ouvert reposait près de la plante. Avant de tomber malade, Gin avait finalement réussit à trouver la bibliothèque et en avait ramené les livres dont Byakuya lui avait parlé. Le moins que l'on pouvait dire c'est le grand père Kuchiki devait avoir passé plus de temps avec ses bonsaï qu'avec son petit-fils. Mais au moins ses écrits étaient utiles, ils avaient permis à Gin d'apprendre à bien s'occuper de son cadeau.

Cadeau! .... ça lui faisait tout drôle d'y penser. Jusque là seule Rangiku lui en avait offert. Quelques babioles pour son anniversaire qu'il gardait comme des trésors en les cachant à Aizen.

Gin cherchait depuis un moment, un cadeau à faire à Byakuya pour le remercier de lui avoir donné son bonsaï. Mais sans argent, ni aucune autre possession que ses vêtements, il ne savait pas vraiment quoi lui offrir. Il n'avait rien d'autre que lui même. Et même si l'idée de s'offrir lui même à Byakuya le séduisait, il se doutait bien que le noble verrait ça d'un tout autre regard. Il réfléchit un moment à ce qu'il pouvait faire pour faire plaisir à Byakuya. Pas question de lui acheter quelque chose, ça c'était clair. Il pouvait alors lui offrir quelque chose qu'il avait fait lui même. Quand ils étaient enfants, ils 'avaient pas toujours assez d'argent pour vivre, c'est pourquoi, au lieu de lui acheter un cadeau, il offrait un dessin à Rangiku pour fêter son anniversaire. On lui avait souvent dit qu'il était très doué et ses dessins se vendaient assez bien au Rukongai. C'était grâce à ça qu'ils n'étaient pas morts de faim durant les hivers rigoureux qu'ils avaient traversé. Peut-être Byakuya apprécierait-il l'un de ses dessins? ... ça ne coûtait rien d'essayer. Le seul problème c'est qu'il n'avait ni pinceau, ni encre, ni fusain, ni papier. Rien du tout. Ce n'était certainement pas ce petit morceau de charbon chipé à la cuisine qui allait lui permettre de faire un bon dessin. Pour ses gribouillis c'était suffisant mais là, on parlait d'un cadeau pour Byakuya. Il devait trouver du matériel et faire du beau travail.

Agacé, il se laissa tomber en arrière et s'allongea sur les tatami, les mains derrière la nuque. Il se demanda où il pouvait trouver du matériel de dessin. Il ne pouvait pas sortir de la propriété, de toute façon, sans argent même s'il avait pu sortir il n'aurait rien pu acheter. Il pouvait certainement demander à Yukiko. Elle savait où se trouvait tout ce dont on avait besoin au manoir et elle pouvait sortir. Elle pourrait certainement l'aider.

Il se leva et réajusta son kimono avant de sortir de sa chambre. Il parcouru plusieurs couloirs et inspecta quelques salles en essayant de se remémorer l'emploi du temps de la jeune femme. Elle faisait toujours un tas de trucs, difficile de la suivre. Il la trouva alors qu'elle donnait des ordres à une servante qui allait apporter son repas à Byakuya à la sixième division. Gin attendit qu'elle finisse avant de l'aborder.

- S'il vous plaît, Matsuda-san.
Yukiko se tourna vers lui.

- Je cherche de quoi dessiner, savez-vous où je pourrait trouver ça?
La jeune femme sembla surprise.

- Désolée mais je crains qu'on ait pas ça en stock.
Gin sembla déçu.

- Pourriez-vous envoyer quelqu'un en ville dans ce cas?

- Certainement mais pas aujourd'hui. Tout le monde est débordé.

- Oh!
Elle s'excusa et l'abandonna pour retourner à ses tâches. Gin resta sur place un instant en se demandant pourquoi tout était difficile pour lui ces derniers temps. Livré à lui même, il n'avait plus qu'à se débrouiller seul. Où pouvait-il trouver de quoi écrire et dessiner dans cette maison? ... Dans le bureau de Byakuya, bien sûr! Pendant un instant, il se demanda s'il avait le droit de s'y rendre, puis décida qu'il s'excuserait plus tard.

Il retrouva rapidement le chemin du bureau du noble. Il resta un instant dans le couloir à regarder la porte. Son coeur battait vivement dans sa poitrine, il avait conscience de transgresser un interdit. Il hésita une minute puis ouvrit la porte. Avant d'entrer, il prit une longue inspiration comme s'il allait se jeter à l'eau. Le bureau de Byakuya était à l'image de son propriétaire: froid et net. Tout était si parfaitement rangé que ça donnait le tournis. Il y avait toujours un tas de désordre sur son bureau de la troisième division et Kira se demandait comment il faisait pour s'y retrouver. Ça ne l'empêchait pas d'être efficace.

Ne perdant pas plus de temps, Gin se dirigea vers la table de travail et commença à fouiller dans les tiroirs. Dans le premier, il dénicha des bâtonnets d'encre, des fusains, des crayons et des pinceaux. Dans celui du dessous, il trouva des feuilles de vélin d'une blancheur et d'une douceur parfaites pour le dessin ... Ou pour tous documents officiels. Les tiroirs situés de l'autre coté du meuble étaient tous deux fermés à clé. Ayant déjà trouvé ce qu'il cherchait Gin n'essaya même pas de les forcer. Il regroupa ses trouvailles et se redressa pour sortir. C'est au moment où il se relevait, qu'il la vit. Il faillit lâcher ses fournitures tant la surprise le saisit.

- Shinsô!
Il se précipita vers le wakisashi posé sur un râtelier près de la porte. Il ne l'avait pas vu ni touché depuis plus d'un an, depuis son arrestation en réalité.

- Shinsô.
Il tendit une main tremblante et caressa la tresse de la tsuka mais la sensation de chaleur autrefois familière ne se fit pas sentir et la licorne ne répondit pas à son appel. Il n'avait pas encore récupéré assez de force pour renouer le contact avec son zanpakutô. Mais ça reviendrait. Il retrouverait son ancienne force, il le jurait.

Il ne devait pas rester plus longtemps dans le bureau de Byakuya, il le savait, mais il avait du mal à abandonner Shinsô derrière lui. Elle lui manquait. C'était grâce à elle qu'il avait survécu aussi longtemps sous la coupe d'Aizen. Elle l'avait soutenu et réconforté. L'abandonner était comme une trahison, une preuve de sa faiblesse. Mais il le fallait. Byakuya ne serait certainement pas très content d'apprendre qu'il était rentré dans son bureau sans permission. Il serait encore plus furieux de voir qu'il avait récupéré Shinsô en douce. Et puis, le Central 46 lui interdisait de porter une arme. Autant ne pas leur donner de raisons de le renvoyer en prison. La mort dans l'âme, il quitta le bureau en laissant son wakisashi.

Gin repassa par sa chambre afin de prendre dans son placard un morceau de carton assez rigide pour lui permettre de s'appuyer dessus. Il se rendit ensuite dans le jardin et choisit son endroit favoris près de l'étang. C'était l'un des plus beaux coins du jardin, parfait pour un dessin. Il déposa son matériel sur l'herbe devant lui et plaça le carré de carton sur ses genoux avant de poser les feuilles de vélin au dessus. Un fusain en main, il observa attentivement le paysage avant de tracer les premiers traits d'une main sûre.

Il travailla durant des heures pour rendre justice à la beauté des jardins dans son travail. Il y avait longtemps qu'il n'avait pas dessiné mais il n'avait pas perdu la main. Il retrouva rapidement ses habitudes et les ombres qu'il avait commencé à esquissé prirent des formes plus précise pour devenir arbres, rochers ou massifs. Absorbé par son travail, Gin ne se rendit pas compte que le temps passait. Il affinait les derniers détails quand le gong annonçant le retour de Byakuya se fit entendre. Il sursauta et faillit gâcher son travail par un trait mal placé. Il regarda autour de lui et ne vit personne. Que devait-il faire? Byakuya ne s'attendait pas à ce qu'il vienne l'accueillir avec les domestiques. Il resta donc dans le jardin à finir son dessin. Tant qu'il n'ennuyait pas la tranquillité du maître des lieux, il ne risquait pas d'ennuis. Il irait faire ses excuses à Byakuya dès qu'il aurait terminé son dessin.

--

Byakuya rentra sans accorder la moindre attention aux domestiques agenouillés devant lui, comme à son habitude. Il se dirigea simplement vers Yukiko et la laissa le débarrasser de son haori.

- Le dîner sera servit dans une heure, Byakuya-sama, annonça-t-elle.
Byakuya se contenta de hocher la tête avant de se diriger vers ses appartements pour se changer. Il fit un arrêt à son bureau pour y déposer les dossiers qu'il avait emporté afin de les terminer dans la soirée. Il fallait aussi qu'il écrive une note à Ukitake pour lui confirmer qu'il acceptait d'accueillir Kurosaki chez lui durant son séjour au Seireitei. Ce n'était pas que ça lui plaisait mais il n'avait pas vraiment le choix. Rukia ne lui pardonnerait jamais s'il refusait. Elle avait déjà du mal à accepter la présence de Ichimaru sous le même toi qu'elle, alors autant lui faire plaisir cette fois, même s'il lui en coûtait.

Byakuya posa ses dossiers sur sa table de travail et s'assit sur son coussin pour rédiger sa note pour Ukitake. Il ouvrit le premier tiroir afin d'y prendre un morceau de parchemin et se figea. L'un de ses sourcil se souleva lentement. Il lui manquait du matériel et ce qui restait n'était pas aussi bien rangé que d'habitude. Quelqu'un était entré dans son bureau sans sa permission et avait fouillé ses tiroirs. Ses soupçons furent confirmés quand il constata qu'il manquait plusieurs feuilles de vélin. Il tira une petite clé de son kimono et ouvrit les deux tiroirs fermés à clé pour constater qu'ils n'avaient pas été fouillés.

Il se leva et se dirigea vers la porte. Quelle que soit la personne qui était entré dans son bureau, elle allait devoir lui fournir des explications. Il quitta la pièces à pas vifs et se dirigea vers la cuisine où il savait qu'il pouvait trouver Yukiko. Son entrée fit sensation: il y avait des années qu'il n'y avait pas mis les pieds. Les deux cuisinières sursautèrent et glapirent comme si elles s'étaient brûlées. Même Yukiko parut surprise.

- Quelqu'un est entré dans mon bureau et a chapardé des fournitures, fit-il. Qui?
Yukiko comprit aussitôt qu'il s'agissait de Gin. Elle le maudit d'être aussi idiot. Pourquoi était il entré dans le bureau de Byakuya? Cherchait-il délibérément les ennuis?

- Qui? Répéta Byakuya.
Le ton froid et menaçant de sa voix n'augurait rien de bon. Yukiko décida de se taire. Ichimaru n'avait pas besoin de d'avantage de problèmes pour le moment.

- C'est lui, fit alors une voix derrière elle. Le criminel que vous hébergez. Je savais bien que c'était un voleur. Ils sont tous comme ça là-bas, au Rukongai. Complètement irrécupérables.

- Ferme-la, Hamada, rugit Yukiko.

- Où se trouve-t-il? Demanda Byakuya au même moment.
Faisant fi des ordres de Yukiko, la mégère annonça, un sourire mauvais aux lèvres:

- Dans le jardin, près de l'étang, comme d'habitude. Je ne sais pas trop ce qu'il trafique mais il y est depuis des heures.
Byakuya fila sans attendre plus longtemps.

- Bon débarras, fit la mégère avec un sourire satisfait. On a vraiment pas besoin de ce parasite chez nous ...

- Hamada, commença Yukiko d'une voix glaciale. Une semaine complète au placard.
La cuisinière lui lança un regard meurtrier. Le placard était le nom donné à une pièce vide dans les réserves du manoir où Yukiko envoyait les domestiques pour les punir. Être enfermé au placard signifiait se retrouver seul dans la pièce la plus froide et la plus lugubre de la maison avec un seul repas frugal par jour et privé de ses émoluments pour toute la durée de la punition. Les domestiques devaient ainsi travailler gratuitement dans la maison et se charger, en plus de leur travail habituel, de toutes les corvées que les autres ne voulaient pas prendre en charge. Se retrouver au placard c'était être la risée de toute la maison pour ses fautes. C'était une humiliation. Certain domestiques préféraient démissionner plutôt que d'avoir à aller au placard, mais Hamada n'était pas de ce genre là. Elle allait rester au manoir malgré tout et attendre le moment pour se venger.

- J'ai fait que dire la vérité, protesta-t-elle. Ce sale type ne mérite pas que ...

- Deux semaines, interrompit Yukiko avec un sourire vengeur.

- Espèce de ...

- Tu veux y passer deux mois?
Cette fois la cuisinière ravala son fiel et ferma son clapet.

- Kumaro veillera à t'enfermer au placard dès ce soir.
Sur ces mots, Yukiko quitta la cuisine. Elle se hâta de gagner l'étang dans l'espoir d'éviter une nouvelle dispute entre Byakuya et leur invité.

--

Gin observa son travail à la lumière déclinante du soleil d'automne. Ce n'était pas si mal pour un dessin fait avec les moyen du bord et après une si longue interruption. Il regretta de n'avoir pas son sceau sur lui pour le signer (1). Il se contenta donc d'inscrire son nom dans un coin. Il s'était bien amusé en le faisant et songea qu'il devrait demander à Yukiko de lui fournir du vrai matériel pour dessiner. Ce n'était les jolies coins qui manquaient dans ce jardin. Il pourrait y passer tout le temps que durerait sa probation. Cette idée fit naître un véritable sourire sur ses lèvres.

Il posa la feuille sur un rocher près de lui et se leva. Il s'étira longuement, un peu raide d'être resté assis sur une pierre inconfortable aussi longtemps sans bouger, puis il épousseta son kimono du revers de la main.

- Ichimaru, gronda une voix.
Surpris, Gin se retourna pour voir Byakuya s'approcher à grands pas.

- Je veux savoir pourquoi tu es entré dans mon bureau?

"Aie!"
Gin jeta un coup d'oeil vers son dessin et se demanda si c'était le bon moment pour l'offrir au noble.

- En fait, soupira-t-il, je cherchais de quoi dessiner.
Byakuya lui lança un regard suspicieux.

- Dessiner? Tu ne cherchais pas plutôt à récupérer ton zanpakutô?
Gin ne pouvait pas dire que l'idée ne l'avait pas effleuré, mis il fut vexé par cette question ainsi que par le ton du jeune noble. Son manque de confiance le blessa cruellement et il sentit son coeur tomber dans sa poitrine comme une pierre.

- Et même si c'était le cas qu'est ce que je pourrais en faire d'après toi? Répliqua-t-il d'un ton agressif. Avec le reiatsu que j'ai, Shinsô ne me serait pas plus utile qu'un couteau de cuisine.
Byakuya fronça les sourcils en entendant le ton de son "invité".

- Parles moi sur un autre ton, Ichimaru, tu n'es rien ici, je te le rappelle.
Le visage de Gin se ferma soudain en une moue douloureuse. Une flèche de glace sembla lui transpercer la poitrine tandis qu'une colère alimentée par sa déception montait en lui à toute vitesse.

- J'aurai du mal à l'oublier, ton attitude me le rappelle chaque jour, fit-il, acerbe.
Ça sonnait clairement comme un reproche.

- Je sais parfaitement que je ne suis plus rien et que ça te fait chier de me voir tous les jours chez toi. Je sais que tu me détestes autant que ta soeur et que devoir veiller sur moi te répugne. Je sais que tu veux me voir mort, mais je ne te donnerai pas cette satisfaction, Byakuya Kuchiki. Je ne me laisserai pas faire. Tu ne te débarrasseras pas de moi comme ça.
Furieux, Gin donna un coup de pied dans les feuilles de vélin posées sur l'herbe, les éparpillant.

- Les voilà tes fournitures, acheva-t-il. Et dire que je faisait ça pour toi, pour te remercier ...
A ce moment sa voix s'étrangla et il dû prendre un longue inspiration pour calmer les sanglots qui montaient. Byakuya était sans voix. Il aurait dû répondre et faire comprendre à cet impertinent qui était le maître mais la lueur qu'il perçut dans les yeux à demi fermés de Gin le laissa perplexe. Était-ce de la déception, de la souffrance? Byakuya ne comprenait pas mais une douleur se fit sentir dans sa poitrine lorsqu'il vit Gin lutter pour retenir ses larmes.

- Décidément, je fait toujours tout de travers à tes yeux Byakuya, grinça le jeune homme.
Toujours furieux contre Byakuya mais aussi contre lui même, Gin tourna les talons et s'en alla d'un pas rageur essayant d'ignorer les larmes qui coulaient librement sur ses joues.

- Ton dessin, appela Byakuya ne sachant pas quoi faire d'autre.
Gin eut un geste de la main qui indiquait clairement qu'il s'en fichait complètement.

- Fais en ce que tu veux. Garde-le, brûle-le, déchire-le ... Je m'en moque.
Avec ça, il disparut dans la maison.

- Tu es rude, fit une voix derrière Byakuya.
Il n'eut pas besoin de se retourner pour voir le regard de reproche que Yukiko braquait sur sa nuque.

- Que voulais-tu que je fasse?

- Je ne sais pas, mais certainement pas lui rappeler qu'il n'était plus rien. C'est un sujet particulièrement douloureux pour lui. Il était ton égal et aujourd'hui il est réduit à presque rien. Comment te sentirais-tu si tu étais à sa place?
Byakuya ne répondit pas.

- De plus, Ichimaru-san est plus sensible que tu le penses et tes paroles le blesse souvent. Il ne dis rien mais je le vois quand même.
Byakuya resta muet. Il se baissa et ramassa le dessin posé à ses pieds. Il fut surpris par la qualité de la représentation. Il ignorait que Gin était si doué pour le dessin... A bien y réfléchir, il ignorait presque tout de Gin. Peut-être devait-il essayer d'en apprendre plus à son sujet. Ça l'aiderait peut-être à mieux comprendre ce qui se passait derrière sa tignasse argentée. Passer son temps à se disputer avec Gin était épuisant. Et puis, ça ferait peut-être taire cette douleur dans sa poitrine.

- Pourquoi cet idiot fait tout ça? Soupira-t-il. On dirait qu'il cherche à me défier!

- Il cherche à attirer ton attention.
Cette fois, Byakuya se tourna vers Yukiko.

- Et pourquoi ça? Habituellement on cherche plutôt à m'éviter.

- Je ne peux répondre à cette question. Pour tester ses limites peut-être.
Byakuya lui lança un regard interrogatif.

- Il vient de retrouver sa liberté après plus de cinquante ans d'esclavage. Il ne sais plus ce que c'est d'être libre. Il faut qu'il trouve les limites afin qu'il sache jusqu'où il peut aller et ce qu'il ne peut pas faire. Sous la coupe d'Aizen, il n'avait le droit de rien. Aujourd'hui, il est libre, enfin, virtuellement. Tu es la représentation de la chaîne qui l'entrave encore. Il est normal qu'il éprouve le besoin de te tester pour savoir jusqu'à quel point il est libre.
Byakuya ne dis rien. Il se demandait si c'était la seule raison ou si Gin cachait autre chose. Il avait le sentiment que le comportement du jeune homme n'était pas entièrement dû à sa recherche de liberté. Il ne savait pas pourquoi, mais il lui semblait qu'à chacune de leur rencontre, Gin semblait déçu par son comportement. Il lui semblait toujours que Gin attendait quelque chose de lui mais il n'arrivait pas à comprendre quoi. C'était certainement pour cette raison qu'ils passaient leur temps à se disputer.

- Je suis sa laisse?

- En quelque sorte.
Byakuya regarda le dessin avec tristesse. Cette pensée le démoralisait.

- Pourquoi a-t-il dessiné ça pour moi dans ce cas?
Il ne comprenait pas le comportement de Gin. S'il représentait vraiment ce qui entravait encore sa liberté, Gin ne devait-il pas le détester?

- Parce que tu es aussi celui qui veille sur lui.
Byakuya lui lança un regard perplexe.

- Gin ne te vois pas seulement comme son geôlier mais aussi comme celui qui le protège alors qu'il n'est pas encore assez fort pour faire face tout seul à ce qu'il y a dehors. Et puis, tu lui as offert ce bonsaï. Ça a dû le marquer.

- Comment ça?

- Je pense que le nombre de gens ayant offert quelque chose à Ichimaru-san au cours de sa vie peuvent se compter sur les doigts d'une seule main.
Byakuya fronça les sourcils en songeant qu'elle avait sans doute raison. Tout le monde au Seireitei détestait Gin sans même le connaître... Byakuya ne pouvait pas dire qu'il le détestait vraiment, mais il ne le connaissait pas non plus.

Peut-être était-il temps de combler cette lacune.

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NOTE:

1- Au japon, on ne signe pas les documents comme en occident. A sa majorité, chaque japonais se fait graver un sceau qu'il fait ensuite enregistrer à la mairie de sa ville. C'est en appliquant ce sceau sur les documents qu'il les signe, toujours à l'encre rouge.