Bonjour, voilà le nouveau chapitre.
Vous allez y découvrir l'autre passe temps de Gin, j'espère que ça ne vous semblera pas trop ridicule.

Merci pour toutes vos reviews, elles me font vraiment très plaisir.
J'ai récemment découvert qu'il était tout aussi agréable de recevoir une réponse d'un auteur à qui vous aviez laissé une review que de recevoir une review. J'ai donc décidé d'essayer de vous répondre.

Bonne lecture.
Bises.

Chapitre 11:

SECRETS.

Gin traversait les couloirs d'un pas ferme qui contrastait avec l'air inquiet peint sur son visage. Il se morfondait dans sa chambre quand Yukiko était venue le prévenir que Byakuya voulait le voir dans son bureau. Gin se demandait ce que lui voulait le noble. Il s'acharnait à l'évier depuis leur dispute de la semaine précédente et, à sa satisfaction, le noble ne faisait rien pour l'en empêcher. Gin en avait assez de cette situation. Il avait naïvement cru que, débarrassé d'Aizen, il pouvait enfin être heureux mais le noble ne semblait pas de cet avis. Il avait décidé de l'éviter tant qu'il pouvait pour ne plus être blessé par ses paroles tranchantes et son regard glacial. Il commençait à comprendre qu'il n'obtiendrait jamais rien d'autre du noble que son mépris et son indifférence et ça lui causait une douleur incroyable.

Il ignorait cependant que le soir suivant leur dispute, Byakuya était venu le trouver dans sa chambre. Le noble lui même ignorait pourquoi il avait fait ça, mais il avait voulu revoir Gin et s'assurer qu'il n'avait rien fait de stupide, comme se trancher les veines une nouvelle fois. Cependant, il le trouva endormi, roulé en boule dans son futon, comme pour se protéger. Après l'avoir abandonné dans le jardin, Gin était revenu à sa chambre où il s'était laissé tomber dans son futon. Il avait alors pleuré comme un enfant en serrant son oreiller contre sa poitrine. Tout le désespoir qu'il avait accumulé depuis des semaines remontait à la surface en un sanglot déchirant qui lui était impossible de retenir. Il en voulait à Byakuya d'être aussi froid et distant avec lui. Il s'en voulait d'être aussi faible et de pleurer comme une fillette sans pouvoir s'en empêcher. Sa colère n'arrangeait rien. Épuisé par cette dispute, par sa fureur et par ses sanglots, il s'endormit roulé en position foetale, serrant toujours son oreiller contre lui. C'est dans cette position que Byakuya le trouva une heure plus tard. Le noble le regarda dormir un moment, vaguement inquiet de le voir ainsi, aussi faible et tourmenté. Il avait recouvert le corps fragile avec la couette afin qu'il n'attrape pas froid avant de ressortir et de s'enfermer dans ses quartiers pour réfléchir. L'image de Gin roulé en boule restait cependant gravée dans sa mémoire.

Gin ne voulait plus laisser Byakuya le blesser comme il l'avait fait depuis son arrivée au manoir. Il avait décidé d'ignorer son coeur et de ne plus lui céder. Ce n'était pas difficile, il avait des décennies d'entraînement à ce jeu. Ce n'était rien de plus que ce qu'il faisait depuis qu'il était devenu vice-capitaine. La seule différence à présent c'était qu'Aizen n'était plus là pour le torturer. C'était toujours ça, se disait-il. Quand il arriva devant la porte du bureau, il prit soin d'afficher son ancien sourire sur son visage afin de camoufler ses véritables sentiments. A ce jeu aussi, il avait des décennies d'entraînement et il pouvait donner des leçons au noble. Il poussa un bref soupir inquiet avant de frapper à la porte.

- Entrez, répondit la voix neutre de Byakuya.
Gin fit coulisser la porte et entra dans le bureau. Il se planta devant le noble qui était occupé à écrire quelque chose sur un document d'allure officielle. Il n'accorda pas la moindre attention à Gin et acheva sa rédaction en silence en ignorant superbement son invité. Gin attendit qu'il finisse en pensant que le noble ne changerait jamais, quoi qu'il fasse. Il se persuada donc que son choix était le bon.

Après quelques minutes d'un silence pesant, Byakuya appliqua son sceau sur son document et passa un buvard dessus. Il leva enfin la tête vers Gin. Ses yeux d'améthyste s'agrandirent un instant lorsqu'il vit le jeune homme devant lui. Il le fixa un instant en silence et un frisson d'effroi remonta le long de son dos. Il avait l'impression d'avoir l'ancien Gin Ichimaru, le capitaine craint et détesté de tout le Seireitei, devant lui. Il ne comprit pas ce changement soudain mais il savait qu'il ne l'appréciait pas.

- Ichimaru, commença-t-il d'une voix tremblante.
Comment devait-il réagir face à ce nouveau changement? Était-ce une provocation? Où une protection comme le prétendait Yukiko? Il décida de faire comme s'il n'avait rien vu... Pour le moment, tout du moins.

- Je t'ai fait venir pour te donner ceci.
Il désigna d'un geste de la main une table qui se trouvait derrière Gin. Celui-ci se retourna et vit un paquet soigneusement enrobé de papier kraft posé près de Shinsô.

- Yukiko m'a dit que tu cherchais désespérément de quoi dessiner. J'ai pris la liberté de faire venir ceci du monde des humains. C'est la raison pour laquelle ça a mis du temps à arriver.
Gin s'avança vers la table et dénoua le cordon qui liait le paquet d'une main tremblante. Byakuya avait fait ça pour lui? Pourquoi?

A l'intérieur du paquet, il trouva plusieurs carnets à dessin à spirale de la meilleur qualité possible. Il y en avait trois grands et quatre plus petits ainsi qu'une dizaine de carnets de croquis que Gin pouvait glisser dans son kimono. Le tout était posé sur une boite laquée. Il la tira du paquet et l'ouvrit pour trouver une impressionnante collection de fusains, crayons, craies, pastels, pinceaux et peintures. Il n'avait jamais vu pareil assortiment. Son coeur cognait à grands coups dans sa poitrine.

- C'est satisfaisant? Demanda Byakuya.

- Oui, merci.
Byakuya hocha la tête bien que Gin ne put le voir.

- Maintenant, tu peux t'en aller, fit-il de sa voix neutre. Et n'entre plus dans mon bureau sans permission à l'avenir.

- Je ne le ferai plus, promit Gin sans se retourner.
Il rassembla ses carnets et la boite de fusains devant lui. Un instant son regard se posa sur Shinsô et il leva la main pour en caresser le fourreau.

"Pas encore ma belle, fit-il mentalement.
La licorne ne répondit toujours pas. Gin prit son matériel à dessin et se tourna vers Byakuya.

- Merci, fit-il simplement avant de sortir.
Lorsque la porte se referma Byakuya se détendit. Sa main lâcha la tsuka de son zanpakutô qu'il tenait sous la table. Il n'avait pas manqué de remarquer le regard que Gin lança vers son wakisashi et quand il porta la main à son arme, le coeur de Byakuya s'était emballé. Il serra instinctivement la main sur Senbonzakura et attendit pour voir la réaction de Gin. Le jeune homme ne fit rien d'inconsidéré et se détourna du wakisashi après quelques secondes de silence. Byakuya eut du mal à retenir sa surprise. Sur le visage de Gin, un véritable sourire, sincère et chaleureux, avait remplacé la grimace qu'il arborait en entrant quelques minutes plus tôt. Décidément, Byakuya avait du mal à le comprendre.

Le noble lâcha un soupir et rangea soigneusement les documents placés devant lui dans un tiroir qu'il ferma à clé. Il se leva et épousseta son kimono d'un geste machinal. Il était temps pour lui d'entamer la seconde partie de son plan. Il quitta le bureau et se dirigea vers la grande salle à manger où il troua Yukiko occupée à superviser les domestiques pour le repas qui aurait lieu le soir en honneur de leur nouvel invité.

- Yukiko, je m'absente un moment, annonça-t-il sans donner plus de précisions.
La jeune femme hocha la tête. Byakuya se retourna pour sortir lorsque la voix de Yukiko retentit derrière lui.

- Byakuya-sama. Dois-je invité Ichimaru-san au dîner de ce soir?
Byakuya tourna la tête vers elle et réfléchit un instant. Ce dîner était donné pour l'arrivée de Kurosaki chez lui. Ce n'était pas par plaisir qu'il le faisait organiser mais parce que la bienséance l'y obligeait. Cette même bienséance lui interdisait de refuser une invitation à un autre invité présent sous son toit. Il était donc également obligé d'y convier Ichimaru, mais curieusement cette idée ne le gênait pas autant que d'avoir cet humain bruyant et insolent à sa table. Et puis, la présence de Ichimaru ce soir rappellerait certainement à Rukia que tout ne lui était pas permis.

- Oui, fais, accorda-t-il.
Un sourire satisfait apparut sur le visage de Yukiko. Byakuya se détourna et quitta la salle à manger.

Byakuya se rendit directement à la caserne de la troisième division. Tout y était calme, le remue ménage ayant suivit l'annonce de la libération de l'ancien capitaine avait cessé sans heurt et sans victime. Byakuya se demandait s'il les shinigami de la division étaient contents de savoir qu'ils allaient peut-être récupérer leur capitaine où au contraire s'ils en étaient furieux. Ichimaru n'était pas devenu un traître de son plein grès après tout. Il soupira doucement en frappant à la porte du bureau du capitaine et du vice capitaine. La voix de Kira Izuru lui répondit aussitôt et il entra.

Si Byakuya se demandait encore si le blondinet serait content de revoir son capitaine, il eut la réponse en entrant. Kira était assis derrière son bureau habituel sur la droite du noble. Contrairement à Hisagi qui avait pris le bureau de Tôsen après son départ, Kira n'avait jamais osé s'installer derrière le bureau de Gin. Celui-ci était d'ailleurs toujours couvert du même désordre que le capitaine y avait laissé à son départ, ainsi que d'une épaisse couche de poussière. La loyauté du blondinet envers Gin surprenait Byakuya mais ce qui le surprenait d'avantage c'était que Kira n'ait jamais rien fait pour essayer de le rejoindre après son départ.

- Capitaine Kuchiki, s'écria le jeune vice-capitaine en sautant sur ses pieds.
Il s'inclina devant lui.

- Vous avez reçu mon message? Demanda Byakuya d'une voix glaciale.

- Oui, capitaine, veuillez me suivre.
Kira passa devant lui et quitta le bureau. Tous les deux se dirigèrent vers les appartements que Gin occupait quand il était le capitaine de la troisième division. Kira avait été surpris de recevoir la missive de Byakuya lui demandant de lui faire visiter les quartiers de Gin. Quand le capitaine avait été confié à sa garde, Byakuya s'était contenté d'ordonner au blondinet de préparer les malles de Gin avec ses vêtements et rien d'autre et avait envoyé des membres de sa division les chercher pour les amener au manoir. Il n'avait pas daigné venir lui même ni pour s'en occuper, ni pour parler de Gin avec Kira ce que le jeune homme avait eu du mal à accepter. Secrètement, il plaignait son capitaine. Tomber sous la garde du Kuchiki n'était peut-être pas pire que d'être l'esclave de Aizen pendant des décennies mais il aurait pu tomber mieux. Unohana et Ukitake auraient pu prendre de soin de lui mieux que le froid et arrogant noble qui marchait silencieusement derrière lui.

Les appartements de Gin étaient restés en l'état après son départ. Mis à part les enquêteurs venus fouiller à la recherche de réponses personne n'y était entré jusqu'à la libération de Gin. Kira lui-même n'avait jamais osé franchir cette porte bien qu'il eut passé de longues heures debout devant elle à se demander pourquoi son capitaine bien aimé était partit avec Aizen. Même la domestique de Gin n'était pas revenue après son départ.

Kira ouvrit la porte et s'écarta pour laisser passer Byakuya devant lui. Les appartements de Gin n'étaient pas très grands, mais ils donnaient l'impression d'être confortables. Pour une raison qu'il ne comprit pas, Byakuya les trouva agréable malgré le désordre qui y régnait.

- Les forces spéciales n'ont pas pris la peine de faire le ménage après leur passage, remarqua Kira en regardant autour de lui.
Byakuya ne répondit pas. Il commença à se balader dans les différentes pièces. Dans la salle principale, il vit le petit bureau de Gin placé entre les shoji. Il s'agenouilla sur les coussins avant de souffler sur l'épaisse couche de poussière qui s'accumulait sur le dessus du meuble. Il dévoila ainsi un portrait de Rangiku Matsumoto saisissant de réalisme. Encore une preuve que Gin était doué pour le dessin. Il fouilla dans les tiroirs sous l'oeil critique de Kira et découvrit un carnet de croquis qu'il feuilleta. A sa surprise, son portrait revenait régulièrement entre ceux de Rangiku, de Kira et quelques paysages du Seireitei. Un peu surpris, il le mit de coté et continua sa fouille. Il trouva divers documents sans importance ainsi que quelques mots échangés entre Gin et Rangiku. Il acheva de vider les tiroirs du bureau et de mettre de coté ce qui lui paraissait intéressant. Quand il eut fini, il se redressa et passa à la salle suivante, Kira derrière lui.

La chambre de Gin semblait avoir été traversée par un ouragan. Il y avait des vêtements au sol et ses anciens uniformes et haori de capitaine traînaient, abandonnés dans les coins. Dans les placards, Byakuya trouva d'autres vêtement du jeune homme qui n'avaient pas été emportés au manoir. Byakuya fouilla dans les boites et se rendit compte que les plus beaux kimono de Gin étaient restés sur place. Certainement que les idiots qui avaient fait les malles avaient cru qu'il n'en aurait pas besoin. Byakuya sortit les boites des rayons et les posa sur les tatami au milieu du foutoir.

- Vice-capitaine, veuillez faire porter ces boites au manoir le plus rapidement possible.

- Oui capitaine.
Byakuya se rendit à la salle d'eau voisine et y trouva le dernier yukata porté par Gin avant son départ. Il y avait aussi divers accessoires posés sur les étagères: rasoir, éponge, flacon de parfum ... S'il n'y avait pas eu de poussière partout, on aurait cru que Gin était parti la veille.

La dernière porte de l'appartement était fermée mais les marques sur le cadre indiquaient clairement qu'elle avait été forcée. D'ailleurs, elle était de travers sur son rail et Byakuya eut un peu de mal à l'ouvrir. Ce qu'il découvrit derrière le laissa sans voix. Il n'y avait qu'un seul meuble dans la pièce mais un meuble que Byakuya n'aurait jamais imaginé pouvoir trouver là.

- Un piano?

- Oui, fit Kira derrière lui. C'est le plus grand secret du capitaine ... je veux dire de Ichimaru-san. C'est un excellent pianiste. Il ne m'a jamais invité à l'écouter mais je pouvais l'entendre jouer de ma chambre.
Byakuya le regarda un instant avant de reporter son attention sur le piano. Pas étonnant que Gin s'ennuie seul au manoir, ses deux loisirs préférés étaient ignorés de tout le monde. Byakuya se demandait si son invité lui réservait d'autres surprises dans ce genre.

- Vice-capitaine, préparez ce piano pour son transfert au manoir.
Kira observa le noble avec des yeux ronds. Le déplacement du piano allait prendre du temps et demander beaucoup d'efforts.

- Vous m'avez entendu?

- Oui capitaine.

- Bien, fit Byakuya en se détournant.
Avec son piano à portée de la main peut-être que Gin se sentirait moins désoeuvré dans la demeure familiale. Byakuya n'aimait pas du tout le voir errer comme une âme en peine.

Byakuya observa le piano couvert de poussière. Il s'avança et passa les doigts sur sa surface. Le couvercle du clavier était ouvert et une partition était posée dessus. Il n'aurait jamais pensé que Gin puisse être pianiste. Il n'aurait même jamais imaginé qu'il puisse aimer la musique. C'était fou. Il avait vécu à coté de lui pendant près d'un siècle sans jamais le regarder, sans voir ce qu'il était. Comme tout le monde, il n'avait pas vu plus loin que son masque souriant et son comportement inquiétant. Il se rendait compte qu'il ne connaissait pas Ichimaru Gin. Tout ce qu'il croyait savoir de lui était faux. Personne ne savait qui était le véritable Gin... A part peut-être la blonde de la dixième division, Matsumoto. L'envie de le connaître mieux se forma dans l'esprit de Byakuya. Ça tombait bien, Gin vivait sous son toit. Il avait tout son temps pour l'observer et apprendre à reconnaître et à interpréter la moindre de ses mimiques. Il apprendrait enfin ce que Gin lui reprochait et ce qu'il attendait de lui.