Hey guys ! La deuxième Moisson X) Ce personnage est assez spécial, créé par la merveilleuse Ever-Lyo (j'espère qu'il sera à l'image que tu t'étais faîte). J'ai eu beaucoup de plaisir (quoiqu'un peu de difficulté) à l'écrire. J'ai bien hâte de voir ce que vous allez penser de lui. :) Comme toujours, une petite review est bien appréciée ! Et merci merci merci pour celles laissées à la dernière moisson :D Je suis sincèrement époustouflée... 49 reviews pour deux chapitres, c'est... wow O.O Je ne peux pas exprimer à quel point je me sens chanceuse en ce moment d'avoir de si merveilleux lecteurs *essuie une petite larme*.
Hana : Merci de ta review ! Je peux comprendre que tu n'aimes pas son petit côté de garce XD. Je crois qu'Aïvy, sois tu l'adores, sois elle t'énerve. Sinon, moi aussi je me demande comment elle compte ne tuer personne dans l'arène, XD. Va falloir que je me creuse la tête... u.u Et merci de ton compliment. Le nombre de fois que j'ai moi-même été jalouse de l'écriture d'autres, ça me touche que la mienne soit si appréciée *-*
Kayla7 : Ah oui, c'est sûr qu'Aïvy ne comprend pas trop la souffrance des Districts. Toute son enfance, on lui a répété qu'ils méritaient ce qui leur arrivait, alors même avec la rébellion, ce n'est pas si facile pour elle de bien comprendre la situation. De plus, peut-être qu'elle aurait pu changer d'avis avec le temps, mais son grand-père a été exécuté et de nouveaux Hunger Games ont été annoncés... Pour elle ça ne fait que confirmer que les Districts sont les 'méchants'. Enfin bref, j'imagine que ton opinion ce fera en apprenant à la connaître un peu plus, que tu finisses par l'aimer ou par vouloir la claquer XD. Et merci de ta review ! :D
Maryn : Quoi, mais comment ça c'est le genre de personnage que Ljay et moi pourrait créer ? *yeux totalement innocents* Et... yaaaaay quelqu'un qui aime bien Delan ! Moi aussi je l'aime beaucoup. Je le trouve très sympathique X) (oh, et merci de ta review :D) Pour Aïvy, disons que plutôt que de se croire le centre du monde, c'est plutôt qu'elle croit avoir les capacités de changer les choses. Elle ne se croit aucunement supérieure aux autres habitants du Capitole (bon, mais elle se croit supérieure aux gens des Districts par contre), mais elle pense que c'est son devoir que de sauver son 'peuple'. Bon, après je ne tente pas de la défendre, elle est bourrée de défauts XD.
Solene : J'ai même corrigé l'erreur des deux 'n' au chapitre 1 ! ^^' Et merci de ta review ! X) Alooors, oui, à mon avis Aïvy croit réellement à ce qu'elle dit. Alors c'est sûr qu'elle est un peu dans sa bulle, mais bon... Chacun ses défauts, hein. Mmh... clairement, tu n'es pas fan d'elle, XD. Bon, au moins elle a 23 chances sur 24 de mourir, si ça peut te faire plaisir ? Mademoiselle la sadique... :P
Et merci à mes bêtas-readeurs, D. Would et Ljay Odair !
Bonne lecture ! :)
MOISSON DU SECTEUR UN
Un cruel libertin
Ycare Goldblish, 18 ans, Secteur 1
Les rayons du soleil me forcent à ouvrir les yeux et j'observe le plafond quelques instants, la tête vide. À ma gauche j'entends un petit gémissement, et en tournant la tête aperçois une fille nue étalée de tout son long, la bouche grande ouverture, perdue dans un sommeil profond. Je me relève, m'inspectant. Je porte encore mes pantalons bourgognes, et à mes pieds se trouve mon fouet chéri, que je ramasse.
Sortant du lit, je m'étire avec un grognement satisfait. La pièce dans les tons rouge et jaune est immense et crie le bon goût. Mais oui, c'est ça ! J'ai fêté toute la nuit chez l'un des riches marchands du Capitole. Les personnages les plus importants s'y trouveraient, comment pouvais-je ne pas y aller ?
Avançant d'un pas, j'entre en collision avec une autre femme, à moitié habillée celle-là. Je cherche le reste de mes vêtements en vain, et haussant les épaules, quitte la pièce sans un regard en arrière. Un homme est endormi, assis dos au mur, son pantalon ouvert à la vue de tous. Je ricane devant son petit machin ridicule et je lui envoie un coup de pied pour dégager ses jambes du chemin.
Un sanglot étouffé se fait entendre dans la pièce d'en face et j'ouvre la porte avec curiosité. Une jeune fille est recroquevillée dans un coin, les vêtements serrés contre sa poitrine, son maquillage barbouillé. Elle lève la tête à mon arrivée et se relève d'un bond.
– Ycare ! s'écrit-elle d'une voix désespérée.
Je penche la tête. Elle me dit quelque chose, où l'ai-je déjà vue ?
– Tu m'as laissée toute seule avec… avec ce porc… je croyais… mais tu es là maintenant, alors… c'était si… horrible…
Elle sanglote de plus belle, se réfugiant dans mes bras sans me laisser le temps de réagir. Un peu plus loin, un homme est couché sur un canapé, de la bave au coin de la bouche. Il doit avoir la cinquantaine, un peu grassouillet, les cheveux grisonnants. Je le reconnais enfin, c'est le propriétaire de cette maison. Je me souviens aussi de la fille, maintenant.
Je l'éloigne avec une moue dédaigneuse et elle lève sur moi des yeux incompréhensifs, reniflant deux ou trois fois. Elle tente de cacher son corps tant bien que mal, ses habits semblent déchirés.
– Ycare ?
– Tu as eu ce que tu voulais, non ? lui dis-je froidement.
– Q-quoi ?
– Voyons, tu connais ma réputation. Et pourtant tu as décidé de me suivre à cette soirée, tu devais bien savoir ce qu'il s'y passerait.
– Mais tu étais si… gentil… Je croyais… que tu avais de vrais… sentiments…
Elle pleure à nouveau, reculant d'un pas.
– Chérie, ne sois pas ridicule. Moi, Ycare Goldblish, avoir des sentiments pour une minable petite vierge sans expérience comme toi ? me moquai-je en fermant la distance entre nous. Des fillettes comme toi, j'en rencontre tous les jours. Mon plaisir, c'est de vous briser en mille morceaux.
– M-mais…
– On se croisera peut-être à la Moisson ! m'exclamai-je en m'éloignant, mais pas sans avoir enregistré son expression d'intense égarement et désespoir, alors qu'elle s'écrase au sol.
C'est loin d'être la première fois que je fais ce coup à des jeunes filles éperdument amoureuses de moi, mais le plaisir en reste toujours aussi immense. Je ne me fatiguerai jamais de les détruire jusqu'au plus profond de leur être, de les souiller jusqu'à ce qu'elles se dégoûtent plus que tout.
Je l'ai rencontrée il y a deux jours de cela à peine, une petite jeunette de mon école qui me regardait avec ses grands yeux admiratifs. Ça été si facile de la convaincre de me suivre à cette fête, puis de la confier quelques instants au propriétaire pour ne jamais venir la chercher ensuite.
Passant une main dans mes cheveux blancs frisés, je me mets à rire silencieusement. La corrompre n'est pas aussi excitant que lorsque j'ai tué cette Muette il y a quatre ans – ça, c'était vraiment le meilleur moment de ma vie – mais c'est tout de même satisfaisant.
Passant devant un miroir, je m'y observe avec une fierté non dissimulée. Ma peau presque dorée, semblable à un bronzage lumineux, fait ressortir mes muscles bien définis dont les filles raffolent. Mes yeux verts aux iris entourés d'un cercle doré attirent les regards. Le tatouage noir en arabesque qui surplombe mon sourcil gauche – orné d'anneaux en platine ou de diamant tout au long – montant jusqu'à la racine de mes cheveux pour terminer sur ma tempe me démarque de tous. Les chaînes accrochées à mon oreille droite, en or blanc, reliée au piercing du labret, un rubis, montrent mon bon goût et ma richesse. Mes lèvres diaphanes roses clair et légèrement brillantes supplient d'être embrassées.
Oui, décidément, je suis beau. Le plus beau. Qu'est-ce que disent certaines filles déjà ? Que je suis un P.P.C., un Pur Produit du Capitole.
Je me détourne enfin, me préparant à partir. Je n'ai pas mis les pieds à la maison depuis plusieurs jours déjà, il ne serait pas si mal de revoir mes parents avant la Moisson. Enfin, ce n'est pas comme si j'ai une quelconque inquiétude à me faire. Mon nom n'est dans la boule qu'une dizaine de fois, il me semble. Aucune chance que je sois tiré au sort.
Sifflotant, je me promène dans le dédale de couloirs, un peu perdu mais pas pressé. Je renifle l'air, les sourcils froncés. Ça sent la fumée ?
Il y a alors des cris un peu partout dans l'étage d'en dessous – je n'étais donc pas au rez-de-chaussée. Je comprends vite la situation, ayant déjà vécu cela quelques fois depuis l'Embrasement. Les Thraxs se sont joints à nous. Les Districts ne nous interdisent pas de fêter, mais le genre de soirées que je fréquente – où il y a souvent des mineures ayant des relations sexuelles, par exemple – ne sont absolument plus permises. Elles se font malgré tout, mais avec une discrétion renouvelée. Parfois pourtant, comme aujourd'hui, les autorités ont vent de ce qui prend place
Il faut dire que celle-ci était une grande fête. J'imagine que certaines familles n'aiment pas l'idée des enfants du Capitole dans les Jeux, mais dans mon milieu, c'est une bonne chose. Enfin, nous aurons des tributs réellement intéressants, pas des pouilleux illettrés.
Je secoue la tête, revenant au moment présent. Ce n'est pas le temps de rêvasser. Me mettant à courir, j'ouvre porte après porte. Je trouve enfin ce que je cherche, un balcon. Des bruits de pas dans les escaliers me préviennent que les Thraxs ne sont plus bien loin. Je regarde en bas du balcon, évaluant les étapes à prendre. Sans aucune hésitation, je passe la jambe par-dessus le rebord, puis l'autre. Je m'accroche aux barreaux et me laisse tomber, enroulant mes pieds autour d'une des colonnes.
En quelques secondes à peine, je suis déjà au sol, sain et sauf. Un Thrax passe la tête par-dessus bord, me lançant un regard mauvais, et je m'enfuis avec un sourire goguenard dans sa direction.
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La maison est silencieuse quand je rentre. Rien n'a changé en une semaine, bien entendu. Depuis la rébellion, je suis rarement chez moi. Ma mère ne parle plus, trop choquée par les événements, elle n'a pas réussi à s'en remettre. Quand nous avons été arrachés du bunker que mon père avait construit quelques années plus tôt dans sa paranoïa, elle a hurlé à en percer les tympans. Et de temps en temps, après des jours ou des mois de silence, elle recommence. Nous n'avons même plus de Muets pour s'occuper d'elle, au grand malheur de mon père.
Moi je ne l'approche pas. Elle n'est qu'une faible, ma mère. Alors pourquoi me préoccuper d'elle ? Ses Muets doivent lui manquer. Elle avait un plaisir fou en leur compagnie, si je me fie à ses gémissements d'extases que j'ai entendu plus d'une fois, tard dans la nuit.
– Ycare ? dit une voix grave venant du salon.
– Oui, c'est moi Père.
Il est dans son fauteuil favori, en train de regarder la télévision. Le son est très faible, car le moindre bruit inattendu fait paniquer ma mère, qui est assise à ses côtés, le regard vide. Caesar est à l'écran. Beaucoup croyait qu'il était mort durant la rébellion, mais il a surgi à l'écran un jour, comme si de rien n'était, à nouveau présentateur des Hunger Games.
– Es-tu prêt pour la Moisson ?
– Oui, Père.
– Bien.
Il hoche la tête deux fois, sans me regarder. Une chance, car je ne souhaite pas qu'il voit mon air désordonné, sans chemise ni souliers. Les apparences sont très importantes, chez les Goldblish. Nous sommes une famille d'aristocrates après tout, nous avons une réputation à tenir; c'est notre devoir. Même si le gouvernement a changé, la dynamique est la même. Les plus riches sont les plus influents et ça ne changera jamais.
J'observe notre maison que certains appellent un château avec mécontentement. Nous avons perdu la plupart de nos affaires, en particulier quelques œuvres d'art que j'appréciais particulièrement. Heureusement, j'ai eu le temps de cacher mes vêtements et accessoires les plus précieux chez Janik, dont la famille est nettement plus pauvre. Les Thraxs l'ont laissé plus ou moins tranquille.
Peu importe. Nous regagnerons tout en temps voulu.
– J'espère que nous aurons des tributs forts pour nous représenter, commente mon père alors que Caesar donne des hypothèses sur les genres de Moissons qui prendront places.
– Cette année, être sponsor sera encore plus intéressant. Vous me laisserez être sponsor, n'est-ce pas ? demandai-je aussi nonchalamment que possible. Il faut soutenir notre Secteur, c'est notre réputation qui est en jeu !
– On verra d'abord qui est tribut, répond-il sobrement.
Je hoche la tête. Je préfère ne pas participer aux Hunger Games, ça comporte trop de risques, mais je ferais certainement un tribut de choix.
– Je vais chez Janik, dis-je après de longues minutes plongées dans le silence.
– Rentre ce soir. Peut-être que les Jeux réveilleront ta mère un peu, elle les a toujours beaucoup aimé.
– Compris.
Ma mère et moi avons toujours aimé sponsoriser les tributs les plus prometteurs. Nous y dépensions de véritables fortunes. Et puis pourquoi pas, il faut bien se servir de tout cet argent ! Mon père n'a jamais vraiment participé, quant à lui. C'est un homme d'affaire, comme il aime me le répéter. Il n'investit que dans ce qui est sûr. Il s'occupait avant de gérer la collaboration entre le Capitole et le District Un, vendant les bijoux et se faisant une belle plus-value du même coup. Il en donnait un certain pourcentage à Snow, c'est pourquoi il a été accusé de trahison à Panem. Mais comme la plupart des habitants, il a été relâché au bout de quelques semaines.
Maintenant, il gère les biens confisqués aux familles riches, travaillant de près avec Plutarch Heavensbee, notre nouveau représentant. Pour cela, certaines familles considèrent mon père comme un traître du Capitole. Mais moi je considère cela être intelligent. Il faut savoir reconnaître quand nous avons perdu, et trouver le moyen d'en prendre parti.
Les morales, la loyauté, l'amitié, l'amour ? Ha ! Tout ce qui compte, c'est sa propre survie !
Je quitte la résidence familiale, marchant à travers les rues rapidement. Les passants me regardent de travers et j'ai bien hâte d'être douché, coiffé et habillé convenablement. La maison de Janik se trouve aux abords du Secteur Un, il s'est presque retrouvé dans le Secteur Deux. Quelle honte ça aurait été pour moi que mon meilleur ami ne vienne pas du Secteur le plus riche !
M'approchant de la maison de mon ami, je lance un regard hautain en direction des résidences plus petites et plus discrètes de ce coin. Évidemment, elles valent davantage que celles des autres Secteur – contrairement à d'autre, je me suis habitué bien vite à ce mot... – mais je trouve qu'elles nous représentent mal. Le Secteur Un est le meilleur, le plus puissant. C'est ma fierté d'en faire partie.
Je rentre chez Janik comme si la maison m'appartient. Et c'est un peu le cas, non ? Puisqu'il est mon ami, tout ce qui est à lui est aussi à moi. Ses parents sont là et me saluent faiblement. Je les ignore, grimpant les marches quatre à quatre pour rejoindre la chambre de Janik au troisième étage.
– Je t'emprunte ta douche ! m'exclamai-je en ouvrant grand la porte.
Il sursaute, encore à moitié habillé, et hoche la tête avec un sourire.
– Encore fêté toute la nuit ?
– Tu aurais dû venir, c'était l'une des meilleures fêtes de l'année !
– J'ai entendu dire que les Thraxs sont intervenus, j'avais peur que tu te sois fait arrêté.
– Ne sois pas ridicule, comme s'ils pouvaient m'avoir si facilement, répondis-je en riant, disparaissant dans la salle de bain.
– Que s'est-il passé avec la fille finalement ? me demande-t-il à travers la porte close, pendant que je me glisse sous l'eau chaude.
– Quelle fille ?
– La vierge deux ans plus jeune !
– Ah, elle ! Je l'ai présentée au proprio, c'est quoi son nom déjà ? Le marchand…
– Tu n'as vraiment aucune pitié, rigole Janik. J'aurais aimé voir son expression quand elle a compris ce que tu lui as fait.
– Elle était délicieuse.
Nous continuons à discuter ainsi, pendant que je me récure de fond en comble. Avant mes opérations pour rehausser ma beauté, je n'étais pas très fier de mon corps. J'étais trop large à mon goût, le teint cadavérique. C'est pourquoi m'occuper de mon apparence est une priorité pour moi. Je ne veux pas ressembler à une bête de foire comme certains individus du Capitole, le bon goût est important, mais je tiens à ce qu'on me remarque.
J'applique les différentes crèmes et produits de beauté, puis fouille dans les placards pour trouver mes accessoires. Je mets de nouveaux anneaux et chaînes, accrochant à ces dernières de petites fleurs délicates allant bien avec mes cheveux presque blancs. Je souligne mes yeux d'un trait d'eyeliner noir en pointillé. Puis j'ouvre la porte, une serviette autour des hanches.
Janik est écrasé sur son lit, en train de jouer au jeu des Hunger Games de poche, qui fait la rage depuis quelques années. Enfilant des gants spéciaux, il contrôle son personnage qu'il voit en hologramme à un mètre de lui, se battant à mort contre vingt-trois autres joueurs. J'y ai joué pendant longtemps, mais j'ai maintenant de meilleures choses à faire. Comme trouver de nouvelles conquêtes pour les introduire au merveilleux monde du sexe.
Je trouve mes vêtements dans l'énorme armoire de mon ami, qui trône dans le coin gauche de la pièce, et fouille jusqu'à trouver le costume parfait. Je ne porte que des vêtements faits par les plus grands créateurs du Capitole, ma marque favorite étant celle de Derak Kristiansen. Pour aujourd'hui, je choisis un pantalon blanc, coupé à la perfection, et une chemise verte élégante qui montre mes muscles juste comme il se doit. J'accroche après celle-ci quelques bijoux et plumes, et revêts sur mes poignets et à mon cou de nombreuses chaînes de divers métaux. Je complète cela avec une montre gousset en or et une chevalière familiale en platine et rubis.
Je suis fin prêt pour la Moisson.
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Les filles se retournent à mon passage et je leur adresse des clins d'œil aguicheurs sous le regard moqueur de Janik.
– Tu n'as pas déjà couché avec celle-ci ? me demande-t-il alors que j'incline la tête devant une rousse plantureuse et qu'elle sourit timidement.
– Vraiment ?
– Oui, vraiment. Il y a trois semaines.
– Tu vois, c'est pour ça que je te garde à mes côtés ! Sinon je ferais l'idiotie de coucher deux fois avec la même fille.
– Tu l'as déjà fait pleins de fois… marmonne-t-il, faisant lui-même un petit salue de la main à une jolie blonde bien plus âgée que nous.
– Bien sûr. Le plaisir est décuplé quand je peux les briser mentalement en plus de profiter de leur corps. Je ne comprends pas pourquoi tu aimes les filles plus âgées, ajoutai-je après une pause.
– Elles sont plus d'expérience ?
– Et sont malheureusement moins innocentes. Un jour je te ferai comprendre ma philosophie.
– Ou toi la mienne, rétorque Janik. On est arrivés.
La file pour s'enregistrer est interminable. Ils n'étaient que quelques milliers par Districts, mais dans le Capitole chaque Secteur contient entre quinze et vingt mille jeunes, la ville contenant en tout un bon million d'habitants. Inutile de dire que ça fait une foule immense rassemblée au même endroit. En plus de cela, ils ont mis des Thraxs en abondance pour s'assurer qu'il n'y aura pas d'émeutes.
D'un pas sûr, je me place au devant de la ligne. Certains se plaignent avant de me reconnaître. Ils savent tous que je suis supérieur, que j'ai droit au respect. Je suis Ycare Goldblish, et personne ne peut l'oublier.
Dans la section des dix-huit ans, un groupe de garçons m'entoure immédiatement. Ils ne sont pas mes amis, de quelle manière pourraient-ils l'être alors qu'ils sont si stupides et immatures ? Ils se tiennent avec moi car ils m'admirent, car ils veulent que je leur montre comment être puissant, comment être un vainqueur. Et je le fais avec joie. N'est-ce pas mon devoir après tout, si je comprends le fonctionnement du monde, que de l'enseigner ?
L'hôte, Moenkhausia, monte enfin sur scène. Il se croit si magnifique, quel imbécile. Ce n'est pas en montrant son torse nu qu'il pourra contrôler le monde. Ça demande de l'intelligence, de la mesquinerie. Il semble si fier d'être l'hôte du Secteur Un. Moi, je serai président un jour. Car aucun autre poste ne peut me correspondre mieux.
Il fait son discours sur le châtiment du Capitole que nous, les enfants, devons payer afin de créer un monde meilleur. Ça ne veut rien dire tout ça. Si de nouveaux Hunger Games ont lieu, c'est simplement parce que les Districts aiment les regarder, mais qu'ils ne pouvaient se l'avouer quand leurs enfants étaient les tributs. Et puis pourquoi pas ? Moi aussi, je les aime, et il n'est pas question que je le cache.
Je trépigne presque d'impatience. Vont-ils enfin commencer ? Je meurs d'envie de connaître les tributs de notre Secteur.
– Une main d'applaudissement pour notre merveilleuse mentor, Giuseppina Parker ! s'exclame Moenkhausia.
La femme dans la mi-vingtaine se place devant nous, rigide. Elle est assez attirante, à mon grand plaisir. Ses longs cheveux bruns aux mèches blondes tombent jusqu'à ses fesses et les petites ondulations lui donnent un air sexy. Ses yeux verts clairs sont sérieux, perçants. Sa peau mate semble douce et agréable au toucher. Elle est un peu trop maigre à mon goût, mais je peux apprécier tout de même. Si j'étais tribut, j'essaierais de coucher avec elle. Ça serait un bon défi pour occuper le temps.
– Enfants du Capitole… Puisse le sort vous être favorable !
Moenkhausia plonge la main dans le bol en verre et un sourire excité s'étale sur mes lèvres. Je regarde autour de moi, me délectant des expressions terrifiées sur le visage des autres. Les yeux s'agrandissent soudain et reportant mon attention sur la scène, je réalise que l'hôte vient d'échapper le papier. Il le ramasse rapidement, l'air mortifié. Ce n'est pourtant pas de son genre de faire une erreur pareille, il est un professionnel qui prend son travail très à cœur, de ce que je sais que lui. Il a partagé quelques repas avec ma famille, nos parents étant de bons amis.
– JE ME PORTE VOLONTAIRE !
Je tourne la tête avec surprise alors qu'une petite forme se fraie un passage à travers les jeunes de notre section. Je la reconnais immédiatement, comme nous tous. La petite-fille de Snow.
Je n'ai pas encore couché avec elle. Elle est bien l'une des seules. C'est parce qu'elle se tient avec ses deux amis en tout temps. Ils empêchent quiconque d'autre de s'approcher d'elle. J'ai bien essayé, il y a un ou deux ans, mais il n'y avait pas moyen.
Je suis surpris qu'elle se soit portée volontaire. Mais maintenant, le comportement de Moenkhausia me surprend moins. Elle a dû croire que son nom serait lu, ça ne serait pas une idée si farfelue. J'y avais justement pensé, mais qu'elle soit tribut ou non ne change pas grand-chose pour moi. N'empêche, ça la rend nettement plus intéressante. Je pourrais peut-être la sponsoriser. En même temps, ceux qui le font risquent de devenir des traîtres aux yeux des Districts, donc il vaudrait mieux éviter…
– Ycare Goldblish !
Je relève la tête avec surprise. Les caméras sont déjà sur moi. Je viens… Je viens d'être tiré au sort ? Moi ? C'est vrai que les chances n'étaient pas à zéro, mais…
– Ycare ? me murmure Janik en secouant légèrement mon poignet.
Je secoue la tête et me dirige vers la scène, encore abasourdi. J'avais pensé me porter volontaire, mais je n'avais jamais cru que j'y serais forcé… Aïvy m'adresse un sourire quand je la rejoins que je retourne distraitement. Mes yeux se fixent sur les journalistes qui filment les moindres détails de la Moisson et j'arrive enfin à réaliser.
Je vais être tribut des Jeux du Capitole.
Affichant mon plus beau sourire, je fais un petit salut de la main à la foule se trouvant à mes pieds. Parce que les Jeux ont déjà commencé. Moenkhausia s'extasie; quoi demander de mieux qu'une volontaire et un tribut souriant. Ça promet !
Puis Aïvy et moi devons nous serrer la main. La sienne me semble minuscule alors que je la prends, et elle est obligée d'étirer le cou pour croiser mon regard. Alors qu'elle est largement en dessous de la moyenne question taille, je suis moi-même au dessus, avec mon mètre quatre-vingt onze. Quel contraste on doit faire. La notion me faire ricaner doucement, et je me demande combien d'autres tributs seront aussi petits, aussi inoffensifs. Aussi crédules.
Je sens que je vais m'amuser.
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– Vous avez trois minutes, nous dit le Thrax sobrement en referment la porte derrière lui.
Janik est mon premier visiteur. Il me sourit timidement, ne sachant trop quoi dire, j'imagine.
– Tu es le seul à venir ? lui demandai-je, parlant des garçons qui me suivent habituellement partout comme des petits chiots.
– Peut-être que tu intimides trop les autres, répond-il en haussant les épaules.
– Ou peut-être qu'ils se croient enfin libérés de l'horrible Ycare Goldblish, dis-je d'une voix amusée.
– Au moins tu mets du piquant dans leur vie. Tu le fais pour la mienne en tout cas.
– J'ai hâte de voir comment ils vont se coller à mes pieds quand je vais revenir vainqueur.
– Tu n'as pas peur ? me dit-il avec hésitation.
– Qui suis-je, Janik ?
– Ycare Goldblish…
– Exactement ! m'exclamai-je avec un clin d'œil.
Il me sourit, mais son expression redevient vite sérieuse. Avant que je ne puisse réagir, il me prend dans ses bras et me serre de toutes ses forces, puis s'écarte aussi soudainement. Sortant un objet de sa poche, il le dépose dans ma main.
– Avant que j'oublie. C'est le seul truc que j'ai eu le temps d'attraper avant de venir ici. Pour ton souvenir de Secteur.
Je hoche la tête, reconnaissant, et observe les plumes colorées montées sur la broche en or. J'aurais pu avoir mieux, mais j'imagine que ça me correspond bien. Je la fixe à ma chemise, remarquant qu'elle est déjà sécurisée afin que je ne puisse pas m'en servir comme une arme dans l'arène.
– Bon, je ferais mieux d'y aller. Reviens en vie, hein ? me dit Janik doucement.
– Ne t'en fais pas pour ça.
Il sourit et sort. Quelques minutes passent, puis la porte s'ouvre à nouveau, laissant apparaître mon père. Il se dirige immédiatement vers moi, m'invitant à m'asseoir. Il n'a pas grande émotion sur son visage, et je ne suis pas surpris. Mère n'est pas avec lui, ce qui ne me surprend pas non plus. Elle ne doit même pas se rendre compte de la situation. Et puis même si c'était le cas… Disons que nous ne sommes pas du genre à partager notre affection, dans ma famille. Ça me va parfaitement. L'amour est pour les faibles.
– Tu sais quoi faire pour gagner ?
Je hoche la tête, m'écrasant dans le fauteuil paresseusement.
– Je vais parler à quelques personnes pour des sponsors, mais ayant Alexander comme hôte, tu t'en sors déjà bien.
– Ne vous en faîtes pas, Père. M'attirer du support est ma spécialité.
– J'espère bien pour toi. Ne ternis pas notre nom, compris ? J'ai confiance que nous aurons d'intéressants Jeux grâce à toi. Représente bien ton Secteur.
– Roger that, sir, dis-je d'une voix traînante, faisant un salue militaire.
Je me demande s'il pense à l'incident avec la Muette, quand j'avais quatorze ans. Si je révélais cela, soit ma popularité monterait, soit elle baisserait drastiquement. Une chose est sûre, Panem serait beaucoup plus convaincu que je peux gagner. Père soupire et se frotte les yeux, puis pose une main solennelle sur mon épaule.
– Bonne chance.
Il sort avant même que les trois minutes ne soient terminées, et je ferme les yeux, un peu secoué. C'est vrai que ça va être dangereux. Pourtant, j'ai hâte d'y être. De monter des alliances, de trahir, de tuer… Je vais gagner et revenir en ultime survivant pour me faire une place dans le nouveau Panem.
Ils verront bien.
