Hellooo ! Nouveau chapitre, comme promis :3 Vous allez enfin découvrir le fameux Etan, qui a été créé par Sorcikator. Je sais que tout le monde s'attend à un horrible personnage, mais pour être sincère je crois que j'en ai fait une interprétation un peu spéciale. Et j'ignore complètement si vous aimerez sa personnalité ou non, il a une vision des choses... inhabituelle XD.

Merci énormément à tous pour vos reviews, je sais que j'ai répondu très brièvement à certains, manque de temps libre oblige, mais j'apprécie toujours autant je peux vous l'assurer. J'aime connaître vos avis sur les personnages, surtout quand ils divergent des miens X).

ValentinMVP : Waaaaah je suis vraiment désolée ! Je n'ai pas répondu à ta review au dernier chapitre ! Merci BEAUCOUP pour tes généreuses reviews, elles me font vraiment plaisir, et je suis toujours très contente d'avoir une nouvelle lectrice (ou un nouveau lecteur ?) :) Pour la proposition que tu m'avais fait, j'ai bien l'intention de mettre Survivre en pdf éventuellement, mais je voulais d'abord relire et corriger, parce que rien qu'en le parcourant j'ai vu pleins d'erreurs =.= Mais... j'ai un peu la flemme XD. Bon, et à part ça... Concernant Etan... Je crois qu'il pourrait te surprendre ;)

Hana : Merci de ta review ! ^^ Je suis contente que tu aimes Cori, elle a une forte personnalité, c'était marrant d'écrire sa Moisson X) C'est vrai que son découragement peut surprendre, mais dans ma tête la présence de sa famille est ce qui lui a vraiment fait réalisé sa situation, et je crois que sur le coup c'est pas facile de croire qu'on peut y arriver. Mais ne t'en fais pas, son courage va revenir, faut lui laisser le temps de digérer :3

J'ai créé le groupe facebook, puisque quelques-uns semblaient intéressés à l'idée. Il n'y a pas grand chose dessus en ce moment, mais dès que j'ai le temps je m'en occupe, c'est promis X) Son nom est « Fanfictions de WoR », je serais vraiment contente de vous y retrouver :D

Et sinon, merci à ma correctrice, D. Would. Je pense que je pourrai jamais le dire assez :3 Ainsi qu'à Ljay (ne doute jamais que tu m'aides, compris ?) !

Bonne lecture, et j'espère avoir de vos nouvelles en reviews !


MOISSON DU SECTEUR QUATRE

Un galant séducteur


Etan Sullivanov, 17 ans, Secteur 4

Je laisse retomber ma tête sur l'oreiller avec un soupir de contentement. Je n'avais pas été avec une fille plus vieille depuis un moment, et je dois dire qu'il est agréable de donner les reines à l'autre, parfois. Question de diversifié. Cylenne passe ses jambes sur le côté du lit et prend une cigarette de son sac.

– Tu as un briquet ?

Hochant la tête, je désigne du doigt mon pantalon abandonné sur le sol et elle fouille dans les poches pour le récupérer. Elle ferme les yeux en inspirant et se recouche à mes côtés.

– C'était bien.

– Juste bien ?

– Ok… vraiment, vraiment bien, admet-elle en riant. J'avais peur que tes pectoraux de rêve ne soient tes seuls atouts, mais tu me vois agréablement impressionnée.

– Je n'amène pas une fille au lit si je ne suis pas certain de mes compétences, dis-je en lui lançant un clin d'œil.

– Oh-oh, modeste le garçon !

– Là n'est pas la question, je me connais bien, avec mes points forts et mes limites, c'est tout.

Elle sourit, traçant des dessins arabesques sur mon torse, puis se relève pour me regarder droit dans les yeux, l'expression sérieuse.

– Sincèrement Etan, merci. J'en avais besoin.

– Tout le plaisir est pour moi. Littéralement.

Elle ricane, prenant une autre bouffée de sa cigarette.

– Et crois-moi, tu es tout aussi talentueuse que moi. Ta souplesse est… admirable.

– C'est ce que ça donne, des années en gymnastique.

Elle plisse brusquement les yeux et son doigt s'arrête sur le chiffre doré tatoué au niveau de mon cœur.

– Le chiffre est passé à centre quatre-vingt-deux… Qu'est-ce que ça veut dire ?

Je me redresse, constatant en effet le changement, et lui envoie un étincelant sourire, plein de fierté.

– Le nombre de mes conquêtes. Il change chaque fois que je suis avec une fille différente.

– Impressionnant ! commente-t-elle avec un sifflement admiratif. Remarque, je peux comprendre, tu as les manières galantes, le charme et un talent plus qu'appréciable au lit.

– Merci bien, dis-je en faisant une courbette. Et maintenant, malheureusement, je dois y aller.

– La Moisson, n'est-ce pas ? Si tu n'es pas tiré au sort… J'ai une amie qui aimerait ta compagnie je crois, ça t'intéresse ? Elle aussi vient de se faire plaquer par son copain, et elle a besoin d'un léger… remontant.

– Ah, mais ce serait trop facile ! Mon vrai plaisir est de séduire, tu sais ?

– Vraiment ? rétorque-t-elle d'un ton amusé, arquant un sourcil.

– Vraiment. Tu me donneras son nom, et je m'occuperai du reste. Ne lui parle pas de moi.

– Entendu.

Elle me jette mes vêtements au visage, se promenant nue dans la pièce et s'arrêtant à la fenêtre de sa chambre sans aucune gêne que quelqu'un puisse l'apercevoir de dehors. Je finis de m'habiller, puis l'embrasse longuement.

– Merci pour cette magnifique nuit, lui dis-je dans un murmure, la regardant dans les yeux.

– Et merci à toi. Je ne peux pas imaginer tous les cœurs que tu dois briser, ajoute-t-elle.

– Au contraire. Je suis toujours très clair que je suis là pour leur faire passer du bon temps, mais pas plus. J'ai un grand respect pour les femmes, je détesterais leur donner de faux espoirs. Et puis, je ne suis pas fait pour une relation sérieuse.

– Je te crois. Allez, ouste maintenant !

Après une profonde révérence accompagnée d'un baiser sur le dos de sa main, je m'éclipse du petit appartement et marche jusque chez moi. Je me dirige immédiatement vers la salle d'entraînement aménagée à côté de ma chambre afin de faire mes exercices habituels. Beaucoup de garçons de mon âge subissent des opérations pour avoir des muscles gonflés, mais personnellement je tiens à avoir des muscles aussi authentiques que possible. Et puis ainsi, ça me garde en forme.

J'arrête au bout d'une demi-heure, en sueur, et me glisse sous la douche, laissant mon corps se détendre avec délice. En sortant, je m'observe dans le miroir, satisfait. Quelques filles disent que je suis peut-être même au-dessus du légendaire Finnick Odair, et je ne peux complètement le nier.

Je sèche mes cheveux blonds aux mèches couvertes d'or et fais un clin d'œil à mon reflet. mes yeux sont d'un turquoise éclatant, signe que je suis de bonne humeur. C'est une opération que j'ai fait il y a quelques mois maintenant, et je ne le regrette aucunement. Selon mon état d'esprit, mes iris changent de couleur. Bien sûr, cela veut dire que je ne peux pas cacher mes émotions, mais puisque je ne mens jamais, ce n'est pas bien dérangeant.

Quant à mes lèvres décolorées aux reflets dorés, il est vrai que c'était risqué, mais jusqu'à maintenant les filles semblent apprécier. Et l'autre extravagance que je me suis permis, il y a trois semaines, est de me teindre les tétons dorés. Vala a bien ri en l'apprenant, mais je ne regrette rien. Ça attire le regard sur mes pectoraux et c'est exactement ce que je souhaite.

Je remets mes deux anneaux à mon oreille gauche et mon autre sur ma lèvre inférieure, jouant avec sans même m'en rendre compte, puis entreprends de m'habiller. Une simple veste blanche entrouverte, et un pantalon bourgogne, sans oublier mon bandana rouge, que j'attache à mon poignet. J'ignore pourquoi, mais j'ai toujours eu l'impression qu'il me portait chance.

Au moment même où je suis fin prêt pour la Moisson, j'entends la porte d'entrée s'ouvrir, signalant l'arrivée de ma mère. Je me rends dans la cuisine, lui préparant déjà la décoction magique qu'elle m'a apprise pour se remettre d'un lendemain de veille, et elle se glisse dans la pièce, les deux mains sur ses tempes.

– Fils, me salue-t-elle.

– Mère. Comment était la soirée ?

– Divine mon cher, divine ! s'exclame-t-elle rêveusement, se laissant tomber sur une chaise.

Je termine la boisson et lui tends avec un sourire.

– Ah, Etan, que ferais-je sans toi ?

– Tu continuerais de faire la fête.

– Tu as un bon point. Mais je serais moins enthousiaste.

Elle me souffle un baiser, faisant la grimace en prenant une gorgée. Je m'affaire dans la cuisine afin de préparer le repas, comme tous les matins. Depuis que mon père a été banni de la maison familiale quand j'avais quatorze ans, c'est moi qui m'occupe d'elle. J'ai en quelque sorte adopté le rôle de son mari, et cela me va parfaitement. Elle m'a donné naissance et m'a élevé, elle a droit à tout mon respect et mon attention.

Mon père… Rien que de penser à lui, mon sang bouillonne. Ce traître qui a tenu des propos malveillants contre le Capitole, il mérite entièrement d'être devenu un Muet. J'ignore ce qu'il est advenu de lui suite à la Rébellion, et franchement, je ne veux pas le savoir. Il doit être content, ses chers Districts sont maintenant au pouvoir, au détriment de sa propre famille.

Nous mangeons en discutant de la soirée qu'elle vient d'avoir. Vala trouve que ma mère est une femme superficielle, mais je ne vois pas cela comme une faute. Tant qu'elle est heureuse, il n'y a aucun problème. Bien sûr, elle n'est pas très attentive à mes besoins, et peut-être qu'elle se comporte peu comme une mère le devrait, mais je suis l'homme de la maison. C'est à moi de prendre le rôle de protecteur.

– Je vais chez Vala, dis-je en terminant la vaisselle. Comme je la connais, elle doit être morte de peur pour la Moisson mais ne pas se l'avouer.

– Oh, c'est vrai, la Moisson. Je devrais m'habiller d'une façon spéciale pour l'occasion, tu crois ? demande-t-elle affolée en observant ses vêtements.

– Tu seras magnifique peu importe ce que tu portes.

– Charmeur, va ! Tu diras bonjour à ton amie de ma part. Et tente de lui trouver une belle tenue pour une fois, son sens vestimentaire laisse vraiment à désirer.

Elle s'éloigne vers sa chambre en sifflotant. J'imagine que d'autres seraient tristes que leur mère ne s'inquiète pas de la possibilité qu'ils soient tirés au sort, mais personnellement je trouve cela mieux. Et puis, je ne le crains pas plus que cela non plus. Mon nom n'y est que six fois, comme s'il sera pris !

.

.

.

– Alors, est-ce que le chiffre a changé ? demande Vala en toute innocence, mais je sais exactement où elle veut en venir.

– J'en suis à cent quatre-vingt-deux.

– Sincèrement, un tatouage qui rend compte de tes conquêtes… Etan, toi qui dit respecter les femmes, crois-tu vraiment que c'est le cas avec un truc pareil ? soupire-t-elle alors que nous traversons une rue.

Je suis allé la chercher chez elle quelques minutes plus tôt, et après que ses parents lui aient souhaité bonne chance et lui aient promis qu'ils seraient aussi près de sa section que possible, nous sommes partis en direction de la Moisson.

– Justement, le compteur permet de vraiment mettre les choses au clair. C'est très efficace. Les filles ne s'imaginent pas que je vais tomber amoureux et elles peuvent en profiter pleinement sans se sentir mal qu'il y ait un quelconque attachement émotionnel.

– Je ne te comprends pas… T'as pas envie d'avoir une vraie relation, juste une fois ?

– J'aime les femmes, Vala, tu le sais… Toutes les femmes, de toutes les formes, personnalités, genre de beautés… J'aime faire leur connaissance, j'aime leur faire plaisir, j'aime les rendre heureuses… Je ne peux pas imaginer être seulement avec une.

Je soupire, passant une main dans mes cheveux. Nous avons déjà eu cette conversation nombre de fois.

– Mais tu pourrais au moins essayer. Pour voir. Tu n'y perdrais rien, non ?

Elle lève vers moi des yeux pleins d'espoir, malgré elle. Elle croit être si cachottière, quand comprendra-t-elle que je peux lire les femmes comme un livre ouvert, et qu'elle ne fait pas exception. Je sais qu'elle est amoureuse de moi, je le sais depuis longtemps. Mais je ne pourrai jamais la considérer comme plus qu'une sœur, et c'est pourquoi je ne peux rien lui dire. Je n'ai pas envie de détruire ses espoirs, mais je ne peux lui en donner aucun en même temps.

Je ne suis pas fait pour l'amour, et certainement pas avec elle.

– Parlons d'autre chose, veux-tu ?

– D'accord, d'accord, monsieur coureur de jupons professionnel. Je te jure, si c'est encore tout ce que tu fais de ta vie quand tu auras cinquante ans, il y aura un problème.

– Pourquoi pas ? dis-je en haussant les épaules. Ma famille est assez riche pour que je sois entretenu le reste de ma vie, tu sais ?

– Comment, mais comment suis-je devenue ton amie ? s'exclame-t-elle d'un ton faussement désespéré.

– Parce que je suis irrésistible, ma chère.

– Non, non. Tu sais, je crois que j'ai eu pitié de toi parce que tu n'avais pas d'amis.

– Si ça te fait plaisir de le voir comme ça… Mais je te rappelle que c'est toi qui n'avais pas d'amis, à l'époque.

– Faux ! J'avais Bob !

– Bob était ton ami imaginaire.

– Détail, détail…

Nous échangeons un sourire complice. Nous nous connaissons depuis si longtemps, peu importe nos défauts respectifs, nous acceptons tout l'un de l'autre. Sans elle, je ne serais pas allé bien loin, suite à la trahison de mon père. Je serai toujours là si elle a besoin de moi.

Même si ce n'est pas de la façon qu'elle souhaiterait.

Nous arrivons finalement dans la place où a lieu la Moisson, qui grouille déjà de milliers de gens. Nous trouvons vite une queue menant à un poste d'enregistrement.

– Les dames d'abord.

– Toi et tes manières de gentleman, rigole Vala nerveusement.

– Tout ira bien, dis-je en lui serrant les épaules.

Enfin dans la section des dix-sept ans, je croise les bras, regardant les Thraxs qui patrouillent autour de nous.

– Foutus Districts. J'arrive pas à croire qu'ils osent retourner leur propre punition contre nous.

– Parle donc encore plus fort, imbécile ! me siffle Vala. Je comprends ta frustration, mais ce n'est pas le moment de faire l'indigné.

– Je trouve au contraire que c'est le moment parfait. On devrait se révolter. On ne peut pas les laisser nous traiter ainsi, alors que ce sont eux qui ont torts !

– Etan, nous en parlerons plus tard, ok ? Je ne veux pas m'attirer les foudres des Thraxs, ou ils seraient bien capables de nous traîner sur scène pour être des tributs sans même faire le tirage.

Je m'apprête à répliquer, mais un « Bonjour, bonjour » m'interrompt avant, et un homme à la drôle de toge blanche lève les bras, nous incitant tous à communier avec la nature. J'échange un regard interdit avec Vala, qui hausse les épaules. À côté de l'homme, une chèvre blanche émet un chevrotement qui cause plusieurs rires étouffés.

– Mon nom est Miro Underwood, dit-il d'une voix tranquille, et je suis l'hôte du Secteur Quatre. Je vais être là pour soutenir les tributs de notre Secteur en compagnie de la charmante mentor Lateefah Galloway.

Une grande blonde d'une quarantaine d'années incline la tête, et ses yeux perçants balaient l'assemblée. Elle porte des pantalons de cuir marron et une chemise bleue allant parfaitement avec le bleu de ses yeux. Miro récite le traité, puis se prépare à tirer le nom du tribut féminin. Vala s'empare de ma main sans crier gare, et je retourne la pression.

– Tout ira bien, dis-je à nouveau tout bas.

Mais le nom qui est tiré me prend par surprise tout autant que Vala, qui lâche ma main. Corisandre Harrietty ? L'hôte l'appelle à nouveau, et enfin une tête blonde émerge et monte sur scène. C'est bien elle.

Corisandre, la première fille avec qui j'ai couché. Je n'arrive pas à y croire… Je pensais… J'ai toujours cru que j'aurais le temps de m'excuser, je ne savais simplement pas comment m'y prendre. Mon père venait de commettre sa traîtrise, à l'époque, et j'étais dévasté. Je n'arrivais pas à gérer mes émotions, moi et Corisandre passions beaucoup de temps ensemble depuis quelque temps…

J'ai pris sa virginité, et je ne lui ai plus jamais reparlé. J'étais si immature à l'époque.

Je dois aller la voir durant ses adieux. M'excuser, lui souhaiter bonne chance… Quelque chose…

– …Etan Sullivanov !

Je relève la tête brusquement, et Vala s'agrippe à mon bras.

– Non ! chuchote-t-elle tout bas, déjà les larmes aux yeux.

– Val…

– Non ! dit-elle plus fort.

Je crois que je suis en choc, parce que je me sens calme. Plus calme que jamais. Alors que je m'avance vers la scène, je me rends même compte que je souris. Comme dans un rêve, je me vois faire un clin d'œil en direction d'une fille de ma section.

Il me semble que je ne devrais pas réagir ainsi. Ce n'est pas normal. Pourquoi est-ce que je vais rejoindre Miro et Corisandre ? Pourquoi ai-je l'air si détendu sur l'écran géant ? Pourquoi mes yeux sont gris ? La couleur grise veut dire que j'ai peur… Est-ce que j'ai peur ? Pourquoi ?

Corisandre. Elle est encore plus belle qu'avant. Et j'aime vraiment son tatouage d'une rose dans son cou, avec la tige épineuse qui se rend jusqu'à son dos. Mais ce n'est pas… Je dois m'excuser…

Non, attends, ce n'est pas ça... Il y a… quelque chose d'important est en train de se produire…

– Si vous voulez bien vous serrer la main ? dit une voix lointaine, alors qu'une main passe autour de mon épaule.

– Corisandre... Tu as vraiment merveilleusement bien grandi, dis-je à la jeune fille en face de moi, comme dans un rêve.

Elle écarquille les yeux, puis fronce les sourcils, son expression se faisant orageuse.

– Tu en sais quelque chose, n'est-ce pas Etan ?

Elle attrape vigoureusement ma main, et avant que je ne comprenne ce qui m'arrive, je suis au sol, une douleur vive dans mes parties.

Je méritais peut-être ça.

Sauf que… ah… C'est ça…

J'ai été tiré au sort pour les Hunger Games… Corisandre est ma partenaire de Secteur… Je… Ah…

Des mains me remettent sur pied, et je prends enfin en compte les milliers d'habitants à mes pieds, les Thraxs qui me tiennent de part et d'autre, Corisandre qui est retenue à la taille par notre mentor, Miro qui s'affole au micro, criant qu'il faut faire l'amour et non la guerre… Vala… qui pleure…

Et je cours.

Je ne me rends pas bien loin, évidemment. Par un incompréhensible miracle, j'arrive tout de même à descendre de la scène, à sauter par-dessus une barrière, à traverser une rue… Et c'est là qu'un Thrax m'arrête. D'une main à l'arrière de la tête, il m'écrase le visage sur le ciment.

Mais je ne me débats déjà plus. Recroquevillé sur le sol, je tiens mon nez en sang et sanglote sans qu'aucune larme ne sorte.

.

.

.

Vala est ma première visiteuse. Sans rien dire, elle me serre fort comme son cœur, ses larmes et sa morve se perdant dans ma veste. J'aimerais la rassurer, mais je suis tout aussi secoué qu'elle et je ne peux que passer mes bras autour de sa taille et m'accrocher à elle comme si ma vie en dépendait.

Elle s'éloigne finalement, observant mon visage avec attention. En face d'elle ainsi, j'ai l'impression de retrouver un semblant de contrôle sur moi-même.

– Tu as vraiment mauvaise mine, finit-elle par dire avec un rire hystérique.

Je grimace, touchant mon nez encore sensible. Non seulement cela, mais j'ai aussi les deux yeux au beurre noir.

– Moi, le grand Etan, mauvaise mine ? dis-je malgré tout. Tu as besoin de lunettes, ma chère.

– Oh, Etan… soupire-t-elle. Je… je sais même pas quoi te dire.

– Crois-tu que j'ai une chance de gagner ? Je veux la vérité, Vala.

Elle reste silencieuse longuement, jouant avec l'étoffe de ma veste, puis prend une grande inspiration.

– Non, je ne crois pas que tu vas gagner. Mais je l'espère. C'est ce que mon père dit toujours, tu sais ? Qu'il est important de rêver l'impossible.

Hochant la tête, je caresse brièvement sa joue.

– Merci pour tout, Vala. Prends soin de toi.

– Toi aussi, murmure-t-elle d'une voix tremblante. Toi aussi.

Après cela, différentes filles me visitent, toutes plus chamboulées les unes que les autres, et je me contente de leur sourire sans rien dire. À quoi s'attendent-elles de ma part, exactement ? Mais plus le temps passe et plus je comprends… que ma mère ne vient pas.

J'ignore pourquoi. Peut-être est-elle évanouie quelque part, ou bien peut-être croit-elle que je n'ai aucune chance de survivre et ne voit pas l'intérêt de me voir une dernière fois… Ou encore, peut-être est-elle convaincue que je vais gagner et qu'elle n'a pas besoin de me dire au revoir.

Mais peut-être aussi… qu'elle ne n'aime pas, et que je ne suis pas important pour elle.

Je crois que je préfère qu'elle soit simplement évanouie.

C'est dans ce genre de situation que j'aimerais avoir une mère normale, qui me prendrait dans ses bras, me consolerait, me dirait que tout ira bien, qu'elle me protègera… qu'elle m'aime.

Pour la première fois de ma vie… J'ai besoin d'elle.

Et elle n'est pas là.

Quand l'heure pour les adieux est presque écoulée, la porte s'ouvre sur un dernier visiteur. Mon père.

Il me regarde longuement, et je fais de même. Je ne l'ai pas vu depuis trois ans, mais il a à peine changé. Il a maintenant une barbe, et ses vêtements sont beaucoup moins élégants. Mais il a les mêmes yeux coupables que la dernière fois que je lui ai parlé, que je lui ai ordonné de ne plus jamais me contacter.

– Qu'est-ce que tu fais ici ? dis-je, interloqué.

Il ouvre la bouche, mais bien sûr aucun son ne sort, et fait quelques pas vers moi en tendant les bras.

– Non… Je ne veux pas… Sors d'ici, tu m'entends ?

Plus il s'approche, plus je recule, et plus je me sens enragé.

– Je t'ai dit que je voulais plus jamais te revoir ! Pourquoi maintenant ? Tu veux voir de près ce que les Districts me font subir ? Es-tu content ? Hein ?! Es-tu content du sort que tes Districts chéris me réservent ?!

Il s'arrête, ouvrant la bouche à nouveau, et un gémissement étranglé en sort, mais je ne peux pas compatir, je ne peux pas… Je ne peux pas le voir plus longtemps.

– SORS ! SORS MAINTENANT !

Un Thrax entrebâille la porte, l'air curieux, et mon père déguerpi sans demander son reste. Enfin seul, je m'effondre dans un des fauteuils, les mains sur le visage. Une fois, juste une fois… Personne ne m'entendra…

– Maman… maman, j'ai peur…