Salut les gens ! Vraiment désolée du jour de retard (quoique c'est déjà mieux qu'avec la Moisson de Drew XD) ;_; ! En fait j'avais juste complètement oublié de poster le chapitre. C'est ce qui arrive quand je me cherche un nouveau travail sans quoi je me retrouve fauchée, ainsi que devoir trouver un nouvel appartement dans le mois qui vient (pour lequel j'aurai besoin d'argent... d'où chercher une job), ainsi que de devoir faire mes travaux d'école. Disons que ça me rend légèrement distraite XD. Oh, et bien sûr, continuer d'écrire les Moissons entre temps. X_X (Moment « raconter ma vie de merde » terminé.)

Je n'ai pas non plus eu le temps de répondre aux reviews, je suis vraiment, vraiment navrée. Surtout que vous prenez tous le temps de me faire des commentaires hyper longs et structurés, toujours passionnants à lire. Vous n'avez pas idée à quel point ils me font toujours extrêmement plaisir. Merci Sorcikator, Hana, Manoirmalfoys, ValentinMVP, tablearepasser, Solene, Kayla7, Kyoky Mukuro, Heartgame, Jun-Fuu, HaniPyanfar, Exogeneis, Aeringue, D. Would, Guest (qui n'a pas de pseudo), Lily in Neverland et Monstermaster (oui, je sais que tu plaisantais :P). Fiou, ça en fait du monde ! :D :D Prochaine fois, je prendrai le temps de vous répondre à tous longuement ! (ou en tout cas... je promets d'essayer !)

Et bien sûr merci à Woo pour sa géniale correction et à Ljay pour ses encouragements (surtout qu'elle m'a aidée à monter une arène juste trop énorme).

Ce tribut a été créé par Zod'a. Il est vraiment... comment dire... marrant ? Spécial ? En tout cas, je me suis amusée à l'écrire XD. L'hôtesse et le mentor ont été faits par moi.

Amusez-vous ! (et laissez une petite review ? Pour mes jolies yeux ? *-*)


MOISSON DU SECTEUR SIX

Un arrogant téméraire


Glenn Azeran, 17 ans, Secteur 6

– T'as peur, l'Écureuil ? se moque Murdoch.

Sa bande ricane et je grince des dents de frustration mais me force tout de même à hausser les épaules avec une fausse désinvolture.

– Moi, peur ? Me fais pas rire. Tu vas regretter de me mettre au défi, tu sais bien que tu perds toujours contre moi, Raton-Laveur.

Ses épaules se raidissent et un rictus de rage remplace son air amusé. J'ai peut-être la malchance d'être surnommé l'écureuil à cause de ma nervosité qui me donne la bougeotte et ma façon de grimper un peu partout, mais lui a été rebaptisé Raton-Laveur après une cascade qui a fini en deux yeux au beurre noir.

Mon propre groupe éclate de rire et nous nous foudroyons tous du regard. Mon ancienne copine trouvait ses rencontres très drôles, elle disait que c'était comme dans les vieux westerns, avec un duel à la fin. Elle était aussi vraiment collante. En plus, elle voulait que j'arrête le Parkour… « C'est moi ou ton sport débile ! » m'a-t-elle déclarée il y a une semaine.

Je l'ai plaquée.

– Ok, c'est quoi les règles exactement ? intervient Dex, le plus rationnel de nous tous.

– Le premier à rejoindre le squat gagne, explique l'un des amis de Murdoch. Pas de véhicules, pas le droit de rester sur le sol plus de dix secondes. Ils se promèneront avec leur caméra pour prouver qu'il n'y a pas eu de triche.

– Et si je gagne, l'Écureuil est mon Muet pour les prochaines vingt-quatre heures, ajoute Murdoch en croisant les bras.

– Et quand je gagne, Raton-Laveur est le mien, dis-je en souriant.

Ce genre de pari n'est pas rare. Nos deux factions sont en compétition depuis que nous nous sommes tous mis à faire du Parkour, et avec ce genre de sport, ça ne fait que donner de plus grands rushs d'adrénaline, ce que nous recherchons tous.

– La ligne d'arrivée est la même que d'habitude. Bonne chance ! s'exclame Lenny, un autre de mes amis, en me donnant une claque dans le dos.

Je commence par m'étirer soigneusement, me frotte les mains, puis me mets calmement en position bien que je sois excité. Raton-Laveur se place à ma gauche et nous échangeons une œillade provocatrice. Le squat est à une dizaine de minutes d'ici. C'est un grand entrepôt dans le Secteur Dix qui a été abandonné suite à la rébellion, et où quelques jeunes résident illégalement. En échange de notre discrétion, ils nous laissent nous y entraîner.

Ce n'est pas le défi le plus périlleux que j'ai relevé, loin de là, mais ce n'est pas sans danger non plus. Avec la Moisson demain matin, les Thraxs sont particulièrement à l'aguets du moindre dérangement dans la ville. Se promener de toit en toit n'est pas exactement permis.

Mais c'est ce qui rend le tout plus exaltant.

Au signal d'un des garçons, je m'élance hors du parc où nous étions rassemblés, n'accordant plus aucune attention à mon adversaire. Je sais exactement par où je dois passer. Je fonce droit sur un muret et m'en sers d'appui afin de grimper sur un arbre, puis me hisse sur le balcon d'une maison. Bien vite, je me retrouve sur le toit, où j'entreprends de sauter d'une maison à l'autre aussi rapidement que possible. Je suis parfois obligé de retourner brièvement au sol, mais je connais ce coin par cœur et sais où me rendre et quels supports utiliser.

Exécutant un saut particulièrement périlleux, un cri de joie m'échappe. Le Parkour est la seule activité qui me donne l'impression d'être libre, de pouvoir aller où bon me semble, d'être en contrôle total de ma vie. Je peux sentir les muscles de mon corps travailler, l'adrénaline se répandre comme une traînée de feu dans mon sang…

Je me sens… vivant.

– Hé ! Descends de là !

J'atterris de justesse sur un nouveau toit, déconcentré par la voix qui m'a interpellé, et une douleur vive me prend à la cheville. Génial. Je m'accroupis en me tenant la jambe et risque un coup d'œil en bas. Un Thrax gesticule dans ma direction et m'ordonnant de descendre immédiatement. Merde. Si je me fais prendre ça va mal aller, j'ai déjà reçu deux avertissements le dernier mois et ils ont tendance à punir sévèrement la troisième fois. J'en sais quelque chose.

Lui tirant la langue, je lui fais un petit salue moqueur et prends mon élan pour saute sur le bâtiment opposé, ignorant tant bien que mal ma blessure. Je suis obligé de faire une roulade pour amortir ma chute, et lance un regard vers le Thrax, qui s'est mis à courir dans ma direction. Au loin, un autre s'approche, matraque électrique en main.

J'accélère la cadence, le cœur battant la chamade, mais j'arrive bientôt à un immeuble d'où je ne peux pas sauter. Je n'ai pas fait attention à où je me rendais. Imbécile ! Malgré la situation urgente, je prends quand même le temps de me frapper la tête, puis m'accroche à un rebord de fenêtre pour descendre. À l'intérieur, une fillette me regarde, les yeux écarquillés, et je lui fais un clin d'œil goguenard.

– Tu vas pas nous échapper ! me menace un Thrax à une dizaine de mètres.

Je saute au sol et me mets à courir, me dirigeant vers une ruelle. Elle se termine en cul de sac, une haute barrière quadrillée bloquant mon chemin, et je peux entendre l'exclamation triomphale du Thrax derrière moi.

Prenant une longue inspiration, je plie les genoux et fonce vers le quadrillage, me hissant par-dessus facilement. Croient-ils vraiment qu'ils peuvent me coincer dans cette ville ? Je dérape légèrement et une main se referme sur mon mollet.

– Reviens ici sale gosse !

Je lui envoie un puissant coup de pied dans le visage et retombe de l'autre côté de la barrière avec un éclat de rire satisfait. Mais à ma gauche un autre Thrax s'approche et je reprends ma course sans perdre de temps. Finalement, je me cache dans un recoin, tapant du pied avec impatience. Je vais perdre mon pari à cause d'eux !

Quand je suis certain que je les ai semés, je me dirige à nouveau vers le squat, faisant preuve d'un peu plus de subtilité cette fois.

– Il est là ! s'écrie Lenny en se précipitant vers moi. T'as largement perdu mon vieux, il s'est passé de quoi ?

Je le rejoins dans le hangar, et la bande de Raton-Laveur se met à me huer bruyamment. Celui-ci se plante devant moi et sourit.

– On dirait que t'es ma pute pour les prochaines vingt-quatre heures, raille-t-il.

– Haha, très drôle.

Je soupire, me frottant le visage.

– Qu'est-ce que je peux faire pour toi ?

– Déjà, m'appeler maître serait pas mal, rétorque-t-il, narquois.

– Tu veux rire, je vais pas…

– Ensuite, je te laisse la nuit libre, mais on se voit chez moi à huit heures. Tu vas me faire à manger.

Après un salut moqueur, il s'éloigne en compagnie de ses amis et je m'écroule sur un vieux canapé décrépi.

– Alors, qu'est-ce qu'il s'est passé ? C'est la première fois que tu perds contre Raton ! m'interroge Lenny à nouveau en s'asseyant à côté de moi.

– J'ai fait la charmante rencontre de quelques Thraxs, dis-je en me massant la jambe. Je leur ai échappé de justesse.

– T'es taré, marmonne Dex en croisant les bras. Je t'avais bien dit que c'était une mauvaise idée de faire ça aujourd'hui, ils patrouillent partout.

– Hé, pas besoin d'insulter. Je leur ai échappé ok, tout est bien qui fini bien !

– Est-ce que j'ai bien entendu ? s'enquiert une voix féminine.

Levant les yeux, je vois une fille aux cheveux violets en bataille et aux vêtements noirs s'approcher de nous, l'air plus que mécontente. Un garçon morose à la peau rose fuchsia la suit de près.

– Des Thraxs t'ont poursuivi alors que tu te rendais ici ? continue-t-elle hystériquement. T'es débile ou quoi ?! C'est un squat je te rappelle, s'ils nous avaient trouvés on se serait tous retrouvés derrière les barreaux ! Me semble que notre condition était claire en échange que vous vous entraîniez chez nous ! PAS DE THRAXS !

– Calme-toi Hailee, intervient le garçon en posant une main sur son épaule.

– On est vraiment désolés, intervient Dex calmement. Mon ami est un idiot de première, je l'accorde, mais il ne serait jamais venu ici s'il n'était pas certain d'avoir semé les Thraxs.

Il se tourne vers moi, attendant que je confirme ses propos.

– Ok, premièrement, est-ce que tout le monde pourrait arrêter de me traiter d'imbécile ? Je crois que tous les synonymes possibles ont été utilisés, et franchement je ne crois pas…

– Non, non, il manque encore crétin et demeuré, m'interrompt Lenny en ricanant.

– La ferme ! dis-je en le fusillant du regard. Mon point est, je vous jure que les Thraxs ne m'ont pas suivis, je ne suis pas con, contrairement à l'opinion général. Si je l'étais, je les aurais ignorés pour me rendre ici plus vite et gagner mon pari.

– T'es un peu con quand même !

– La ferme Lenny !

Mon bracelet vibre et je baisse les yeux pour voir que Raton-Laveur m'a envoyé un message. « On se voit demain l'Écureuil ! ». Je grogne, fermant les yeux.

Je sens que demain va être génial.

.

.

.

« T'as quinze minutes pour te pointer. »

Je soupire et me lève, passant une main dans mes courts cheveux gris métallique. J'enfile rapidement un pantalon de jogging et un large sweat-shirt. Je recouvre ma tête de la capuche, cachant les tatouages noirs de style tribal qui recouvrent toute la moitié gauche de mon corps.

En passant dans la cuisine, j'attrape un morceau de pain et salue mes parents d'un vague grognement. Je ne suis pas du genre matinal. Ma mère m'envoie un sourire éclatant, babillant au téléphone, probablement avec sa vieille amie. Ces deux-là sont inséparables. Ses cheveux verts sont coiffés impeccablement, et elle porte une élégante robe qui enserre sa taille exagérément mince grâce aux côtes qu'elle s'est faites enlever il y a longtemps.

Mon père est lui aussi au téléphone, il semble parler à un client potentiel. Il était banquier s'occupant des revenus venant du District Onze avant la rébellion, mais par la suite il s'est reconverti dans une entreprise de voitures. Il y passe tout son temps et je le vois rarement, ce qui n'est pas pour me déplaire.

Je m'entends bien avec mes parents, mais ils sont tous les deux assez absents. Ma mère dans ses fêtes mondaines et sorties entre filles, sans oublier son atelier de couture où – se vante-t-elle dès qu'elle le peut – elle a déjà confectionné des vêtements pour la famille Snow. Mon père dans son entreprise et à des fins de semaine entre « gentlemen ».

Je suis loin de me plaindre. Grâce à ça je peux librement sortir la nuit, sécher mes cours sans qu'ils ne l'apprennent, voir mes amis quand je veux… Bref, j'ai la belle vie.

J'ai aussi un grand frère de douze ans mon aîné, mais il a quitté la maison familiale à quinze ans. Disons qu'Usa était… spécial. Et mes parents n'ont jamais pu l'accepter. Moi je m'en fous un peu, je ne l'ai jamais vraiment connu, et il n'a pas essayé de me recontacter après être parti. J'ai tout de même appris qu'il est devenu styliste. Au moins, il a réalisé son rêve.

– On se voit après la Moisson, me lance mon père en écartant le téléphone de sa bouche.

J'acquiesce et sors, glissant mes mains dans mes poches d'un air ennuyé. Non seulement je suis esclave pour la journée, mais en plus je suis obligé de me rendre à cette stupide Moisson. Mon père est un grand amateur des Jeux, mais personnellement je ne les ai jamais vraiment regardés. Pas que j'ai quoique ce soit contre, mais faire du Parkour est bien plus excitant et ça occupe la plupart de mon temps.

Dex m'a dit que sa sœur était vraiment inquiète d'être tirée au sort. Je ne vois pas ce qu'il y a de si effrayant. C'est juste un jeu, non ? Ok, il y a des morts, mais ça ne peut pas être si difficile, avec les enfants du Capitole comme adversaires. Après tout, il n'y a pas de carrières comme dans les Districts. Gagner ne doit pas être bien compliqué.

Raton-Laveur m'accueille d'un sourire jubilatoire. Content de savoir que l'un de nous s'amuse au moins. Et j'avais imaginé tellement de trucs que je l'aurais obligé à faire aussi… Je vais définitivement gagner le prochain pari.

– La cuisine est là. Fais ça vite, t'es déjà en retard, m'ordonne-t-il, se laissant tomber sur le canapé à côté de son père.

Celui-ci est endormi, la bouche grande ouverte et une bouteille de vodka vide dans la main gauche. J'avais entendu dire qu'il était un soûlon, on dirait que c'est vrai.

– J'en fais pour tes parents aussi ?

– Juste moi. Il mange jamais en se réveillant, répond Murdoch en indiquant son père.

– Et ta mère ?

– Ça te regarde pas, marmonne-t-il furieusement.

Je hoche la tête, arquant un sourcil, et entreprends de cuisiner. Je pose finalement une assiette devant lui, qu'il regarde d'un air sceptique.

– C'est quoi ce truc ?

– C'est sensé être une omelette. Je t'avais pas dit ? Je suis nul en cuisine.

Il grogne mais enfourne malgré tout une bouchée.

– C'est déjà mieux que ce que je fais, commente-t-il, la bouche pleine.

– Vraiment ? dis-je, incrédule.

– Moins brûlé, en tout cas, explique-t-il en haussant les épaules.

Il me fait ensuite ranger sa chambre, passer la balayeuse, récurer la salle de bain et plier ses caleçons. Je ne peux m'empêche de lui lancer un regard dubitatif à cela, mais il se contente de ricaner. Connard.

.

.

.

– Alors, monsieur le Muet, comment ça se passe ? questionne Lenny en retenant tant bien que mal un sourire.

Je l'ignore, me concentrant sur la scène où une femme dans la trentaine fait les cent pas depuis quelques minutes déjà, la lèvre inférieure tremblante et le maquillage dégoulinant sur ses joues. Ses longs cheveux bouclés aux mèches bleues sont attachés en un petit chignon, et ses yeux jaunes pastel aux pépites roses sont rouges et irrités. Elle porte une robe orange et blanche bouffante, ainsi que des talons hauts assortis. À côté d'elle, un jeune homme, dans la mi-vingtaine peut-être, ne cesse de ricaner, la dépassant d'une bonne tête.

Ce n'est pas difficile de comprendre qu'elle est notre hôtesse et qu'il est notre mentor.

– Ça va commencer bientôt, vous croyez ? se plaint Murdoch à ma droite. J'ai faim à cause d'une certaine personne qui est inepte en cuisine.

– Je te rappelle que t'es encore pire…

– Chut ! nous coupe Dex sèchement, alors que l'hôtesse se tourne enfin vers la foule.

– B-bonjour tout le monde, marmonne-t-elle en reniflant. B-bienvenue à… la M-moisson du S-secteur Six. Mon n-nom est… Neon C-caspia, et je suis votre hô-ôtesse en c-compagnie du mentor P-payne Witold.

– C'est un immense plaisir pour moi d'être ici ! intervient le jeune homme avec un clin d'œil. Je sens qu'on va tous s'amuser follement !

Neon éclate en sanglot et sort un énorme bout de tissu en tissus d'une petite poche de sa robe afin de se moucher bruyamment.

– Passons m-maintenant au… tirage…

Elle hoquète, renifle à nouveau, et se frotte les yeux, détruisant encore plus son maquillage. J'échange un regard perplexe avec Dex tandis que Lenny se marre tranquillement. Mais autour de nous, les gens ont l'air toujours aussi stressés, et je peux même voir quelques filles qui pleurent à chaudes larmes, s'accrochant les unes aux autres. De quoi ont-ils tous peur ? Il n'y aura que deux personnes tirées au sort, y'a pas de quoi faire toute une histoire !

Neon s'avance à petits pas vers la boule de verre contenant le nom des filles et en attrape un à toute vitesse. Elle déplie le papier et ferme les yeux, comme si elle doit rassembler son courage avant d'appeler l'élue.

Cette femme est ridicule. C'est à cause de gens comme elle que les Districts se moquent de nous.

– Milka V-venn, balbutie-t-elle finalement au milieu de ses larmes.

– JE ME PORTE VOLONTAIRE ! s'écrie une fille à quelques mètres à peine de moi.

Elle traverse la marée des dix-sept ans, et tout ce que je peux voir d'elle sont ses longs cheveux blancs frisés aux nuances gris-rose. Il y a de nombreuses exclamations parmi les jeunes, personne n'aurait cru qu'il y aurait des volontaires, et certainement pas de notre Secteur. Elle s'arrête devant l'hôtesse, qui la regarde avec de grands yeux.

– Nausika Dust, dix-sept ans et volontaire aux Hunger Games, se présente-t-elle calmement.

– Oh… Oh, hum… Nous avons d-donc une v-volontaire… U-une main d'applaud-dissement pour mademoiselle D-dust… Es-tu sûre m-ma chérie ? s'assure Neon nerveusement en triturant les coutures de sa robe.

Nausika se contente d'un hochement de tête nonchalant.

– Elle me dit quelque chose… dis-je tout bas.

– Elle va à notre école, me murmure Dex. Tu le saurais si tu prenais la peine de t'y pointer plus souvent.

– Hé, l'écureuil, interrompt Murdoch. J'ai un nouvel ordre pour toi.

Je soupire, exaspéré, et me tourne vers lui.

– Quoi, maintenant ?

– Porte-toi volontaire !

– Pardon ?!

– T'as peur ? Je veux dire, tu peux refuser, au pire tu passes pour une mauviette qui ne tient pas ses promesses…

Il m'adresse un sourire mauvais, croisant les bras, et lève le menton en direction de l'hôtesse qui est en train de fouiller dans la boule pour le tribut masculin.

– Alors ? Tu vas le faire ou non ? Je te comprends, c'est effrayant les Jeux. Tu sais, avec des filles qui se portent volontaires et tout…

Je fronce les sourcils et risque un coup d'œil autour de moi. Tous nos amis m'observent attentivement, ne faisant même pas attention au nom qui est appelé par Neon. Dex secoue la tête frénétiquement et Lenny a l'expression la plus sérieuse que j'ai jamais vue sur lui. Mais tout ce que je perçois vraiment, c'est Murdoch qui continue de me narguer avec sa voix nasale insupportable.

– T'es pas capable de le faire, hein ? Une fille le fait, mais toi tu peux pas… T'es qu'un lâche, l'écureuil… Un sale petit lâche qui se donne des airs supérieurs… Mais en fait tu trembles de peur, hein ? J'ai pitié de toi, sérieux…

Mes mains se mettent à trembler et je serre les poings. Je ne suis pas… Je ne suis pas un lâche. Personne ne peut dire ça de moi. Je relève tous les défis.

Tous les défis.

Je fixe Murdoch droit dans les yeux, ramène mon poing vers l'arrière, et l'abats sur lui de toutes mes forces. Il s'écroule dans un grognement de douleur et les garçons autour de nous s'écartent précipitamment. Je me tourne vers la scène où un gamin se tient à côté de l'hôtesse, et je lève calmement la main.

– Je me porte volontaire aussi !

– Glenn, non ! s'exclame Dex alors que Lenny m'attrape le poignet.

Je les ignore, me dégageant de l'emprise de mon ami, et m'avance vers Neon, les oreilles bourdonnantes et la main douloureuse. Celle-ci est bouche bée et elle semble avoir perdu tous ses moyens. Suivant l'exemple de Nausika, je donne mon nom et mon âge, mais l'hôtesse ne réagit toujours pas.

– Deux volontaires ! s'extasie une voix masculine derrière moi. Comme c'est merveilleux ! Félicitation à Nausika Dust et Glenn Azeran ! N'est-ce pas, Secteur Six ?!

Je reconnais enfin notre mentor, Payne, qui passe un bras autour de mes épaules.

– Je vais me faire un plaisir de vous corrompre, me murmure-t-il à l'oreille avec un gloussement.

Je crois entendre des applaudissements, mais tout me semble lointain, comme dans un rêve. Payne me tourne vers ma partenaire de Secteur pour que nous nous serrions la main. Elle semble enragée, les sourcils froncés et le nez retroussé. Ses yeux argentés me foudroient du regard et les trois griffures verticales sous son œil gauche lui donnent un air plus que menaçant, sans parler du tatouage qui ressemble à un filet noir animé de pulsations sur la partie gauche de son visage, partant du milieu de sa joue et continuant jusqu'au milieu de son front.

Je déglutis nerveusement et m'empare de sa main, baissant la tête pour que ma capuche cache la peur qui s'empare brusquement de moi.

Mais qu'est-ce que j'ai fait ?