ON EST RENDUS À LA MOITIÉ DES MOISSOOOOOOONS !

...Hey guys ! Chapitre posté à temps cette fois, XD. Aussi, j'ai des bonnes nouvelles sur ma vie personnelle dont vous vous foutez totalement parce que vous voulez juste que je poste des nouveaux chapitres, mais bon… J'ai envie de partager :P Premièrement, je suis officiellement acceptée à l'Université en littérature, donc… yay ! \o/ Et sinon, j'ai deux jobs pour cet été, donc… je serai pas mal occupée, mais… je vais faire du cash ! X)

…Bon, toujours pas d'appart par contre.

Est-ce que je suis la seule à ne pas s'habituer à la nouvelle mise en page du site ? Et hotmail aussi a complètement changé... je suis toute perdue maintenant TT^TT.

Sinoooooon. Merci à tous de vos reviews, et j'ai répondu à tout le monde ! *toute fière* Franchement, merci de votre immense support. Je sais que les Moissons traînent, je trouve ça aussi, surtout qu'au départ j'avais eu l'intention de les finir pour la fin février TT^TT. J'y travaille autant que possible, c'est promis. Je ne sais pas quand la prochaine Moisson va être postée vu que je n'ai pas encore fini de l'écrire, mais dès que j'ai une date je le mets sur mon profil et sur le groupe facebook !

Hana : Saluuut ! Merci de ta review ! :) Et merci des encouragements pour l'appart et le travail ^^ Je suis contente de t'avoir prise par surprise avec le volontariat de Glenn, c'est sûr qu'on s'attendrait pas à une telle raison pour se porter volontaire XD. Et Murdoch a dû se mordre les doigts d'avoir fait une chose pareille. Ah, et crois-moi, tu n'as pas fini de voir des tributs attachants ! X)

Solene : Merci de ta review ! :) Je comprends totalement ton énervement envers Glenn. En fait personnellement je l'adore justement parce qu'il est un ado typique XD. Mais ce genre de gars, quand je les rencontre en vrai j'ai envie de les frapper, alors que lui il me fait juste rire X) Heureusement pour lui j'imagine. Et oui, Murdoch est vraiment con aussi. Surtout qu'il ne croyait pas que Glenn se porterait réellement volontaire. En tout cas, j'ai bien hâte de faire évoluer Glenn, peut-être que ton avis changera à son propos ? :)

Guest : Merci de ta review ! J'ignore qui tu es, mais si c'est une nouvelle lectrice, banzaï ! \o/ Sinon, bah... banzaï quand même !

Merci à Woo et Ljay, qui m'aident tant pour cet énorme projet dans lequel je me suis lancée. Je vous aime de me soutenir ainsi *-*

Aussi, certains le savent peut-être déjà, mais j'ai écris un petit truc dans la fic de Sorcikator, Sacrifiés. J'en profite donc pour vous recommander à nouveau d'aller la lire, elle en vaut la peine :) Il commence aussi un nouveau projet bientôt qui me paraît très intéressant. (Eh oui, je fais de la pub. Je le vis bien. :P)

Ce tribut a été créé par Clove-Stoneheart. Elle est très intéressante… et bizarre XD. Je dois donner un avertissement par contre, il y a des scarifications dans ce chapitre. Je sais que ça peut en choquer certains, donc je tiens à le spécifier à l'avance (c'est seulement dans les premiers paragraphes).

Bonne lecture à tous !


MOISSON DU SECTEUR SIX

Une harpie rancunière


Nausika Dust, 17 ans, Secteur 6

Je termine de tracer le « C », puis passe au « E ». Le mot « FORCE » est maintenant rougeâtre et une minuscule goutte de sang perle sous le « O ». Je ferme les yeux, et répète mon mantra quotidien. La force mentale de surmonter les épreuves de la vie.

Avec mon cutter, je passe aux mots suivants, les marquant dans la chair de mon poignet. « EFFRAYER » les autres pour m'assurer que je suis puissante. « EXISTER », être connue de tous et prouver mon importance. « LARMES », parce que j'en verse souvent et qu'il n'y a rien de honteux à cela. « CACHER » ma vraie personnalité derrière un masque de cruauté. « AIMER » et être aimée. « OUBLIER » la mort de Tachs et mon amour pour Cray.

Je me sens immédiatement mieux. Pour me débarrasser de mon insomnie, je dois me scarifier tous les soirs, faisant trois griffes sous mon œil gauche à l'aide de ma lame bien-aimée. Et le matin, je m'applique à retranscrire les mots sur mon poignet, afin qu'ils restent bien visibles toute la journée. Ils sont mon soutien moral. Je sais que ça me rend bizarre, mais…

Être normale n'est pas si génial que ça.

Je caresse les mots et lèche le sang qui s'est collé à mon doigt.

– Ew ! s'exclame derrière moi la voix insupportable de Lilian.

Je me retourne d'un bond et le fusille du regard.

– On t'a pas encore appris à cogner ?!

– Qu'est-ce que tu faisais ? C'est-tu le truc que grand-maman t'engueule toujours à propos ?

– Ça te regarde pas, ok ? Sors d'ici, espèce de morveux !

Je jure que j'essaie d'aimer mon demi-frère, vraiment je jure ! Mais il me rend folle, il essaie toujours de me pourrir la vie, et il n'a que sept ans ! Je n'ai pas hâte de voir comment ça va être quand il sera adolescent. Sauf qu'à ce moment là j'aurais enfin quitté ma maison de fous. Je l'attrape par la nuque, ouvrant grand ma porte pour le jeter dehors.

Bien entendu, il se met à pleurer.

– Toute manière t'es laide ! me lance-t-il en essuyant rageusement ses larmes.

– Quelle profondeur.

– J'te déteste !

– Je t'aime aussi.

– FERMEZ-LA À LA FIN ! nous intime ma charmante grand-mère du salon.

– Mais, euh… ! Sika se fait encore saigner ! crie Lilian à tue-tête en dernier recours.

Je me précipite sur lui, essayant de le taire, mais trop tard. J'entends les pas lourds qui approchent et ma grand-mère s'arrête devant nous, ses yeux lançant des éclairs.

– Je croyais t'avoir dit de ne pas faire ça ! Tu ne peux pas être une fille normale pour une fois ? Personne ne voudra te marier si tu continues comme ça, me sermonne-t-elle pour la millième fois.

– Qui a dit que je voulais me marier, de toute façon, dis-je en haussant les épaules.

Elle croise les bras, ses yeux marron plissés et sa lèvre supérieure relevée, dévoilant ses dents pourries en un rictus désagréable. Ses cheveux blancs dégarnis sont graisseux et mal coiffés et elle porte une robe ridicule qui ne fait qu'accentuer sa corpulence. Cette femme me dégoûte. Et ça n'aide pas qu'elle soit toujours en train de me critiquer.

– Écoute jeune fille, tu vas faire ce que je te demande, compris ? C'est moi qui fais les règles ici !

– J'ai pas à t'obéir, c'est pas comme si t'es ma mère !

– Peut-être bien, mais c'est le rôle que j'occupe en ce moment ! Et baisse le ton veux-tu, elle va t'entendre ! me siffle-t-elle en m'attrapant le poignet.

– Qu'elle m'entende alors ! Il serait temps qu'elle se réveille un peu et qu'elle assume sa vie. Oui, Tachs est mort ! Ça fait déjà six ans, est-ce qu'elle va rester catatonique toute sa vie et abandonner ses deux enfants complètement ? Moi aussi j'aimais Tachs et j'ai pas arrêté de vivre pour autant ! Lilian a perdu son père et il continue de me faire chier à longueur de journée quand même ! Elle est juste une faible ! Je la HAIS !

Lilian se remet à pleurer de plus belle, et nous pouvons entendre des sanglots dans la chambre au bout du couloir où ma mère a établi sa résidence permanente depuis la mort de mon beau-père.

– SILENCE ! hurle ma grand-mère en me giflant.

Je recule d'un pas et porte la main à ma joue, les yeux humides. C'est pas ma faute, je ne fais que dire la vérité que personne n'ose assumer ! Tournant les talons, je me précipite vers l'entrée.

– Je vais te reporter aux autorités pour violence aux mineurs un jour ! dis-je aussi fort que possible avant de claquer la porte derrière moi.

Je cours à travers les rues presque vides du Capitole, en pyjama et me vidant de toutes mes larmes. Je déteste ma famille. Ma grand-mère qui contrôle la maisonnée comme un dictateur, mon petit frère qui ne chercher qu'à m'énerver, ma mère qui ne sort jamais de son lit, mon père qui s'est remarié à une connasse superficielle et que je ne vois qu'une fin de semaine de temps en temps… Je les déteste tous ! Il n'y avait que Tachs qui me comprenait, qui faisait attention à moi… Et il est mort. D'une foutue crise cardiaque en plus. À quarante-deux ans. Je croyais que la technologie du Capitole pouvait tout guérir…

Je m'arrête finalement devant un petit parc et m'assois sur une balançoire. J'envoie un message à Syrenne lui demandant de me rejoindre ici au plus vite, puis je caresse les mots sur mon poignet pour tenter de me calmer.

C'est la dernière journée que je dois les supporter. Après, je serai enfin libre.

Du coin de l'œil, je vois une fillette qui me fixe obstinément et me tourne vers elle.

– Quoi, t'as jamais pleuré peut-être ?

Elle sourit et je me raidis. Il n'est pas question de laisser une naine immature se moquer de moi.

– Tu veux que je te fasse pleurer, que tu saches c'est quoi ?

Je me lève d'un bond et crie « BOUH ! » en gesticulant des bras de façon menaçante. Elle s'enfuit en pleurant et je ne peux retenir l'éclat de rire qui me prend. Ça fait du bien.

– Tu n'as pas l'air d'aller si mal, moi qui croyais que c'était une urgence… remarque une voix moqueuse dans mon dos.

Syrenne me rejoint tranquillement et nous nous asseyons sur les balançoires. Elle passe une main distraire dans ses cheveux blonds mi-longs et me sourit.

– Alors, qu'est-ce qui s'est passé ?

– Chicanes de famille, comme toujours… J'ai juste besoin de me changer les idées.

– Ok, alors… commence-t-elle pensivement. Est-ce que tu vas vraiment te porter volontaire ?

– Évidemment. Je t'ai dit que je le ferais.

– Oui, mais… C'est pas rien quand même, s'inquiète-t-elle, ses yeux dorés plongés dans les miens.

– Cray a dit qu'il se porterait volontaire. Et puis il s'entraîne depuis la Rébellion, c'est sûr qu'il va le faire. C'est l'occasion rêvée pour moi, tu le sais bien. Je pourrai enfin être débarrassée de lui.

– Oui, parce que vous devrez vous entretuer, assène-t-elle en levant les yeux au ciel.

– Justement ! Je sais que j'ai aucune chance avec lui, ça fait des années que je l'aime et il ne m'accorde pas un seul regard. J'en peux plus, je veux vraiment en finir, et le seul moyen est qu'il meurt. Mais s'il va dans les Jeux seul et qu'il gagne…

– T'es vraiment bizarre, tu sais ? Et folle.

– Mais c'est justement pour ça que tu m'aimes ! lui dis-je d'un ton narquois.

– Bon point. Mais sincèrement, Nana… Tu ne penses pas que c'est une décision que tu devrais faire pour toi-même plutôt que pour un gars ? tente-t-elle avec une note de supplication dans la voix.

– C'est pour moi aussi, je t'assure. Je veux dire… J'ai peur de vieillir. Quand on est vieux, tout ce qu'on a c'est des souvenirs, non ? Si je vais dans les Hunger Games et que je gagne, au moins j'aurai des souvenirs qui vaudront la peine. Ils seront uniques. Bon, et puis comme ça je serai aussi débarrassée de ma famille.

– Je pense que je ne te comprendrai jamais, finit-elle par dire en secouant la tête.

– Et rien ne peut me faire plus plaisir.

Nous restons silencieusement pendant un moment, pensives. Finalement, Syrenne se tourne vers moi en arquant un sourcil.

– Je peux savoir pourquoi tu es en pyjama ?

– Tiens, c'est bien de me le rappeler. Faut que j'aille me préparer pour la Moisson. Mon moment de gloire approche.

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– J'apprécierais si on arrêtait de se glisser dans ta chambre par la fenêtre, à l'avenir, commente Syrenne en sortant une feuille de ses cheveux.

– Arrête de te plaindre, c'est bien de faire de l'exercice.

J'enlève rapidement mon pyjama, enfilant des jeans bleus et une camisole noire toute simple. J'attrape mon bracelet en fer sur ma table de chevet et l'accroche autour de mon poignet pour masquer les scarifications. Même si j'aime choquer les gens, il y a certaines choses que je préfère garder secrètes.

Syrenne ricane quand j'entreprends de mettre de la poudre sur mon visage afin de cacher ma blancheur maladive, et je la fusille du regard. Je prends soin d'en appliquer moins sur mon tatouage, un genre de filet noir animé de pulsations dont l'étrange motif est reproduit à divers endroits sur mon corps.

– Prête ? s'impatiente Syrenne, se laissant tomber sur mon lit bruyamment.

– Chut ! Si la vieille apprend que je suis là elle va encore venir m'engueuler !

– T'es sûre que t'essaies pas de la provoquer un peu ? rétorque-t-elle en levant les yeux au ciel.

– Peu importe ce que je fais elle est jamais contente, à quoi bon…

Je passe rapidement une brosse dans mes longs cheveux frisés, puis m'inspecte dans le miroir une dernière fois. Les minuscules rubis incrustés dans mes yeux scintillent avec la lumière du soleil, et je suis satisfaite de l'aura menaçante que mon apparence dégage.

Je fais signe à Syrenne de me suivre et nous repartons, prenant bien soin de ne pas nous faire repérer. Les rues du Capitole se vident lentement alors que tous les habitants convergent vers leur Moisson respective. La place où se déroule celle du Six est déjà pleine de monde, mais les jeunes s'écartent sur notre passage. Je suis fière d'avoir la réputation qu'il vaut mieux ne pas me déranger, à l'école. Notre passe-temps favori est de donner la frousse aux plus jeunes. Et si on me fait chier… Je prends toujours ma revanche.

Je trépigne d'impatience alors que nous nous mettons en file pour nous enregistrer. Quand c'est enfin accompli, nous nous dirigeons vers la section des dix-sept ans sous les instructions d'un Thrax. Mon regard se pose sur Shay, qui est entourée de son habituelle troupe de filles.

– T'as vu ses cheveux ? dis-je à Syrenne en ricanant.

– C'est rien d'extraordinaire... Ok, ils sont bombés et d'une drôle de couleur, mais on a vu pire, non ?

– Tu peux pas rire d'elle avec moi un peu ?

– Non, répond mon amie catégoriquement. Tu l'insultes à chaque occasion, t'en as pas marre ?

– Non !

Mon amie lève les yeux au ciel et soupire.

– Elle est juste tellement idiote… et superficielle… et conne…

– Ça veut dire la même chose qu'idiote.

Je me tourne vers elle, m'indignant :

– T'es du côté de qui à la fin ?! Je croyais que j'étais ta meilleure amie !

– Nana, on sait très bien toutes les deux que tu la détestes parce que Cray est amoureux d'elle, et c'est tout.

– Même pas vrai…

Je me renfrogne, m'éloignant du groupe de filles afin que nous ayons une bonne place pour assister au spectacle. Et aussi pour me permettre de me porter volontaire sans avoir à pousser trois millions de personnes hors de mon chemin. Je tourne la tête pour lancer un dernier regard meurtrier en direction de Miss populaire, et c'est pourquoi je ne réalise pas que je suis en train de foncer sur quelqu'un. Relevant la tête, je reconnais immédiatement la source de tous mes problèmes.

Cray. Avec ses stupides cheveux bruns absurdement soyeux. Son stupide torse musclé qui fait baver. Ses stupides yeux de rêve qui vont du vert au gris, en passant par le marron et le bleu. Son stupide sourire éclatant qui me rend muette… Stupide Cray qui ne me voit que comme une bonne amie.

– Nausika ! me salue-t-il joyeusement. Excitée ?

– Et toi ? J'ai entendu dire que tu voulais te porter volontaire…

– Je ne m'entraîne pas depuis un an pour rien, répond-il avec un clin d'œil.

Je hoche la tête, heureuse de la confirmation. Mon plan va bientôt se concrétiser. Je me demande comment il réagira, quand je me porterai également volontaire. J'espère que ça ne le fera pas hésiter. J'imagine qu'il ne peut pas croire qu'une fille se porterait volontaire aux Jeux. Pourtant, je fais du full-contact depuis que j'ai douze ans et je suis une grande adepte des Jeux. Je suis probablement ce qui se rapproche le plus d'une carrière dans le Capitole.

– On se verra plus tard quand tu viendras me dire adieux, hein ? me glisse-t-il distraitement en se dirigeant bien sûr vers Shay.

– T'as intérêt à le faire !

Il se retourne, le visage rieur, et croise les doigts en signe de promesse avant de disparaître de mon champ de vision au milieu de la foule de jeunes. J'entraîne Syrenne vers le devant de la section et nous attendons impatiemment que la cérémonie commence. Je me mords nerveusement la lèvre inférieure et Syrenne chantonne tout bas, sa façon à elle de gérer le stress.

Finalement, nous entendons le nouvel hymne de Panem et l'hôtesse, qui pleure abondamment depuis une bonne quinzaine de minutes, s'éclaircit la gorge afin de parler. Elle se présente d'une voix tremblante, et invite Payne Witold, le mentor, à s'exprimer. Il s'avance jusqu'à la limite de l'estrade avec un énorme sourire. Grand et mince, il doit être dans la mi-vingtaine. Ses cheveux marron, plutôt courts, sont soigneusement peignés vers l'arrière, et ses yeux bleus, fluorescents et écarquillés, lui donnent un air totalement lunatique. Et il a un anneau argent à l'arcade sourcilière gauche.

– C'est un immense plaisir pour moi d'être ici ! s'exclame-t-il. Je sens qu'on va tous s'amuser follement !

Je hoche joyeusement la tête sous le regard désapprobateur de Syrenne. Je peux sentir mon cœur battre la chamade et je ferme les yeux, me délectant de ce qui approche.

– Passons m-maintenant au… tirage… marmonne Neon, l'hôtesse.

Elle se place devant la boule de verre et attrape un papier. Ça lui prend quelques secondes avant qu'elle ne soit capable de lire le nom, sous le silence de plomb de l'assemblée. Malgré moi, je retiens mon souffle.

– Milka V-venn… !

Je prends une grande inspiration, redressant les épaules, et m'avance d'un pas. Syrenne ne fait aucun mouvement pour m'arrêter, mais je peux sentir sa nervosité qui décuple soudainement.

– JE ME PORTE VOLONTAIRE !

Je monte sur la scène et m'arrête devant Neon, qui a les yeux écarquillés. Elle ressemble à un raton-laveur avec son maquillage détruit à cause de ses larmes et je me retiens d'éclater de rire. Je dois garder mon sérieux, c'est le moment le plus important de ma vie. Mon moment de gloire.

– Nausika Dust, dix-sept ans et volontaire aux Hunger Games, dis-je calmement.

– Oh… Oh, hum… Nous avons d-donc une volontaire… U-une main d'applaudissement pour mademoiselle D-dust… Es-tu sûre, m-m chérie ?

Hochant la tête, je tourne mon regard vers la foule à mes pieds. Devant les expressions ébahies des quelques jeunes de mon école, je dois me retenir fort pour ne pas sourire. J'ai toujours cru que ça me donne un air niais, et c'est pourquoi ça doit bien faire des années que je ne souris plus.

J'aperçois Cray qui semble tétanisé sur place et fronce les sourcils. Son ami lui donne un petit coup de coude et il se secoue. Je tente de lui faire un signe de la main discret pour lui expliquer qu'il doit se porter volontaire, qu'il ne doit pas changer d'idée. Même d'ici, je réalise que son front est en sueur, et en plissant les yeux, je peux voir son léger tremblement.

Il ne va pas… Il va bien se porter volontaire, n'est-ce pas ? Il se vante depuis un an, il ne va tout de même pas prendre peur maintenant ! Neon appelle un nom et un gamin de treize ans monte me rejoindre mais je porte à peine attention à lui, les yeux fixés sur Cray.

Allez… Fais-le… Allez… Ne gâche pas tout ainsi…

– Je me porte volontaire aussi !

Un garçon sort de la section des dix-sept ans, les mains dans les poches et le dos courbé. Il est un peu plus grand que moi, un mètre soixante-dix ou douze, peut-être, la peau caramel et une capuche cachant son expression. En dessous, je peux deviner le tatouage noir qui recouvre la moitié de son visage et ses yeux noirs bridés.

Je serre les poings, reportant mon attention sur Cray. Il regarde ses pieds, les épaules basses. Le lâche. Quelqu'un d'autre s'est porté volontaire à sa place. Il a hésité et maintenant il est trop tard.

Mon plan parfait est ruiné.

– Glenn Azeran, j'ai dix-sept ans, dit le garçon à l'hôtesse qui est bouche bée, incapable de réagir.

– Deux volontaires ! s'extasie Payne. Comme c'est merveilleux ! Félicitation à Nausika Dust et Glenn Azeran ! N'est-ce pas, Secteur Six ?

Il nous encourage à nous serrer la main, chuchotant quelque chose à l'oreille de Glenn, qui se raidit brusquement. Sa main est glaciale dans la mienne. Je le fusille du regard. S'il ne s'était pas porté volontaire, peut-être que Cray aurait pris son courage à deux mains. C'est de sa faute aussi !

Il ne m'échappera pas. Je sais déjà qui sera ma première victime au bain de sang. Je ne montrerai de pitié à personne. C'est moi qui sortirai vainqueur de ces Jeux.

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– Tu l'as vraiment fait ! s'écrie Syrenne en ouvrant grand la porte de la pièce.

– Je te l'avais dit.

– Oui, mais… Je sais pas… je…

– Tu pensais que je n'étais pas sérieuse.

– J'imagine, oui.

Elle s'assied à côté de moi, me regardant droit dans les yeux.

– Cray n'a pas osé, lui. Il a pris peur. Es-tu encore sûre que c'est ce que tu voulais ? demande-t-elle nerveusement.

– Plus que jamais, dis-je calmement. Ça me prouve qu'il ne mérite pas mon amour. J'arrive pas à croire que je l'aime depuis que j'ai six ans. C'est qu'un trouillard. Et un vantard.

Elle reste silencieuse longuement, et je finis par soupirer.

– Ne t'en fais pas Syrenne. Tu sais bien que personne ne peut me marcher sur les pieds sans le regretter. Je vais gagner ces Jeux. Tu vas voir, ça va être mémorable. Un spectacle inoubliable. Et si je meurs… Au moins, ce sera selon mes propres termes. Je préfère une mort violente plutôt que de m'éteindre dans mon sommeil.

– Je ne te comprendrai jamais, rit-elle doucement. Gagne, alors. Je ne peux pas terroriser les plus jeunes sans toi. Et tu dois montrer à Cray à quel point il a eu tort de ne pas te remarquer toutes ces années.

Dans un geste absolument inhabituel, elle me serre dans ses bras et je lui retourne l'étreinte tout aussi fort. J'ai demandé aux Thraxs de ne laisser passer personne d'autre que Syrenne. Elle est à la seule qui m'accepte telle que je suis et qui me soutient toujours.

– N'angoisse pas trop, Syrenne. Et je peux au moins te promettre ça… Je vais m'amuser.