Bonjour à tous ! Je tiens à m'excuser bien bas pour mon absence, alors que je vous avais promis des chapitres tous les 2-3 jours. Clairement, je devrais arrêter de faire des promesses parce que je suis incapable de les respecter. T_T Disons que j'avais oublié un certain travail de 10-15 pages à écrire pour l'école, et que je me suis soudain retrouvée débordée. Et ensuite... Ensuite c'était tout simplement un manque de motivation.

Mais maintenant je suis là, et donc croisons les doigts pour que je poste régulièrement les chapitres. ^^' Et pour aider les choses à aller plus vite, je vais poster les deux prochaines moissons en même temps ! :)

Merci à tous de vos reviews, j'ai été franchement impressionnée du nombre reçu au dernier chapitre. Non mais tsé… 400 reviews ! O_O Je n'en reviens tout simplement pas. Merci, merci, merci, merci ! (je vous assure, je pourrais continuer encore longtemps)

Solène : Bravo pour la 400ième review ! X) *btw, trop tard, je t'ai étripée... mais merci quand même pour tes innombrables reviews :D* Sinon, tu as bien raison, l'appeler Alice serait une erreur, même si c'est son nom officiel dans les papiers du Capitole. Et moi aussi, j'espère que les bébés médicaments ça n'évoluera pas ainsi ^^ Mais je ne crois pas... Enfin... je croise les doigts. Pour ce qui est de te faire pleurer... Tout le plaisir est pour moi X) *la fille super sadique*

Chana : Merci de ta review ! :D En effet, l'idée du bébé médicament est sadique, mais c'est justement pourquoi j'ai aimé l'exploiter. Je trouve intéressant d'aborder quelque chose qui fonctionne bien à notre époque actuelle mais qui pourrait déraper dans une société où les normes sociales sont si décadentes. :)

Dixie : Yoh X) Merci de ta review ! C'est normal que tu es été un peu perdue au début, c'était en effet voulu. Et moi aussi, je veux la même horloge *-* Ça serait génial quand même ! Sinon, je ne voudrais pas sa mère pour rien au monde. Elle a complètement perdu la tête T_T Sinon, un stylet est un genre de poignard :)

Guest : Merci de tes reviews, cher/chère inconnu/e ! :D Je peux comprendre que la comportement de Lynder la rendre peu sympathique, mais j'espère pouvoir montrer qu'il n'y a pas que de la superficialité en elle ^^ Sinon, pour Alec, je suis contente que tu l'aimes bien :) Je ne peux pas promettre une mort digne, mais je prends en note tout de même, mdr.

Cette tribut a été créée par Lisa. J'espère vraiment qu'elle vous plaira, je crois sincèrement qu'elle a un petit quelque chose d'attachant. :3

Et bien entendu, merci à Woo et Ljay, mes correctrices de tonnerre ! Vous faites un travail magnifique !

Enjoy !


MOISSON DU SECTEUR NEUF

Une acrobate effacée


Cleo Scarenheat, 15 ans, Secteur 9

La première chose que j'aperçois en ouvrant les yeux est Caesar à l'écran qui gesticule avec excitation. La télévision est en mode muet, et je me concentre sur les images le temps de me réveiller. Ma nuque est douloureuse, et en me relevant je constate que c'est parce que je me suis endormie appuyée contre le canapé.

Tournant la tête, je vois Théor, un appareil photo en main. Il pose l'index sur sa bouche pour m'intimer au silence et me fait un clin d'œil. Fronçant les sourcils, je regarde ce qu'il prend en photo et réalise que c'est mon grand frère, Elolyann. Celui-ci est allongé de tout son long sur le sofa, les pieds dans le vide et en boxer, encore profondément endormi.

Je me lève d'un bond, bousculant Xeriem qui dormait la tête sur mon épaule. Il s'écrase au sol sans même réagir, la joue contre le moelleux tapis. Théor ricane silencieusement et change d'angle pour prendre une nouvelle photo.

– Qu'est-ce que tu fais ? dis-je tout bas en passant une main dans ma longue tresse.

– Je prends des photos de ton frère ! répond-il innocemment.

– Non, vraiment ? J'aurais jamais deviné.

– Tu es perspicace, ma chère.

Pourquoi est-ce que tu prends des photos de mon frère à moitié nu ?

– Pour les vendre ! s'exclame-t-il comme si c'était évident.

– Pardon ?

– Voyons Cleo, où est ton sens des affaires ? Aujourd'hui c'est la Moisson je te rappelle. Les jeunes filles follement amoureuses d'Elolyann ne souhaitent qu'une seule chose : avoir un souvenir de lui si jamais elles sont tirées au sort. C'est l'occasion rêvée de se faire de l'argent !

– T'es ridicule.

– Je dirais même con, ajoute une voix grave dans mon dos.

Je me retourne pour voir Foss qui me tend une tasse de café avec une expression exaspérée qu'il n'arbore qu'en présence de Théor.

– Debout depuis longtemps ?

Il secoue la tête et désigne notre ami qui saute de position en position pour prendre d'autres photos.

– Non, il m'a réveillé pour que je fasse le garde du corps. Au cas où Elolyann se réveille. Pas comme si j'ai l'intention de m'interposer, ajoute-t-il avec un sourire en coin.

– Il est impossible.

– Je vous entends, vous savez ? nous interpelle Théor en plaçant l'appareil à dix centimètres des pectoraux de mon frère.

Je retiens une grimace de dégoût et prends une longue gorgée de café.

– Je peux savoir ce que tu fous ?! crie soudain Elo en se levant d'un bond.

Théor lève les bras en l'air en essayant d'afficher une expression totalement innocente sans trop réussir. Il recule d'un pas, trébuchant sur Xeriem au passage, et tombe au sol fesses premières. Ce dernier grogne et redresse la tête, l'air encore endormi. Foss et moi éclatons de rire alors que mon grand frère se met à pourchasser mon ami à travers la maison en lui criant après.

– Bon matin ? grogne Xeriem d'une voix rauque.

– Bon matin à toi aussi, lui dis-je tranquillement en lui tendant ma tasse.

Il prend une longue gorgée et opine du chef d'un air satisfait.

– J'ai manqué quelque chose ?

– À peine, rigole Foss.

Théor passe devant nous à toute vitesse et nous adresse un salut militaire avant de sauter à travers la fenêtre. Il continue sa course tout en riant, jusqu'à disparaître de notre vue. Elo s'apprête à le suivre mais je lui attrape le bras.

– Tu ferais mieux d'éviter.

– Quoi ?! Et le laisser s'échapper ?!

Je le regarde de la tête aux pieds en arquant un sourcil et il s'observe à son tour, réalisant qu'il n'est toujours qu'en boxer.

– Il ne perd rien pour attendre, marmonne-t-il enfin avant d'aller dans sa chambre et de claquer la porte bruyamment.

– Non sérieux, qu'est-ce que j'ai manqué ? demande Xeriem en écarquillant les yeux.

– Je t'expliquerai en chemin, lui répond Foss, toujours amusé. On ferait mieux d'aller se préparer. On se voit tout à l'heure, Cleo.

– À plus tard !

Ils partent rapidement, par la porte d'entrée ce coup-ci, et j'éteins la télévision avec un soupir. La maison est soudain beaucoup plus silencieuse. Mes trois amis viennent souvent dormir chez moi, car mes parents ont tendance à être absents. Même si je suis très proche de mon frère, ils savent que j'aime bien avoir de la compagnie. En particulier le soir avant la Moisson.

J'ai de bons parents, il ne faut pas se méprendre. Ils sont tous les deux architectes, ils ont d'ailleurs fait connaissance durant un projet. Quand ils sont à la maison, c'est toujours très agréable, et ils prennent bien soin d'Elolyann et moi. Mais leur travail les passionne et les amène souvent à faire des voyages hors du Capitole. Même après la rébellion, il semblerait que leurs services soient quémandés dans les Districts. Hier, ma mère a pris la peine de nous envoyer un message vidéo pour nous souhaiter bonne chance. Je sais qu'elle et mon père auraient aimé être là pour nous. Je ne leur en veux pas.

Pas trop.

Soupirant, je me glisse dans la salle de bain pour prendre une courte douche. Vaut mieux le faire avant mon frère, car il peut y passer une bonne heure facilement. Parfois je me demande qui est la fille dans cette maison.

Cela fait, j'attache mes cheveux en un lâche chignon et entreprends d'appliquer mon maquillage quotidien. Pour faire ressortir le violet sombre de mes yeux, je mets un dégradé de fard à paupières allant du mauve au violet. Puis j'ajoute du mascara sur mes cils, plutôt fière de leur longueur naturelle.

Une serviette autour des hanches, je me rends dans ma chambre. Les mains sur les hanches, j'observe les différentes tenues que j'ai sorties hier, n'ayant pas encore choisi définitivement quoi porter. On dit qu'il faut être sous son meilleur jour pour la Moisson, au cas où on serait tiré au sort. J'ai toujours trouvé cette règle étrange, car les enfants des Districts n'avaient pas une apparence particulièrement soignée. Mais vu qu'au Capitole on tente régulièrement d'impressionner, c'est dur de trouver ce qui correspond le mieux pour cette occasion.

J'opte finalement pour une jolie robe violette m'arrivant aux genoux, plutôt bouffante vers le bas et avec un discret bustier. Je l'accessoirise avec un collier en argent aussi scintillant que mes cheveux. Enfilant mes ballerines noires, je fais un tour sur moi-même dans le miroir, satisfaite du résultat.

Dans la pièce d'à côté, je peux entendre Elolyann qui a mis sa musique à fond pendant qu'il se prépare. Je vais dans la cuisine et me fais un simple repas. Je me sens un peu bizarre, ce matin. D'habitude la Moisson est un jour d'excitation et de bonne humeur. On découvrait les tributs, se faisait une première impression, partageait des pronostics…

J'ai toujours aimé cela. Les Moissons, la parade, les entrevues. Même les Jeux. Comme pour la plupart des habitants du Capitole, c'était l'événement de l'année. Mais aujourd'hui… Aujourd'hui, ce n'est pas pareil. J'ai encore du mal à réaliser qu'Elolyann, ou Foss, ou Théor, Xeriem, ma bonne amie Alyra… ou même moi… Nous sommes tous éligibles. L'un d'entre nous pourrait aller dans les Jeux.

J'imagine que je devrais avoir peur, mais… Je n'arrive simplement pas à y croire.

Croisant les bras, je couche ma joue contre le marbre froid du comptoir en fermant les yeux. Je me demande ce que me dirait ma mère pour me remonter le moral, en ce moment.

– Ça va sœurette ?

Je me redresse d'un coup, affichant un grand sourire.

– C'est la Moisson voyons, pourquoi est-ce que ça n'irait pas !

Il secoue la tête et met de l'eau à bouillir. Il ne vit que pour le thé. Il dit que c'est meilleur pour la santé. Je ne sais pas comment il fait, je suis incapable de vivre sans café.

– Tu sais, tu ne vas pas te faire manger si tu parles de tes inquiétudes de temps en temps…

– Je vais bien, Elo, c'est promis.

– C'est toi qui vois, chantonne-t-il en haussant les épaules.

La porte d'entrée s'ouvre avec un grincement et je fronce les sourcils, me dirigeant vers l'entrée pour voir qui est là.

– BOUH !

Je sursaute et mon grand-père éclate de rire, me tapotant le bras.

– Désolée chérie, c'était plus fort que moi.

– Papy ! C'est pas drôle, ok !

– Je sais, je sais. Ton frère est là ?

– Dans la cuisine.

Il m'adresse un autre sourire d'excuse, me faisant signe de mener la marche.

– Hey papy ! le salue mon frère. Qu'est-ce que tu fais ici ?

– J'ai pensé que vous ne diriez pas non à un peu de compagnie.

– Tu veux dire que papa t'a appelé, dis-je avec un soupir. Il s'inquiète pour rien, vraiment.

– Quoi, tu n'es pas contente de me voir ? demande-t-il d'une voix faussement blessée.

– Tu sais bien que c'est pas ça…

– Elle déteste qu'on la croie faible, comme d'habitude, m'interrompt mon frère en me faisant un clin d'œil.

– Je ne m'énerverais pas si j'étais toi, Elo. Je te rappelle que Théor a des photos plutôt incriminantes en sa possession…

Il me fusille du regard, l'air à nouveau irrité. Papy nous observe, aussi curieux qu'amusé. Sans attendre, je lui raconte les événements du matin et il éclate de rire.

– Si tu veux, je peux les imprimer pour ton ami ! Du moment que je puisse en garder quelques-unes à vendre à mes compagnes de bridges. Elles commencent à se fatiguer du corps de rêve de Finnick…

– PAPY ! crie Elo en se bouchant les oreilles. Je veux pas savoir des trucs pareils ! Et ne les encourage pas !

– Mon grand, c'est ça la célébrité. Sois tu te trouves un avocat sans pitié, sois tu acceptes ton sort et le prends avec un sourire.

Je me plie en deux, morte de rire, alors que les deux continuent de se chamailler. Je ne crois pas qu'il existe de meilleur grand-père que le mien. Nous finissons de manger en discutant, puis papy propose de nous accompagner sur le lieu de la Moisson.

Dès que nous commençons à croiser des jeunes, les filles pointent mon frère du doigt avec des murmures excités. Il est vraiment devenu populaire depuis un ou deux ans. Avec sa carrure d'athlète, ses soyeux cheveux bruns aux reflets blonds, ses yeux verts éclatants et son sourire charmeur, personne ne peut lui résister. Et en plus de cela, il excelle dans tous les sports qu'il tente.

Parfois c'est un peu fatiguant de n'être connu que comme « la sœur de… », mais je sais qu'il ne fait pas exprès. J'ai fini par m'y habituer. Et puis mes amis me connaissent en tant moi, Cleo, et non la sœur d'Elolyann. Alors ça va.

Il dépose un baiser sur mon front, me souhaitant bonne chance, puis part rejoindre des amis qui l'interpellent déjà. Papy me prend dans ses bras affectueusement.

– Sois forte chérie, ça va être vite terminé.

– Je suis toujours forte, papy, dis-je opiniâtrement.

– Si tu le dis, se moque-t-il gentiment. On se rejoint pour manger ensemble ce soir, d'accord ?

Je hoche la tête et lui adresse un dernier signe de la main avant de me glisser dans l'une des nombreuses files d'enregistrement. Je crois reconnaître une masse de cheveux rouges frisés et agite les bras pour attirer l'attention de mon amie. Alyra me rejoint rapidement, ses lèvres bourgogne étirées dans un chaleureux sourire.

Contrairement à mes trois amis d'enfance, que j'ai l'impression de connaître depuis toujours, j'ai rencontré Alyra il y a seulement un an de cela, à l'école de cirque que nous fréquentons toutes les deux. Je ne suis pas aussi à l'aise avec elle qu'avec les trois gars, mais nous nous entendons bien. Et puis c'est toujours sympa d'avoir une fille comme amie, pour parler de certains sujets plus… féminins.

Nous discutons tranquillement, évitant de mentionner la Moisson éminente. Notre sujet principal est bien sûr la nouvelle routine qu'on doit apprendre pour la semaine prochaine. Alors qu'Alyra est plus concentrée sur le funambulisme, ma spécialité semble être la perche. Bien sûr je suis encore en expérimentation, mais c'est là que j'ai le plus de talent jusqu'à maintenant.

Finalement, nous rejoignons la section des quinze ans. Je repère rapidement mes trois amis, toujours inséparables. Un attroupement de filles est autour de Théor alors qu'il distribue tant bien que mal des photos de mon frère, un grand sourire étampé sur le visage chaque fois qu'il reçoit un nouveau billet d'argent.

– J'en veux une aussi ! s'exclame Alyra à côté de moi.

Je tourne vers elle un regard interloqué.

– Non, c'est mon frère ! C'est juste… dégoûtant de fantasmer sur lui !

– Et alors ? C'est pas mon frère, à moi. Je peux bien faire ce que je veux. Et… il est juste trop beau, quoi ! conclue-t-elle, l'air rêveuse.

À côté de moi, Foss a un soupir exaspéré alors que Xeriem est tout simplement mort de rire. Je lève les yeux au ciel en espérant qu'Elo ne se rende compte de rien.

– Oh et puis… tant pis, dis-je en faisant un signe de la main à Théor pour attirer son attention. T'as intérêt à me donner une part des profits, hein !

– Compris ! répond-il en levant le pouce fièrement.

– Et voilà que tu t'y mets aussi… soupire de plus belle Foss.

– Autant profiter de l'occasion plutôt que se plaindre.

– J'aurais dû avoir l'idée en premier, continue de rigoler Xeriem.

– Voyons, tu n'aurais jamais osé le faire, raille Alyra en s'attirant un regard noir.

– Votre attention je vous prie, la vidéo va bientôt commencer ! dit une voix à l'avant, alors que l'immense écran s'allume.

Nous nous taisons tous et les filles retournent à leurs sections respectives, certaines déçues de ne pas s'être procurées une photo. Dès que les images de propagandes se relayent devant nos yeux, je reprends mon sérieux. Je croise les bras et me redresse, soudain un peu plus inquiète. Et si… et si l'un de mes amis était tiré au sort ? Et si moi, j'étais tirée au sort ?

Dès que la vidéo se termine, une grande femme se place bien au centre de l'estrade avec une expression pincée.

– Bonjour à tous, et joyeux Hunger Games ! Je me nomme Nastya Etin et je serai l'hôtesse du Secteur Neuf pour ces Jeux.

Elle entreprend de réciter le Traité de Paix, puis présente la mentor, Kayla Tenoportis. Celle-ci doit être dans la mi-trentaine maintenant, mais elle semble encore dans la petite vingtaine. Ses cheveux bruns et bouclés sont attachés en une simple queue de cheval, et ses yeux sont pétillants d'excitation. Son titre de la catin des Jeux ne lui ait pas venu pour rien : elle est très séduisante. Mais elle a une mauvaise réputation en tant que mentor. J'ai entendu dire qu'elle force ses tributs féminins à coucher avec elle en échange de sponsors. J'espère que c'est faux pour la pauvre fille qui se retrouvera sous sa tutelle.

L'hôtesse annonce ensuite le début du tirage et plonge la main dans le bol de droite. Je retiens mon souffle alors qu'Alyra attrape ma main pour la serrer. Au contraire de moi, elle semble être en hyperventilation. Je croise mentalement les doigts. Pas elle, pas moi.

Pas elle. Pas moi.

– L'heureuse élue est Cleo Scarenheat !

Le temps semble brusquement se figer. Je regarde l'hôtesse au loin sur l'estrade. Je ne comprends plus rien. Je… je viens d'être tirée au sort ? Alyra applique une pression sur ma main et je me secoue. Un frisson me parcourt et je me mords violemment la lèvre pour empêcher un gémissement de sortir.

Prenant une inspiration tremblante, je m'avance lentement vers Nastya et grimpe une à une les marches pour être à son niveau. Elle me sourit à peine et se contente d'appeler pour des volontaires, mais bien sûr personne ne se propose.

Je prends soin de garder mon regard loin de mes amis et de mon frère. Si je les vois… Je risque d'éclater en sanglot. Et je ne peux pas faire ça… N'est-ce pas ? Les oreilles bourdonnantes, je ne porte plus attention à la cérémonie. Je me perds dans mes pensées, essayant de digérer la situation présente.

J'ai toujours regardé les Hunger Games. Tout le monde en parlait à l'école, mes parents, mes amis, mes professeurs… C'était la passion de tous. L'émission à regarder absolument. J'aimais ça.

Dans ma tête, je me disais : si j'étais à sa place, je ferais ci ou ça ! Je rêvais d'être à la place des tributs pour leurs superbes costumes, leur célébrité, le fait qu'ils passaient dans les télévisions de tout Panem. Être le centre de l'attention, pour une fois. Ne plus être dans l'ombre de mon grand frère. Vivre des aventures mémorables, connaître le danger et l'adrénaline qu'elles procurent, se sentir plus vivante que jamais. Impressionner les sponsors, les autres tributs…

Tant de choses auxquelles je rêvais…

J'étais si naïve.

Que vais-je faire maintenant ? Mes amis, ma famille… Ma vie ? Ai-je seulement une chance de gagner ? Mais pour cela, je devrai faire des choses horribles. Mentir, manipuler… Mais surtout, tuer.

En suis-je capable ?

C'est une voix masculine, calme et sérieuse, qui me sort de mes pensées macabres.

– Vous êtes aussi monstrueux que nos ancêtres à vouloir la mort de ceux qui n'ont pas choisi où ils sont nés. Honte à vous.

Je tourne la tête et aperçois un gringalet aux traits de lutins qui se fait arracher le micro des mains par notre hôtesse. Nos regards se croisent, lourds d'une émotion inexplicable que seules deux personnes condamnées à mort peuvent partager. Je penche la tête, curieuse de ses propos. Il doit être mon partenaire de Secteur. Une vague de soulagement me parcourt. Je n'avais même pas pensé à Elolyann et mes amis qui auraient pu être tirés au sort. Au moins, eux sont sains et saufs.

– Une main d'applaudissements pour nos courageux tributs, et puisse le sort leur être favorable ! termine Nastya.

Je lève les yeux sur le ciel d'un bleu éclatant. Je me sens… tout simplement perdue.

.

.

.

– Prends ça comme souvenir, murmure Foss en déposant une petite pierre de quartz poli dans ma main ouverte.

J'écarquille les yeux. Je ne l'avais pas vu depuis longtemps. C'est une vieille femme qui me l'avait donnée quand j'étais toute petite, alors que je me promenais dans une foire. Elle avait dit que c'était une pierre chasse soucis. Qu'il suffisait de la frotter pour se sentir apaisé. À l'époque, les parents de Foss étaient en plein milieu d'un divorce, alors je lui avais offert l'objet.

– C'est à ton tour de l'avoir. Je crois que tu en auras plus besoin que moi, continue-t-il doucement.

Je hoche la tête. Incapable de dire quoi que ce soit, je me contente de le remercier des yeux. Il me prend dans ses bras avec force et je m'accroche à lui, retenant mes larmes tant bien que mal. Théor et Xeriem se joignent à l'embrassade, et bientôt je suis étouffée par mes trois meilleurs amis.

Je les écarte en riant nerveusement et Théor me fait un clin d'œil un peu triste.

– Impressionne-les tous, ok ? Tu es Cleo Scarenheat, la grande acrobate !

Ils partent peu de temps après pour laisser la place à Elolyann et papy. Alyra est déjà passée plus tôt, elle m'a souhaitée bonne chance d'une voix tremblante, ne sachant trop quoi ajouter de plus. Je la comprends. Moi non plus je ne saurais pas quoi dire si j'étais elle.

Elolyann s'excuse immédiatement de ne pas s'être porté volontaire, mais je le rassure que je ne lui en veux pas.

– Je ne l'aurais pas fait pour toi non plus, dis-je d'une voix faussement moqueuse.

Il s'essuie rageusement les yeux et pose ses mains de chaque côté de mon visage.

– Bats-toi, sœurette. Tu peux le faire.

– Et n'oublie pas que nous t'aimons tous. Ne perd pas espoir ma belle, intervient mon grand-père de sa voix un peu rayée, mais pourtant si rassurante. Tu es forte, plus forte que tu ne le crois. Nous croyons en toi.

Me redressant, j'opine avec autant d'énergie que possible.

Je peux le faire.