Re ! Alors alors... Ce tribut nous vient de Fleur-rose64, j'espère qu'il vous plaira ! Merci à Woo et Ljay pour leur super correction ! *coeur*
Sur une autre note, les deux dernières moissons vont être postées ce mercredi ! Êtes-vous prêts ? ~~
Enjoy, et n'oubliez pas de laisser une petite review pour me faire plaisir ! X3
MOISSON DU SECTEUR ONZE
Un agile magicien
Aindreis Wolfgang, 13 ans, Secteur 11
Mon père enlève brièvement son haut-de-forme afin d'aplatir ses cheveux vers l'arrière. Puis il caresse sa moustache avec un sourire espiègle en direction d'Adelize. Elle attrape une carte, les sourcils froncés par la concentration.
– Bien, bien, l'encourage-t-il gentiment. Maintenant donne-la moi, chérie.
Ma petite sœur observe attentivement ses gestes alors qu'il remue le paquet. Les yeux écarquillés d'émerveillement, elle applaudit quand il jette en l'air toutes les cartes. À trois ans, on peut vraiment être impressionné par n'importe quoi. Je croise les bras, assis sur mon tabouret habituel.
– Tiens, je… je ne la trouve plus…
Il a un rire nerveux et me lance un coup d'œil contrit. Je soupire. Il a encore raté son tour. Dire que je l'admirais aveuglément comme ma sœur quand j'étais petit. C'est donc ça grandir ? Voir les fautes de nos parents, se mettre à les tenir responsables de notre éducation foireuse ?
– Ça doit être l'âge qui me rattrape, s'excuse-t-il en posant un doigt sur le nez d'Adelize pour la faire rire. Mais t'en fais pas princesse, je vais quand même devenir célèbre.
– Oui ! s'exclame-t-elle avec excitation. Pa'ce papa a la magie de son côté !
– Exactement ! Comme tu es intelligente !
Il la prend dans ses bras, la soulève dans les airs. Elle éclate de son rire enfantin, aux anges, alors qu'il se met à la balancer d'un bout à l'autre du petit atelier. Je grince des dents. À cause de son rêve d'être célèbre, notre famille est en ruine. Maman arrive à peine à nous nourrir en travaillant des heures de fou dans un restaurant merdique. Alors que lui se contente de pratiquer ses petits tours de magie qui ne lui ont jamais rapporté d'argent. Et maman le laisse faire. Elle aime son magicien, dit-elle souvent avec un petit sourire.
C'est vrai que j'admirais mon père avant, que je voulais être comme lui. C'était exotique, un père magicien. Les autres enfants à l'école m'enviaient tous. C'est bien pour ça que je me suis mis à faire de la magie. Et j'ai beaucoup de talent, aussi. Je fais régulièrement des spectacles dans les rues marchandes, pour faire un peu de sous. Juste de quoi avoir une petite réserve si on se retrouve dans le rouge.
Mais je ne deviendrai jamais un magicien professionnel comme mon père. Je vais faire des études, me trouver un métier qui paie bien. Acheter un restaurant à ma mère qu'elle pourra gérer elle-même. Envoyer Adelize dans la meilleure école qui soit. Nous acheter une grande maison, plutôt que ce minuscule appartement.
Je vais être responsable, moi.
J'entends alors ma mère qui commence à chanter doucement de la cuisine. Je quitte immédiatement l'atelier pour la rejoindre. Être en la présence de mon père me fatigue maintenant, j'ai trop de frustration que je n'arrive pas à exprimer.
Les paroles qu'elle chantonne sont pleines de mélancolie, et soudain sa voix se brise en plein milieu. Elle me fait dos quand je la rejoins, et je lui touche l'épaule d'un geste hésitant. Elle se tourne vers moi, un triste sourire aux lèvres. Sur ses joues coulent de délicates larmes et ses yeux bleus nuit – Adelize et moi avons hérité de cette couleur – sont rouges et gonflés.
– Maman ?
C'est la première fois que je la vois pleurer devant moi, et je ne sais pas trop comment réagir. Elle semble toujours si forte et pleine d'énergie, prête à supporter son mari jusqu'au bout du monde, peu importe ce que ça lui en coûte. Je m'approche d'un pas et l'observe de plus près. Ses longs cheveux noirs habituellement bouclés et scintillants sont attachés dans un lâche chignon. Ils sont ternes, secs. Elle a d'énormes cernes et son teint est d'un blanc maladif.
Je ne suis pas idiot, bien sûr. J'entends leurs disputes chuchotées au milieu de la nuit, les éclats de voix vite tus afin de ne pas réveiller Adelize. Je sais que nous avons de sérieux problèmes financiers. Que l'atmosphère est beaucoup plus lourde depuis la défaite du Capitole.
– Désolée, murmure-t-elle en essuyant ses larmes.
– Pourquoi ?
– Pour te montrer ça.
Ses traits se plissent comme si elle retient un sanglot. Ému, je secoue la tête de gauche à droite.
– Je suis content. Ça veut dire que je suis assez âgé pour m'occuper un peu de toi aussi.
– Oh, mon chou…
Elle pose une main froide sur ma joue, puis me prend dans ses bras pour me serrer de toutes ses forces.
– Ça veut dire que tu es assez vieux pour comprendre que rien n'est parfait, et je le regrette amèrement. J'aimerais tant pouvoir te protéger de toutes les horreurs de la vie, tu sais ? Que tu restes naïf et heureux pour toujours, comme ta sœur.
– Je sais, maman. C'est encore des histoires d'argent ?
Elle se détache de moi et sourit avec tendresse.
– Ça passera. Une fois les Jeux terminés, les clients reviendront au restaurant. C'est une période difficile, c'est tout… Et puis les taxes des Districts rongent dans nos réserves. Mais ne t'inquiète pas, Aindreis. Je travaillerai quelques heures de plus et tout ira bien.
– Pourquoi tu demandes pas à papa de se trouver un vrai travail aussi, hein ?
Elle lève la main pour me couper dans mon élan. Elle sait que quand je m'emporte sur ce sujet, j'en ai toujours long à dire.
– Ton père a une passion et je la respecte. J'aimerais tant que tu puisses faire de même.
– Mais avec lui, on dirait que sa passion passe avant sa famille ! C'est pas normal !
Elle secoue tristement la tête et se détourne pour se remettre à la cuisine. Avec un soupir, je décide de l'aider. Nous travaillons dans un silence confortable, dans la pièce d'à côté je peux entendre le rire d'Adelize et ça me remonte un peu le moral.
– Aindreis, je voulais te dire… Je suis désolée, que tu aies dû prendre des tesserae, chuchote ma mère.
– Et tu sais que je ne t'en veux pas. On en avait besoin, je comprends ça.
– Mais si jamais…
– Quelques papiers en plus ne risquent pas de changer grand-chose, maman.
– Tu es courageux, mon grand. Je suis fière de toi. J'espère que tu t'en rends compte.
Kirikou, mon chien, fait alors irruption dans la pièce, nous coupant dans notre conversation. Je me baisse pour le caresser et il jappe avec énergie, me tournant autour. J'adresse un petit sourire à ma mère.
– Va donc te préparer, je crois qu'il veut une marche, rigole-t-elle.
J'attrape une tranche de pain et l'enfourne dans ma bouche tout en me dirigeant vers ma chambre. J'attrape mon sac et croise mon reflet dans le miroir. Je semble encore mécontent, mes sourcils sont froncés et mon regard est las. Mes cheveux bruns sont plus ébouriffés que jamais et je tente de les dompter en vain.
J'attrape les tresses bleues, vertes et rouges implantées au niveau de ma nuque et les replace par-dessus mon épaule. Puis je trace le tatouage de serpent autour de mon cou. Je me le suis fait peu de temps après la rébellion, pour signifier que le Capitole est maintenant pris à la gorge par les Districts.
Jules, mon meilleur ami, trouve que je suis trop sérieux pour mon âge.
Kirikou jappe à nouveau, me sortant de mes pensées. Je lui attache sa laisse, et après un « À plus tard » à l'adresse de ma famille, je quitte la maison. Je vais d'abord dans le parc à chien et observe Kirikou courir dans tous les sens avec morosité. J'envoie un message à Jules et Alessandra pour leur donner rendez-vous, et ils me rejoignent peu de temps après.
– Comment ça va en cette si belle matinée ? s'exclame mon ami avec une bonne humeur accablante.
– Tu te rends compte que c'est la Moisson aujourd'hui, non ?
– Mais le soleil est si haut dans le ciel ! Les oiseaux chantent ! Les filles ont des décolletés !
Alessandra rit doucement et s'assoit à côté de moi. Je lève les yeux au ciel, puis adresse un timide sourire à ma petite amie. Nous sommes ensemble depuis maintenant huit mois, mais j'ignore si c'est vraiment une relation. Nous n'avons même pas échangé un baiser. Le plus qu'on a fait est de se tenir la main. Elle est plus comme une bonne amie, en vrai. Elle m'a dit qu'elle m'aimait, et j'ai accepté. C'était aussi simple que ça. Mais maintenant… Je ne sais pas trop comment me comporter en sa présence.
– Alors, quels sont les plans, ô grand maître magicien ? s'enquiert Jules en se laisser tomber nonchalamment sur le banc d'en face.
– J'ai un nouveau tour que j'aimerais essayer, j'ai besoin de ton assistance.
– Tout ce que tu veux, je suis à ton service ! Tant que ça n'a rien de sexuel, parce que je suis uniquement aux filles, hein.
– Haha.
Il me fait un clin d'œil et caresse Kirikou qui vient de s'asseoir à ses pieds.
–Tu vas faire ça avant la Moisson ?
– Oui, au cas où…
Je ne termine pas ma phrase, et Alessandra tremble légèrement à côté de moi. Autant faire le plus d'argent possible. Si jamais je suis tiré au sort, au moins j'aurai quelque chose à donner à mes parents. Ce n'est pas grand-chose, mais ce sont mes économies depuis deux ou trois ans.
J'entreprends de montrer mon tour, et Jules s'entraîne afin de m'aider adéquatement. Puis nous nous rendons dans notre rue habituelle. Elle est moins bondée qu'à l'ordinaire, mais nous arrivons tout de même à rassembler un petit groupe de spectateurs. C'est surtout Jules qui s'y connait dans ce domaine. J'ignore comment il fait, mais il arrive toujours à attirer les gens sans aucun effort. Je lui envie cela, parfois.
Alessandra se promène avec un chapeau à l'envers, afin de récolter la monnaie, pendant que j'exécute mon numéro. Je me prends bientôt à sourire joyeusement. La magie a toujours le don de me remonter le moral. Je comprends bien la passion de mon père, dans ces moments. Mais ça ne veut pas dire que je la ferais passer avant tout le reste comme lui.
La matinée passe ainsi tranquillement. La Moisson a lieu à onze heures trente dans notre secteur. À onze heures, je range mon matériel, satisfait du petit montant d'argent que j'ai gagné. J'en donne une part à Jules. Il le mérite.
– C'était génial, s'enthousiasme Alessandra en s'accrochant à mon bras. Tu fais jamais d'erreur en plus, c'est fou.
– Évidemment, c'est un génie dans ce domaine, commente Jules. Et moi je vais être ton riche manager !
– Tu peux toujours rêver, ouais.
Alessandra ricane alors que Jules pose une main choquée sur son cœur.
– Tu vas m'abandonner ? Me laisser tout seul derrière, comme une vieille chaussette trouée ? Notre épique amitié ne veut-elle rien dire pour toi ?!
– La ferme Jules, dis-je d'une voix faussement exaspérée en retenant mon sourire tant bien que mal.
– Je veux un divorce ! Je suis maltraité !
– On est pas mariés, imbécile !
– Quoi ? Tu ne te souviens plus de notre folle nuit d'amour ? hoquète-t-il en écarquillant les yeux.
– Drei ! me crie soudain Alessandra.
– Quoi ?!
– T'as osé me tromper ?!
– Techniquement, c'est moi qu'il a trompé, rectifie Jules d'un air blessé. Vu qu'on s'est mariés quand on avait quatre ans.
Je lève les bras en l'air et soupire bruyamment.
– C'est bon, vous avez fini ?
– Presque ! réplique Jules.
– Donc vous avez eu une folle nuit d'amour à quatre ans ? questionne Alessandra, pliée en deux tant elle rit.
– Je veux rien entendre de plus ! Et c'est pas toi qui disais que tu étais strictement aux hommes y'a pas longtemps ?!
Je m'éloigne à grands pas, mon chien sur les talons, ignorant le « Mais c'était si magique ! » de mon meilleur ami.
.
.
.
– Et je te dis pas l'engin qu'il avait à quatre ans, ma vieille…
– Sérieux, vous en avez pas marre de parler d'une nuit imaginaire ?
– I…Imaginaire ?! s'écrie Jules en faisant sursauter les jeunes autour de nous. Tu oses appeler la plus belle expérience de ma vie une nuit imaginaire ?!
Alessandra est tout simplement morte de rire. Elle essaie de reprendre son souffle tant bien mal, et malgré moi je me mets aussi à rire devant l'air dramatique de Jules. Il est complètement ridicule. Mais c'est pour ça que j'aime autant être en sa présence, j'imagine. Même face à la Moisson imminente, il arrive me détendre.
Parlant de celle-ci… Je lève les yeux vers la scène, où l'hôtesse tapote le micro brièvement pour s'assurer qu'il fonctionne. Ça va bientôt commencer.
Je reprends immédiatement mon sérieux, et devant mon expression impassible, mes deux amis font de même. Alessandra place sa main dans la mienne avec un petit sourire que je lui retourne.
– Bonjour à tous, et joyeux Hunger Games. Puisse le sort vous être favorable.
L'hôtesse, Mitsu Callan, entreprend de se présenter. Puis elle récite le Traité de Trahison, et se tourne ensuite vers l'homme derrière elle. Il est le mentor de notre Secteur, Naïzer Sharr. Il semble être dans le début trentaine, plutôt grand et bien bâti, mais loin d'être une armoire à glace. Ses courts cheveux blonds sont impeccablement peignés et ses yeux gris pétillent de bonne humeur alors qu'il incline la tête.
Tout le long, je sens l'anxiété s'emparer de moi lentement mais sûrement. Je me sens de plus en plus rigide, tente de redresser mon dos autant que possible. Ce qui n'est pas beaucoup.
Il y a deux ans, j'ai été poussé par accident dans une vitrine et je me suis retrouvé avec une cicatrice partant du bas du dos pour se terminer au niveau de ma nuque. Puisque notre famille est plutôt pauvre, je n'ai pas pu la faire disparaître. Et en plus de cela, elle me force à garder le dos un peu courbé.
– Le tirage, maintenant. Êtes-vous prêts ?
Mitsu s'avance avec une grâce impressionnante vu ses habillements. Elle prend un papier dans le grand bol de verre. Alessandra me serre la main jusqu'à ce que ce soit douloureux, mais je ne la lâche pas.
– Adas Solis. Monte donc me rejoindre, chère.
J'expire, soulagé. Un sur trois qui est sain et sauf. Alors qu'une fille sort de la section des quinze ans, il y a soudain une commotion. Un homme ordonne à sa fille de se porter volontaire, et je reste interloqué devant une telle horreur. Quel genre de parent agirait ainsi ? Même si j'ai des difficultés avec mon père, je sais qu'il ne me ferait jamais une chose pareille. C'est tout simplement inimaginable.
Finalement, une grande fille aux courts cheveux blonds lève timidement la main et se porte volontaire. Elle tremble de tous ses membres. Alessandra pleure silencieusement à côté de moi. Même Jules a une mine d'enterrement. Ces Jeux sont si injustes. Ce n'est pas comme si nous les enfants sommes responsables de ce que nos parents et ancêtres ont fait subir aux Districts. Nous ne méritons pas cette punition !
– Au tour des garçons, n'est-ce pas ? dit l'hôtesse une fois que la dénommée Skyler se tient à sa gauche.
Elle attrape un papier tout aussi rapidement que pour les filles, elle semble pressée de finir la cérémonie. Mon souffle s'accélère et je crois bien que je suis en train de broyer la main d'Alessandra, mais elle ne dit rien.
– Aindreis Wolfgang !
Jules a un hoquet d'horreur et de grosses larmes se mettent immédiatement à couler le long de mes joues. J'inspire brusquement et lâche la main d'Alessandra. Elle a une expression d'horreur qui doit être semblable à la mienne.
J'avance d'un pas, puis d'un autre. Un pied à la fois. Ne réfléchis pas trop. Juste… un pied à la fois. Je trébuche sur la première marche de l'estrade, mais me rattrape de justesse.
Je pleure toujours. J'aimerais paraître fort, brave… Indépendant. Mais… Mais je n'ai que treize ans… Je… Je n'ai encore rien accompli… Je n'ai pas acheté un restaurant pour ma mère. Je n'ai pas envoyé ma sœur dans la meilleure école du Capitole… Je n'ai même pas encore embrassé Alessandra…
Les larmes sortent de plus belle. Je me place aux côtés de l'hôtesse, les membres engourdis. Plus rien ne semble faire de sens. Mon monde entier s'effondre.
Je… je vais… mourir ? À treize ans ? Juste comme ça ? Parce que des gens pleins de rage ont voté, là comme ça, un jour. Comme si de rien n'était, ils m'ont condamné. Sans aucun remord, sans penser aux conséquences pour nous.
Parce que le Capitole doit être puni.
Mitsu nous demande de nous serrer la main. Je me tourne vers l'autre tribut. Elle semble aussi perdue que moi. Elle est en sueur, et le contact gluant me donne un frisson de dégoût. Mais vraiment, c'est la situation au complet qui me répugne.
.
.
.
Je me perds dans les bras de maman et m'abandonne aux sanglots. J'aurai le temps d'être fort plus tard. Pour l'instant, je suis juste… Un gamin de treize ans terrorisé. Elle pleure aussi, et elle ne cesse de s'excuser à mon oreille. Je lève les yeux vers papa. Il renifle bruyamment et s'approche, Adelize dans les bras.
– Fiston…
Maman me relâche à contre cœur et me caresse tendrement les cheveux. Je cherche le regard de mon père et le fixe sérieusement.
– P-papa… Tu… Tu dois t'occuper de maman et d'Adelize, ok ? C'est… c'est pas le temps de faire de la magie… sérieusement…
Un million de rides semblent se former sur son visage. Il lève des mains tremblantes vers moi, me prend les épaules.
– J-je te le promets.
Je hoche la tête, ravale un sanglot.
– J'ai peur… J'ai peur, mais… Mais je ne vais pas vous faire honte. C'est promis.
Maman s'effondre par terre, m'entraînant dans sa chute. Papa s'accroupit aussi. Adelize pleure, hurle presque. Et jusqu'à la fin des adieux, nous nous contentons de nous serrer les uns contre les autres à même le sol. Mes parents tentent de me rassurer, de m'encourager, mais ils en sont incapables.
Nous savons tous que je n'ai aucune chance de survie. Pas à mon âge et pas contre les vingt-trois autres tributs qui chercheront tous à avoir ma peau.
Les Thraxs doivent les tirer hors de la pièce de force, et je m'accroche pathétiquement à ma mère. J'ai honte de me comporter de façon si enfantine, mais… j'ai juste… trop peur…
Je ne veux pas. Je ne veux vraiment, vraiment pas aller dans l'arène. Je ne veux pas combattre d'autres tributs. Je ne veux pas avoir des mutations à mes trousses. Je ne veux pas souffrir.
Je ne veux pas mourir.
C'est injuste. C'est trop injuste !
