Hey le peuple ! Pardon du retard pour poster ces dernières moissons :S J'ai attrapé un gros rhume lundi et... j'avais plus l'énergie de répondre aux reviews ^^' Maaais, alas, voici les DEUX DERNIÈRES MOISSONS ! \o/ DANSONS !
Merci à tout ceux qui m'ont laissé des reviews, je sais que vous êtes très occupés et ça me fait vraiment, vraiment chaud au cœur ! *cœurs x3 millions* Je vous envoie tout l'amour du monde !
Oceane246 : Merci de ta revieeew :3 Eh oui, les tesserae, ça aurait été préférable pour la pauvre Skyler ! Pour Aindreis, j'ai fait exprès de montrer quand dans une situation pareille, y'a pas moyen d'ignorer son âge. Franchement, à treize ans, tu te caches dans les jupons de ta mère, que tu te l'avoues ou non.
Guest : Merci l'inconnu(e) ! True, ils sont mal barrés, mais bon... tout comme les 22 autres, mdr.
Il y a eu pas mal de... changements de dernières minutes avec ce tribut (certains en ont entendus parler). Et en fin de compte, c'est Jay et moi qui l'avons créé. Nous sommes au courant qu'il est très clichés dans sa culture, mais c'est justement fait exprès, car en prenant l'idée qu'il vienne d'un ancien peuple, on s'est imaginées que sa famille se serait accrochée à leurs coutumes et valeurs de façon exagérée afin de ne pas les perdre. Donc voilà. L'hôte est la création de Jay, et le mentor vient de Zod'a ! X)
Merci à Woo et Jay pour la super correction de la mort qui tue, et pour tous les conseils afin de créer ce tribut ! *cœur*
Enjoy ! (btw, le titre est une dédicace pour Jay)
MOISSON DU SECTEUR DOUZE
Un étalon ibérique
Alvaro Jimenez, 16 ans, Secteur 12
– T'as fini ?
– Patience, Alvaro, soupire ma mère en continuant de comptabiliser les billets.
Une calculatrice à la main, elle tente de déterminer ce que représente le pourcentage demandé par oncle Timo. Je gratte les cordes de ma guitare distraitement et elle penche la tête au rythme de la mélodie toute simple.
« Je l'ai croisée dans une rue passante,
Elle était ravissante,
Et ses poches étaient pleines,
Quelle veine.
Un clin d'œil, un sourire, un baiser,
Elle était apprivoisée.
On a copulé comme des animaux,
De quoi dire bravissimo, »
– Alvaro ! s'écrie ma mère d'un ton horrifié, mais je continue ma chanson improvisée en l'ignorant.
« Mon tiroir dans sa commode,
Je l'avais la bonne méthode.
Et quand je l'ai quittée,
J'avais un chèque signé,
Pour sauver une petite sœur mourante,
Pourtant inexistante.
Et ça c'est ce qu'on appelle une escroquerie,
Bien réussie. »
– Je pourrais me passer de tes prouesses sexuelles, tu sais ? soupire ma mère en me lançant un regard exaspéré.
– Hey, c'est pas moi qui choisis les proies ! Apparemment, elle est la fille d'un avocat qui fait chier notre famille. Oncle Timo voulait qu'on lui prouve qu'on peut avoir accès à sa fille à tout moment, mais vu qu'il est pas fan de la violence…
– Je sais tout ça. Mais dans mon cœur, ta sœur et toi resterez toujours d'innocents jeunots sans expérience.
– Attends, tu dis ça alors que Willa couche avec un client en ce moment même ?
– Va donc la chercher d'ailleurs, elle ne m'a pas encore donnée sa part. Tu dois aller voir Timo avant la Moisson, donc vaut mieux se dépêcher.
Je fais une grimace mais dépose ma guitare et vais rejoindre ma sœur sans rechigner. Je peux entendre les cris avant même d'entrer dans la pièce tamisée. L'odeur d'encens m'assaille dès que j'ouvre discrètement la porte. Je me laisse tomber sur le canapé en me bouchant les oreilles. Entendre ma sœur avoir un orgasme – aussi faux soit-il – ne fait pas vraiment parti de mes souhaits.
Ils quittent la chambre peu de temps après. C'est un couple qui se glisse au-dehors sous les adieux langoureux de Willa. Elle s'approche ensuite de moi et s'allume une cigarette après avoir enfilé un peignoir.
– Laisse-moi deviner. Ils voulaient savoir quand viendrait leur premier enfant, dis-je, moqueur.
– Non, en fait la femme voulait savoir si son fiancé la tromperait un jour, et lui… Lui voulait juste coucher avec deux filles à la fois en toute impunité.
– Et tu leur as dit quoi ?
– Que tous les hommes trompent leur femme.
– Elle avait pas l'air mécontente pourtant…
– Je lui ai assuré que tant qu'ils viennent me voir, son mari ne cherchera pas la compagnie d'autres femmes.
Elle vient s'asseoir à côté de moi, un sourire en coin alors qu'elle m'observe. Je lève un sourcil pour l'encourager à parler.
– Stressé pour la Moisson ?
– Willa… c'est moi, ton frère… Alvaro, dis-je d'un ton suffisant.
– Bon point. T'es trop idiot pour t'inquiéter. Tu viens pour l'argent ? J'ai fait une bonne somme cette semaine, tu diras à oncle Timo que j'aimerais une pause d'une ou deux semaines bientôt.
– Je lui passerai le message. Je peux rien te promettre par contre. Je te jure, il est beaucoup trop sérieux.
– En même temps, s'il ne l'était pas on se serait tous fait arrêter par les Thraxs depuis longtemps. La survie de notre famille dépend de lui.
– Je sais, je sais. Les anciens sont importants, il faut les respecter, bla, bla, bla.
– Je suis sérieuse, m'interrompt-elle en posant une main sur mon poignet.
– Je sais, sœurette.
Elle acquiesce, puis sort une liasse de billets de je-ne-sais-où, que je glisse dans mes poches. Elle dépose ensuite un léger baiser sur ma joue et me chasse hors de chez elle quand je me demande à voix haute avec quoi exactement ses lèvres ont été en contact aujourd'hui.
Je rejoins ma mère en riant. Elle me jauge de haut en bas alors que je lui tends la main pour qu'elle me donne l'argent.
– C'est vraiment comme ça que tu vas t'habiller pour la Moisson ?
– Quoi, t'aimes pas ?
Je baisse les yeux sur ma chemise délavée aux motifs colorés, mon gilet noir sans manche, mes jeans troués et mes bottes usées. Sans oublier les nombreuses bagues, colliers et bracelets, ainsi que mon bandeau bleu marine duquel s'échappent de nombreuses mèches brunes. Le reste de mes cheveux est noué en un chignon bas.
– Tu pourrais faire un effort…
– C'est mes plus beaux vêtements !
Elle soupire et me donne l'argent d'un air exaspéré.
– Tu diras à Timo que j'ai besoin de me réapprovisionner de quelques plantes.
– Compris. Oh, et la mère d'un ami voulait un filtre de jeunesse, il t'en reste ? Je lui ai dit que je lui ferais un rabais.
– Tu l'as prévenu que parfois il y a des effets secondaires déplaisants qui peuvent attaquer le physique aussi, j'espère ?
– Non mais t'en fais pas, elle peut pas être pire, dis-je en ricanant. Ça peut que lui faire du bien.
Elle fouille dans un tiroir et en ressort un gros sachet, qu'elle me tend.
– À boire avec de l'eau chaude tous les soirs. Si elle remarque le moindre problème, qu'elle vienne me voir.
– Merci !
Je m'échappe de la maison et me rends vers le magasin d'oncle Timo en sifflotant. Nous n'avons aucun lien de sang, comme avec mes innombrables cousins et cousines. Dans nos légendes, on raconte que nous étions un peuple nomade, il y a des siècles de cela. On nous appelait les gitans, et nous étions hispaniques – peu importe ce que ça veut dire.
Même sous le régime du Capitole, nous avons gardé nos coutumes et valeurs. Ici, nous gérons tout ce qui est illégal. Escroquerie, vol à la tire, combats illégaux, paris quelconques, ventes de produits difficilement accessibles – comme des plantes thérapeutiques, ce que ma mère vend. Sans oublier la divination, le travail de ma sœur en ce moment. Éventuellement elle devra se marier avec l'homme choisi par Timo, mais en attendant, elle prédit l'avenir à travers le sexe. Tout ce qui est spirituel, ma famille y touche.
Et l'argent que nous faisons va dans un fond commun afin de s'occuper de tout le monde de façon égale. Nous sommes très soudés. Les traîtres, comme mon père l'était, sont jetés hors du cercle familial et se retrouvent à la rue. Mais quand nous suivons les règles… Nous n'avons pas à nous inquiéter pour le reste de notre vie. C'est parfait pour moi, je n'aime pas me casser la tête.
J'aime bien mon travail, personnellement. Le jour, vol à la tire et petites escroqueries seul ou avec des cousins ou cousines. La nuit, animateur de combats illégaux. C'est une belle vie. Certains pourraient croire que Willa est bien moins chanceuse, mais en fait elle adore ce qu'elle fait. C'est une drôle de fille, ma sœur.
Je rejoins enfin la petite boutique de magazines que tient oncle Timo. Il est tranquillement assis derrière le comptoir et m'adresse un clin d'œil en me voyant arriver.
– Alvaro, content de te voir ! s'exclame-t-il chaleureusement.
– Moi de même, oncle Timo, dis-je en échangeant avec lui la poignée de main rituelle.
Il me fait signe de le rejoindre à l'intérieur de sa petite caravane. Ainsi, c'est facile pour lui de se déplacer partout dans le Capitole afin de vendre ses produits. Autant des magazines que d'autres un peu plus… illégaux.
– Comment sont allées les affaires cette semaine ?
– Plutôt bien. Les gens sont stressés à cause de la Moisson, ça aide. Et puis le nombre de gars aux combats a triplé dans les trois dernières nuits.
– Parfait, parfait.
Je lui donne l'argent qu'il range soigneusement après avoir compté tous les billets. Pendant ce temps, je m'occupe de sa boutique en servant les quelques clients qui se pointent. Je lui fais part des messages de ma mère et Willa, auxquels il acquiesce sans répondre, son habituel sourire énigmatique aux lèvres.
Il n'y a pas grand-chose qui me rend inconfortable dans la vie, mais oncle Timo en fait définitivement parti. Quand il me regarde, j'ai l'impression qu'il peut voir au plus profond de mon âme. Je ne souhaite à personne de l'avoir comme ennemi. Certains disent que son intelligence est hors norme. Ce n'est pas pour rien qu'il est devenu l'un des anciens de la famille alors qu'il n'a que quarante-cinq ans.
– Oh, Alvaro. J'ai une bonne nouvelle, me dit-il en me rejoignant à l'avant du magasin.
– Oui ?
– Ma fille va se marier dans deux semaines. J'ai enfin trouvé le prétendant parfait. Toi et ta famille êtes invités à la cérémonie, bien sûr.
– On sera là ! dis-je avec un sourire.
Je n'ai pas eu beaucoup de contact avec sa fille, mais je sais qu'elle a dix-huit ans et qu'elle est très jolie, mais un peu fragile. Oncle Timo voulait qu'elle prenne sa place éventuellement pour gérer les affaires de la famille, mais elle n'a aucun talent dans ce domaine. Il espère donc que ses petits-enfants pourront remplir ce rôle.
– Alvaro ! crie une voix masculine au loin.
J'agite les mains avec excitation en reconnaissant Stew, l'un de mes nombreux cousins que je considère aussi comme un frère.
– Hey Stew, hey les mioches ! dis-je en m'adressant à Logan et Célestine, les deux frangins de mon ami.
Ils me foudroient du regard mais restent silencieux, et je souris triomphalement. Ils ont enfin compris que ça ne sert à rien de me contredire. J'ai toujours le dernier mot. J'attends en compagnie d'eux alors que Stew règle ses affaires avec oncle Timo. Quand c'est terminé, nous décidons de nous rendre tous ensemble à la Moisson. Célestine n'est pas éligible, puisqu'elle n'a que sept ans, mais Logan si, à douze ans. Et bien sûr, Stew et moi aussi.
– T'as l'air en forme toi, grogne Stew en plissant les yeux. On croirait pas que t'as fait la fête jusqu'aux petites heures du matin.
Notre famille a organisé une fête hier, un dernier rassemblement au cas où l'un d'entre nous se retrouve dans les Jeux. C'était magique. En plus j'ai dansé avec ma plus belle cousine – aucun lien de sang bien sûr – qui m'ignorait depuis des années… et fait un peu plus que ça. Il faut croire que ma poussée de grandeur de l'été dernier et les muscles qui ont suivis peu après lui font de l'effet.
– Que veux-tu, c'est ça d'être parfait. Je peux surmonter toutes les épreuves, que ce soit de l'alcool mauvais, des danses interminables ou une nuit blanche !
– Tu veux dire que t'as pas du tout dormi ? s'interloque mon ami.
– Je suis invincible, mon vieux. T'as pas encore compris ?
– T'es complètement malade, surtout.
Je remarque le silence peu caractéristique de Célestine – Logan est un petit timide, donc ce n'est rien de nouveau – et lui donne une pichenette sur le front. Elle réplique en pilant vicieusement sur mon pied. Je grogne et l'attrape par le cou d'un bras en sautillant.
– Qu'est-ce que t'as la mioche ? C'est pas ton genre de pas chialer ! dis-je en riant.
– Lâche-moi ! hurle-t-elle en me mordant le poignet. Et je suis pas une mioche !
– Mais oui, mais oui…
Je la relâche enfin et elle me lance un regard meurtrier. Puis je m'accroupis devant elle, recoiffant des longs cheveux noirs. Elle se mord la lèvre inférieure, les poings serrés, mais n'arrive pas à retenir une larme de couler.
– Qu'est-ce qui se passe, couz ?
– Papa il dit que je vais peut-être jamais vous revoir après aujourd'hui ! glisse-t-elle enfin.
J'échange un coup d'œil avec Stew, qui affiche une mine d'enterrement. Dernière lui, Logan a les yeux sur ses souliers et se tord les mains nerveusement. J'affiche un sourire aussi désinvolte que possible et hisse Célestine sur mon dos sans lui laisser le temps de réagir.
– Mais qu'est-ce que tu racontes ? Y'a personne de plus fort que moi, tu devrais le savoir maintenant ! Bon, Logan et Stew c'est des mauviettes, mais je me porterai volontaire pour eux s'il le faut. En plus, je ne serais pas contre participer aux Jeux. C'est comme une super aventure, tu sais ? Et peut-être même que je pourrais y rencontrer une jolie princesse et en tomber follement amoureux.
– Tu serais comme un prince alors ? renifle-t-elle dans mon cou.
– Exactement ! Cool, hein ?
– Plutôt… chuchote-t-elle timidement.
– Voilà ! Alors t'inquiète de rien, la mioche !
Stew m'adresse un sourire reconnaissant et je lui fais un clin d'œil. Dans son regard, je peux voir son interrogation silencieuse : « Tu n'es pas inquiet, toi ? ». J'imagine que je devrais l'être… Mais je n'ai jamais aimé me faire un sang d'encre pour quelque chose qui n'est même pas encore arrivé.
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– Hum… C'est quel Secteur ici déjà ? marmonne l'hôte sur scène, et des gloussements parcourent l'assemblée.
– Le Douze, grogne un Thrax d'un ton menaçant.
– Ah… Ah oui… Je sais pas pourquoi, je pensais que je m'occupais du Quinze…
– Y'a pas de quinze ! s'énerve le colosse en faisant rire de plus belle l'assemblée.
– Ah bon ? Très bien alors, pas besoin de s'énerver…
L'hôte, qui doit être dans la mi-vingtaine, frappe doucement son micro pour tester le son. Il n'est pas très grand pour un homme, dans les un mètre soixante-cinq peut-être. Il adresse un sourire un peu perdu à la foule, affichant une dentition lumineuse. Ses deux dents d'en avant sont anormalement longues et lui donne un air de rongeur.
– Hey, il ressemble à un dessert, non ? dis-je à l'oreille de Stew.
– D'où tu vois ça ?
– Ben… La peau chocolat, les yeux roses comme des cerises confites, les cheveux blancs coiffés comme du chantilly… Tu trouves pas ?
– Maintenant que tu le remarques…
– C'est géant !
Stew me fixe avec exaspération, mais je garde mon attention l'hôte, qui s'appelle apparemment Anthony Andler. Il bafouille le Traité de Paix en lisant des notes mal organisées. De toute évidence, il est peu préparé pour la cérémonie. Je ne peux m'empêcher de ricaner alors qu'il se trompe de nom pour le mentor. Celui-ci, qui s'appelle réellement Zephor Flickerson, lui adresse un regard mauvais, les bras croisés et l'air morose.
– Comment ça se passe ensuite ? Ah, je tire le nom d'une fille ? Je peux pas juste pointer au hasard dans la foule ? Non ? Bon… d'accord…
Il s'avance vers le grand bol de verre et prend un papier, qu'il triture dans ses mains pendant un moment. Autour de moi, tout le monde retient son souffle. C'est le moment de vérité. Qui sera la malheureuse élue…
– Quelqu'un veut faire un pari avec moi ? s'exclame Anthony en brisant le moment de tension. La fille va avoir au-dessus de seize ans avec des yeux verts, et sinon… Je me présente en string blanc au défilé des Jeux. Ça intéresse quelqu'un ?
Au silence de mort qui lui répond, il se gratte distraitement la nuque et toussote.
– Bon… Le pari sera avec moi-même alors… Et si j'ai raison, je… euh… Je peux enfin arrêter de manger des spaghettis au beurre d'arachide tous les matins. Il était chiant ce pari aussi… Quelqu'un veut se porter témoin ? Non ? Ah, je dois lire le nom et tout de suite ? Alors, alors… Il est marqué… Lythenia Reaper !
Personne que je connais. Je soupire de soulagement. Au moins, aucune des filles de la famille ne participera aux Jeux. Oncle Timo sera content. Il y a soudain un éclat de rire, et une fillette se fraie un chemin à travers le rang des treize ans. Elle s'avance d'un pas déterminé, le visage hilare. Anthony jure, probablement frustré d'avoir perdu son pari.
La fille cesse brusquement de rire et son expression se fait grave. Elle s'immobilise, son front se plisse et ses poings se serrent. Mais je n'ai pas le temps de me questionner plus longtemps à son propos, car un Thrax ordonne à l'hôte de continuer le tirage.
– Il n'a même pas demandé pour des volontaires, grince Stew à côté de moi. Elle a l'air tellement petite…
– Ah, je dois prendre le nom dans l'autre bol ? s'enquiert innocemment Anthony. Oui pardon. En plus je fais ce travail depuis deux ans, je devrais m'en rappeler à force… Voilà, je l'ai… Et il est marqué… C'est quoi ce nom d'étalon ibérique… Il est mieux que le mien en plus !
– Mr Andler ! s'insurge le même Thrax de tout à l'heure.
– Mais oui, mais oui ! J'y viens ! L'heureux élu est donc… C'est bien comme ça qu'on dit, hein ? Heureux élu… Je comprends pas trop pourquoi d'ailleurs… Ça rend heureux ce tirage ? Et élu, c'était pas un truc religieux à l'origine ? Mais qui s'y connait en religion de nos jours, hein…
– Alvaro Jimenez ! grogne le mentor d'un ton hargneux, se penchant par dessus l'épaule de l'hôte.
J'écarquille les yeux, abasourdis quelques secondes. Stew m'agrippe l'épaule, une expression d'horreur sur le visage. Le mentor répète mon nom avec une mauvaise humeur palpable.
– Non… Vraiment ? dis-je finalement.
Je secoue la tête et commence à m'avancer vers l'estrade. Stew tente de me retenir, mais je le repousse avec un petit sourire qui se veut rassurant. Je crois que je réussis à le rendre réaliste. J'ai toujours été bon pour sourire. Les gens disent que c'est ce qui fait mon charme. Il y a plein d'autres éléments qui font mon charme, bien sûr, mais mon sourire est définitivement en haut de la liste.
Je relève la tête avec surprise quand je me rends compte que je suis devant l'hôte. Lui adressant un sourire étincelant, je me place à ses côtés. Il a vraiment l'air d'un dessert au chocolat. J'ai envie de manger tout d'un coup. Et puis l'autre tribut, sa peau est bleu nuit, ça me fait penser au ciel de la nuit dernière. C'était beau, avec toutes les étoiles…
Mon regard tombe sur ma mère, comme par le plus inexplicable des hasards. Mon souffle se coupe. Elle pleure à chaudes larmes en s'accrochant à ma sœur. Les deux semblent persuadées que je suis déjà condamné.
Mais on ne sait pas, non ? Je veux dire… Normalement, j'ai autant de chance de gagner que les vingt-trois autres tributs… Pourquoi m'enterrer alors que rien n'est arrivé encore ? Je peux peut-être le faire ! Vraiment !
Je prends enfin une longue inspiration. Ça ne sert à rien de me casser la tête, seulement à m'angoisser et à m'empêcher d'agir calmement. Je vais être dans les Hunger Games. Voilà tout. Je vais faire de mon mieux pour survivre, et on verra bien comment ça va évoluer.
Ce qu'il adviendra, adviendra, et tutti quanti… N'est-ce pas ?
