DERNIÈRE MOISSON LES GENS ! O_O

Bref. Cette tribut est la création de la sympathique Kyoko Mukuro. Je me suis beaucoup amusée à l'écrire, je crois que vous comprendrez pourquoi X)

Sinon, message important s'adressant à mes revieweurs : Le prochain chapitre sera posté le samedi 29 juin au matin. Je vous conseille fortement d'être au rendez-vous, sinon vous pourriez perdre votre place ~~ ;) (et je promets sur la tête de ma chatte (l'animal, bande de pervers !) que ce chapitre sera posté à la bonne date !)

Aussi, j'ai mis un sondage sur mon profil pour que vous votiez pour vos tributs favoris, allez participer si ça vous chante ! X) Avec le prochain chapitre, je vais mettre un guide des tributs afin de s'y retrouver un peu :)

Un grand merci à Solène, ma nouvelle beta, ainsi que Ljay pour leur correction ! Je vous aime les filles !

Enjoy ! Et une petite review pour célébrer LA FIN DES MOISSOOOONS ~~ ? :3


MOISSON DU SECTEUR DOUZE

Une équilibriste perturbée


Lythenia Reaper, 13 ans, Secteur 12

– Hey, Lyth ! crie un homme au ventre généreux en train d'ouvrir son magasin.

Je prends mon élan et saute sur le toit de son immeuble, puis penche la tête dans le vide pour lui adresser un sourire.

– Essaies-tu de t'envoler pour échapper à la Moisson ? s'enquiert-il gentiment.

– Si seulement !

Ça ne serait pas une mauvaise idée, murmure Juda avec un rire sinistre.

Encore mieux, tu pourrais te jeter en bas et t'écraser comme un ballon d'eau ! Splash ! Et même, si tu vises bien, tu pourrais tuer l'obèse avec toi ! Double splash ! renchérit Manea d'un ton surexcité.

Un peu de retenue vous deux ! s'offusque Pythie. Ce serait suicidaire, ne les écoute pas Lyth.

– Je n'écoute pas, dis-je, résolue à les ignorer.

Je secoue la tête sous le regard perplexe du marchand et lui donne un sourire d'excuse pour les propos de Manea. Reculant de quelques pas, je me mets à courir et me lance dans le vide. Au dernier moment, j'attrape l'un des robustes fils électriques qui pendent là et m'en sers pour me propulser sur le prochain toit.

Je m'amuse à observer les passants dans la rue. La plupart semblent pressés et tendus, mais certains vibrent d'excitation. Pour ces derniers, j'imagine les pires histoires d'horreur qui soient. Comment osent-ils être heureux le jour de la Moisson ?!

Vole, Lyth. Oublie tous tes problèmes, me souffle Pythie.

Je peux la sentir perchée sur mon épaule, un poids rassurant qui me calme dans ma détresse. L'idée de la Moisson me met plus la pression que je le croyais. Je m'accroche à un fil, et doucement, me perche dessus, les bras à l'horizontale. Je m'avance d'un pas, puis d'un autre. Le vent caresse mon visage, fait virevolter mes longs cheveux prune.

À plusieurs mètres du sol, en équilibre au-dessus du vide, je me sens plus libre que jamais. C'est une sensation indescriptible. Je m'imagine être un oiseau qui peut voyager où bon lui semble, s'aventurer dans des terres inconnues, traverser les océans en se laissant porter par les courants. C'est une extase, une impression empruntée qui ne dure qu'un court moment, mais qui est si satisfaisante.

Je m'arrête finalement sur un poteau électrique au coin d'une rue que je connais bien. Je me laisse habilement glisser jusqu'en bas et recoiffe mes cheveux dans un geste nerveux. Quand je tourne la tête, je constate que mamie est déjà assise sur son porche, une assiette de gâteaux dans les mains.

– Bonjour Lythenia, me salue-t-elle chaleureusement.

Je hoche timidement la tête et vais m'asseoir à côté d'elle. J'ai rencontré mamie il y a quelques mois de cela. Je suis accidentellement tombée de mon perchoir directement devant sa boutique. La fleuriste m'a vite prise sous son aile comme si j'étais sa propre petite-fille. Je ne comprendrai jamais pourquoi, mais je lui en suis reconnaissante. Je n'ai plus grands souvenirs de ma mère… Avec elle, j'ai l'impression d'enfin connaître (ce que c'est d'en avoir une.

Elle nous sert des tasses thé et nous dégustons la petite collation dans un silence confortable. D'un geste absent, elle joue avec une mèche de mes cheveux. Ils m'arrivent maintenant un peu en-dessous des hanches. J'aimerais les couper, mais Jaime m'en empêche. Il aime tester de nouvelles coiffures sur moi. De toute manière, je n'ai aucun droit sur mon corps depuis mes cinq ans.

Prends ta revanche ! Castre-le ! hurle soudain Juda.

Je sursaute violemment et renverse du thé brûlant sur mes cuisses. Un glapissement m'échappe et mamie s'empresse d'essuyer le liquide avec son vieux châle élimé.

– Non !

– Que se passe-t-il, chérie ? s'inquiète mamie alors que je me lève d'un bond.

– Je ferai pas ce qu'il demande ! Juda est méchant, il essaie toujours de me faire faire des trucs horribles !

Elle m'adresse un sourire triste et secoue la tête de gauche à droite. M'attrapant par l'épaule, elle me force gentiment à me rasseoir.

– Personne ne peut te forcer. Tu es maître de tes actions. N'écoute jamais ce qu'ils essaient de te dire, d'accord ? Tu me promets ?

– Ils sont vraiment insistants…

– Je sais, ma chérie. Mais tu es plus forte qu'eux.

J'acquiesce faiblement, peu convaincue. Elle s'empare de ma main et y applique une douce pression. Je caresse les rides de sa main, comme toujours fascinée par cette texture si différente de la mienne.

– J'ai parlé de ton problème avec un vieil ami à moi, commence-t-elle d'une voix hésitante. Il croit savoir comment t'aider et il m'a demandé de t'amener le voir aussi tôt que possible…

Non ! C'est un piège ! Elle est une traîtresse ! s'écrie Juda alors que Manea se contente de ricaner bruyamment. Je le savais ! Elle se faisait passer pour ton alliée depuis le début, mais elle n'est qu'une menteuse ! Une manipulatrice ! Elle va te faire du mal !

Je me lève d'un bond, les larmes aux yeux. Juda m'ordonne d'arracher la peau de mamie, que je verrai bien qu'elle est une machine. Un espion du Capitole. Manea rit à gorge déployée, elle semble toujours si contente devant ma détresse. Mais c'est sur la voix de Pythie que je me concentre de toutes mes forces.

Elle ne comprend pas, elle ne comprendra jamais. Mais elle ne te veut pas de mal. Elle ne sait pas que tu as besoin de nous. On ne pourra jamais t'abandonner. Ne lui en veux pas pour son ignorance.

Enfin, j'arrive à reprendre mon calme, à faire taire Juda et Manea. Mamie me fixe, les yeux écarquillés. Elle s'est reculée de quelques pas. Elle semble effrayée.

– D-désolée, dis-je dans un balbutiement. Ils… Ils ne veulent pas… que je vois ton ami.

– Je comprends, répond-elle d'une voix tout aussi secouée. Je ne le mentionnerai plus.

– Merci. Je… Je dois rentrer maintenant. Jaime m'attend.

Elle hoche la tête et disparaît à l'intérieur en me faisant signe de l'attendre. Juda me pousse à m'enfuir, mais je serre les poings et reste immobile. Je crois en mamie. Elle est comme une mère. Je peux lui faire confiance. Elle revient rapidement, des sachets de notre thé favori dans les mains.

– Tu en boiras avec Jaime, sourit-elle.

– D'accord. On se verra plus tard…

– Bonne chance pour la Moisson ! me lance-t-elle alors que je m'éloigne à toute vitesse.

Je traverse vite le Secteur en direction du camp. Des Thraxs montent la garde aux multiples entrées, et je leur montre ma carte d'identité que l'un d'eux scanne.

– Lythenia Reaper, section B, tente 93. Passage accordé, prononce-t-il d'une voix monotone.

Je me faufile à côté de lui et avance aussi vite que mes petites jambes me le permettent parmi les tentes grises qui sont montées à perte de vue. Suite à la guerre, les rebelles nous ont promis que ce campement de réfugiés ne serait que temporaire, afin d'abriter les familles ayant perdu leur habitation durant les bombardements. Mais ça fait maintenant un an, et rares sont ceux qui se sont trouvés un nouveau logement. Après tout, la reconstruction des districts passe bien avant celle du Capitole, n'est-ce pas ?

Avant, je vivais dans ce que nous appelons le secteur Quatre avec Jaime. Maintenant, nous vivons dans une tente de fortune, avec une vie privée pratiquement inexistante et des repas communs infects – sans parler des latrines à la propreté douteuse. Pas l'idéal.

De ce que Jaime m'a raconté, mes parents étaient de grands amateurs de jeux d'argent, mais ils n'avaient pas beaucoup de chance. Ils se sont vite vus écroulés sous les dettes et menacés d'expulsion par le gouvernement. Afin de se sortir de ce merdier, ils ont passé un compromis avec le Capitole.

Me vendre à l'une des écoles de stylisme les plus réputées comme cobaye afin de tout rembourser. Depuis, j'ai vécu dans le grenier de cet institut, sous la tutelle de Jaime, le directeur de l'établissement. Il est un ancien styliste des Jeux qui s'est vite reconverti en professeur, fondant sa propre école, car il supportait mal la pression des Hunger Games.

J'imagine qu'il est un peu comme mon père, maintenant. Il n'est pas un homme facile, loin de là, mais ses rares moments de tendresse font partie de mes meilleurs souvenirs. Il est particulièrement instable depuis la rébellion, je crois que le choc d'avoir perdu son école – qui a été complètement rayée de la carte par les bombardements – n'est toujours pas digéré.

Personnellement, je suis bien heureuse de ne plus avoir à subir les expérimentations de ses élèves. Mon corps est déjà bien assez modifié comme ça, avec mes yeux vairons – un orange-or et un vert d'eau laiteux –, ma peau bleue très sombre, l'implant enroulé autour de ma cheville en forme de serpent, mes cheveux prune et mes nombreuses cicatrices. En particulier une sous mon genou qui fait un arc de cercle rougeâtre et une autre tout le long de mon bras droit qui me fait des zébrures blanches.

Je rejoins enfin notre tente. Jaime y fait les cent pas, l'air perturbé.

– Enfin ! s'énerve-t-il en me voyant. C'est pas trop tôt ! Je dois te préparer pour la Moisson je te rappelle !

Du sang, du sang ! Si rouge, si beau ! Tue-le et fais un portrait de lui avec son sang ! Il est vilain, vilain, vilain ~ ! chantonne Manea d'une voix suraiguë.

Oui, parce que le tirage est truqué ! Il veut se débarrasser de toi, il sait que tu vas être choisie ! me susurre Juda à l'oreille.

– Non !

– Pardon ?! s'enrage soudain Jaime en faisant un pas menaçant vers moi. Je te rappelle que je t'ai achetée ! Je peux faire ce que je veux de toi !

Il renverse la petite table bancale qui se tenait entre nous deux. Je me recroqueville immédiatement au sol, les mains sur les oreilles. Manea continue de me chantonner des tortures toutes plus horribles les unes que les autres. Les larmes me montent aux yeux et je gémis doucement.

Je ferme les yeux et me berce. Jaime continue de vociférer au-dessus de moi. Pythie décide de se mêler à la discussion pour calmer les deux autres. C'est le chaos. Je me gratte la peau et sanglote.

Taisez-vous, taisez-vous, taisez-vous…

Jaime s'accroupit brusquement devant moi. Je le sais car il tente de caresser mes cheveux et que j'en sursaute violemment.

– Je suis désolé, Lyth, soupire Jaime d'un ton beaucoup plus doux. Je suis désolé, je ne sais pas ce qu'il m'a pris. Tu es tout ce que j'ai… J'ai besoin de toi… je suis désolé…

C'est fini. C'est fini, Lyth, soupire Pythie.

J'ouvre les yeux, croise le regard de Jaime. Une lueur de pitié habite les siens. Juda y voit du dégoût, bien sûr. Je baisse lentement les mains et me rends compte que du sang perle au bout de mes ongles. Jaime s'en empare, les pose contre son cœur. Il pleure lui aussi. Nous nous faisons toujours tant souffrir…

J'ouvre la bouche, encore tremblante. Trop de tension, aujourd'hui. Ce n'est pas bien. Habituellement, Juda, Manea et Pythie sont plus silencieux.

– M-mamie m'a donné du thé… Notre préféré… dis-je en offrande de paix.

– C'est gentil de sa part… murmure-t-il avec un faible sourire. J'avais justement envie d'une bonne tasse de thé.

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Je triture la robe bustier noire bouffante qui m'enserre la taille et s'arrête à mes genoux. La tête basse, je me balance d'avant en arrière et récite une petite comptine dans ma tête afin d'oublier la foule qui m'entoure. Je n'aime pas les rassemblements. Les gens me regardent de travers, me bousculent…

J'ai l'impression que ma tête va exploser. Tout allait bien quand Jaime était à mes côtés, mais maintenant les trois me jacassent aux oreilles sans même reprendre leur souffle. Je crois que la cérémonie a commencé, mais je n'arrive pas à me concentrer sur l'étrange bonhomme qui parle au micro.

Lythenia, concentre-toi ! Il commence le tirage ! me glisse Pythie au milieu des cris excités de Manea.

Ça va être toi ! grogne Juda de plus belle.

Oui, oui, oui ! Du sang, des tripes, des têtes coupées ! s'enthousiasme Manea. Lyth-Lyth, si tu casses le bras de ton hôte – o-o-o-oh un os qui sort de la peau, c'est trop beau ! – ça te portera chance dans l'arène !

– Chut ! Je peux rien entendre !

Un garçon me regarde curieusement, je croise les bras et me balance encore plus fort. Manea continue de me répéter que c'est vrai, que ça me portera chance. Je n'arrive jamais à les faire taire !

–…Lythenia Reaper !

C'ÉTAIT TRUQUÉ ! rugit Juda, avant même que j'ai réalisé ma situation.

Non, non, non…

Oui, oui, oui ! chantonne Manea. Casse le bras, casse le bras !

J'inspire brusquement, cesse de me balancer. Je relève la tête, affronte mon pire cauchemar. Juda avait donc raison ? Le tirage est truqué ? Jaime le savait, et c'est pour ça qu'il m'a mise dans cette jolie robe, qu'il m'a fait cette extravagante coiffure, qu'il a ajouté ce ridicule ruban violet dans mes cheveux ?

Il savait… Il m'a envoyée à l'abattoir… Le monde entier est contre moi…

J'éclate de rire. C'est plus fort que moi. Je m'empêche de les écouter depuis un an, une longue, interminable année, et c'est la Moisson qui me prouve qu'ils avaient raison depuis le début. Qu'ils ne tentaient pas de me manipuler, mais de m'aider. Je faisais confiance à Jaime, à mamie… Mais j'avais tort. Ils ne veulent pas mon bien. Je ne peux compter que sur Pythie, Manea et Juda. Personne d'autre.

Je lève le pied droit, prête à me rendre sur la scène. Je suis toujours secouée d'un fou rire.

Non ! Le pied gauche d'abord ! Toujours le pied gauche d'abord, Lyth-Lyth ! s'affole Manea.

Je rétracte précipitamment mon pied, et m'avance de l'autre à la place. Mon rire s'est un peu calmé, un hoquet me traverse, puis un autre. Ma vision se brouille, je prends de grandes inspirations pour me calmer. Je grimpe les marches aussi vite que possible et rejoins l'hôte. Il m'adresse à peine un regard.

Mon rire meurt sur mes lèvres. Je me sens soudain trembler de tout mon corps, trembler jusqu'au plus profond de mon âme. Je serre les poings, me mords la langue. J'ai… J'ai peur…

Reste calme. En contrôle. Les Jeux, ça commence dès maintenant. Tu dois être forte, m'intime Pythie d'une voix forte.

Je hoche la tête et prends une longue inspiration. Mon expiration est un peu tremblante, mais j'arrive lentement à m'apaiser. Je perçois soudain du mouvement à ma droite et sursaute en voyant le mentor penché par-dessus l'épaule de l'hôte. Il me terrorise immédiatement, avec son visage émacié, ses bras maigres et ses yeux globuleux au regard mauvais. Ses cheveux gris sont comme un nid d'oiseau sur sa tête, sales et emmêlés. Sa peau est marquée par la vieillesse. En fait, il ressemble presque à un cadavre.

– Alvaro Jimenez ! dit-il d'une voix hargneuse qui me fait frissonner.

Méchant, vilain, malhonnête ! Tu peux pas lui faire confiance ! s'écrie Manea d'un ton plaintif. Jamais, jamais !

Je hoche la tête. Un garçon sort de la section des seize ans et nous rejoint. Il a l'air perdu, comme moi. Est-ce que le tirage était truqué pour lui aussi ? Le mentor m'adresse une grimace en guise de sourire avant de retourner au fond de la scène. Je me balance doucement à nouveau. Mon regard glisse vers le haut des immeubles. J'aimerais bien voler, en ce moment. Sauter de fil en fil, invisible aux yeux des pauvres mortels qui parcourent les rues de la ville.

– Il me semble qu'il manque quelque chose… marmonne l'hôte à côté de moi.

– Ils doivent se serrer la main ! siffle un Thrax, me faisant sursauter.

– Ah oui, voilà ! Tout le monde se tourne vers son voisin et échange une vigoureuse poignée de main ! s'exclame le jeune homme d'un air jovial.

Il est trop con, ricane Juda. Tu peux compter sur personne d'autre que nous. Personne.

– Et cela conclut la moisson du secteur… C'est lequel déjà ? Douze ? C'est ça, oui… Et cela conclut la moisson du secteur Douze !

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Recroquevillée au sol, je me bouche les oreilles. À l'extérieur, je peux entendre les bruits de la grande fête qui se prépare. Pour célébrer les Hunger Games, ou le fait que leurs enfants soient sains et saufs ? Un Thrax est venu me voir deux fois, pour les visites de Jaime et mamie. Mais je ne veux pas les voir. Ils sont des traîtres. Menteurs, manipulateurs.

D'un geste rageur, je défais la coiffure de Jaime. Les deux boucles qui encadraient mon visage, la tour archaïque qui trônait sur mon crâne et le reste qui s'échappait en cascade dans mon dos. Le ruban tombe au sol et l'envie me prend de le piétiner.

Je n'arrête pas de trembler. Pythie dit que c'est l'adrénaline. Je me sens perdue, aussi. Pourquoi… Pourquoi moi ? Pourquoi est-ce moi qui dois aller dans l'arène ?

Tu représentes le Douze maintenant, Lythenia. Comme Katniss Everdeen, la fille du feu ! intervient Pythie. C'est ta destinée !

– Ma… destinée?

Oui ! Oui, oui ! Tu vas t'enflammer ! Tu vas tout faire flamber ! C'est la deuxième RÉVOLUTION ! s'extasie Manea. Il faut tout détruire pour tout reconstruire ! Tu es notre prophète, Lyth-Lyth !

– Mais… Je n'ai que treize ans… Je… Je peux pas…

On va te guider, petite. Jusqu'à la victoire, répond Juda d'un ton satisfait. Le monde sera à tes pieds.

Je redresse la tête lentement, expire, serre les dents. Puis je me lève et m'approche de la fenêtre. Dans la rue, les gens semblent soulagés, heureux. Malgré moi, j'imagine la ville en flammes. Les districts en flammes. Et sous les cendres de la destruction, un nouveau monde naîtra.

Grâce à toi, me chuchote Pythie avec révérence.

– Est-ce que je peux vraiment y arriver ? Gagner les Jeux, sauver le monde ?

Oui, m'assurent mes trois alliés sans une once d'hésitation.