Toujours là ?
La suite ... un "vrai" chapitre (avec plein de mots..lol ne croyez pas que ce sera toutes les heures ainsi ...)
Bonne lecture
Et comme toujours
Disclaimers : Les personnages fascinants de Twilight appartiennent à Stephanie Meyer je ne fais que le lui emprunter pour la journée...
Acte 4 - 15 h – Sauve-moi
« Le désirest une source de trouble et de souffrance... »Alexandra David-Neel
L'urgence dans la voix féminine le fit réagir, il poussa le portail et traversa la cour à longues enjambées avant d'entrer dans la villa dont la porte était entrouverte. La jeune femme l'attendait là. Elle le regarda une seconde et parut surprise mais dans un haussement d'épaule lui attrapa la manche pour le tirer rapidement et sans dire un mot vers une pièce située au fond du couloir. Sidéré, il s'aperçut qu'il s'agissait de la cuisine. Inondée. Plusieurs centimètres d'eau couvraient le sol de la pièce impeccable par ailleurs.
- Mais, commença Edward en se tournant vers la jeune femme.
Il perdit contenance en s'apercevant enfin que celle-ci était trempée. Sa jupe noire courte collait aux cuisses fines et révélait les longues jambes de la jeune femme dont mêmes les mèches brunes dégoulinaient sur un chemisier bleu ciel, rendu transparent par l'humidité. Il s'obligea à regarder ailleurs, son côté gentleman prenant le dessus.
- Je vous attends depuis plus d'une heure, j'ai un rendez vous et je dois partir mais avec cette inondation c'est juste impossible ! Faites de votre mieux pour arranger cela. S'il vous plait.
La voix au départ énervée et peu amène finit sur un ton de supplication et Edward oublia pourquoi il était venu dans cette maison. Si l'écrivain Long était quelque part dans cette maison il attendrait lui aussi : une magnifique jeune femme avait besoin d'un...plombier et il n'y avait que lui de disponible.
Se remémorant qu'il avait su effectuer quelques réparations chez lui il décida d'aider la demoiselle en détresse sans se poser d'autres questions et s'approcha de l'évier qui vomissait de l'eau par en dessous, depuis un certain temps apparemment, vu le niveau sur le sol. La jeune femme avait eu la bonne idée d'ouvrir la baie vitrée, de mettre un drap sur le seuil de la porte d'entrée de la cuisine, l'eau avait naturellement tendance à choisir le chemin du jardin.
- Vous avez tenté de fermer l'arrivée d'eau ? demanda-t-il avant de s'agenouiller, encore hésitant devant l'objet du problème.
- A votre avis ! Ce n'est pas parce que je suis une femme que je n'ai pas de cerveau ! La vanne d'arrivée d'eau est foirée : elle ne sert à rien, s'agaça la jeune femme.
Il glissa un regard prudent vers elle et ne put s'empêcher de penser qu'elle était superbe en colère. Jetant un premier coup d'œil sous l'évier il jugea impossible de faire quoique ce soit ainsi.
Edward se releva.
- Montrez-moi cette arrivée générale. Elle le guida en secouant la tête vers le local technique de la pièce adjacente. Il tourna le robinet d'arrêt qui ne fonctionnait plus effectivement et soupira avant de remonter plus loin dans le circuit. Il sortit rapidement dans le jardin et repéra vers le mur de la propriété le robinet général de la propriété. Il lui suffit de dix secondes pour couper l'eau sur toute la villa. Lorsqu'il revint dans la cuisine, le débit sous l'évier était quasiment inexistant et sans prêter attention à la jeune femme qui le suivait sans dire un mot, il se glissa sous l'évier, sur le sol trempé, pour tenter de réparer la fuite. À l'aide d'une clé trouvée sous l'évier, il termina rapidement, revissa les tuyaux qui avaient pour une raison connue d'eux seuls décidés de se séparer. Tout en grommelant contre cette situation imprévue, allongé sur le dos, la tête dans le meuble sous-évier Edward apprécia soudain le ridicule de la situation. Il était loin de son rêve, celui qui l'avait fait courir dans la rue : rencontrer celui qui écrivait des bouquins capables de le bouleverser. La réalité était plus…humide, plus froide. Humide et froide comme le carrelage de cette cuisine inattendue.
Il sentit alors le corps de la jeune femme se glisser près du sien. Curieuse, elle s'était mise à quatre pattes devant son évier et regardait Edward terminer son travail. Elle semblait inconsciente de leur proximité. Il recevait sur le front les dernières gouttes et elle leva la main vers lui, pour essuyer l'eau qui glissait vers les yeux d'Edward.
Il détourna son attention du pas de vis récalcitrant lorsqu'il sentit la petite main humide et fraîche toucher sa peau, laissant pourtant une trace brûlante sur son front. L'intimité de ce geste les percuta en même temps. Il croisa alors le regard chocolat proche du sien, très proche. Leurs regards s'accrochèrent et semblèrent, le vert dans le chocolat, se reconnaitre. Ils plongèrent l'un dans l'autre et échangèrent en quelques secondes des sentiments inédits et dangereux.
L'espace était exigu et malgré qu'ils soient mouillés tous les deux, il sentait la chaleur de son corps. Incapable de poursuivre ainsi, il se racla la gorge et ferma les yeux une seconde pour rompre le contact troublant entre eux. Mais son corps refusait d'oublier la présence chaude près du sien et lorsqu'il rouvrit les yeux, la poitrine ronde dévoilée par le chemisier mouillé fut la première chose qu'il vit. Il gémit doucement ne pouvant empêcher son corps de réagir de façon trop…masculine. Cela ne pouvait continuer ainsi…il ne savait même pas qui elle était et s'effraya de s'apercevoir que cela lui était égal. Il avait juste envie de l'embrasser, de la serrer dans ses bras et de chercher la première surface agréable et sèche pour s'étendre contre elle. Il avança doucement son visage vers celui de la jeune femme afin de goûter enfin à ses lèvres.
Un dernier jet d'eau glacée s'échappa des profondeurs de l'évier et l'arrosa copieusement, trempant ses cheveux et s'écoulant le long de son visage. Elle recula sa main qui était encore sur le front d'Edward et celui-ci tenta de reprendre ses esprits.
- Mademoiselle, commença-t-il d'une voix encore troublée par le désir, si vous voulez bien vous reculer que je termine. Inutile de vous mouiller plus qu'il n'est nécessaire, poursuivit-il extrêmement gêné cherchant comment la faire sortir de ce placard.
Il vit alors le regard de la jeune inconnue glisser de ses yeux à sa bouche et ne put s'empêcher d'humidifier ses lèvres machinalement en passant sa langue sur celles-ci. Son regard s'assombrit et brilla d'un feu intense. Edward luttait désespérément pour garder son self contrôle. Tout en elle l'attirait et de voir qu'elle ressentait la même chose ne l'aidait pas. Elle aussi semblait avoir perdu le contrôle. La jeune fille ne semblait pas vraiment l'entendre. Il se racla la gorge et elle secoua légèrement la tête à ce bruit.
- Je...je suis désolée. Je vous laisse terminer.
Elle se leva assez précipitamment et Edward n'eut plus dans son champ de vision que les pieds nus et les chevilles fines de celle qui l'avait confondu avec un plombier.
Elle bougeait lentement d'un pied sur l'autre, juste à côté de lui et il vit que le bout de son pied gauche frotter doucement sa cheville droite. Curieusement ce geste anodin lui parut extraordinairement sensuel. Il souhaita alors un autre jet d'eau pour lui rafraîchir les idées.
- Je monte me changer. Je reviens, lança la voix de la jeune femme alors qu'il voyait les pieds s'éloigner.
Edward, enfin seul, put terminer son quart de plomberie annuel puis il se releva et attrapa un torchon afin de s'essuyer les mains puis le cou. Il allait falloir éclaircir la situation sinon Rosalie allait le virer.
Tout était mouillé. Il attrapa un balai et rapidement évacua l'eau restante vers l'extérieur en attendant le retour de celle qui l'avait troublé de façon inédite. Edward savait qu'il ne devait plus laissait son instinct et ses envies prendre le dessus. Ce devait être la maison qui le perturbait. Il regarda autour de lui. La cuisine était grande et ordonnée. Il n'osa pas aller dans une autre pièce car il était trempé. Il se demanda soudain si tout cela n'était pas le fruit de son imagination. Long n'avait peut-être jamais habité ici, il pouvait avoir déménagé, ou alors c'était bien lui qu'il devait interviewer... et la fille était sa fille, ou sa femme.
Perturbé par cette pensée, il sursauta lorsque l'objet de ses pensées arriva derrière lui. Au bruit de ses pas, elle avait mis des chaussures il se retourna. Elle avait revêtu un jean confortable et un pull noir moulant, sa silhouette apparut à Edward encore plus jolie qu'auparavant. Les longues mèches brunes avaient été rassemblées en une natte qui pendait sur le coté de son visage fin.
- Monsieur je vous ai apporté quelques vêtements de mon père. Vous êtes trempé et je m'en voudrais de vous laisser repartir ainsi, lui ordonna-t-elle presque, en lui tendant un ensemble de sport gris.
Edward le prit machinalement la remerciant d'un demi-sourire. Il n'avait pas l'intention de repartir. Enfin pas avant d'avoir fait l'interview pour laquelle il était venu.
- Votre père ? Il est là ?
- Non il a dû partir ce matin. Pour son travail. Vous avez une salle d'eau juste en face. Je vous attends au salon mais je n'aurai que peu de temps. Faites vite, s'il vous plait.
Sans ajouter un mot, il suivit la direction indiquée. Les pensées se bousculaient dans sa tête. Elle vivait avec son père. Celui-ci n'était pas là. Il sauta à la conclusion évidente et s'en voulut d'avoir raté de peu l'écrivain mais en échange il avait fait connaissance avec sa fille. Une connaissance sacrément intéressante. Sauf qu'elle le prenait encore pour le plombier. Il grimaça tout en se changeant rapidement. Le pantalon était un peu court mais la carrure du père de la jeune femme était semblable à la sienne. Il vida ses poches et transféra leur contenu dans ses vêtements secs. Il sourit en voyant inscrit sur les vêtements qu'il avait mis les initiales de l'armée anglaise mais il ne sentait pas trop ridicule en sortant de la salle de bains avec ses vêtements d'emprunt. Séchant ses cheveux avec la serviette bleue parfumée qu'elle lui avait donnée, il entra dans le salon. Debout, devant une immense baie vitrée donnant sur la verdure d'un jardin, elle tenait à la main un mug fumant. Souriante, elle s'avança vers lui et lui tendit la main.
- Je ne me suis même pas présentée. Isabella Swan. Il y a du thé bien chaud si vous voulez.
Il saisit la main fine dans la sienne. Un courant de chaleur se transmit tout le long de son bras pour se loger au creux de son ventre. En en éclair il se dit que même une tasse de thé ne pourrait pas le réchauffer aussi vite.
-Edward. Edward Cullen. Je… vous remercie Isabella mais, en fait, je suis encore au café, s'excusa-t-il en répondant instinctivement à son sourire par un autre sourire, mi rieur mi séducteur.
Il n'avait pas lâché sa main. Il ne le pouvait pas et ses yeux verts ne quittaient pas le visage expressif d'Isabella Swan dont la peau se recouvrait peu à peu d'une rougeur irrésistible.
Insidieusement, la même tension que quelques minutes plus tôt dans la cuisine s'installa entre eux. Edward ne savait plus s'il devait céder à ses envies ou reprendre le cours plus sérieux de sa vie. Retrouver ses esprits et lui dire la vérité.
Il était journaliste.
Il avait un travail à faire.
Il ouvrit la bouche pour parler.
Leurs téléphones sonnèrent quasiment en même temps. Ils éclatèrent de rire.
Ils regardèrent alors qui étaient leur correspondant et le même soupir les anima.
Edward décrocha pour répondre avec une petite grimace, tandis qu'Isabella s'isolait sur la terrasse après un dernier sourire pour parler de son côté.
- Oui Rosalie ?
- Edward tu es arrivé chez Long ?
- Exact.
- Jacob m'a appelée. Il avait déplacé le rendez-vous sans me le dire. Tu ne peux rien faire : Long doit être déjà parti... Jacob est déjà sur le coup. Comme toujours.
Edward ne sut pas à ce moment précis, le sentiment qui était le plus fort, la déception de ne pouvoir réaliser la rencontre de sa vie ou le plaisir d'avoir plus de temps pour connaitre Isabella. Il en voulait à Jacob et en même temps lui était reconnaissant de lui avoir donné l'occasion de venir dans cette maison. Rosalie attendait une réaction. Il devait lui dire quelque chose.
- Bien. Ce n'est que partie remise. Jacob me doit déjà une interview.
- Je sais, c'est pour cela que je lui ai dit que je voulais que tu assistes à l'interview.
Edward s'assis sur le canapé.
- Tu veux que j'y assiste ?
Il était surpris par la réaction de sa rédactrice.
- Oui…c'est égoïste en fait. Je ne le fais pas pour toi. Enfin pas essentiellement. J'en ai marre de cette exclusivité. Un jour Jacob me plantera sur le coup.
- Et je serai là pour reprendre. J'ai compris, rigola Edward. Tu es redoutable Rosalie.
- Comment crois-tu, le yankee que je sois arrivée à la place que j'occupe. Bon jeune homme, bouge-toi rapidement. Tu as rendez-vous à 17h soit dans 15min à l'Éclipse, un bar branché. Tu trouveras ?
- Oui Je connais, un ami bosse là-bas.
- Bien. Jacob n'est pas très content mais il va essayer de t'imposer. File, Edward, et remporte le combat. Long est pas facile. Mais je suis sûre que tu trouveras des arguments pour le convaincre.
Edward sourit. Trouver des arguments. Déjà il arriverait avec son jogging. Et puis il avait réparé son évier et sauver sa fille de la noyade. Enfin presque.
Se moquant de lui-même et de ses pensées il remercia Rosalie et raccrocha.
Isabella Swan était toujours dehors et discutait de façon assez véhémente. Elle semblait en colère. Il attendit patiemment qu'elle eut fini d'user de ses arguments mais celui avec qui elle conversait semblait têtu lui aussi. Elle marchait de long en large, secouant la tête, semblant refuser d'entendre, refuser d'accepter. Son visage se couvrit d'une rougeur équivalente à celle qu'elle avait développée lorsque leurs mains étaient restées liées mais Edward était heureux de ne pas être la cause de cette colère. Elle raccrocha brutalement et jeta le téléphone sur la balancelle de la terrasse. Continuant de marcher de long en large, elle marmonnait et jurait entre ses lèvres. Edward choisit ce moment pour s'approcher.
- Isabella ? dit-il doucement et calmement.
Elle se retourna après un moment, et le regarda comme étonnée de voir un homme près d'elle.
- Oh, Edward…
Ses lèvres s'arrondirent dans un mouvement de surprise et lorsqu'elle prononça pour la première fois son prénom, Edward eut instantanément envie de poser ses lèvres sur les siennes. Elle avait souvent l'air de revenir d'un autre monde. Il aimait cela. Beaucoup trop.
- Je dois partir. Je suis attendu ailleurs. Je repasserai plus tard. Pour te rapporter les vêtements, précisa-t-il comme elle semblait surprise.
- Ah… oui bien sûr. Je suis désolée, je te remercie. Je dois partir moi aussi. Je ferai parvenir le paiement à ton patron. Je te le promets.
Edward sourit… imaginant Rosalie recevant un chèque pour acte de plomberie. Il ne sut pas trop comment répondre à cela.
-C'est moi qui te remercie Bella, pour les vêtements…Ce n'est pas la peine de me raccompagner. À bientôt.
Il s'éloigna à reculons fixant encore une fois la silhouette de la jeune femme immobile sur la terrasse. Elle le regardait d'un air songeur. Il se promit de revenir. Très vite.
Cette maison, cette adresse était un des plus beaux lieux de Londres pour lui.
Ouais ... (upload après correction ...)
A tout à l'heure
Kiss
Nic Cullen15000
