Parenthèse littéraire ... (chapitre entièrement revu à l'aide de LifeChrys...Merci pour ce moment ensemble )
Bonne lecture
Et comme toujours
Disclaimers : Les personnages fascinants de Twilight appartiennent à Stephanie Meyer je ne fais que le lui emprunter pour la journée...
Acte 7 - 19 h – La fille de papier
« Ecrire est semblable à respirer. » José Carlos Llop
Si on m'avait dit ce matin que j'allais rencontrer l'auteur le plus secret de ces dernières années au Bar l'Eclipse pour parler de la sortie de son nouveau roman, je me serais davantage préparé à la surprise.
B. Long, oui vous ne rêvez pas, l'auteur discret et mystérieux, nous a fait l'honneur de nous accorder une interview exclusive. L'écrivain a répondu avec sincérité à toutes nos questions.
Vous souvenez-vous de quand datent vos premiers écrits ?
Oui… mais ne me demandez pas ce qu'ils sont devenus… Sûrement du vieux papier rongé par les rats. J'ai toujours écrit. Je ne souviens pas à quel moment j'ai rédigé mes premiers textes mais mon père garde et montre avec (trop) de fierté des photos de sa petite fille allongée à plat ventre sur la pelouse du jardin en train d'écrire en tirant la langue.
L'écriture fait partie de moi. Les mots sortent de mon clavier, d'un carnet ou simplement se forment devant mes yeux sans que j'aie conscience de les noter. L'écriture est semblable à l'air que vous respirez. Vitale.
Vos deux premiers romans sont des romans historiques. Pourquoi choisir cette façon d'aborder des thèmes qui pourtant sont actuels? Regrettez-vous notre époque au point de vouloir recréer un passé dans lequel vous auriez pu vivre ?
Vous me demandez en fait si je vis réellement dans le 21ème siècle. Je ne sais pas. Je suis venue vous rejoindre avec un vieux pick-up... Mais pas de chevaux sauvages ou de calèche… Désolée de vous décevoir.
« La Tour de Londres », mon premier roman, est inspiré de la longue histoire de ce monument. À la fois prison et palais, il y a de quoi raconter, non ?
Tout le monde ici connaît Anne Boleyn, reine déchue qui y a expiré son dernier souffle. Mais on sait moins que de fiers Highlanders y ont été enfermés avant de subir la torture et de partir eux aussi, dignement ou non vers la mort. Parler d'eux. Faire revivre le passé. C'est ce qui m'intéresse. Ce qui me fait vibrer.
J'ai besoin de la richesse du passé, j'ai besoin de toucher les vieilles pierres, de marcher dans les pas de ces générations qui se sont succédées. Les lieux anciens comme La Tour de Londres m'obligent à honorer ceux qui sont passés par là avant moi, ceux qui ont vu ce même paysage, touchés ces mêmes murs froids… Reine, rebelle écossais ou simple servante, je dois pouvoir témoigner de leur vie, de leur motivation et de leur souffrance. Ils me semblent parfois qu'ils s'expriment à travers moi. Le temps n'a plus d'importance. Je suis le lien entre eux et le lecteur. Un livre n'existe que s'il est lu et partagé.
Où avez-vous décidé de nous emmener dans votre nouveau livre ?
Après un premier livre sur l'histoire sordide et passionnante de Londres et de sa Tour, mon second roman suit un village d'Irlandais du début 20ème siècle. Ils m'ont entraînée de l'autre côté de l'océan, à New-York, où ils ont bâti la ville que vous connaissez aujourd'hui, presque construite entièrement de leurs mains. J'ai quitté le vieux continent pour m'attaquer au mythe du rêve américain.
Le sujet du troisième livre s'est donc imposé à moi.
C'est encore un roman historique, mais ne vous moquez pas de moi, il se passe dans un lieu où je n'ai encore jamais mis les pieds… cela reste du domaine du rêve... Le rêve de nombreux Anglais d'ailleurs… Je me suis intéressée à la naissance d'une ville dont le vrai nom d'origine est « El Pueblo de Nuestra Señora la Reina de Los Ángeles del Río de Porciúncula »*. J'espère que vous autres américains, apprécierez mes efforts pour faire revivre votre petit village devenu une grande ville.
L.A., c'est plus facile et rapide à dire c'est clair !
Quelle place prend l'écriture dans votre vie ? L'inspiration s'impose-t-elle d'elle-même ?
Elle me possède et me dévore dès que le processus d'écriture est enclenché. Je dois faire des efforts pour me libérer de mes personnages qui m'habitent du matin au soir. Parfois les personnages de fictions deviennent si réels qu'ils m'accompagnent partout, ils sont dans mes rêves, s'assoient à ma table dès le petit déjeuner. Ils sont dans ma voiture quand je vais faire mes courses. Leurs bonheurs, leurs doutes et leurs souffrances restent avec moi longtemps, parfois bien après le point final du roman. C'est à la fois… grisant et perturbant.
L'inspiration ne se commande pas. C'est processus naturel. Il ne peut être forcé. Écrire un livre ce n'est pas comme fabriquer une voiture ou remplir des barils de lessive **
Pourquoi choisir de nous dire qui vous êtes maintenant, de vous révéler enfin au grand jour ?
Je ne me cacherai plus derrière un pseudo, derrière le nom emprunté à ma grand-mère. Je vais me contenter de celui que mes parents m'ont donné il y a 26 ans. Ce personnage entouré de mystères, entretenu par les médias, se dévoile à vous aujourd'hui, il a pourtant était une partie de ce que je suis. Je crois que j'ai grandi et que je suis prête à ne plus fuir ceux qui aiment mon travail. Pourquoi maintenant ? Il faut bien se décider un jour, et je pense qu'il est temps d'admettre que grandir signifie prendre des risques et faire confiance.
Mais j'aurai toujours autant envie de donner un bon coup de poing - et je m'entraîne pour cela - à tous ces soi-disant journalistes que j'ai vus avec leurs appareils plantés devant l'immeuble de mon éditrice, pendant des heures, dans l'espoir de me voir. C'est cela que je ne souhaite pas vivre. Ce harcèlement inutile. Je n'aurai pas le choix après cette interview je pense ? Ça devrait leur passer assez vite… enfin je l'espère.
J'ai du mal à réaliser l'intérêt du public, des lecteurs qui me sont fidèles, pour ce que je suis, pour ma vie. Je ne "suis" pas mes livres. Personne ne peut prétendre savoir qui je suis. Moi-même parfois je ne me reconnais pas. J'espère juste ne pas décevoir mes lecteurs à chaque fois que je leur confie une de mes créations.
Je ne suis pas celle que vous croyez… Je suis juste une jeune femme qui écrit car je n'ai pas d'autre alternative. Comme je l'ai déjà dit, l'écriture m'est indispensable.
Après cette heure magique que nous avons partagée avec elle, dans l'ambiance agréable de ce pub londonien, Bella Swan, alias B. Long nous quitte. Nous suivons du regard son élégante silhouette se faufiler parmi les anonymes, ombre discrète, mais empreinte d'une volonté à toute épreuve.
Propos recueillis par J. Black et E. Cullen.
*"Le Village de Notre Dame des Anges du fleuve de la Porcioncule", est devenu Los Angeles, L.A. pour les intimes. Le village est fondé par les missionnaires Espagnols en 1781, sur un territoire indien. Le nom de la ville a raccourci pendant que la ville s'est développée. Le fleuve Porcioncula est devenu "Los Angeles River".
**Ndla Phrase « empruntée » à G. Musso – la fille de Papier.
Ca c'est un chapitre pour moi.
Lol ..il n' intéresse personne ..tant pis... Rendez vers 21 h... Dit la fille qui a pourrit votre dimanche de petits RV ...
Kiss
Nic Cullen 15000
