● DISCLAIMER: Les personnages et l'univers appartiennent à The Walking Dead d'AMC ainsi qu'a Frank Darabont et Robert Kirkman. Seuls les personnages d'Adryn et de Neliah sont des OC.

● RATING M justifié

N'hésitez pas à me laisser des reviews :3

Merci aux pour vos reviews 3 ça me fait réellement plaisir :)


Cela faisait trois jours depuis la dispute qu'Adryn avait eut avec Rick. Ou Daryl. Ou tout le reste du groupe, Neliah ne savait pas tellement en fait. Ce qu'elle savait c'était qu'on l'avait accueillie et qu'elle n'avait plus à avoir peur de l'extérieur à présent. Ses blessures commençaient doucement à cicatriser grâce aux soins minutieux de Carol, et des divers produits pharmaceutiques dont ils étaient en possession, des produits qu'elle n'aurait jamais cru retrouver un jour dans sa vie: du désinfectant, de la crème cicatrisante, des sparadraps, divers bandages, des antidouleurs. Sa jambe droite lui faisait mal, Carol avait du lui retirer un morceau de verre de sa cuisse, c'était il y a trois jour, mais la douleur était plus cuisante que jamais. Elle n'avait pas eu tellement de contact avec beaucoup de membre de son nouveau groupe, si ce n'est Carol, et quelques paroles de la part de Rick. Elle était assise sur ce qui était à présent son lit, dans ce qui était à présent sa cellule, et pensait aux événements passés. Daryl Dixon. L'homme à l'arbalète. Il avait pris sa défense quand Adryn lui avait exécuté de quitter la prison. Elle ne l'avait pas remercié. Alors elle songeait, elle songeait à prendre son courage à deux mains, et aller adresser la parole à cette homme intimidant. Une vive douleur l'interrompit dans ses pensées, et elle porta sa main à sa cuisse dénudée, une grimace aux lèvres.

-« Ca ne cicatrisera jamais avec un bandage dessus, il faut que tu laisses la plaie respirer. »

Neliah sursauta de surprise face à la personne qui venait de s'exprimer, dont la venue fut discrète et l'apparition soudaine. Cette personne portait une veste en cuir sans manches, un pantalon usé et troué au genou gauche, des bras aux muscles parfaitement dessinés, des yeux bleus acier qui la dévisageaient et une bouche aussi fines que les quelques poils qui lui couvraient la mâchoire.

-« Oh, je..je devrais peut-être, ..Enfin, je veux dire, ce n'est pas moi qui...Enfin, Carol m'a, hum, soignée et, hum, je..- »

-« Si tu retires pas ce stupide bandage », coupa Daryl, « ta plaie va s'infecter. Je sais de quoi je parle. »

-« Oh ! euh, très bien, je, ... » Balbuta-t-elle.

Elle dirigea ses mains de façon maladroite vers le bandage, ne sachant pas trop comment s'y prendre, compte tenu de la douleur qu'elle provoquait au moindre mouvement. Voyant son embarras, Daryl ricana doucement et s'avança vers elle. Il se mit à genoux devant Neliah, qui resta interdite et muette, et commença à défaire le bandage. Une fulgurante douleur traversa sa cuisse, et elle poussa Daryl par reflexe, tout en étouffant un cri de son autre main.

-« Hey, du calme, tout va bien. Il faut l'enlever... Tiens, serre ce coussin entre tes dents. »

Neliah prit le coussin que Daryl lui présenta et serra de toutes ses forces pendant qu'il finissait de libérer sa cuisse du morceau de tissu. Sa plaie ne saignait pas mais la chair était rouge vif. Daryl prit sa cuisse entre ses mains robustes et inspecta attentivement la plaie. Neliah ne put s'empêcher de rougir.

-« Mmh... Je le savais, il faut du millepertuis, c'est une herbe cicatrisante. » Il sortit quelques feuilles vertes de sa poche qu'il écrasa entre ses doigts. « J'ai été en chercher ce matin. »

-« Pour... pour moi ? » Demanda Neliah timidement. C'était la première fois qu'elle s'adressait directement à Daryl.

Il lui jeta un regard indifférent et appliqua ce qui était maintenant une mixture verdâtre sur sa plaie. Elle ne put s'empêcher de gémir. Ca lui brûlait la chair. Daryl continua, pas du tout perturbé.

-« Tu vas vivre en communauté maintenant, gamine. Tu vas devoir apprendre qu'on ne fait pas tout pour toi, mais qu'on se prépare tous au pire et qu'on est toujours tous équipés. »

Elle rougit de plus belle. Ce n'était pas ce qu'elle voulait dire, il l'avait certainement mal comprise. Elle voulu répondre et s'expliquer, lui dire qu'elle savait tout ça et qu'elle ne voulait pas qu'on fasse quoique ce soit pour elle, mais les mots restèrent bloqués dans sa gorge. Elle avait besoin qu'on fasse tout pour elle. Qu'on la défende, qu'on la nourrisse, qu'on la soigne, qu'on la protège. Avant il y avait son frère pour faire tout ça. À présent il n'était plus là.

Daryl dut sentir sa gène et son inconfort, car il eut un discret sourire, et en se relevant devant elle, lui dit:

-« Mais si tu veux tout savoir gamine, oui, j'ai été cueillir ces herbes quand j'ai vu le travail de Carol sur cette plaie. »

Elle ne savait à présent plus quoi répondre. Elle venait de penser à son frère, et la douleur de son cœur prit le dessus sur celle de sa chair brûlante sous l'effet des herbes. Elle sentit les larmes lui monter aux yeux, et elle fit tout son possible pour les retenir, mais il est certaines choses qu'on ne peut retenir. Les larmes de Neliah furent l'une de ces choses.

Daryl ne bougea pas, ne changea même pas d'expression, et continuait à fixer la jeune fille. Elle s'essuya les yeux avec les manches du chemisier qu'une certaine Beth lui avait donné, c'était ce que Carol avait dit, et s'excusa:

-« Je...Je te demande pardon. Je ne devrais pas pleurer, vous faites tous déjà tellement pour moi... C'est juste...C'est juste.. » Et elle recommença à sangloter doucement.

-« Qu'est ce qu'il y a ? » finit par demander Daryl doucement.

-« Mon frère... » sanglota-t-elle. « Ils l'ont tué... »

Cela prit Daryl de court. Il ne s'y attendait pas du tout. Lui aussi avait perdu son frère, et très récemment, sa peine était encore fraiche dans son cœur. Un sentiment inhabituel l'envahit; de la compassion pour quelqu'un qu'il ne connaissait pas. Il regarda Neliah pleurer doucement, ses yeux clair déversant d'abondantes larmes, mais il n'y avait rien d'agressif ni de bruyant dans ses pleurs; c'était doux, silencieux, discret. Comme elle, en fait.

Elle s'essuya le visage avec la paume de sa main, et resta silencieuse pendant un bref moment, le regard baissé.

-« Je suis désolée.. Je n'aurais pas du. » Comme Daryl de ne répondait pas, elle poursuivit. « Mon frère était tout pour moi. Quand mes parents ont été mordu, c'est lui qui m'a protégé d'eux. C'est lui qui a tué sa propre mère pour que j'ai la vie sauve. Sans lui je suis perdue, seule. Je n'aurais jamais su comment me défendre... »

Elle releva son visage vers celui de Daryl. Elle le trouvait séduisant dans sa dureté et son implacabilité, comme une aura de mystère planant au dessus de lui. Ses yeux perçants la fixaient avec attention.

-« Mais maintenant j'ai une famille. J'ai votre groupe. Je n'ai plus peur. »

-« Aucune raison d'avoir peur », répondit Daryl, « on protège les nôtres et on est prêt à se sacrifier pour eux. » Il lui lança un clin d'œil.

Neliah rougit, et en même temps eut un sourire. Elle se sentait en sécurité, et c'était la seule chose qui lui important dans l'immédiat. Le souvenir du membre qu'ils avaient exclu l'autre jour ne cessait d'hanter son esprit, cependant. Elle se sentait triste, et coupable. Elle eut l'étrange impression qu'elle pensait à voix haute, et que Daryl entendait tout ce qui se tramait dans son esprit. Pour se rassurer elle s'empressa d'établir une assertion, qui somme toute, était sincère.

-« Je n'ai jamais voulu que l'autre fille parte, tu sais.. »

-« Adryn est spéciale. Elle est... » Daryl chercha le mot pendant de brèves secondes. « Inapprochable. »

Neliah soupira. Elle était encore épuisé par les événements passés.

Daryl se tourna et se mit en mouvement pour quitter la cellule.

-« Attend ! Où tu vas ? » objecta Neliah, elle même surprise par ses mots. Elle s'était bien sentie quand il était là. Pendant ces courtes minutes, elle s'était sentie protégée. Elle avait aimé ça.

Daryl lui lança un regard bref.

-« Cueillir d'autres millepertuis. On en manque et on en a toujours besoin. Tu en as besoin. »

Il quittait la cellule.

-« Daryl ! » Elle venait de prononcer son nom et n'en croyait pas ses propres oreilles.

Il se retourna vers elle.

-« Merci », murmura t-elle timidement.

Elle eut pour seule réponse un hochement de tête. Puis il n'était plus là. Elle s'étendit sur le matelas, son matelas, chose qu'elle n'avait pas faites depuis ce qui lui semblait être des lustres, et soupira longuement. Il l'avait soigné, avait pris soin d'elle. Et sa cuisse lui faisant définitivement moins souffrir.


Cela faisait trois jours depuis la dispute qu'elle avait eut avec Rick. Ou Daryl. Ou tout le reste du groupe, Adryn ne savait pas tellement en fait. Ce qu'elle savait c'était qu'on l'avait ingratement mise dehors et qu'elle devait s'en tirer seule à présent. Les trois jours n'ont pas été aussi horribles qu'Adryn avait anticipé, et elle commençait à reprendre ses anciennes habitudes. Elle s'attendait à voir surgir des rôdeurs de partout, à avoir terriblement faim, et avoir froid la nuit. La vérité était qu'elle n'avait croisé que 4 rôdeurs seulement en 3 jours, mangé du lapin grillé, chose impossible dans la prison où les seuls aliments étaient des conserves, et avait dormi comme une pierre. Son sommeil cependant, était perturbé de nombreux songes, certains où elle tranchait la tête de Daryl Dixon, d'autres où Daryl Dixon lui tranchait la tête. Elle avait aussi rêvé qu'elle tranchait la tête de Rick Grimes, et que celui-ci était revenu à la vie et avait tranché la tête de Daryl Dixon. Elle fit aussi d'autres rêves plus sombres, plus noirs, et plus effrayants, mais elle était trop anxieuse pour y penser. Elle mit tout ça sur le compte de l'eau du lac qu'elle avait bue, et qui contenait probablement des toxines qui lui donnaient de si mauvais rêves. "Ils ne m'ont rien apporté, si ce n'est que je suis plus ramollie", maugréa t-elle en attrapant le lapin qu'elle chassait depuis une cinquantaines de minutes. Elle avait longuement marché ces trois derniers jours, le plus loin possible qu'une paire de jambes bien entretenues pouvait amener. Elle estima sa position à une vingtaine de kilomètres à l'Ouest de la prison. Elle n'avait pas vraiment d'idée d'où aller. Elle n'avait pas de plan. Tout s'était passé bien trop vite. Un jour son père lui dit que si elle ne savait pas où aller dans ce monde, elle n'avait qu'à suivre le soleil qui se couchait. Adryn senti un pincement au cœur en pensant à son père. Elle ne l'avait connu que très brièvement, mais il était inéluctable qu'il eut un impact très fort sur la vie et la manière de vivre d'Adryn. Alors ce fut ce qu'elle fit, elle se dirigea en direction du couchant, son gibier dans la main gauche. Après une trentaine de minutes de marche, elle tomba une grande pierre creuse qui ressemblait à une petite grotte. L'endroit était étroit mais il y avait assez de place pour qu'elle puisse s'y faufiler et s'étendre complètement. Du lierre entourait le trou, de fait que si des rôdeurs passaient, ils ne pouvaient la voir. « Parfait pour cette nuit » pensa-t-elle. Il n'était que 16h de l'après-midi mais elle devait reposer ses muscles, et soigner ses blessures aux bras. Une chute sur une racine d'arbre qu'elle n'avait pas vu lui avait fait quelques écorchures à l'avant bras. Ce n'était rien de grave, sauf si le sang s'infectait. Elle déposa le lapin qu'elle avait chassé, quelques unes de ses affaires, et inspecta les alentours. L'endroit semblait calme, et il n'y avait pour l'instant aucune trace de rôdeurs. Ses yeux se baladèrent ça et là. Il n'y avait que de la verdure et des arbres. Ses yeux fixèrent un point devant elle et elle eut un sourire. « Du millepertuis » , pensa t-elle avec joie. Elle se précipita vers le petit buisson à fleurs jaunes, qui se cachait parmi les hautes herbes. Elle commença à cueillir quelques feuillettes, les écrasa entre son index et son pouce, et appliqua la pâte verte sur ses écorchures. Une pensée amère vint hanter son esprit, c'était de Daryl qu'elle avait appris cette méthode. Elle l'avait vu faire sur ses propres plaies un jour, et apprit par elle même à reconnaître ces plantes. Un bruit l'extirpa de ses pensées, comme des pas foulant l'herbe. Elle se coucha vivement parmi les hautes herbes, sa main droite sur son bâton. Elle jeta un regard en direction de la source du bruit et aperçu quatre rôdeurs errant. « Merde ! ». Elle se leva, leur fit face et, tout en dégainant son arme fatale, alla à leur rencontre. Ce fut un jeu d'enfant, mais qui inquiéta tout de même Adryn. Et s'ils étaient plusieurs ? Des autres bruits interrompirent ses pensées, elle se retourna et vit non pas quatre, non pas dix, mais une vingtaines de rôdeurs s'avancer. Ils ne l'avaient pas encore vu, alors avec une rapidité reptilienne, elle se coucha au sol et rampa jusqu'à la grotte où se trouvait le reste de ses affaires. Elle se tut et observa, à travers le lierre, les morts défiler. Elle retenait sa respiration, le cœur battant. Mais la chance n'a jamais été l'amie d'Adryn. Un des rôdeurs dut sentir son odeur d'être vivant et s'infiltra dans la grotte. Elle voulut en premier lieu le tuer discrètement pour ne pas attirer l'attention des autres mais ce fut peine perdue, en une fraction de seconde, elle se retrouva éjectée de la grotte, entourée de rôdeur, et sans son bâton, qui, dans la précipitation, était tombé au sol, à quelques mètres d'elle. La situation lui semblait étrangement familière, comme un rêve qu'elle avait fait auparavant, comme si tout ça s'était déjà produit, une désagréable sensation de déjà vu. Une rivière, puis un bois, des rôdeurs l'encerclant de toutes parts, et la mort devant ses yeux. Puis une flèche, et une deuxième, et toute une volée qui vinrent se figer dans le crane des rôdeurs un à un. Puis Daryl Dixon. Elle crut rêver. Ou être passée de l'autre côté. Puis elle se souvint qu'il n'y avait plus d'autre côté, que c'était soit être vivant, soit être un rôdeur. Pourtant elle le voyait, de ses yeux éveillés, Daryl Dixon, derrière les rôdeurs qui l'encerclaient, pressant son index contre ses lèvres, lui faisant comprendre de se taire. Elle jeta un regard à sa gauche, son bâton était toujours à terre et les rôdeurs l'enserraient de plus en plus. Puis une flèche, et une deuxième, et toute une volée qui vinrent se figer dans le crane des rôdeurs un à un. En un cinquième de seconde elle se jeta sur son bâton et trancha d'une volée 3 têtes de rôdeurs. En l'espace d'une minute, tous les rôdeurs étaient au sol, pourrissant pour de bon, damnés à jamais. Les seuls corps debout au milieu de ce carnage étaient ceux d'Adryn et de Daryl, faisant face l'un à l'autre, dans le silence le plus complet. Adryn ressentit quelque chose de nouveau, comme un élan la poussant à se réfugier dans les bras de Daryl. Puis une flopée de souvenir lui revinrent en tête, lui rappelant qu'il était l'un des responsables de son expulsion, elle ressentit de la colère. Il venait de lui sauver la vie, une deuxième fois, et elle était là, muette face à lui, essayant tant bien que mal de la toiser, mais sachant qu'elle n'était pas en situation de le faire. Alors elle l'observa avec mépris, haine, pardon, tristesse, regret, amertume, mélancolie. Et lui l'observa en retour, d'un regard perçant, masqué de toute émotion.

-« C'est la deuxième fois », murmura Adryn d'un ton amer.

-« Et la dernière. J'ai ai marre de sauver ton cul. T'as une arme, tu t'en sers. »

Adryn mordit sa lèvre inferieure pour s'empêcher de vociférer des obscénités. Elle réfléchit à autre chose à dire.

-« Qu'est ce que tu fais si loin ? C'est certainement pas pour revenir me chercher j'espère ? Parce que je me débrouille parfaitement bien. »

-« Je viens de voir ça », répondit Daryl avec ironie, un sourire sarcastique aux lèvres. « Je suis venu chercher du millepertuis. Il n'y en a plus près de la prison. »

Adryn baissant les yeux et ramassa ses quelques affaires qui étaient éparpillées au sol suite au carnage. Elle tourna le dos à Daryl et s'en alla, toujours vers le couchant. Elle n'avait plus rien à faire là et devait s'en aller, trouver un autre endroit, et survivre. Daryl l'observa d'un œil curieux, presque amusé. Elle s'arrêté dans son élan, et, sans le regarder, tourna légèrement le visage vers lui. Daryl continuait à l'observer. Ses cheveux noirs ébènes brillaient aux reflets du soleil, emplit d'une lumière que Daryl n'avait jamais remarqué. Il se dit qu'elle était belle, vraiment belle, mais tellement rude et désagréable, qu'il avait finit par ne ressentir aucune affection pour la personne d'Adryn.

-« Merci », murmura t-elle du bout de la bouche, inaudible, comme si ce mot, si court et si simple, perçait son ego à vif.

Daryl ne répondit pas, un petit sourire aux lèvre, et Adryn s'en alla. Quand elle fut à une quinzaine de mètre de lui, il lui cria:

-« Il y a eut un vote. Les autres veulent te revoir dans le groupe. La prison à pied, ça prend trois jours. J'ai ma moto. J'attendrai pas 3 heures Xena, alors grouilles toi à décider. »