Salut à tous ! Bon bah voilà, comme promis voici le deuxième chapitre de Reminiscing Memories ! Je tiens à énormément remercier ceux et celles qui ont été assez gentil pour m'écrire quelques reviews. Vous pouvez pas savoir à quel point ça fait du bien, surtout qu'elles étaient toutes gentilles et encourageante ! Vous pouvez donc considérez ce chapitre comme cadeau de remerciements XD. Pour ce qui est du troisième chapitre, je suis au regrets de dire que je n'ai pas de date précise à vous donner. Je suis plutôt du genre à écrire quand l'envie m'en prends, alors je sais que c'est pas juste par rapport à vous donc je vais essayer de m'y mettre le plus vite et tôt possible mais il s'écoulera un petit moment.

En tout cas merci infiniment à :

Dorea Shadow

YunJae87

Minerve

ainsi qu'au deux Guest , vous êtes devenus mes nouveaux amours en l'espace de 5 secondes XD !

Disclaimer: Je ne dispose toujours pas de droit sur Harry Potter et compagnie mais je persévère XD

Raiting: M/MA

Pairing: Draco/Harry ( on reste dans le classique)

Warnings: A part quelques gros moments de boulétisme de la part de nos deux protagoniste, il n'y a toujours rien de pervers qui se passe mais persévéré, ça devrait pas tarder à arriver !

NdA: Comme d'habitude un grand, que dis-je, un énorme merci à ma Béta lectrice qui s'arrache les cheveux à chacun de mes chapitres. Bisous ma belle !

Bref sans plus tarder, voici le deuxième chapitre, j'espère qu'il vous plaira autant que le premier ! J'attends vos reviews avec impatience !


Chapitre 2

Hangovers and New Beginnings

OoOoOoOoOoOoOoOoOo

Harry frissonna, un coup de vent frais le ramenant à la réalité. Il descendit du rocher sur lequel il était perché depuis quelques heures et s'étira, gémissant en sentant certaines articulations se remettre en place. Tranquillement, sans se presser, il se mit à marcher le long de la rive, grimaçant de gêne en sentant des fourmillements dans ses pieds et jambes à chaque pas, résultat de trop de temps passé dans la même position. Mais il n'y pouvait rien, dès qu'il plongeait dans ses pensées, son corps se transformait en statue et il se coupait du reste du monde. Voldemort pouvait revenir d'entre les morts chevauchant une licorne arc-en-ciel et menant la gaypride, à partir du moment où il était en plein dans ses réflexions, il ne s'en rendrait même pas compte.

Il continua sa petite balade, ses pieds shootant parfois dans un caillou qui partait terminer sa course dans le lac, derrière un buisson où ailleurs. Le son des ricochets frappant en tempo venait se mêler aux clapotis de l'eau et au bruissement des arbres. C'était apaisant, ça l'aidait. Il avait toujours aimé la nature, les animaux, les plantes, il trouvait parfois plus d'humanité en eux que chez les humains eux-mêmes.

Le rythme de ses pas venant s'ajouter à l'harmonie musicale autour de lui le poussa à nouveau dans les méandres de son esprit. Il n'arrivait pas à croire que c'était depuis ce jour que leur histoire avait commencée. Ils ne s'étaient pas mis ensemble tout de suite, loin de là, mais c'était un peu leur début en tant qu' « amis », le « couple » avait fait son apparition plus tard. Il considérait cela comme un commencement un peu spécial, car il n'y avait rien d'ordinaire quand ça les concernait tous les deux et ça ne le dérangeait pas. Quelque part, il savait très bien que ses relations amoureuses ne serait jamais tout à fait comme celles des autres, de par son passé et son statut de sauveur du monde mais Draco était différent. Il n'était pas avec lui par avidité, étant aussi riche que lui, ni par notoriété. Il se fichait de tout ça, il le voyait pour ce qu'il était : un jeune homme maladroit, têtu, timide… un humain tout ce qu'il y avait de plus banal.

« Tu es tout sauf banal Harry »

Cette phrase lui sauta à l'esprit tel un diable hors de sa boîte. Draco la lui avait dite un jour, il ne savait plus quand, il se souvenait juste lui avoir demandé pourquoi il voulait être avec lui. Il n'avait pas un physique des plus avantageux: petit, chétif, presque féminin, aucun sens du style. Le seul progrès était que maintenant il mettait des vêtements à sa taille. Il ne comprenait donc pas comment le blond pouvait vouloir de lui alors qu'il y avait des personnes, bien plus séduisantes que lui, qui tueraient pour que Draco leur accorde un regard. Alors il le lui demanda, simplement et l'autre lui avait répondu tout aussi simplement. Pas d'autres explications, pas de justifications à rallonge, et ça avait suffi. Ils n'avaient jamais eu besoin de beaucoup de mots pour se comprendre. Ça avait rassuré Harry. Il n'avait pas peur que son compagnon le trompât, nan, Draco pouvait se montrer méchant par moment mais c'était un homme d'honneur. Il avait plutôt peur qu'il le quitte à cause de sa banalité au profit de quelqu'un plus… aventurier peut-être.

Cependant cette insécurité n'en était qu'une parmi tant d'autres. Son manque d'expérience ne l'aidait pas et l'étendue de celle qu'avait Draco ne faisait qu'aggraver ça. Pourtant son jules l'avait rassuré, dit qu'il pouvait attendre, que ce n'était pas pressé, qu'ils le feraient quand Harry serait prêt mais le brun n'était pas dupe. Il voyait bien combien le blond se retenait, la flamme de désir dans ses yeux durant leurs embrassades. Ils n'étaient pas restés « chastes » durant ces quatre derniers mois. Baisers renversants, pelotage de fessiers, caresses sous les vêtements, frottis frottas etc… mais jamais plus loin et ça le frustrait à un point ! Il n'avait pas vraiment peur de l'acte en lui-même, quoique vu ce qu'il avait pu sentir frotter contre sa jambe, accueillir le blond en lui n'allait pas être une partie de plaisir, c'était plutôt sa peur de faire tout de travers qui le bloquait. De ne pas pouvoir le satisfaire.

Des deux, il était celui qui restait encore intouché, Draco étant déjà en terrain familier. Il connaissait l'art de la séduction, le jeu du flirt, Harry lui en était au niveau d'une pucelle élevée dans une église, ce qui expliquait que la plupart du temps, c'était le blond qui prenait les choses en main, au propre comme au figuré. Il avait beau lui dire de ne pas réfléchir, de se laisser porter par ses instincts, à chaque fois qu'il initiait un contact intime pouvant les mener plus loin, toutes ses insécurités, ses questionnements et son angoisse refaisaient surface, le braquant et empêchant un rapprochement « approfondi ». Son compagnon était compréhensif, il ne lui mettait aucune pression et ça ne faisait que rendre sa culpabilité encore plus grande. Il devait à tout prix surmonter ça, pas uniquement pour Draco mais avant tout pour lui-même. Ne pas pouvoir être totalement avec la personne qu'il aimait à 100% le rendait presque dépressif. Sans compter que si ça continuait comme ça, il allait mourir puceau.

Il pensait presque à se mettre une mine monumentale pour surmonter son blocage, mais il balaya cette idée vite fait d'un revers d'esprit, aucune première fois ne devrait se passer comme ça. Il secoua la tête, trouvant désespérant que les seules et uniques fois où il était totalement libre et dévergondé, étaient les fois où il était rond comme une queue de pelle. Peu de monde l'avait vu dans cet état, il ne buvait pas souvent et heureusement pour lui d'ailleurs, vu son incapacité à tenir son alcool. Après deux verres de whisky Pur- Feu il se mettait déjà à chanter « I Will Survive ». Seuls ses amis avaient été témoins de ça et Draco aussi. Une fois… Encore aujourd'hui, il était mortifié par le comportement qu'il avait eu. Mais en y repensant, c'était un peu grâce à ça que les deux étaient ensemble maintenant. Draco s'était mis à le « poursuivre » à partir de ce jour.

Flashback

« Je m'emmerde pro-fon-dé-ment. »

Voilà qui résumait parfaitement son état d'esprit actuel. Lui qui avait pensé que sortir lui ferait du bien, il se disait qu'il aurait mieux fait de rester chez lui à regarder le dernier épisode de en mangeant une pizza plutôt que de regarder ses amis se beurrer la gueule. C'était drôle cinq minutes mais ça devenait très vite gonflant. C'était dans ces situations qu'il était heureux de ne pas avoir d'enfants, parce que les gamins et les ivrognes avait quasiment le même comportement incompréhensibles, chiants, bougons… la liste était longue. Il secoua la tête, sirotant tranquillement sa bière au beurre. Il ne prévoyait pas de boire beaucoup: il fallait bien qu'il en reste un de sobre pour éviter les emmerdes aux autres et c'était tombé sur lui. Ce n'était pas parce qu'il préférait ne pas boire qu'il devait obligatoirement jouer les chaperons !

Ses amis étaient venus le voir plus tôt dans la soirée, lui proposant d'aller boire un coup, faire la fête, une sortie entre mecs. Au début, il avait voulu refuser puis finalement, s'étant dit que ça ne pouvait pas faire de mal, accepta. Et maintenant en regardant Ron essayer de boire son whisky par des pailles à travers les trous nez, il se disait qu'il aurait mieux fait de se péter une jambe. Et le rouquin était celui dans l'état le moins lamentable, à croire que c'était une compétition, les autres surenchérissaient ! Ça avait été hilarant…au début, maintenant c'était juste pitoyable. Soupirant, il se leva de leur table et marcha en direction du bar comme il le pouvait, se glissant à travers la foule. La boîte était bondée. Il n'y avait pas un cm2 d'inoccupé, chose normale pour un samedi soir.

Il ne souvenait plus du nom de l'établissement et n'en n'avait strictement rien à carrer. Tous ce qu'il savait, c'était qu'il se trouvait dans une boîte de nuit pour sorcier.

Il arriva enfin au bar après avoir joué des coudes et évité des mains un peu trop baladeuses. Il s'y accouda, nonchalamment, attendant que le barman le remarque. Il voulait juste payer la dernière tournée et se retirer pour la nuit. Il était fatigué et pas franchement de bonne humeur à la vue déplorable de ses potes. Ajouter à cela le bruit assourdissant de la musique, les cris des personnes essayant de communiquer, la chaleur insupportable et vous aviez un cocktail explosif de chiantisme interstellaire.

Il regarda par-dessus son épaule, essayant de distinguer à travers le labyrinthe constitué de corps, la table où se trouvaient tous ses amis. Ce n'était pas chose facile avec sa petite taille, quand quasi tout le monde le dépassait d'une tête et que les lumières étaient tamisées. Il laissa tomber au bout d'un moment, se disant qu'il les retrouverait plus tard et de toute manière, il n'avait pas la patience de jouer à « chercher Charlie édition bourrage de gueule ». Il était à deux doigts de partir et les laisser se démerder avec la note, mais malheureusement pour lui, il avait une conscience.

Il se retourna, prêt à héler le barman quand celui-ci vint à lui et déposa un verre de whisky Pur-Feu devant lui. Il leva un sourcil, manifestement il n'y avait pas que ses camarades qui avait un verre de trop dans le nez. Il avait dû le confondre avec un autre client. Il ouvrit la bouche, prêt à souligner au barman son erreur quand celui-ci le coupa :

C'est de la part du blond dans le coin, dit-il en indiquant l'endroit d'un coup de tête.

Harry soupira, ce n'était pas la première fois qu'on lui offrait un verre et à chaque fois il déclinait. Ce n'était pas qu'il n'avait pas envie de faire des rencontres, c'était juste que dans des endroits comme celui-ci, remplis de jeune sorcier de son âge, on s'intéressait plus à son portefeuille qu'à lui-même. Les gens qui le draguaient étaient soit des groupies, soit des pervers, soit des ivrognes… bref, le choix n'était pas vraiment glorieux. Dans ces cas-là l'expression «vaut mieux être seul que mal accompagner » prenait tout son sens.

Il dirigea son regard vers la direction que lui indiquait le barman afin de voir à quoi ressemblait son « poursuivant » du soir. Il savait déjà sa couleur de cheveux et des blonds il n'en connaissait pas des masses, et le seul qui l'intéressait… Non, il se refusait à penser plus loin. Voilà presque un mois qu'il était allé délivrer la lettre chez Draco et depuis ils n'avaient pas repris contact. Ni l'un, ni l'autre. De toute façon cela l'étonnerait beaucoup qu'il soit là, dans la même boîte de nuit, le même soir au même moment et encore plus qu'il lui offre un verre.

Pourtant ce fut avec une grande surprise que ses yeux rencontrèrent deux prunelles argentées brillantes d'amusement. Il n'arrivait pas à y croire. Draco était vraiment là ? Assis seul à une table, transpirant une désinvolture presque insultante, il fit un signe de tête au brun tout en levant son verre en guise de salut, son éternel rictus aux lèvres.

Harry avait conscience qu'il devait avoir l'air ridicule avec ses yeux écarquillés et sa bouche entrouverte, ça allait devenir une habitude de prendre cette expression à chaque rencontre avec le blond. Il rendit à Malfoy son signe de tête quoiqu'avec un peu moins d'assurance. Il le vit indiquer de sa main libre la chaise vide en face de lui dans une invitation claire. Harry ne comprenait plus rien, il avait l'impression qu'on l'avait propulsé dans un univers parallèle. Malfoy l'avait-il vraiment invité à venir s'asseoir à sa table ? En voyant le blond arquer un sourcil et jeter un regard signifiant «tu te bouges le derche, ma patience à des limites» dans sa direction, il comprit que, effectivement, ça c'était bien produit.

Il jeta un coup d'œil vers ses amis, essayant de les trouver encore une fois mais sans succès. Décidant donc de les envoyer bouler, il prit le verre que le blond lui avait offert, et se dirigea vers ce dernier. Son cœur battant si fort qu'il lui donnait la sensation qu'il couvrait le bruit autour de lui. Il eut d'ailleurs peur que Draco ne l'entende. Lentement mais sûrement, il arriva à destination et s'assit prudemment, comme si il s'attendait à se faire attaquer au moment même où ses fesses toucheraient le siège.

Draco lui, observait le comportement du brun avec un réel amusement. Potter avait l'air d'un chaton effrayé, ses grands yeux vert regardant chaque recoin, sa posture rigide et ses jambes tendues. Il était prêt à déguerpir au moindre geste suspect. Il ne s'en offusqua pas, si les places avaient été inversées, il ne se serait même pas donner la peine de répondre à l'invitation. Heureusement pour lui, Harry donnait toujours le bénéfice du doute.

Depuis ce jour où le brun était venu le voir, il ne pensait plus qu'à lui, il envahissait sa tête, de jour comme de nuit. Ce sourire radieux, ses lèvres pulpeuses et rosées et ses yeux pétillants venaient le pourchasser jusque dans ses rêves. Et ça c'était uniquement quand ces-dit rêves restaient chastes. Plusieurs fois il s'était réveillé avec une trique à en déchirer ses boxers, s'il en avait porté, après un rêve particulièrement olé-olé. Il bénissait le fait de vivre seul car il n'avait jamais connu autant de séance de masturbation que depuis ce jour ! Au moins il n'avait plus de problèmes avec les sorts nécessitant des mouvements de poignet…

Il lui avait fallu un petit moment avant de se rendre compte qu'il commençait à avoir le béguin pour Potter. Il était passé par différentes phase. D'abords le déni il se disait qu'il était impossible pour lui de ressentir ça envers le brun, que c'était juste son cerveau qui ne savait plus distinguer la haine de l'amour et que c'était juste passager. Ensuite vint la colère tout était de la faute de Potter, si seulement il ne s'était pas pointé, il ne serait pas dans cette état. Puis les justifications le brun s'était montré amical, gentil, ce n'était pas dans son habitude, ça l'avait déstabilisé, c'était donc normal qu'il soit un peu perdu. Et finalement vint l'acceptation il finit par comprendre que c'était absurde d'essayer de nier où justifier ce qu'il ressentait. Il avait des sentiments pour le brun et il décida donc d'agir. Il désirait Potter. Et ce qu'un Malfoy voulait, il l'obtenait !

Il s'était creusé la tête pour savoir comment reprendre contact avec Potter, et surtout comment le séduire. Il l'avait toujours frappé, humilié, crié dessus alors c'était un peu comme de passer du coq à l'âne. Ils n'avaient pas entretenu une relation des plus amicales même si ces derniers temps ça c'était amélioré. Mais bon, ils n'étaient pas encore les meilleurs potes du monde.

Donc il était sorti ce soir, espérant que le changement d'air et un peu d'alcool l'aideraient à trouver une solution. Alors il avait marché, et ses pieds l'avaient amené ici, il n'avait pas regardé le nom et était entré.

Il en était à son deuxième verre quand il reconnut une masse de cheveux bruns en pétard affreusement familière s'avancer vers le bar à vive allure. Il était sûr et certain qu'il s'agissait de Potter. Personne d'autre n'avait une chevelure aussi indomptable, il avait passé tellement temps à se moquer de son apparence qu'il en connaissait la moindre mèche. C'était son jour de chance ! Apparemment son ange gardien avait enfin décidé de faire son boulot ! Il fit signe à une serveuse passant près de lui et lui demanda de mettre un verre au brun de sa part, lui en faisant la description. Elle hocha la tête et disparut à travers la foule et les tables, il la revit ensuite au bar en train de passer sa commande. Il regarda avidement l'échange entre Potter et le barman et retint sa respiration lorsque son regard accrocha celui émeraude.

Une myriade d'émotions traversait les yeux du brun, trop vite pour qu'il puisse toutes les identifier mais il avait tout de même entrevu de la surprise et de l'appréhension. Et maintenant qu'il l'avait enfin devant lui, il ne savait plus comment agir. Généralement aves ses autres conquêtes, il passait directement à l'attaque. Un sourire, quelques caresses bien placées, un ou deux mots chuchotés au creux de l'oreille et hop c'était dans la poche ! Mais s'il se comportait comme ça avec Potter, il était presque certain que celui-ci décamperait après lui avoir donné un bon coup de pied dans les couilles. Et ça, il préférerait éviter. Non, il n'allait pas draguer Harry, il allait lui faire la cour, aussi mièvre que cela puisse paraître. Lui faire connaître ses intentions en douceur, avec finesse.

- Alors Harry, qu'est-ce qui t'amènes ici, ce soir ?, demanda-t-il doucereusement, mais assez fort pour se faire entendre par-dessus la musique.

Le brun, qui buvait une gorgée de son verre, failli bien s'étouffer avec. Draco l'avait appelé par son prénom ? Il pouvait ajouter un nom de plus à sa liste de personnes ivres autour de lui. Jamais le blond ne l'aurait appelé comme ça s'il avait été sobre.

- Euh… Ron, Seamus, Neville, Dean et moi-même sommes sortis faire une petite soirée entre mecs, expliqua-t-il piteusement.

Il baissa les yeux vers son verre, il n'arrivait pas à soutenir le regard brulant acier, il le rendait nerveux. C'était comme-ci le blond pouvait lire à travers lui et découvrir ses secrets les plus enfouis.

- Tu n'as pas l'air de vraiment t'amuser, remarqua Draco.

- Je ne suis pas du genre à sortir en boîte.

- Alors pourquoi es-tu là ?

Harry haussa les épaules. Que pouvait-il bien répondre à ça ? Qu'il avait voulu se changer les idées parce que le blond occupait constamment son esprit et que ça le rendait dingue ? Trop bonne occasion de se faire humilier.

- Je joue les chaperons, répondit-il. Et toi ? Que fais-tu là ?

- Je me détends. Comme toi et tes amis, je profite d'une sortie.

Tout cela était beaucoup trop bizarre. Trop… étrange. Déjà l'invitation à sa table et le verre de sa part étaient limites mais en plus qu'ils aient tous les deux une conversation normale, presque amicale ?! Quelqu'un lui avait décidément joué un tour. Il allait retrouver le petit malin qui lui avait jeté un sort de réalité alternative et lui montrer qu'il n'avait pas vaincu le plus grand mage noir de tous les temps sur un simple coup de chance.

- Et sinon, quoi de nouveau dans ta vie Harry ?

« Quoi de nouveau dans ma vie ? Qu'est-ce que c'est que ce délire ? »

- Euh… Malfoy, je-

- Draco.

- Quoi ?

- Appelle-moi Draco. Je pense que l'on se connaît depuis suffisamment longtemps pour s'appeler par nos prénoms, tu ne crois pas ?

Harry dévisageait le blond comme si celui-ci venait de lui avouer qu'il se déguisait secrètement en pom-pom girl tous les jeudis soir. Sérieusement, qui avait jeté un sort de confusion sur Draco ? Ou alors c'était du polynectar ? Non, il chassa cette idée. Si c'était un sorcier sous polynectar, il ou elle se serait donné plus de mal pour imiter le Serpentard.

- Draco – Harry frissonna– combien de verre as-tu bu ?

- J'en suis à mon deuxième pourquoi ?

« Deuxième ? Dixième plutôt oui »

- Tu te rends compte que c'est à moi que tu parles ? Harry Potter ? Le gars que tu détestes depuis tes onze ans ?

- J'en suis parfaitement conscient. Où veux-tu en venir ? Et je ne te déteste pas, ou plus.

Harry ne s'était jamais sentit aussi perdu qu'en ce moment même. Lors de leur dernière rencontre, il y avait presque un mois, leur conversation, même si non hostile, était tout de même restée froide et constituée par-ci, par-là, de joutes verbales. Et maintenant les voilà réunis autour d'un verre, conversant normalement, le blond lui demandant, ''quoi de neuf'', comme un ami de longue date perdu de vue. Il y avait une couille dans le piano là.

Il reprit une gorgée de son whisky, la brûlure de l'alcool descendant dans son œsophage le secouant un peu.

- Ce serait plutôt à moi de te demander où tu veux en venir ? Tu me parles comme si tout ce qui s'était passé entre nous, sept ans de haine, n'existait plus. Qu'est-ce que tu veux ?

- Je croyais que tu avais dit que de l'eau avait coulé sous les ponts et qu'il fallait aller de l'avant. Tu ne suis pas tes propres conseils ? demanda-t-il ironiquement, ignorant la dernière question du brun.

- Ce qui est surprenant c'est que toi, tu les suives.

- Que veux-tu que je te dise ? Tu m'as ouvert les yeux.

Il avait dit ça d'un ton nonchalant mais Harry ne tomba pas dans le panneau. Oui, il avait réussi à convaincre Draco de revenir au château, mais de là à dire qu'il avait suivi ses conseils ? Peut-être était-ce de la simple paranoïa de sa part, mais il avait l'impression que ça cachait quelque chose.

Cependant, cette impression fut vite oubliée au fur et à mesure que la soirée avançait. Il n'aurait jamais cru cela possible mais il passait un excellent moment en compagnie de Malfoy. Celui-ci se montrait charmeur, taquin et avec un humour mordant. Il découvrait chez le blond des facettes qu'il n'avait jamais soupçonné et avec l'aide de l'alcool en dévoilait bien des siennes lui-même. Il avait tout oublié. Ses amis quelque part affalés sur une table, son humeur maussade, tous cela c'était envolé. Toute son attention était portée sur l'instant présent. Sur ce qu'il ressentait, il avait passé tellement de temps à essayer de refouler ses sentiments, ses pensées, maintenant que sa garde était baissée, ils surgissaient avec une liberté féroce. Et, embrumé par la boisson, il avait bien du mal à les retenir.

Son rire résonna à travers la pièce, se mélangeant à la musique, des larmes perlaient aux coins de ses yeux et ses joues lui faisaient mal d'êtres tant étirées. Il n'avait jamais autant rit, même avec ses amis. Bien sûr, il s'amusait bien avec eux mais il y avait un quelque chose de plus chez Draco. Peut-être était-ce dû à la nature de ses sentiments ? Il n'en savait rien et il s'en fichait en ce moment. Il était concentré sur le blond, sur son sourire, ses yeux plus pétillant que jamais et son visage si décontracté qu'il paraissait rajeunit ! La guerre les avait forcés à grandir trop rapidement, il voyait enfin à quoi ressemblait un Draco jeune et insouciant.

Et il n'en tomba que plus amoureux.

Tous deux s'arrêtèrent de rire lorsque leurs regards se croisèrent. Perdus l'un dans l'autre, plus rien autour d'eux n'avait d'importance, comme s'ils étaient coupés du restes du monde. Ils ne voyaient rien à part les yeux de l'autre, n'entendaient plus rien à part les palpitations de l'autre et ne sentaient plus rien à part la respiration de l'autre. Tout s'était arrêté et ils n'avaient pour seul point d'ancrage que la personne qui leur faisait face. Inconsciemment, chacun s'était peu à peu rapproché, quasiment au bord de leur chaise, penchés l'un vers l'autre, leur souffle se mélangeant, les yeux se fermant, les lèvres se rapprochant, plus près, plus près, encore…plus…près…

BAM !

Harry sursauta, comme si sorti violemment d'un rêve et s'éloigna précipitamment du blond. Il regarda la cause de tous ce fatras et vit que ce n'était rien de plus qu'un jeune adolescent dansant avec un peu trop d'enthousiasme. Sans doute à cause de l'alcool. Et qui, emporté dans son élan avait buté un pied contre leur table. Bien que frustré, il fût aussi reconnaissant de cette interruption. Il avait été sur le point de faire une bêtise. Non pas qu'embrasser Draco lui aurait déplu, loin de là, c'était même presque un fantasme, mais pas comme ça. Si jamais quelque chose devait se passer entre lui et le blond, il préférait que ce soit de leur propre chef et non engendré par la boisson. Et puis de toute façon, le Serpentard l'aurait sans doute regretté le lendemain.

« C'est mieux ainsi » pensa-t-il tristement.

Draco, lui de son côté, avait une folle envie d'emplâtrer dans le mur la tête de ce gesticulateur sans rythme. Il avait été à deux doigts de conquérir les lèvres qui le hantaient quand cette espèce de… de…, il n'avait même pas de nom pour le décrire, et son mauvais timing s'était pointé. C'était une occasion en or et voilà qu'elle lui avait échappé. Si les regards pouvaient tuer, le sien aurait déjà envoyé cet imitateur de poisson hors de l'eau six pieds sous terre. Il se détourna de ce qui lui donnait des envies de meurtres et reporta son attention sur le petit brun. Celui-ci regardait ses mains, la tête baissée tel un enfant et un sourire triste ornait son visage. Était-ce parce qu'ils avaient été interrompu ? Parce qu'ils n'avaient pu s'embrasser ? Harry avait donc lui aussi des sentiments à son égard ? Draco sentit de la joie et de l'espoir gonfler dans sa poitrine.

Il fût pourtant coupé dans ses questionnements en voyant le Gryffondor se lever avec un soupir. Il remarqua les joues rosies et les yeux brillants. À cause de la gêne, de l'alcool ou un mélange des deux peut-être ?

- Merci pour les verres Draco. J'ai passé un excellent moment mais j'ai bien peur de devoir y aller. À une prochaine, j'espère.

Harry se retourna, avec toute l'intention de partir sans laisser l'opportunité au blond de répondre. Il devait s'en aller avant de faire une connerie. Comme par exemple tout avouer sur ses sentiments, ne pas pouvoir se retenir et l'embrasser de tout son saoul ou pire encore… Cependant avant même qu'il n'ait pu faire un pas, son poignet se fit encercler.

- Attends Harry, un dernier pour la route ?

- Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée…

- Oh allez. Un dernier verre, c'est tout ce que je te demande. Qu'est-ce qui pourrait arriver de grave ?

Pour Draco il n'en savait rien mais pour lui la liste était longue. Son intolérance à l'alcool était impressionnante, même une adolescente anorexique de treize ans tiendrait mieux et plus longtemps que lui, c'était pour dire. Il était à sa limite, un verre de plus et il ne répondrait plus de rien, envolé son contrôle. Pouf ! Disparu. Il devait refuser, c'était la plus sage décision à prendre. Il devait se montrer responsable. Et pourtant, en voyant l'expression sur le visage de Draco, ses yeux qui le suppliaient presque, de ne pas mettre tout de suite fin à leur soirée improvisée, ce visage si ouvert. Il savait que s'il disait non, le blond allait se refermer comme une huître et remettre son masque en place et adieu leur bon moment. Non, il ne voulait pas que ça se finisse comme ça. Il regarda sa montre et y lut deux heures et dix minutes. Deux heures du matin passée. Sa conscience lui rappela que rien de bon n'arrivait jamais après cette heure-là mais il ne lui prêta aucune attention et répondit la seule chose qui lui paraissait être le mieux.

- Ok. Un dernier verre.

OoOoOoO

Un rayon de soleil passa sournoisement entre la fente de deux rideaux et vint se poser avec une précision énervante sur son visage, directement sur ses yeux. Il se renfrogna, essayant de chasser le faisceau lumineux d'une main avant de se rendre compte que c'était inutile et de rouler sur le côté pour y échapper. Son gémissement fût étouffé dans l'oreiller. Trop tôt, il était beaucoup trop tôt !

Il ne savait pas quelle heure il était mais le tambourinement dans son crâne lui informa qu'il était quand même trop tôt. Il resta immobile. Il avait l'impression qu'une colonie de lutins de Cornouailles avaient élu domicile dans sa tête et qu'un troupeau d'hypogriffes lui était passé dessus.

« Mais qu'est-ce que j'ai foutu hier soir ? »

C'était la question du lendemain de cuite. Après un moment, il s'étira délicatement, des courbatures commençant déjà à se manifester douloureusement. Il roula sur son dos, les draps de soie glissant sur son corps… Un instant…des draps en soie ? Même en ayant la gueule de bois, il était sûr et certain que les siens étaient en coton. Donc, soit quelqu'un avait changé ses draps, auquel cas c'était un hobby particulièrement bizarre, soit… il n'était pas dans son lit et par conclusion : il n'était pas chez lui.

Il ouvrit brusquement les yeux pour le regretter aussitôt lorsque ce foutu rayon de soleil satanique vint lui brûler les rétines. Il se répandit en injures plus imagées les unes que les autres, ses mains devant les yeux, attendant que la douleur s'amenuise. En voilà une façon merdique de se réveiller. Lentement, il souleva ses paupières, ses doigts filtrant un peu la lumière, l'aidant à s'habituer. Il les descendit après un moment et regarda autour de lui, essayant de trouver n'importe quoi pouvant lui donner une indication d'où il se trouvait. La chambre était peinte dans les tons gris clair et un seul mur était en bleu-vert. Des rideaux de la même couleur aux fenêtres. Les meubles, qui consistaient en deux tables de chevet, une armoire, une commode ainsi qu'un petit bureau, étaient faits d'un bois sombre aux nuances ambrées avec un design moderne et épuré. Quant aux lit dans lequel il se trouvait, il n'y avait pas grand choses à dire, mis à part qu'il était aussi moelleux qu'un nuage et que la soie grise métallisée glissait sur lui comme de l'eau.

À première vue, il était chez un riche Serpentard et il se trouvait justement qu'il avait passé la soirée d'hier avec l'un d'eux.

Il sortit du lit et un courant d'air bien amical lui appris qu'il n'était pas très habillé. Il se regarda et rougit en constatant qu'il n'était vêtu que de son boxer. Il essaya tant bien que mal de se rappeler les événements de la nuit dernière. Il espérait vraiment ne pas s'être ridiculisé devant Draco. La honte qu'il éprouvait en ce moment était déjà si grande. Il repéra ses vêtements soigneusement posés sur la chaise du petit bureau et s'y dirigea lentement. En s'habillant il eut des flashs lui montrant ce qui s'était passé.

Lui et Draco continuant de boire, s'amusant, riant, flirtant. Puis en train de danser, ses bras autour du cou du blond, les siens sur sa taille et parfois sur ses fesses. Les yeux dans les yeux, caressant, tanguant, se frottant. Ensuite ils étaient partis. Il se voyait dans la rue, sautillant, bousculant Draco, riant avec lui, totalement insouciant. Il ne s'était jamais sentit aussi libre et heureux. Après il y eu un trou noir, puis il se vit au Manoir Malfoy. Il n'avait absolument aucune idée de comment ils y étaient arrivé. Son comparse et lui se soutenaient l'un l'autre en avançant dans l'allée, puis ils étaient rentrés et, affalés sur le canapé, avaient continué à boire. Il ne savait pas combien de temps s'était écoulé, ils avaient parlé, rit, puis une chanson passa à la radio, que Draco avait allumé, et il…

Harry écarquilla les yeux, qu'il n'avait pas eu conscience de fermer et s'empourpra, un sentiment de honte si grand le submergea qu'il eut envie de pleurer et que la terre l'avalasse. Non, il n'avait tout de même pas osé faire ça ?! Pourtant en ayant un flash de lui se déhanchant au rythme de la musique tout en enlevant son T-shirt et envoyant un regard libidineux au blond assis sur une chaise, il dut bien admettre que si.

« Oh bordel de merde ! J'ai fait un strip-tease à Draco ! »

Il gémit de mortification. C'était sans aucun doute la plus grosse bêtise qu'il ait jamais faite étant bourré. Le pire étant qu'il avait fait ça au blond ! Devant ses amis, ça passait encore, il aurait été gêné mais pas à ce niveau-là ! Là, il s'était ridiculisé devant la personne qu'il aimait, ce qui, ça allait sans dire, était le pire sentiment au monde. Par Merlin, il revoyait ses mouvements désaccordé, tout sauf sexy, totalement déséquilibrés et entendait ses gloussements ivres. Il avait ouvertement dragué Draco ! Il ne souvenait pas de tout mais c'était déjà bien assez. Quand il eut fini son pseudo strip-tease, il ne lui restait plus que son boxer. Il soupira de soulagement, même totalement pété il avait gardé un tant soit peu d'honneur.

Soulagement qui fut vite remplacé par l'horreur quand il se vit sur les genoux de Draco, entourant sa taille de ses jambes et lui susurrant des mots indécents. Les souvenirs que l'on avait le lendemain d'une cuite étaient décidément les pires. Il se laissa tomber sur la chaise et se prit la tête entre les mains. Pourquoi avait-il accepté ce dernier verre ? Il connaissait ses limites, il aurait dû écouter sa conscience et rentrer chez lui. Mais non, il avait fallu qu'il dise oui et maintenant il se trouvait dans ce merdier total. Pourquoi, dès qu'il avait un peu trop d'alcool dans le sang, se comportait-il comme la dernière des catins ? Il n'oserait plus jamais regarder ni parler à Draco. Il ne lui restait plus qu'à espérer que celui-ci ait un énorme trou noir et ne se souvienne de rien mais, connaissant sa veine, il y avait peu de chance que ce soit le cas.

Il fallait qu'il sorte d'ici, qu'il parte au plus vite et aille s'enterrer dans un trou à Tombouctou jusqu'à la rentrée ! Il se releva, finit de s'habiller et récupéra avec soulagement sa baguette dans la poche intérieure de son blouson. Il avait l'intention de transplaner quand il se rendit compte qu'il ne pouvait pas le faire depuis l'intérieur du manoir. Il jura, cela voulait dire qu'il allait devoir retrouver son chemin dans ce labyrinthe de pièces et de couloirs et risquer de tomber sur quelqu'un. Il préférait encore tenter sa chance par la fenêtre mais oublia bien vite l'idée lorsqu'il vit qu'il se trouvait à environ vingt mètres du sol. C'était un coup à se casser une jambe ou plus.

Bon, il ne restait plus qu'à passer par la porte en espérant trouver vite la sortie sans croiser personne en route. Il ouvrit lentement la porte sans aucun bruit et passa la tête dans l'entrebâillement. Pas un chat, parfait. Il marcha en tapinois le long du couloir en faisant attention à ne rien toucher ou bousculer. Il ne devait faire absolument aucun bruit. Après quelques minutes qui lui parurent une éternité, il reconnut le chemin menant à sa salvation et s'y engagea hâtivement. On n'avait pas idée de construire des manoirs aussi grands, à croire que les proprios souhaitaient que leurs invités s'y perdent.

Il arriva enfin vers la fin du couloir, il pouvait voir la porte de sortie à quelques pas de lui. Il se dépêcha de combler la distance qui le séparait de sa liberté. Mais alors qu'il passait devant ce qu'il savait être le petit salon intime où Draco et lui avait conversé, une voix moqueuse le retint.

- Tu pars déjà Harry ? Quel dommage, moi qui espérait avoir le plaisir de ta présence pour le déjeuner.

Le dit Harry se figea, totalement immobile, les yeux écarquillés et retint son souffle. Non, non, non ! C'était un cauchemar ! Qu'est-ce qu'il avait fait pour mériter ça ? Frapper les couilles de Merlin dans une autre vie ? Pisser sur un Totem ? Il n'était pas connu pour avoir énormément de chance mais là fallait peut-être pas exagérer non plus. Pour une fois dans sa vie, il aurait bien aimé que les choses se déroulent comme prévu. Là pour le coup, son plan de sortir incognito était joliment foutu en l'air ! Et maintenant Draco allait se foutre de lui puissamment. Il souffla, essayant tant bien que mal de se donner du courage et se retourna pour affronter son persécuteur.

Draco se tenait derrière lui, ayant sans doute bougé du salon pour venir à sa rencontre, et le surplombait de sa hauteur. Un sourire, non pas moqueur, mais taquin aux lèvres et les yeux pétillant de malice. Visiblement il se souvenait de la nuit dernière, il n'aurait pas eu cette tête de vainqueur le cas contraire. Et il ne cachait pas la satisfaction qu'il éprouvait en voyant Harry se tortiller de gêne. C'était un spectacle dont il ne se lasserait jamais. Il s'était réveillé tôt, comme chaque matin, avec un mal de crâne carabiné mais tous ses souvenirs. Il avait conscience que lui et le brun avaient exagéré mais ne regrettait absolument rien. Il avait passé un excellent moment et le show que lui avait offert Harry valait vraiment le coup d'œil. Il avait été surpris néanmoins. Qui aurait cru que sous cette apparence de chaton timide se cachait un lion dévergondé après quelques shots de Tequila ? Ça avait été une agréable découverte et il n'en avait pas loupé une seule miette. Il avait regardé avidement, impunément, et l'image de ce corps bronzé se déhanchant hypnotiquement au rythme endiablé de la musique resterait imprimée dans son esprit.

Il remercia sa famille de lui avoir inculqué un tel self control car sinon il se serait jeté sur le petit brun et l'aurait entraîné dans une autre sorte de danse. La seule chose qui l'en avait empêché était qu'il savait que la réaction d'Harry le lendemain n'allait pas être celle de lui sauter dans les bras. Et d'après ce qu'il pouvait voir, il avait eu raison. Le Gryffondor gardait la tête baissée et il pouvait voir ses yeux se poser partout sauf sur lui. Il devait sûrement penser qu'il allait se moquer de lui et bien que la tentation fût grande, il n'allait pas le faire. Il devait lui prouver qu'il avait grandi.

- Allez viens. J'ai demandé à Winky de nous préparer quelques sandwiches ainsi que du thé. Il y a aussi une potion anti-gueule-de-bois qui t'attend. J'ai pensé que tu allais en avoir besoin.

Il prit gentiment le poignet du brun et le tira à sa suite jusqu'au salon, surprit que l'autre se laisse faire aussi facilement. Il l'amena au canapé et s'assit à côté de lui. Il l'observa, attendant une réaction mais rien ne vint et le silence devint pesant. Il ne savait pas à quoi s'attendre. Il était habitué à un Harry énergique, vociférant des menaces ou des insultes et, depuis hier, riant avec lui, ouvert. Mais celui-ci semblait juste résigné.

Chez Harry, c'était la panique, l'ébullition. Il ne savait plus à quoi s'attendre, quoi penser, Draco ne s'était pas moqué de lui mais peut-être en avait-il l'intention plus tard, ou pas du tout ? Il n'en savait rien. Il était perdu et son mal de tête n'arrangeait absolument rien. Il sentait le regard interrogateur du blond sur lui mais n'osait pas le regarder. De plus, être de retour dans ce salon lui renvoyait des flashs. Il se revoyait en train de se ridiculiser, se déhancher comme une bimbo. Puis il vit la chaise sur laquelle lui et Draco avait fini et ce fût trop. Il se revit sur les genoux du blond, un grand sourire aux lèvres et le regard amoureux. Son sœur se brisa car il savait qu'il n'y avait aucune chance que cela ce réitère. Ça resterait à jamais un souvenir du passé. La douleur qu'il ressentit à la poitrine lui coupa le souffle et lui fit monter les larmes aux yeux. Il devait sortir de là, il étouffait, il ne supportait pas la vision de ce qu'il ne pourrait jamais avoir. Il se leva d'un bond, surprenant Draco, et parla précipitamment d'une voix tremblante.

- C-C'est gentil de ta p-part mais il faut que j'y aille, je suis pressé. À bientôt !

Et il partit aussi vite qu'il put, laissant le Serpentard figé un instant avant de lui aussi se lever et poursuivre le brun. Il l'appela encore et encore mais celui-ci continua son chemin, l'ignorant. Il le vit sortir, encore quelques mètres et il pourrait transplaner, alors il accéléra le pas. Hors de question que cela termine se termine comme ça. Il réussit à le rattraper et, enserrant son poignet, le retourna ou du moins essaya car Harry se débattait, tordant et secouant son bras dans l'espoir de le lui faire lâcher, utilisant son autre bras pour le repousser. De sa main libre, Draco attrapa l'autre poignet du brun et l'immobilisa, le maintenant fermement contre lui.

- Harry !

Alors le Gryffondor explosa.

- QUOI ?! Pour l'amour de dieu, quoi ?! Qu'est-ce que tu me veux ?! Je ne me suis pas assez ridiculisé à ton goût ? Je ne suis pas assez humilié? Il faut que tu viennes en rajouter ?! Pourquoi est-ce que tu ne me laisses pas tranquille ?

Harry s'écroula à terre, à bout de souffle, les épaules tremblantes de sanglots. Il s'en fichait éperdument, maintenant, que Draco le voie pleurer, un peu plus ou un peu moins… Le blond lui avait lâché les poignets et il s'entoura la poitrine de ses bras, se recroquevillant sur lui-même. Il avait conscience qu'il devait avoir l'air faible et pathétique, mais c'était un tel bordel dans sa tête qu'il n'en avait rien à faire. Il avait voulu rentrer chez lui, se pelotonner dans une couverture et craquer devant un bol de chocolat chaud mais il avait fallu que Draco ruine ses plans. Bien qu'il fasse beau en cette journée de mi-mai, pour Harry c'était une journée des plus pourries.

Draco lui était figé, impuissant en regardant le brun sangloter. Il était choqué qu'il ait craqué comme ça, puis qu'il s'effondre comme un château de carte. Mais ce qui l'avait blessé était le fait qu'Harry pense qu'il voulait l'humilier. D'accord, il y a quelques années il n'aurait pas loupé une occasion, mais il n'était plus cet adolescent fils à papa. Il était un adulte à présent et il fallait que le brun se rende compte de ça. Ils ne pouvaient pas construire une relation saine si celle-ci était basée sur de la méfiance.

Il s'accroupit au niveau du brun et doucement, pour ne pas l'effrayer, le prit dans ses bras. Harry lui paraissait si fragile en cet instant, qu'il avait l'impression qu'au moindre geste trop brusque il allait se briser. Il le berça paisiblement d'avant en arrière, caressant son dos et remontant jusqu'aux cheveux, les trouvant aussi souples et doux que les draps de son lit. Un instinct de protection s'était éveillé en lui en voyant le brun dans cet état. Et il savait que si jamais quelqu'un lui faisait du mal, il serait capable de tuer cette personne. Il n'avait jamais été autant sûr d'une chose.

Le temps s'écoula et, peu à peu, Harry se calma. Il se sentait en sécurité dans les bras de Draco, comme si rien ne pouvait lui arriver. Il ne comprenait pas pourquoi le blond prenait la peine de le réconforter mais il profiterait de cette étreinte jusqu'au bout car c'était sûrement la dernière à laquelle il aurait droit. Il sursauta lorsque son visage fut pris entre deux grandes mains et le relever jusqu'à ce que ses yeux croisent ceux argentés et s'y accrochent. Il sentit des pouces essuyer délicatement ses joues et les quelques larmes encore présentes au coin de ses yeux. Il y avait une telle douceur dans ces gestes que ça lui donnait des frissons. Son visage fut rapproché de celui de Draco et il retint son souffle.

- Écoute-moi bien Harry. Je ne veux pas t'humilier, ni te faire du mal. Rien de tout ça.

Oh comme il avait envie d'embrasser ses lèvres, surtout lorsque le brun se les mordillait mais ce n'était pas le moment. Il devait d'abord rassurer le Gryffondor et mettre les choses au clair.

- Alors…qu'est-ce que tu veux ?, murmura le brun.

Oh il voulait bien des choses. Et Harry nu dans son lit était tout en haut de la liste. Mais il était encore trop tôt pour le lui avouer. Ça ne faisait pas si longtemps qu'il « courtisait » le brun et ivre comme il l'avait été, celui-ci ne s'en était sûrement pas rendu compte. De plus, dans l'état actuel, il n'était pas sûr qu'Harry puisse supporter une telle révélation. Non, il devait prendre son mal en patience et d'ici peu, avec un peu de chance, le Gryffondor et lui formerait un tandem. C'est pourquoi il répondit :

- Je veux juste être ton ami. Si tu le veux bien.

Harry sentit son cœur s'effondrer et cacha sa déception du mieux qu'il put. Amis, voilà donc tous ce que Draco voulait ? Il devrait être heureux et il l'était, mais une part de lui avait espéré plus. Au vu du comportement du Serpentard la veille, il avait pensé que, peut-être….mais non. C'était uniquement de la gentillesse. Rien d'autre. C'était trop beau pour être vrai. Il avait lu trop loin dans le comportement de Draco et ça lui revenait à la figure. Il était trop bête. Il aurait dû être habitué, les déceptions sentimentales ou générales ça le connaissait, mais ce qu'il ressentait en ce moment ne comparait en rien à ce qu'il avait expérimenté dans le passé. Une douleur si grande qu'elle lui donnait envie de se rouler en boule. Il ne savait pas s'il était capable d'être ami avec Draco. De l'avoir si proche mais intouchable. Ça allait être une véritable torture, mais il prendrait ce qui lui était offert. Qui sait ? Peut-être que ça évoluerait plus tard ? Il offrit un mince sourire au blond.

- Je serais ravi de t'avoir pour ami Draco.

Le blond le lui retourna et l'aida à se remettre sur pied. Cependant quelque chose le turlupinait. Harry avait accepté son amitié et il ne pouvait en être plus ravi. Cela l'aiderait beaucoup de se rapprocher du brun avant de mettre son plan en action. Pourtant, son nouvel ami ne semblait pas être enchanté. Des vagues de tristesse émanant de lui l'assaillaient, sans oublier ce maigre sourire, comme s'il était déçu de quelque chose. C'était le même sourire qu'il avait eu après qu'ils aient été interrompus hier soir. Cette révélation le frappa. Cela voudrait dire… Il regarda attentivement Harry à côté de lui qui époussetait la terre incrustée dans son jean sans lui prêter attention. Le brun avait-il des sentiments pour lui ? Était-il déçu de son amitié car il aurait voulu plus ?

- Bon alors, on se le fait ce déjeuner ? J'ai faim moi.

La voix, de nouveau guillerette, du Gryffondor le sortit de ses pensées. Celui-ci le regardait avec ses grands yeux verts innocents et lui souriait doucement. Il mit ses réflexions dans un coin de son esprit, il y reviendrait plus tard. Pour l'instant, il avait un lion affamé à nourrir. Riant sous cape, il attrapa la main d'Harry et le ramena vers le manoir et les sandwiches qui les attendaient. En sentant cette petite main répondre à son étreinte, il se fit la promesse que bientôt, elle n'aurait plus à la lâcher.

Et ce fut ainsi que leur amitié débuta.

OoOoOoO

Draco était en ce moment même l'exemple par excellence du gars désespéré, vraiment désespéré. Il ne savait plus faire pour qu'Harry remarque ses sentiments. Il avait tout essayé, tout ! S'asseoir le plus proche possible de sorte que leurs genoux et jambes se touchent, s'il s'approchait encore plus il fusionnerait avec le brun ! Les caresses dans les cheveux, les chuchotements à l'oreille, les sourires et regards séducteurs, une main posée innocemment sur la cuisse ou le bras…rien. Le brun n'avait pas bronché, à croire qu'il était imperméable à tout et l'égo du blond avait pris un sacré coup. Il était habitué à ce qu'on lui tombe dans les bras en un clin d'œil mais voilà qu'il devait sortir toute la panoplie et qu'on lui résistait.

Il commençait à croire qu'Harry était soit aveugle, soit complétement ignorant ou alors il ne s'intéressait pas du tout à lui. Cependant la dernière lui semblait peu probable. Il avait bien observé le brun, ses réactions. Il rougissait et se tendait au moindre attouchement, se mordillait la lèvre et se passait la main dans les cheveux lorsqu'il était nerveux et surtout, il fixait Draco quand il pensait que celui-ci ne le voyait pas. Le Serpentard était sûr à presque quatre-vingt-dix pourcent que ses sentiments étaient réciproques. Alors pourquoi le brun ne rentrait-il pas dans son flirt ? Peut-être lui fallait-il être un peu plus direct ?

Alors il essaya une autre approche en espérant en tirer quelque chose….

Lors d'une sortie cinéma, il lui avait apporté une unique rose rouge entouré d'un ruban lavande, ensorcelée pour qu'elle ne fane jamais. Harry lui offrit un sourire et un merci. Bon… Ensuite, il prépara un dîner spécialement pour le brun. À son arrivée, il lui avait enlevé son manteau en parfait hôte, tout en faisant bien attention de lui caresser les bras au passage. Puis tout au long de la soirée, il lui fit goûter de sa main les différents plats, essuyant de son pouce les restants au coin de sa bouche, avant de le lécher, encrant son regard directement dans celui émeraude. Harry avait rougi, bafouillé quelques mots et était resté tendu et gêné pour le reste du dîner. Échec total. Il lui avait proposé une ballade dans un parc et avait passé son bras autour des frêles épaules, caressant le dos et faisant en sorte que leur main se frôle. Harry s'était un peu éloigné et avait gardé cette distance jusqu'à la fin.

Draco était à deux doigts de s'arracher les cheveux. Deux. Mois. Voilà deux mois qu'il essayait de faire tomber ce foutu Gryffondor dans ses bras. La rentrée était au coin de la rue et rien n'avait évolué. Il savait qu'Harry était novice en matière de relation amoureuse, ils en avaient parlé lors d'une de leurs nombreuses discussions, mais là c'était carrément au-dessus de ça !

Ils avaient à nouveau rendez-vous ce soir pour un dîner, chez Harry cette fois. Et il comptait bien en finir avec toute cette histoire. Il comptait faire sa « déclaration » lors du dîner et avec un peu de chance, tous ses efforts ces derniers temps n'auront pas été en vain. Fois de Malfoy, la soirée ne se terminerait pas avant qu'il n'ait pu goûter aux lèvres du brun. Puisque apparemment la subtilité ne marchait pas chez les Gryffondors, il allait devoir se montrer beaucoup plus direct.

Il mit ses plus beaux vêtements tout en restant simple. Un pantalon en coton gris lui cintrant les hanches et moulant ses fesses, et une chemise blanche légèrement ouverte, dévoilant le début de son torse. Il coiffa ses cheveux avec son attention habituel, ils avaient poussé et atteignaient maintenant le haut de ses épaules. Il les attacha en une queue de cheval un peu lâche, laissant quelques mèches plus courtes lui retomber devant les yeux. Il se rasa, se parfuma, mit ses chaussures et fût fin prêt. Il se regarda dans le miroir sous toutes les coutures. Il devait être absolument bandant et irrésistible. Plus question que le petit brun lui échappe !

Il arriva au Square Grimmauld pile à l'heure comme à son habitude. Ce n'était pas la première fois qu'il venait au Manoir des Blacks, donc Harry avait changé les sorts de défense pour permettre à Draco de passer sans soucis. Il toqua à la porte et attendit que le brun vienne lui ouvrir. Ce qu'il fit sans tarder avec un sourire de bienvenue et une bise sur la joue en guise de salutation. Après avoir invité le blond à entrer, ils allèrent s'installer dans la cuisine pour un léger apéritif, bavardant à propos de leur journée, riant et passant un bon moment. Harry se levant par moment pour surveiller l'avancée de la cuisson ou ajouter un ingrédient.

- Attends Harry, laisse-moi t'aider, proposa Draco.

- Pas question, retourne t'asseoir !

- Mais-

- Pas de mais ! Vas poser ton cul sur la chaise et si jamais je te vois te lever pour autre chose que d'aller aux chiottes, je te ligote vu ?

Draco dut se faire violence pour ne pas gémir face aux images qui surgissaient dans son esprit dépravé. Harry ou lui-même ligoté à une chaise ou un lit. Il acquiesça et retourna s'asseoir, attendant d'être servi avec une certaine impatience. La cuisine du brun était tout bonnement succulente et il en salivait d'avance. Harry était un vrai petit chef. Il lui avait demandé pourquoi il n'en ferait pas son métier et le Gryffondor que c'était plus un hobby qu'une véritable vocation. Il aimait cuisiner et ne voulait pas du stress qui venait avec un restaurant. Il ne cuisinait que pour lui-même et ses proches. Et si ça ne tenait qu'à Draco, il lui ferait des bons petit plats jusqu'à la fin de ses jours.

Ils passèrent à table et, comme prévu, le Serpentard se régala. Le poulet était juteux, les légumes croquants, les pommes de terres dorées à souhait et la sauce onctueuse et savoureuse. En bref, une vraie réussite. Tout comme la soirée, l'ambiance était chaleureuse et confortable. Il passait vraiment un agréable moment et en voyant Harry aussi à l'aise en sa compagnie, lui souriant, il se dit que le moment était venu. Soufflant pour calmer les palpitations effrénées de son cœur et, priant pour qu'il ne dise rien de bête, se lança à l'eau.

- Harry, il y a quelque chose dont je voudrais te parler.

- Bien sûr Draco, qu'est-ce qu'il y a ?

- Voilà. Ça va faire quasi deux mois que nous sommes devenu amis et…durant ce temps je me suis aperçu que j'éprouvais beaucoup…d'affection à ton égard… tu comprends ce que je veux dire ?

- Oui tout à fait. Moi aussi j'éprouve ça pour toi.

- Vraiment ?!

- Bah oui. Tu ne serais pas mon ami sinon.

Draco eut une forte envie de se cogner la tête contre la table face à cette réponse. Ce n'était plus des lunettes qu'il fallait à Potter, sa myopie l'avait rendu tellement aveugle qu'il lui fallait presque un télescope pour y voir plus clair !

- Non Harry, c'est une affection qui va au-delà de la simple amitié.

- Tu veux dire que…

- Oui, voilà.

- Tu me vois comme un frère ?

Non mais là, il y avait de la mauvaise volonté, ce n'était pas possible autrement. Sérieusement ? Après les caresses à la limite de la masturbation, les chuchotements à connotations salaces, les sorties avec ambiance romantique etc… Harry pensait qu'il le voyait comme un frère ?

- Encore une fois non. Ce que j'éprouve est plus… romantique, tenta-t-il d'expliquer.

Au vu du regard perdu que lui lançait le brun, il n'était pas plus avancé. Décidément la subtilité ne marchait vraiment pas…

- Harry, je t'aime.

On ne pouvait faire plus direct que ça.

- Hein ?!

Oh et puis merde !

Draco se leva, fit le tour de la table, vint se poster devant le brun, prit son visage entre ses mains et fit ce qu'il désirait faire depuis leur soirée au bar il y a deux mois. Il l'embrassa. Il tenta de faire passer tous ses sentiments à travers ce baiser, priant pour qu'ils atteignent le cœur d'Harry. Il fit passer ses mains dans les cheveux bruns et pencha la tête dans un meilleur angle. Il n'approfondit pas le baiser, ce qu'il ressentait en embrassant ses lèvres douce était déjà si puissant, et puis il ne voulait pas effrayer le brun encore plus qu'il ne l'était déjà. Celui-ci était resté figé depuis sa déclaration. Il cessa donc de l'embrasser et se recula un peu. Il retint un petit rire en voyant le Gryffondor faisant un parfaite imitation d'un poisson.

- C'est bon ? Tu as compris ce que je voulais dire ?

- Mais…je…tu…

- Il, nous, vous, ils. C'est très bien Harry, tu connais ta grammaire.

Si les regards pouvaient tuer, il serait étendu sur le sol, là.

- Je ne comprends pas…

- Je ne vois pas comment être plus clair Harry. Enfin si mais, je ne suis pas sûr que tu sois prêt pour ça.

À la vue du sourire salace que lui lança le blond, Harry comprit de quoi il parlait et s'empourpra.

- Je veux dire,…comment...quand…pourquoi ?

- Je ne sais pas. Je sais juste que je t'aime, et que….je ne veux pas que ça s'arrête. Et toi ?

- Je…

Il se plongea à l'intérieur de cet océan de mercure, s'y perdant, cherchant la moindre trace d'une quelconque hésitation ou mensonge et n'en trouvant point. Il ne voyait qu'honnêteté, un peu de peur et d'insécurité. Alors il cessa de penser, il cessa de se poser toutes ces questions qui ne faisaient que le bloquer et laissa parler son cœur.

- Non, je ne veux pas que ça s'arrête non plus… je…. Je t'aime aussi Draco, murmura-t-il.

Il n'attendit pas plus et fondit sur ces lèvres étirées en un sourire. Il avait l'impression que son cœur allait exploser de tant de joie. Il se croyait condamné à aimer une personne qui ne réciproquerait jamais ses sentiments. Et en ce moment, la seule chose sur laquelle il pouvait se concentrer était cette langue qui se faufilait sournoisement entre ses lèvres, suivant ses dents avant de retrouver sa partenaire et l'inciter à danser. S'enlaçant, tournoyant, glissant l'une sur l'autre, si sensuelles qu'il ne put empêcher un gémissement de sortir. Un désir venant du plus profond de son être monta en lui jusqu'à ce qu'il ne sache plus où il était. Il agrippa l'arrière de la tête de Draco, fourrageant ses cheveux. Le blond avait un goût à la fois mentholé et doux, il voulait plus, il avait besoin de plus.

Ils ne savaient pas combien de temps s'était écoulé, dix minutes, peut-être plus ou peut-être moins, avant qu'ils ne doivent malheureusement se séparer. Ils ne se quittèrent pas des yeux en reprenant leur souffle, tentant tant bien que mal de calmer les battements effrénés de leur cœur. Ils ne réussirent cependant pas à retenir leurs mains qui caressaient tout carré de peau qu'elles pouvaient atteindre. Un sourire béat se trouvait sur leur visage. Draco ne se lassait pas de parcourir Harry de son regard, prenant en compte le moindre petit détail. Il posa sa main sur la joue pourpre de plaisir, laissant son pouce suivre la courbe des lèvres pulpeuses qu'il avait goûté.

- Pas mal du tout pour un premier baiser non ? dit le blond un rictus aux lèvres.

Le brun rougit d'embarras, avant d'aller cacher son visage dans le cou du Serpentard, le sentant vibrer alors que ce dernier riait. Il se perdit un instant dans son odeur musquée puis, une fois sa gêne passée, sortit de sa cachette. Il prit le visage de Draco entre ses mains et l'embrassa chastement sur les lèvres, après quoi il recula et dit avec un sourire étincelant :

- Vraiment pas mal du tout.

Draco le lui rendit avant de l'attirer à lui pour une nouvelle tournée de baisers, entrecoupés de caresses, rires et doux chuchotements. Ils passèrent ainsi le reste de leur soirée, dans leur petite bulle. Et Harry se dit qu'il n'y avait pas mieux comme commencement…

Fin Flashback

À suivre…


Voilà, voilà c'est déjà fini. Ce chapitre est un peu plus court que le précédent mais j'espère qu'il vous a plut !

Oui je sais Harry est un boulet phénoménal mais croyez bien que je me suis bien amusée à écrire ce passage là XD et j'espère que vous avez bien rit en le lisant.

Bref, je vais faire au plus vite pour vous écrire la suite qui devrait, je pense, avoir un lemon ou un lime en tout cas... ou peut-être les deux, je verrais à ce moment-là XP

J'attends vos revews avec grand impatience et je sais déjà que je les lirais avec grand plaisirs ^^

En attendant, je vous salut mes camarades ^^

A bientôt !