19 - Des nouvelles du Gondor

Haldir était un partenaire d'entrainement idéal pour Boromir. Autant l'elfe que l'homme avaient besoin de reprendre la forme. Tous les deux semblaient bien heureux de pouvoir s'entrainer ensemble. Seulement, tous les deux ne devaient pas abuser de leur force. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'Alfarin veillait à ce qu'ils n'en fassent pas trop.

Mais après quelques jours, les nouvelles de la guerre parvinrent jusqu'à eux et pour Boromir, c'était loin d'être encourageant.

- Les orcs du Mordor marchent sur le Gondor. Un groupe s'est infiltré à Osgiliath et occupe les lieux. L'armée du Gondor a dû battre en retraite pour éviter le pire. Gandalf a réussi à éloigner les nazguls et sauver les archers aux prises avec ces créatures sombres. Malheureusement, un bien plus grand nombre d'orcs est en vue de Minas Tirith et devrait atteindre la cité dans quelques jours. Dit Alfarin tristement.

- Vous avez dit Gandalf? Mais Gandalf est tombé dans les mines de la Moria et…

- Il fut sauvé par les aigles et ramené en Lorien pour y être soigné. Il a d'ailleurs été nommé le nouveau magicien blanc. Il a pour mission de reprendre le bâton magique de Saroumane. Lorsque j'ai quitté Helm, les membres restants de la communauté et le roi Theoden devaient se rendre en Isengard pour l'affronter. Dit Haldir pour répondre aux commentaires du Gondorien.

Boromir savait très bien que les elfes pouvaient faire des miracles. Il en était lui-même la preuve. Puis il regarda les deux elfes et dit nerveusement :

- Oh Seigneur!... Si les orcs sont si nombreux, ils n'ont aucune chance. C'est l'extermination du peuple du Gondor pur et simple…

- Pas nécessairement… dit Caldoren qui se pointait près d'eux.

Sarafin et Séphora étaient en sa compagnie lorsqu'il se joignit aux elfes et à l'homme. À l'air de Boromir, il était évident qu'il avait besoin d'encouragement. Haldir demanda alors au Seigneur des rivières.

- Pas nécessairement?... Que voulez-vous dire?

- Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir. Tout peut encore se produire. Les hommes ont remporté la victoire en Rohan. Pourquoi ne le pourrait-il pas en Gondor. Les hommes du Rohan font route sur Minas Tirith. Ils devraient atteindre la cité dans quelques jours. Ils pourront ainsi appuyer l'armée du Gondor jusqu'à l'arrivée des renforts. Dit Caldoren en souriant.

- Les renforts? Mais quels renforts? Les Rohirrims sont les seuls alliés importants du Gondor. Ils viennent à peine de sortir d'une guerre, ils ne seront pas assez nombreux. Et vous croyez que ce sera suffisant? Dit Boromir désespéré.

- Vous oubliez ceux des montagnes de Dimholt. Dit Caldoren

Haldir et Boromir se tendirent à la seule mention de la montagne de Dimholt. Caldoren eut un sourire en coin. Haldir secoua la tête négativement et Boromir lui dit :

- Vous parlez des… mais ce sont des traitres et des meurtriers. Ils n'ont aucun honneur. Ils n'accepteront jamais de venir à notre aide. Dit Boromir frustré et en colère.

- Ils écouteront le roi du Gondor s'il en fait la demande. Auriez-vous déjà oublié l'histoire de votre peuple? Isildur a pourtant réussi à obtenir la promesse de leur venir en aide. Les habitants des montagnes ont le devoir de respecter cette promesse Dit Caldoren

- Ils ont manqué à leur parole aussi. Et vous croyez que ce sera différent maintenant? Ajouta Boromir furieux.

Haldir sentait que Boromir avait du mal à contrôler sa colère et pour le calmer, il posa une main rassurante sur son épaule et la pressée légèrement. Boromir ferma les yeux et prit une profonde respiration. Il dit alors un tremblement dans la voix :

- Et qu'est-ce qui les obligera à accepter? Demanda Boromir.

- Votre ami rôdeur a en sa possession l'épée de Narzil. Elle a été reforgée dans les ateliers d'Elrond. Les habitants des montagnes ne pourront nier que l'héritier d'Isildur est de retour. Ne lui avez-vous pas porté allégeance? Je pense qu'il a compris ou était sa place et il fera en sorte qu'il le prouve. Dit Caldoren calmement.

Boromir était trop surpris pour répliquer. Caldoren avait raison, il avait porté allégeance à l'héritier d'Isildur parce qu'il croyait en lui. Il soupira lourdement, peu convaincus de l'aide des habitants de Dimholt. Mais soudain, il se tendit et regarda du côté d'Haldir. Sarafin avait le même air que lui et Boromir dit avec empressement :

- Ma famille!... Je dois rejoindre ma famille... les sortir de là. Je dois les mettre à l'abri. Dit-il en approchant Caldoren craintivement.

- Allons, du calme Capitaine. Il n'est pas trop tard pour les prévenir du danger. Je suis sûr que notre ami Haldir peut s'occuper de ça. Dit Caldoren en regardant Haldir moqueusement.

Haldir sursauta à la mention de son nom et regarda le Seigneur des rivières avec surprise. Caldoren dit alors à l'elfe de la Lorien :

- Votre partenaire d'entrainement n'est pas en état de chevaucher jusqu'à Minas Tirith. Il nécessite encore des soins qu'il me fera plaisir de lui donner. Quant à vous, cher ami, vous êtes un elfe et en mesure d'atteindre la cité sans danger. Lady Sarafin et Lady Séphora vous accompagneront. Un guérisseur de plus ne sera pas de trop lorsque les combats seront finis en Gondor.

Boromir approuva de la tête et regarda du côté d'Haldir. Ce dernier lui sourit et lui dit pour apaiser ses craintes :

- Ne vous en faites pas Boromir, je prendrai soin de votre famille. Dès que les routes seront plus sécuritaires, je prendrai les dispositions nécessaires pour qu'elle vous rejoigne le plus vite possible. Dit Haldir

Boromir se sentit soulagé, mais pas rassuré pour autant. Il sourit timidement à l'elfe et se résigna à attendre sagement le moment de rejoindre sa famille.