Il la regardait, à présent. Elle sirotait son thé, un peu distraite.
-Vous aimez le thé à la cannelle? lui demanda t'il, plus pour dire quelque chose que par réel interêt
-Vous allez vraiment m'interroger sur mes goûts en matière de thé?
Ils se sourirent.
-Je vous montre vos quartiers?
-Volontiers
Ils montèrent à l'étage, ou il ouvrit une porte sur la droite. Une petite chambre austère, mais propre.
-C'est tout ce que j'ai, s'excusa t'il
-C'est parfait
-Vous devez être habituée à un plus grand luxe pourtant, dans le manoir familial
-Ce ne sont pas de beaux meubles qui font un bon foyer.
Il eut la désagréable impression qu'elle ne savait que trop bien de quoi elle parlait.
-Je vous laisse vous installer.
Il redescendit, pensif, dans la cuisine.
Les jours s'écoulèrent, rythmées par les réunions de l'ordre. Une chaleur étouffante s'était abattue sur Londres, et plongeait tout le monde dans une sorte de torpeur. Même les mangemorts semblaient endormis. Severus jouait à merveille son rôle d'espion , même si cela lui mi-juillet arriva, et un soir , en rentrant chez lui, Severus se rendit compte que sa maison froide avait quelque chose de différent; les lumières brillaient aux fenêtres et une odeur de cookies le submergea dès qu'il entra dans la maison.
Samara était dans la cuisine, et chantonnait en cuisinant. Une histoire de marches, de belle et de cordonnier, une comptine enfantine; Probablement. Elle portait une robe rouge, et malgré la chaleur, un gilet en crochet blanc.
Il se fit soudain la réflexion qu'il suffisait de bougies, de cookies et d'une jolie brunette aux yeux bruns pour faire de sa Maison froide un vrai foyer. Severus n'y avait jamais pensé; peut etre qu'il n'avait jamais pensé qu'il aurait eu cette chance
Samara se retourna et il s efforca, sans succès, de prendre un air impassible.
-Bonsoir Severus!
Elle lui souriait. Bien peu de gens l'acueillaient avec le sourire. Il ne put s'empêcher de lui rendre son sourire
-Bonsoir Samara. Il jeta un coup d'oeil au dessus de l'épaule de la jeune femme. Ce sont des cookies?
-L'odorat développé du professeur de potions? Oui. Sans noisettes, je suis allergique.
Severus décréta immédiatement qu'il n'aimait plus les noisettes.
-J'ai pensé que nous pouvions dîner sucré ce soir. J'ai fait des cookies, un cake aux fruits et une brioche. Ca vous tente?
Le maître des potions, la regardant mordiller sa jolie bouche rose, concentrée sur ses dosages, songea que ce n'était pas les cookies qui le tentaient le plus.
Il la regardait , comme un ver de terre regarderait une étoile, et lorsqu'elle lui tendit l'assiette pleine de cookies chauds en lui faisant un sourire malicieux, il sut qu'il était tombé amoureux. Et que ce n'était vraiment pas le moment.
Il n'arrivait plus à penser à autre chose qu'à elle. Son occlumencie était mise à rude épreuve depuis qu'il la connaissait. Il se tournait et se retournait dans son lit la nuit en pensant à elle. Il ne pouvait pas attendre le petit déjeuner tellement il avait hâte de la voir.
Lorsqu'elle partit dans la cuisine pour faire la vaisselle, il la suivit, pensif, et commença machinalement à essuyer la vaisselle qu'elle lavait. Lorsque leurs mains se frôlèrent, il ne parvint plus à se maîtriser. Il laissa échapper le plat par terre.
Elle le regarda, surprise, et lorsqu'elle ouvrit la bouche pour lui demander des explications, il l'embrassa. Il ne réflechit pas. Pour une fois, il n'avait aucune envie de réflechir. Après le premier moment de surprise passée, elle lui rendit son baiser. Il la prit par la taille pour approfondir leur baiser, et leurs mains se scellèrent. Cela faisait des années qu'il ne s'était pas senti aussi bien. Aussi vivant. Lorsqu'ils rompirent leurs baiser, essoufflés, il ne sut plus quoi faire, ni comment réagir; il plongea ses yeux noirs dans les yeux noisette de la jeune femme. Il se pencha à nouveau vers elle, et effleura ses lèvres, doucement.
-Bonne nuit, Samara. lui murmura t'il.
Puis, troublé, n'osant pas la regarder, il monta dans sa chambre, le cœur battant, et ferma sa porte.
