Sebastian arriva devant la clinique, et il vit que la lumière était éteinte, à nouveau. Il frappa à la porte sans ménager sa force, mais aucune réponse ne vint.
Anders devait encore être de sortie avec Nathaniel. Qu'importe, il s'adossa à la porte et attendit, la mâchoire serrée de colère. Il était venu dans l'optique de dire ce qu'il avait sur le cœur, et ne comptait pas repartir sans l'avoir fait.
Environ deux heures plus tard, le mage arriva, clairement saoul, titubant et peinant à maintenir son équilibre. Il aperçut l'archer au loin, et fit un grand geste de la main pour le saluer avant de s'approcher, un grand sourire fixé sur son visage.
Le prince ne lui rendit pas son sourire, au contraire, cela l'agaçait encore plus.
« Sebastian ! Quelle bonne surprise ! Vous auriez dut venir avec nous, c'était bien amusant » dit l'apostat, faisant bien sentir l'alcool au chantriste qui grimaça à l'odeur « Mais à part ça, que puis-je faire pour vous en cette belle soirée ? » Demanda Anders tout en déverrouillant la porte et entrant, suivit de l'homme en armure blanche
« Je vous qu'en effet vous vous êtes bien amusé » répondit-il d'un ton glacial « Regrettable que votre ami n'ai pu rester plus longtemps »
Le mage fut surpris par l'intonation du brun, et son sourire s'effaça
« Euh, oui, en effet, ça aurait été bien qu'il puisse rester un peu plus » tenta-t-il, incertain de ce que l'archer pouvait bien vouloir dire, mais le ton de ce dernier commençait à faire descendre l'alcool
« J'imagine qu'avoir un substitut sous la main quand on refuse vos avances doit être bien pratique »
« Mais de quoi parlez-vous ? » l'apostat était de plus en plus confus, et cela commençait un peu à l'énerver
« Je dois dire que je ne vous pensait pas du genre à passer d'une passion à l'autre. Moi qui m'imaginait que vous aviez une réelle attirance, ce n'était qu'illusion, n'est-ce pas ? Je n'étais qu'une opportunité, et elle est passée. Du coup, autant vous reporter sur une autre proie, une qui ne vous dira pas non, n'est-ce pas ? » Sebastian commençait à monter le ton, ne se rendant même plus compte de ce qu'il disait, cette fois, ses émotions prirent la parole
« Vous vous moquez de moi ? » Rétorqua Anders, qui avait rapidement dessaoulé après les accusations du prince, et éleva encore plus la voix que son interlocuteur « Attendez, vous pensez que Nathaniel n'est rien de plus qu'un amant d'un soir ? M'insulter moi, c'est une chose, mais insulter mon ami c'en est une autre, et je vous interdit de vous en prendre à lui ! »
« Et pourquoi pas ? Vous vous valez bien, certainement, et quelle déception. Dire que j'ai failli faire une erreur avec vous. Dire que j'ai failli passer la nuit avec vous, me voilà bien content d'avoir manqué cette chance, vous n'avez que faire des sentiments des autres, tant que vous y trouvez votre compte » L'archer en était à hurler pour surpasser le niveau sonore du mage
« Il suffit ! Ne prétendez pas tout savoir de moi ! Si cela vous intéresse, Nathaniel et moi n'avons jamais couché ensemble, ni ce soir, ni jamais, et si votre condescendance pouvait se calmer ne serais-ce qu'un instant, vous seriez capable d'arrêter de juger les gens aussi vite ! Mais qu'espérer, hautain un jour, hautain toujours, pas vrai ? Et si vous êtes passé si près d'une nuit de sexe, ce n'est pas à moi qu'il faut s'en prendre, à moins que vous auriez préféré que je vous force à nouveau ?»
« Oser me prétendre hautain ? Ne vous rendez-vous pas compte de tout ce que vous m'avez fait ? Vous avez brisé mes vœux de chasteté par la force, m'avez embrassé à me faire douter de ma foi, m'avez plongé dans un torrent de questions sur moi-même, et le pire est que malgré tout ça vous êtes quand même parvenu à me séduire ! »
Un silence de mort suivit cette déclaration. Quand Sebastian s'était rendu compte de ce qu'il avait dit, il était devenu livide. Anders était resté sans voix, les yeux écarquillés. Avait-il vraiment séduit le prince ? C'était inimaginable, et pourtant…
« Est-ce…vrai ? » tenta l'apostat « Avez-vous réellement des sentiments pour moi ? »
« Je…ne sait plus rien. Vous qui êtes un mage, qui cohabitez avec un esprit, qui n'a aucune honte à coucher avec des hommes, qui représentez tout ce qui n'est pas de mes points de vue, êtes pourtant la personne dont je me sens le plus proche. Pourquoi a-t-il fallut que ce soit vous ? Pourquoi a-t-il fallut que je ressente de la jalousie en vous voyant si proche d'un autre ? » Répondit l'archer, reprenant un ton élevé, mais tremblant
« Cessez de m'accuser à tout va, si je vous dégoute tant, vous ne seriez pas ici que je sache ! » il était facile de provoquer le mage qui éleva à nouveau la voix
« Et si vous essayiez d'ôter vos œillères suffisamment longtemps pour comprendre, vous seriez capable de voir que je ne vous insulte pas mais que je me tue à vous dire que je vous aime malgré vos défauts ! »
Puis, avant qu'il ne puisse comprendre ce qu'il faisait, ou qu'Anders puisse enregistrer pleinement les mots de Sebastian, celui-ci se jeta sur lui, pris son visage entre ses mains et l'embrassa fougueusement, introduisant immédiatement sa langue dans sa bouche.
Le mage ne put que gémir, la force du baiser et la dominance de l'archer étaient irrésistibles. Il se remit rapidement et répondit en redoublant de passion, passant ses mains autour de la taille du brun, rapprochant son bassin du sien. Au contact du corps de l'apostat, l'autre soupira, et mordilla la lèvre inférieure du guérisseur.
Celui-ci ne refusa pas cette invitation, et saisi les fesses du prince qui s'était attaqué à son cou. Si Sebastian avait fait le premier pas, Anders savait que c'était à lui de prendre la suite en main, conscient du manque d'expérience du chantriste dans le domaine du sexe avec un autre homme, mais cette fois-ci, il comptait faire les choses correctement.
Il se laissa faire un moment, ne voulant pas interrompre les baisers de l'archer il rejeta la tête en arrière et soupira de plaisir. Puis, imaginant déjà la suite, il saisi fermement la chevelure de Sebastian, tira sa tête en arrière, recevant un gémissement en retour, et prit possession de ses lèvres tout en le poussant contre le mur adjacent. Forçant la proximité entre leurs corps, Anders se sentait devenir plus animal. Il avait le droit, cette fois-ci, et se libéra totalement, ses mains avaient déjà trouvé les attaches de l'armure blanche et commencé à les défaire.
Le prince l'aida dans sa tâche, refusant de briser le baiser enflammé de l'apostat. A ce moment là, il se fichait bien de sa foi, de ses vœux, de tout, il avait succombé, et il ne voulait même plus revenir en arrière, bien au contraire.
Il désirait le mage, et son corps se souvenant encore de ses années de débauche, il pressa son bassin contre celui de l'autre une fois que son armure était entièrement à terre. Sebastian sentait le guérisseur trembler de désir, combien de temps avant qu'il n'en puisse plus et lui montre une extase qu'il ne pouvait qu'imaginer ?
Anders eut rapidement fait d'ôter encore des vêtements de l'archer, jusqu'à ce qu'il ne reste plus que son pantalon, mais il ne voulait pas presser les choses. Le prince, ne voulant pas être totalement dominé par le mage, défit les attaches de sa robe, l'envoyant balader au loin et put enfin passer ses mains sur le torse sculpté de l'apostat, en appréciant chaque muscle et ressentant la chaleur qui émanait de son corps.
L'apostat frémit au contact des mains de l'archer, et plus encore quand celui-ci laissa ses ongles griffer sa peau au rythme de chaque légère morsure que le blond administrait au cou du chantriste.
Il lui fallait aller plus loin, ce n'était plus une simple envie, mais un besoin, une nécessité. Anders saisi violement le bras de l'archer et l'envoya sur une couchette à proximité, ne se faisant pas prier pour y monter aussi.
Se plaçant à califourchon sur le torse de Sebastian, il se pencha pour pouvoir l'embrasser à nouveau. Il ne pouvait se passer du gout des lèvres du prince, il en voulait encore et encore, c'était comme une addiction, et le brun semblait tout aussi avide de ces baisers.
Finalement, le mage délaissa la bouche princière pour laisser sa sienne descendre le long de son cou puis de son torse, accompagnée de sa langue qui glissa sur la peau de l'archer. Anders s'attarda sur les tétons de sa proie qui ne put que gémir aux suçons bien placés de l'apostat qui parfois mordait délicatement la chair désirante de contact plus poussé encore.
Anders n'avait pas besoin de baisser les yeux pour savoir que le prince avait une érection, tout comme lui, qui tentait de retenir la part la plus sauvage de sa personne. Mais plus il descendait le long du torse musclé de l'archer, plus ses baisers devinrent violents, et plus ses morsures marquaient la chair, ce qui n'était pas pour déplaire à Sebastian, dont les gémissements devenaient de plus en plus audible, ce qui ne fit que renforcer la passion des gestes du mage.
Arrivé au niveau du pantalon du chantriste, il le tira lentement vers le bas alors que sa bouche était presque au niveau du membre enflé de l'archer qui frémissait d'avance. Il ne pouvait que regarder l'apostat, et quelle vision…mais quand le mage posa ses lèvres sur son érection, il se senti haleter de plus en plus, anticipant la suite, pourtant, Anders restait au niveau du gland, suçotant, et laissant sa langue caresser le bout de son pénis.
Alors qu'il allait demander au guérisseur pourquoi il n'allait pas plus loin, ou plutôt, qu'il allait le supplier de ne pas s'arrêter, celui-ci leva les yeux, lui lançant un regard sulfureux et dominant faisant frissonner l'archer qui comprit que l'apostat faisait les choses à son rythme, et qu'il comptait bien faire monter le désir au maximum.
Estimant qu'il l'avait suffisamment fait attendre, et se disant qu'il se sentait de plus en plus restreint par son pantalon, il baissa sa tête, prenant un peu plus Sebastian en bouche. Ce dernier ne put retenir le cri étouffé qui lui échappa, c'était impossible de résister à cette sensation.
Et plus le mage continuait, plus il descendait, et le prince ne pouvait qu'exprimer le plaisir qu'il prenait, car l'apostat augmentait son allure aussi. Avec en plus de son savoir faire, sa façon se laisser la langue le lécher en même temps, sa façon de changer de rythme, sa façon d'utiliser sa main en même temps, sa façon de délaisser le membre de l'archer pour glisser sa langue sur ses testicules amenaient le prince près de la jouissance bien plus vite qu'il ne l'aurait voulu.
Bien qu'il essayait de ne pas jouir trop vite, il suffit qu'Anders lève les yeux une fois et croise son regard tandis qu'il continuait la fellation pour qu'il arrive à bout.
« A-Anders » souffla tant bien que mal Sebastian « Je ne tiens plus »
Mais le mage ne s'arrêtait pas, et le brun se demanda s'il l'avait entendu, cependant, quand il essaya à nouveau de dire à l'apostat qu'il allait jouir, ce dernier fit en sorte d'intensifier ses mouvements de tête. Sebastian comprit que le guérisseur ne comptait pas s'arrêter, et il se laissa finalement éjaculer.
Pendant un moment, l'apostat ne bougea pas, et quand il releva enfin la tête, le prince s'aperçût qu'il avait avalé sa semence, et que son regard animal ne l'avait pas quitté. Il n'en avait pas fini avec l'archer, c'était évident.
Anders savait bien ce qu'il faisait, il aurait pu s'occuper de Sebastian qu'un court moment, puis le prendre directement, mais sachant que cela devait faire un bon moment que celui-ci n'avait pas eu de relations sexuelles, le faire jouir avant lui permettrait alors de faire durer l'acte plus longtemps.
Il ne voulait pas d'une nuit égoïste, où seul son plaisir compterait, il voulait faire connaître quelque chose d'inoubliable au prince, et ce semblait bien parti, au vu des expressions de plaisir qu'il avait entendu précédemment.
L'apostat remonta vers l'archer, et l'embrassa dans le cou, se disant qu'il vaudrait mieux éviter la bouche après ce qu'il venait de faire. Mais le chantriste semblait n'en avoir cure, il poussa le mage sur le côté et se mit sur lui, l'embrassant à pleine bouche et n'hésitant pas à introduire sa langue entre les lèvres du mage
Embrasser ainsi un homme qui venait d'avaler avait une certaine sensualité, et cela éveilla encore plus l'animosité dormante de Sebastian qui glissa sa main dans le pantalon d'Anders pour le caresser.
Voilà quelque chose qu'il savait encore bien faire, et le guérisseur se mit à gémir. L'apostat sentait son désir monter de plus en plus, et voulait partager cette sensation avec l'archer. Défaisant le baiser, il amena la tête du brun dans son cou, où l'autre l'embrassa et le mordit sans hésiter mais cela lui laissait surtout la possibilité de gémir à l'oreille du prince.
Entendre si clairement les expressions de plaisir du mage ne fit qu'enflammer à nouveau Sebastian, qui ne put qu'accompagner Anders dans ses halètements. Celui-ci ne tenait plus, il allait vite devoir passer aux choses sérieuses, ou il deviendrait fou. Il saisi le prince et le caressa avec la même fougue que son amant, voulant l'approcher de son stade de désir.
« Je ne peux plus attendre, Sebastian » lui murmura-t-il
Puis vinrent les mots qu'il attendait
« Alors prenez-moi » souffla le prince
Sans plus attendre, Anders fit à nouveau basculer le chantriste sut le côté pour prendre le dessus encore une fois.
D'un geste rapide, il retira entièrement le pantalon de l'archer dont la respiration s'était accélérée
Sebastian sentait son cœur battre plus vite que jamais d'anticipation, il voulait sentir le mage en lui
Celui-ci le regardait, les yeux brûlants de passion, tandis qu'il se baissa au niveau de l'entrée du prince, suréleva légèrement ses jambes et les cala avec ses bras.
Il caressa lentement le prince de sa langue, appuyant de plus en plus ses mouvements et le pénétrant un peu plus à chaque fois. Le chantriste ne pouvait que frémir à cette sensation, la chaleur de la langue d'Anders était si douce, et si excitante à la fois qu'il agrippait les draps sans même s'en rendre compte.
Quand il sentit un doigt, puis un deuxième s'introduire en lui, il ne pouvait qu'accompagner les mouvements experts du mage avec des gémissements de plus en plus audibles.
L'archer baissa les yeux, croisant le regard de l'apostat qui comprit qu'il ne pouvait plus attendre. Il le voulait maintenant
Le blond se releva et ôta son pantalon, laissant à Sebastian le luxe de l'admirer entièrement. Son visage, ses yeux sauvages, sa bouche dont les lèvres entrouvertes laissaient échapper son souffle appuyé, son corps sculpté dont les cicatrices n'enlevaient aucune beauté, et son membre en érection qui lui faisait tant envie.
Le prince ne put dévorer du regard plus longtemps, car Anders se replaça à genoux devant lui avant de saisir ses jambes pour le rapprocher de lui.
Il se positionna, et doucement, pénétra le chantriste qui d'abord grimaça de douleur, mais le regard rassurant de l'apostat et la délicatesse de ses mouvements l'habitua vite.
Ses va-et-vient étaient d'abord lents, puis peu à peu s'accélérèrent, faisant gémir le brun de plus en plus fort, et bientôt, c'étaient des cris qui s'échappaient de ses lèvres. Le mage non plus ne pouvait pas taire ses propres expressions de plaisir, malgré ses précédentes expériences avec des hommes, aucune ne lui avait procuré plus de plaisir que celle-ci.
L'apostat dut se retenir plus d'une fois, les sensations étaient telles qu'il se senti sur le point de jouir à plusieurs reprises, le forçant à ralentir ou même s'arrêter le temps de calmer ses ardeurs, ce qui arrangeait quelques peu Sebastian, qui peinait aussi à se retenir, chacun voulait faire durer l'acte autant que possible.
Voilà une extase que l'archer n'avait jamais connue et il ne voulait pas que ça s'arrête.
La vision d'Anders le prenant, la sueur gouttant le long de son torse, était enivrante, mais c'est quand le mage se colla contre lui, sans arrêter ses coups de boutoir, laçant ses bras autour du corps du brun que celui-ci se senti le plus léger, comme dans un rêve tant l'excitation était grande.
Il passa également ses bras autour du mage, l'embrassa entre ses cris de plaisir, mais il sentait qu'il ne pourrait bientôt plus tenir, et il semblait qu'il en soit de même pour l'apostat.
« Je ne tiens plus » dit-t-il d'une voix essoufflée
« Moi non plus » répondit le prince
Prenant ça comme une autorisation, il intensifia les mouvements de bassin, au point que Sebastian crut réveiller tout le quartier tant le plaisir était fort.
Finalement, le mage se libéra, faisant sentir au prince la chaleur de sa semence, et celui-ci jouit lui-aussi, quelques instants après le blond.
Les deux hommes restèrent ainsi, sans bouger pendant un moment. Se regardant droit dans les yeux, ils se sentaient tout deux tellement sereins, tellement à l'aise, c'était un confort qui leur était inconnu jusque là.
Mais Anders le savais de courte durée. Il savait que son plan empêcherait toute relation avec le chantriste, et il était impossible de changer de priorité, pas après s'être battu tant d'années pour les siens. Il s'était déjà juré que rien ni personne ne l'arrêterait, et il ne comptait pas changer d'avis maintenant.
Sebastian remarqua l'air peiné qui traversa le visage de l'apostat et fut sur le point de lui demander ce qui n'allait pas, mais le mage s'était déjà relevé pour s'asseoir sur le bord de la couchette, tournant le dos à l'archer.
« Est-ce que…tout va bien ? étais-ce si décevant ?» demanda-t-il finalement, hésitant
Un léger sourire passa sur les lèvres du mage, mais il disparut aussitôt
« Loin de là, je peut même vous assurer que c'était la meilleure fois de ma vie »
Cette remarque fit légèrement sourire l'archer qui ne s'attendait pas à un tel compliment.
« Cependant… » L'apostat n'arrivait pas à sortir le reste de sa phrase, sa gorge s'était serrée et il se senti perdre sa voix. Il déglutit et inspira profondément avant de se forcer à continuer « Je suis réellement aussi abjecte que vous le disiez. Et vous n'imaginez pas à quel point je me hais. Je sais que c'était dur pour vous d'accepter les relations entre hommes, plus encore d'y prendre part, vous en êtes même venu à m'aimer, et malgré la réciprocité de ces sentiments, je crains de devoir vous dire que ce que nous venons de partager ne pourra plus jamais se reproduire. »
Ces mots laissèrent l'archer sans voix et il senti son cœur se nouer. Après quelques instants de silence, il parvint à mettre suffisamment d'ordre dans ses pensées pour répondre, mi- effondré, mi- enragé.
« Comment pouvez-vous dire une chose pareille ?! Autant me refuser si c'était pour me jeter juste après ! »
Anders lui lança un regard empli de tristesse et lui accorda même un sourire tout aussi mélancolique. Il pouvait voir la colère dans les yeux de Sebastian, mais passa tout de même sa main dans le cou du brun, amenant doucement sa tête vers la sienne pour l'embrasser tendrement.
Le baiser effaça la rage qui montait chez le chantriste et celui-ci y répondit, mais quand le blond sépara ses lèvres des siennes, il restait un gout amer.
« Oui. J'aurais très certainement dut vous refuser. J'ai été égoïste, et faible, mais je mentirais si je vous disais regretter ce qui s'est passé. Mais rester à mes côtés vous fait prendre trop de risques. Justice est toujours en moi, et jamais je ne me le pardonnerais s'il vous arrivait quoique ce soit par ma faute »
« Cessez de me prendre pour un enfant, je ne suis pas sans défense, et puis vous êtes en train de préparer une potion pour vous séparer de Justice, cela rendra les choses-»
« Pas moins impossibles » coupa le mage « Même sans cela j'ai toujours une cause à défendre, un idéal qui n'est pas le vôtre, qui me rend ennemi des templiers, et ce n'est pas ce que je souhaite pour vous. Vous avez un trône à reprendre, et c'est votre devoir, de même que le mien est de me battre pour mes confrères »
Sebastian savait qu'il avait raison mais ne voulait pas l'admettre. Il avait envie d'envoyer balader le trône d'Osterburg, mais restait le fait de la cause des mages, et Justice.
Il dût se résigner. Il valait mieux garder en mémoire l'intimité et l'extase qu'ils venaient de partager, et en rester là.
Lentement, le prince se leva de la couchette, non sans difficulté, et remit ses vêtements puis son armure, sans dire un mot. L'apostat se tut aussi, et son visage était vide d'expression, ses yeux semblaient éteints et sans vie.
Alors qu'il était sur le point de passer la porte, l'archer lança un dernier regard à Anders, qui fixait le sol, puis, toujours dans un silence de mort, il ouvrit la porte et sortit de la clinique en la laissant se refermer lourdement derrière lui.
