Disclaimer : Les personnages de cette fiction appartiennent à Masashi Kishimoto.
Descendant les marches pour rejoindre le métro, il soupira. Il n'aimait pas prendre le métro alors qu'il faisait du sport – du jogging, pour être précise. Mais le temps capricieux ne lui avait pas laissé le choix. Il pleuvait à présent à grosses gouttes et beaucoup se précipitaient pour se mettre à l'abri et ne pas être mouillé – se bousculant même à moment, pressé d'avoir un train. Heureusement pour lui, il n'était pas particulièrement trempé, surtout qu'il n'aimait pas être mouillé de la tête aux pieds. Dans le cas présent, il était humide de sueur, alors c'était excusable. Après tout, il avait couru et ce, pour des raisons différentes de ces abrutis qui, malgré leur effort, se retrouvaient dégoulinant d'eau. Soupirant une nouvelle fois, il s'installa debout, appuyé contre une barre prévue à cet effet, pour attendre le prochain train. Il sortit ses écouteurs bleus, les brancha à son portable et lança la musique.
Un mouvement à sa droite lui fît tourner la tête – il ne l'avouerait jamais mais il était curieux de nature. Il eut un très léger mouvement de recul en découvrant une tête blonde et trempée. Son cœur s'accéléra, et discrètement, il se pencha en avant. Trois fines cicatrices sur la joie qu'il vit et, un œil. Il se redressa vivement, comme électrisé. Bleu azur, comme la dernière fois, ou presque. Ce bleu-là était éteint, moins vif, plus fade, voire triste. Les mains devenues moites, le cœur tapant sa poitrine et le visage pourtant impassible, il ne réfléchit pas et se défit de son écouteur gauche. D'un geste sûr et précis, il passa deux doigts dans les cheveux blonds et mouillés, dévoilant une oreille et inséra l'appareil.
Dans la manœuvre, le jeune homme blond avait sursauté, surpris. Le temps de tourner la tête dans sa direction, il perçut la musique et ses yeux s'agrandirent en le voyant, mais surtout en le reconnaissant. Mais déjà, l'autre avait tourné la tête. Il resta quelques secondes à le fixer, gênant son voisin – qui, sans le voir, sentait son regard – avant de sourire doucement. Il se réinstalla, plus proche de l'autre. Le train arriva mais ni le blond, ni le brun ne bougea.
Au bout d'une demi-heure, à l'arrivée d'un énième train, le blond se redressa et retira l'écouteur. Il souffla un « merci » au creux de l'oreille du brun, lui arrachant un frisson, puis lui remit l'oreillette en place. Il monta dans un wagon, les portes se fermèrent. Leur regard se croisa ; le bleu azur avait retrouvé son éclat. Le train partit avec le blond.
Le joggeur resta sur le quai avec son cœur battant à nouveau contre sa poitrine.
