La louve perdue

POV Edward

Je chassais avec ma famille lorsque, humant l'air, une odeur nauséabonde parvînt à mes narines. Encore ces fichus cabots. Ils ne pouvaient donc pas rester sur leurs terres, il fallait forcément qu'ils viennent sur les nôtres. Je m'élançais dans la direction de cette odeur dérangeante, ma famille s'interrogeait sur les raisons de ce brusque changement de comportement mais ils me suivirent sans poser les questions que j'entendais résonner dans ma tête et qui leur brûlaient les lèvres. J'arrivais dans une clairière et j'y vis un loup blanc, je me concentrais sur ses pensées mais n'entendis rien. Surpris, je me concentrais de plus en plus sur l'esprit du loup mais je n'entendais toujours rien.

« Edward, entends-tu ce qu'il pense? » demanda Carlisle.

« Non je n'entends absolument rien. »

« Je vais appeler les Quileutes, peut être le connaissent-ils. » hasarda mon père adoptif.

« Oui. Faites attention, il est peut être dangereux. Ne vous approchez pas de lui ! » les prévins-je.

Ma famille et moi regardions le loup pendant que Carlisle appelais les loups. Je cherchais toujours à percevoir ses pensées. Je percevais des signes vitaux, il n'était donc pas mort, j'aurais dû alors réussir au moins à capter des rêves ou des pensées déliées. Je me concentrais de toutes mes forces sur le loup, à tel point que je ne fis plus attention à ce qui m'entourait et je ne sentis pas arriver la meute. Mon père mit sa main sur mon épaule et je sortis de la transe dans laquelle j'étais tombé. Ils étaient tous sous leur forme lupine. Je voyais dans leur esprit qu'ils essayaient de contacter le loup mais ils n'y parvenaient pas plus que moi. Ils étaient sûrs d'une chose : c'est une des leurs mais ils ne la connaissaient pas. Attends, ils viennent de penser que c'était une femelle. Le gros loup noir me regarda fixement.

«C'est une femelle et d'après ce que je peux constater. Ça fait très longtemps qu'elle n'a pas pris forme humaine, c'est pour ça que nous n'arrivons pas à la contacter par la pensée. Il faut appeler Jacob… J'arrive pas à croire que je vais dire ça mais c'est lui l'alpha de sang, il devrait être capable de communiquer avec elle, il est avec son père chez le chef Swan. Tu pourrais l'appeler? C'est trop risqué pour tout le monde que l'un d'entre nous change de forme maintenant.»

J'acquiesçais d'un signe de tête. J'extirpais mon cellulaire de ma poche et appelais le Quileute.

« Jacob? C'est Edward Cullen. Sam voudrait que tu nous rejoignes dans une clairière à environ sept kilomètres de la réserve sur notre territoire…Hum, non… Il t'expliquera quand tu seras-là, je ne saisis pas très bien tous vos trucs de loup » lui dis-je.

Nous restions tous là, à regarder la louve qui n'avait pas bougé d'un poil et semblait nous ignorer royalement. Je rageais de ne pouvoir lire ses pensées, cette nouvelle expérience me déstabilisais beaucoup trop.

POV ???

Pourquoi me regardaient-ils comme ça? Qui étaient ces hommes à l'odeur écœurante? Qui étaient ces loups à l'odeur si familière? J'humais l'air l'odeur discrètement, un alliage immonde de sucré et de lourdeur. Je n'aimais vraiment pas l'odeur de ces êtres. Je regardais leurs yeux, dorés, plutôt anormal ça, pour des hommes. Qu'étaient-ils au juste? Ils me rappelaient… Non. Cela ne ce pouvait pas ! Impossible! Je me mis à gronder contre ces êtres à la peau blafarde, les loups me regardèrent en silence, interloqués, alors je mis à gronder plus fort. Ils se couchèrent tous au sol sous mes grondements. Les êtres étranges me fixèrent à leur tour avec perplexité. Je n'aimais pas ça mais alors vraiment pas du tout maintenant. Je continuais de grogner, le regard braqué sur eux, prête à leur sauter à la gorge au moindre mouvement suspect. Un grand blond frisé, la peau couverte de traces de morsures s'approcha de moi. Je sentis alors une vague d'apaisement m'envahir, je me sentais frustrée de perdre ainsi le contrôle de mes émotions. Cela ne me semblait pas naturel du tout. Pour toute réponse je grondais plus fort et plus agressivement. Les loups commencèrent à geindre et les créatures au sang froid me regardèrent toutes et se mirent en position d'attaque. Je fis de même, grognant toujours plus intensément. Je ne supportais pas la situation : cette meute n'avait pas d'alpha présent mais le loup noir semblait les diriger. Grrr je ne pouvais communiquer avec eux tant que je n'avais pas vu l'alpha. J'entendis un grondement qui m'était inconnu, je me mis à la recherche de la gorge qui l'avait émis. C'est alors que je sentis une odeur forte de fruits sauvages mêlée à celle d'un loup. Humm cette odeur me plaisait. Et je le vis, il mesurait environ un mètre quatre-vingt dix, il avait des cheveux noirs coupés courts et un regard intense et profond. On pouvait y lire ses émotions comme dans un ciel de tempête. Il était tout en muscles. Il me regarda de ses yeux intenses. Je savais. Je savais que c'était Lui, l'alpha de la meute. Je m'approchais de lui doucement, je voulais le voir sous sa forme lupine. Alors que je me concentrais sur lui, pensant au loup qu'il devait être, il muta sous mes yeux. Il était en train de se métamorphoser en un magnifique loup brun roux.

Je courus vers lui, vers ce pelage étincelant et lui sautais dessus, nous combattions violemment. Je veux le jauger et savoir ce qu'il avait dans le ventre. Je lui mordis l'épaule et il me répondit par un violent coup de patte dans les côtes pour m'éloigner de lui. Je le regarde dans les yeux, il a compris mon intention. Je vois ses babines se retrousser dans un sourire, je ne peux m'empêcher de faire de même, nous nous amusons. Nous entendons des grondements et nous retournons d'un seul mouvement, c'est la meute. Ils essaient de se relever mais en sont incapables, contraints par mon ordre. Le loup brun roux avec qui je venais de combattre me fixa et je sentis tout mon monde disparaître, pour ne plus voir que lui, je ne me sentais plus seule, j'avais trouvé mon autre moitié. J'approchais lentement de lui et glissais mon museau dans son cou, gémissant doucement et tout d'un coup j'entendis ce qu'il pensait. Je reculais un peu sous le coup de la surprise et penchais ma tête sur le côté, je ne comprenais pas ses pensées. Il dû comprendre mon égarement car il m'envoya des images dans sa tête. Mon nom… Il voulait connaître mon nom. Ça faisait tellement longtemps... Je ne me rappelais plus de celui-ci. À l'évocation de ce nom oublié, une image d'une nuit aux étoiles brillant de milles feux me vînt à l'esprit, une nuit étoilée.

POV Jacob

Après le coup de fil de la sangsue, je courus à ma moto, l'enfourchais d'un mouvement et démarrais au quart de tour. Je suivis les indications qu'il m'avait donné et arrivais finalement à destination. Je la je vis, belle et puissante, une magnifique louve blanche avec des yeux couleur nuit, pailleté d'or se tenait devant moi. Elle me regarda et je perdis le contrôle de mon corps et je mutais en loup sans l'avoir voulu. Elle me sauta dessus et nous commençâmes à nous battre. Je me rendis compte qu'elle me testait. Mon instinct me dit que c'est pour savoir si j'étais apte à protéger la meute et elle s'il le fallait mais je doutais sérieusement qu'elle n'en eut jamais besoin. Elle voulait savoir ce que je valais? Et bien soit. Je souris à cette pensée, nous allions bien nous amuser. Mais j'entendis la meute qui gronder, incapable de se remette sur leurs pattes, même Sam n'y arrivait pas. Ça voulait dire que ce serait une louve alpha? Je plongeais mon regard dans ces magnifiques yeux, plus rien n'exista alors pour moi mis à part elle. Tous les fils qui me retenaient à la meute, à ma famille ont disparu d'autre apparurent, plus forts et solides et m'attachaient à elles, m'attiraient à elle, irrémédiablement. Des millions de câbles en acier me retenaient à cette louve blanche. Elle se rapprocha de moi et glissa son museau dans mon cou, je l'entendis gémir doucement en signe de soumission, rien que pour moi. Attendez un peu… AAAAAh !! Je me suis imprégné d'elle ! Et du coup je vois et j'entends ce qu'elle pense. Son esprit est vieux, elle est un loup depuis très longtemps, elle pense comme un vrai loup. Je lui demandais alors son nom, je vis par son comportement qu'elle ne me comprenait pas, je lui montrais donc mes souvenirs des personnes qui me nommaient par mon prénom. Une image lui vînt en tête, une nuit étoilée.

« Ton nom est Nuit Étoilée? »

Elle inclina la tête en signe de confirmation.

« Je suis Jacob Black, viens avec nous. Nous te ramènerons sur la terre de tes ancêtres. Suis-moi car maintenant, nous rentrons chez nous »

« Nous devrons parler plus tard Jacob » me dit sèchement Sam.

Nuit Étoilée se mit à gronder contre lui toutes dents dehors, il s'inclina devant elle. Ses pensées étaient pleines de colère, elle ne comprenait pas pourquoi j'acceptais ça. Elle savait que j'étais l'alpha légitime, l'alpha de sang. Elle envoya ses pensées à toute la meute sur le fonctionnement d'une vraie meute.

« Partons, nos pensées sont écoutées » dis-je.

« Oui partons vite »

Nous partions mais Nuit Étoilée s'attarda quelques instants pour observer un vampire femelle, elle regarda la femme du chef de clan pour être précis, elle avait comme une lueur de nostalgie dans les yeux mais elle vînt tout de même se placer ensuite à mes côtés. Nous partîmes en courant vers la réserve, pendant tout le chemin elle diffusa dans nos esprits ses souvenir de la réserve, tout était différent pour elle. Nous arrivions à la réserve. Nous nous dirigeâmes vers la maison d mon père, nous avions besoin de lui parler. Nous courions toujours lorsqu'elle me poussa tout d'un coup et se plaça devant moi comme pour me protéger de quelque chose. Je ne compris rien sur le coup, puis j'entendis un coup de fusil, elle s'écroula sur le sol, la fourrure immaculée de son flanc se teintait lentement d'un rouge bleuté. A la vue de son sang je sortis de ma catatonie des derniers instants et repris forme humaine, elle fit de même. Je regardais partout, hagard, et vis un homme le fusil à la main encore fumant. Je hurlais de rage.

« Sam, retrouve-le et tue-le. Ne me regarde pas comme ça. Fait-le c'est tout » dis-je d'un ton dur avec ma voix d'alpha.

Il partît à sa poursuite. Je me retournais et pris délicatement Nuit Étoilée dans mes bras pour ne pas aggraver sa blessure et courus jusque chez moi. Mon père était sur le perron et me regardait, éberlué. Je poussais la porte d'un coup de pied et entrais en trombe dans la maison, j'allais à ma chambre et la déposais avec toute la prudence possible sur mon lit. Je courus à la salle de bain prendre une serviette pour comprimer sa plaie et attrapais le téléphone sur la table du salon. Ça me répugnait au plus haut point mais j'avais besoin d'une sangsue pour la sauver. Je téléphonais finalement à Edward, bien qu'à contrecœur.

« Edward? C'est Jacob. J'ai besoin de ton père à la réserve, la louve s'est fait tirée dessus par un chasseur pour me sauver. On ne peut pas l'amener à l'hôpital, ça serai trop dangereux pour les humains et notre secret parce qu'elle n'est pas habituée au contact avec les humains. Un loup va conduire ton père jusqu'à elle. Je t'en prie, on a besoin de vous… Il peut amener sa femme s'il veut. Non en fait qu'elle vienne aussi. Je te donne ma parole qu'il n'arrivera rien à tes parents… Merci. »

« Embry, va à la frontière de nos territoires, attend le docteur Cullen et sa femme et amène-les ici. C'est urgent ! » hurlais-je mentalement.

Je compressais sa plaie sans trop appuyer pour ne pas la faire souffrir davantage et me mis à prier pour elle. Je ne voulais pas la perdre, pas maintenant que je l'avais trouvée. Elle gémit et ouvrit doucement les yeux. Elle me regarda et me sourit tendrement. Pourquoi ne guérissait-elle pas aussi vite que nous? Je ne comprenais décidément pas cette fille, elle était un véritable mystère. Sa blessure semblait être en train de s'infecter. Si au moins elle pouvait me dire comment l'aider… Et ces foutues sangsues qui n'arrivaient pas !!

« Jacob. Laisse-moi l'ausculter s'il te plaît » dit une voix dans mon dos.

Je me retournais violemment et aperçus le docteur Cullen, debout, droit comme un balai au centre de la pièce, attendant que je le laisse passer. Je déplaçais ma forte carrure près de la porte de la chambre lorsqu'il me pria de sortir de la pièce. Je le fis à contrecœur, je me dirigeais au salon où mon père se trouvait, dans son fauteuil accompagné du reste de la meute.

« Sam n'est pas revenu? » demandais-je.

« Non, il ne la pas encore retrouvé apparemment » me dit Embry.

« Paul, Jared, allez l'aider et ramenez-le vivant, j'ai des questions à lui poser » ordonnais-je.

« Pourquoi le ferions-nous? » me demanda Paul avec arrogance.

« Tout simplement parce que je suis l'Alpha légitime de cette meute et que je te l'ordonne alors obéis. » dis-je durement.

« Tu as donc décidé de prendre ta véritable place au sein de cette meute » commenta simplement mon père.

« Les gars allez-y, on vous attend pour les explications. »

« Je n'ai plus le choix maintenant, je ne sais pas pourquoi mais je sens tout au fond de mon être que c'est ainsi que ça doit être. C'est comme ça depuis que j'ai posé mon regard sur elle, elle me fait me sentir vivant comme jamais. Je sens la bête en moi qui s'est apaisée, je me sens en harmonie avec moi-même… Ce n'est pas facile à expliquer, c'est comme ça c'est tout. »

Maintenant je tournais en rond comme un lion dans une cage, j'étais inquiet. Nous ne savions rien d'elle, elle nous ressemblait mais elle était en même temps si différente. Qui était-elle réellement? Cette question je me la posais depuis les premiers instants.

« Jacob, je sais que tu poses sûrement beaucoup de questions et que tu t'inquiètes mais tourner en rond comme ça ne changera rien. Je vais réunir le Conseil des Anciens ce soir, nous aurons peut-être des réponses à apporter à tes questions. Maintenant tu vas te calmer et laisser le docteur Cullen faire son travail correctement. Je vais appeler Harry Clearweather, je reviens » me dit mon père.

Il parti et je l'entendis vaguement parler. J'étais à tel point perdu dans mes pensées que j'en oubliais ce qui m'entourait jusqu'à ce que je sente une main glacée se poser sur mon épaule. Je me retournais pour voir à qui appartenais cette main de marbre, c'était la femme du docteur Cullen, Esmée Cullen.

« Bonjour Jacob. Je suis vraiment navrée de t'importuner dans un tel moment mais je souhaiterais savoir pourquoi tu as voulu que j'accompagne mon mari ici. Cela m'étonnerait beaucoup que vous invitiez beaucoup de vampires sur vos terres. Ce n'est que ce petit voyage me déplaise, bien au contraire, cela fait longtemps que je ne suis pas venue dans cette région. Mais j'aimerais savoir en quoi je pourrais bien t'être utile » me dit-elle doucement, tendrement même comme une mère parlant à son enfant.

« Je ne le sais pas moi même. J'ai juste vu le regard de la louve, Nuit Étoilée lorsqu'elle vous a vue, un regard assez étrange, plein de nostalgie et d'amour. Je sais suis pas sûr mais je crois qu'elle aura besoin de vous, non en fait je ne le crois pas, mon instinct me le dicte. Et votre odeur légèrement est différente de celle des autres vampires de votre clan, plus douce, avec moins de rancœur. Vous avez une odeur d'orchidée. Je pense que vous devriez rester ce soir, du moins si elle survie jusque là» dis-je d'un coup plus sombre.

« Je vois. Ne t'inquiètes pas pour elle, Carlisle veille sur elle. Et bien je pense que je peux bien rester un peu plus longtemps, non? Puis-je faire le repas? J'aimerais avoir de quoi m'occuper un peu l'esprit » me répondit-elle.

Je la fixais, incrédule. Une sangsue voulais nous faire à manger?! Je détournais la tête et regardais mon père qui haussa les épaules, signe qu'il n'y voyait pas d'inconvénient. Je soupçonnais le désir d'échapper à la cuisine plus fort que tout, plus fort que sa répugnance à l'égard des vampires, cette pensée me fît sourire. Sourire que je décidais finalement de lui adresser, elle me le rendit avec douceur et gentillesse.

« Vous n'êtes pas obligée, madame Cullen, toute la meute sera présente avec les anciens et… Disons que la meute mange vraiment beaucoup. »

« Appelle-moi Esmée et cela me fera plaisir de vous faire à manger à toi et tes amis. Je vais aller faire quelques courses pour le souper et je reviens. »

« Merci à vous de permettre à l'un des nôtres de venir vous aider. »

« Embry, accompagnes Esmée s'il te plait. »

« Oui ! J'arrive ! » répondit Embry

« Merci, comme ça il pourra me dire ce que vous préférez manger. »

Je les regardais partir quand j'entendis un cri de douleur déchirer le silence…

Prochain chapitre : POV Carlisle