Une tâche d'encre sur nos âmes

*

Bonjour tout le monde!

Tout d'abord, un grand merci pour ces reviews très encourageantes!

Dolphina31, je trouve ta remarque intéressante et absolument justifiée: Moi aussi, je me souviens de la petite Ginny qui détalait en courant dès que Harry pointait le bout de son nez ^^. Seulement, dans la scène précédente, Ginny se retrouve confrontée à l'homme qui, pendant un an, l'a dupée et obligée à faire les pires choses. Donc, de mon point de vue -et je comprends parfaitement que tu ne le partages pas- je ne pense pas qu'on puisse vraiment parler de 'caractère' pour cette scène car Ginny n'agit que sous le coup de la haine et la détresse (la peur de mourir). Bref, je sais pas trop si tu vois ce que je veux dire. En tout cas, je te remercie de m'avoir fait partager ton avis!

Disclaimer: Tout à JK Rowling sauf l'intrigue, à moi

Genre: Romance

Rating: Maintenant, K

Voilà la suite!

*

Chapitre 1: Chez les Malefoy

Les portes du manoir s'ouvrirent à grands fracas et Lucius Malefoy comprit qu'un intrus avait réussi, en dépit de tout ses sortilèges de protection, à s'introduire chez lui. Il sortit sa baguette et transplana jusqu'au vestibule où un jeune homme, d'humeur apparemment massacrante, l'attendait. Il portait l'uniforme des Serpentards, tenait un livre noir dans sa main droite et une baguette dans la main gauche. Il n'en fallut pas plus à Lucius pour comprendre de qui il s'agissait.

-Maître! s'étrangla t-il en baissant sa baguette

Les sourcils froncés, la bouche en O, l'état d'hébétude de Lucius aurait gravement nuit à sa réputation s'il avait eu le malheur de l'afficher en public et ce, malgré les circonstances; Le Seigneur des Ténèbres se tenait devant lui pour la première fois depuis douze ans, d'autant plus que celui-ci avait retrouvé le visage de sa jeunesse.

-Malefoy-fils. Cesses donc de m'observer avec cet air d'imbécile fini et dis-moi plutôt où est ton père, siffla l'Héritier de Serpentard

Lucius eut un imperceptible sursaut et reprit vivement contenance. Il se rendit compte qu'il avait oublié de courber l'échine devant son maître et même si ce dernier ne semblait pas lui en tenir rigueur, il s'empressa de s'incliner le plus bas possible en l'informant:

-Maître, mon père Abraxas est mort de la Dragoncelle

Tom s'avança dans le spacieux hall d'entrée et déposa le livre noir sur une élégante console en bois polis, placé contre le mur. Il jeta ensuite un bref coup d'œil à son reflet dans l'immense miroir au cadre doré, qui surgissait au dessus.

-Une chance pour lui, rétorqua t-il froidement en caressant la couverture noire du livre, je lui aurais fait payer d'avoir refilé mon précieux journal à un rejeton aussi négligent que toi

-C'est vous-même qui m'avez confié le journal...

Tom se tourna vers lui, une lueur rougeoyante dansait dans son regard.

-Quoi qu'il en soit, je le voulais en sécurité! Et toi, tu as donné un objet de la plus haute importance à une gamine idiote de Griffondor, Lucius Malefoy

Malefoy recula prudemment, craignant que son maitre ne décide de lui faire payer sa soit-disant erreur.

Il avait remis le journal entre les mains de Ginny Weasley dans le but d'éliminer la racaille de Poudlard et de -éventuellement- ramener son maitre (même s'il avait toujours douté du fait que cette dernière chose soit possible). En tout cas, selon Lucius, la seule faute qu'il ait pu commettre était de ne pas avoir demandé à son fils de surveiller la petite Weasley. Il n'empêche que tout s'était parfaitement déroulé selon ses plans.

-C'est ma négligence qui vous a permit de revenir parmi nous, Maitre! se défendit-il

-En effet, c'est pour cela que tu es toujours en vie

Tom passa devant lui, prit la porte menant au somptueux salon richement décoré et s'installa sur un fauteuil en velours vert. Malefoy scrutait le visage juvénile de son maître, des milliers de questions menaçaient de franchir ses lèvres, mais il les retenait, songeant que ce n'était pas le moment propice pour les poser.

« Tends ton bras » exigea le Seigneur des Ténèbres

Il acquiesça et retroussa la manche de sa robe de sorcier jusqu'au coude, laissant apparaitre la marque des ténèbres. Il tendit le bras.

Jedusor hésita quelques secondes avant de poser son doigt sur la marque et demander:

-Qui sera présent?

-Je pense qu'ils seront tous présents maître, à l'exception des prisonniers, bien entendu

Tom aurait souhaité plus de précisions au sujet des serviteurs qui répondraient à son appel. Il ne savait du monde actuel que ce que l'ingénue Ginny avait bien voulu lui en dire, c'est à dire rien d'important -si ce n'est la passionnante histoire de ce cher Harry Potter- .

Même s'il avait quelques noms en tête, Jedusor ignorait combien de personnes avaient rejoint ses rangs les cinquante dernières années. Néanmoins il n'insista pas sur ce point.

-Prisonniers?

-Oui, maître, suite à votre...disparition, Dolohov, Croupton, Rookwood et les Lestranges ont été jugés et condamnés à la perpétuité dans la prison d'Azkaban

Tom Jedusor ne répondit pas, il jaugeait son serviteur du regard et Lucius se sentit soudainement très mal à l'aise.

Le Seigneur des Ténèbres avait appris, de son expérience avec Abraxas, que l'essentiel n'était jamais dans ce qui était dit, mais plutôt dans ce qui était tu. Et Lucius Malefoy taisait bien des choses!

-Toi aussi, Lucius, tu as été jugé

Bien qu'il fut déstabilisé, Malefoy garda un visage de marbre. Il ne s'était pas attendu à ce que son jeune maître aille fouiller dans son esprit. Pourtant, ce n'était pas la première fois de la soirée que Tom utilisait ses talents de legilimens sur Lucius. Il avait d'abord cherché à en savoir plus sur lui, car le lord n'avait eu de contact direct qu'avec son père, ce qui était insuffisant. Il avait ensuite essayer de cerner la fidélité -sans faille, à première vue- de son serviteur.

-C'est vrai, admit Malefoy

-Mais tu as été acquitté. Combien de serviteurs tels que toi m'ont renié devant la justice?

-Je ne vous aurais été d'aucune utilité en prison!

-Tu te défends bien, Lucius, mais ce n'est pas pour cette raison que tu as menti aux juges, admet-le!

-Maitre...

Le jeune Jedusor l'observait avec un sourire malsain. Il semblait se délecter de son trouble.

-C'est plutôt parce que tu avais peur, n'est-ce pas? Tiens donc, pourquoi fermes-tu ton esprit tout à coup? Tu as des choses à te reprocher?

-Bien sûr que non maitre, bredouilla Malefoy, je crois que vos serviteurs sont arrivés, je vais... les chercher.

-Ce ne sera pas nécessaire, Lucius, même si on ne peut transplaner ici, j'ai retiré temporairement les protections qui entourent ton manoir. Ils viendront d'eux-même. En attendant, si tu me disais un peu où est ta femme?

Lucius se détendit; Tom abordait un sujet sans risque.

-Elle est parti chercher notre fils, Drago, à la gare. Elle ne devrait plus tarder à présent.

-La gare? Mais l'année scolaire n'est pas terminé, lui fit remarquer Jedusor

-L'école a fermé suite au décès de la petite Weasley, l'informa Malefoy, surpris que son maitre ne soit pas au courant de ce fait (après tout, c'était lui le responsable de tout le grabuge qui s'y était produit), elle rouvrira peut-être l'an prochain et on m'a informé que Dumbledore reprendrait ses fonctions à Poudlard

Les traits de Jedusor se durcirent et toute trace de sourire s'effaça. Son visage exprimait une colère sans nom et ses yeux rougeoyants lançaient des éclairs.

-Pardon? cracha t-il

Lucius recula.

-Ne vous en faites pas maitre, nous avons réussit à l'évincer une fois, nous pourrons recommencer! Je... Je réglerai cet... inconvénient!

Lucius poussa un soupir de soulagement lorsque le jeune lord reporta son attention sur la porte du salon qui s'ouvrait. Les mangemorts, le visage masqué par des cagoules, entrèrent dans la pièce un par un. Que ne fut pas leur surprise de découvrir Lucius Malefoy en compagnie d'un adolescent! Ils s'approchèrent lentement des deux individus. Les yeux du Lord se posèrent sur chacun d'entre eux.

Un cercle s'était formé à présent formé autour de Malefoy et Jedusor. Ce dernier soutirait des informations de leurs esprits et parvenait ainsi à donner des noms à chacun d'eux. Avant même qu'il n'ait terminé son évaluation, Malefoy demanda:

« Vous ne saluez donc pas le maitre? »

Personne ne bougea. Le cercle fut parcouru de murmures angoissés, quasi inaudible. Jedusor entendit un mangemort chuchoter à son voisin:« Le maitre? Ce gosse? ».

Aucun des serviteur ne croyait les paroles de Lucius et pour cause; aucun d'eux n'avait eu l'opportunité de rencontrer le maitre dans sa jeunesse.

« Montrez vos visages » ordonna Tom

Les mangemorts échangèrent des regards sous leurs cagoules, se demandant s'il fallait vraiment obéir à l'adolescent qui leur faisait face. L'un d'eux, plus vif que les autres, s'avança, retira sa cagoule et s'inclina. « Ravi de vous voir, Maitre ». C'était le premier à avoir compris que le môme était effectivement le Seigneur des Ténèbres. D'abord parce que seul le lord avait la capacité d'appeler ses serviteurs par l'intermédiaire de la marque et ensuite parce que Lucius Malefoy n'était pas le genre de type à vouloir blaguer sur le retour du maitre.

-Et ton père, Avery? s'enquit le lord en affichant un air faussement concerné

-Mort en vous servant, répondit le mangemort, en se redressant

-C'est regrettable. Nous avons fait nos études ensemble

-Je le sais, maitre, il me parlait souvent de vous

Les autres mangemorts retirèrent un à un leur cagoule. Ils abordaient tous la même expression d' « imbécile fini » que Lucius auparavant, mais Tom ne les réprimanda pas.

« Maitre... » murmurèrent quelques-uns

Ils s'inclinèrent individuellement et l'un d'eux se risqua à questionner le lord:

-Maitre, comment est-il possible que vous soyez si jeune et si...

Le mot « beau » ne franchit pas ses lèvres, mais ses pensées le trahirent. Tom éclata d'un rire aigu et glacial, ce qui mit fin à tout les derniers soupçons des mangemorts concernant son identité: cet adolescent était bel et bien le Seigneur des Ténèbres.

-Que croyais-tu, Nott? Le maitre avait tout prévu dès son plus jeune âge.

Tom se leva et parcourut le cercle, sondant chaque visage de ses yeux sombres. Il s'adressa pour la première fois à l'ensemble des serviteurs présents:

«Vous semblez surpris de me voir vivant. M'aviez-vous cru brisé, disparu? Pensiez-vous que je ne reviendrais pas, vous qui aviez la preuve de l'immensité de mes pouvoirs? »

Les mangemorts semblaient accorder un intérêt tout particulier au tapis verdoyant du salon de Malefoy, sous leurs pieds. Un sentiment évident de culpabilité se dégageait du groupe et personne n'osait rencontrer le regard malveillant du lord.

« Ma présence ici, je la dois à Lucius Malefoy »

Tout les regards quittèrent le tapis pour se poser sur l'aristocrate. En voilà un qui se ferait bombarder de questions dès que l'occasion se présenterait!

Même si son visage ne laissait transparaitre aucune émotion, Lucius était abasourdi. Le maitre, qui semblait à deux doigts de lui envoyer un doloris dans la figure quelques minutes auparavant, manifestait à présent un semblant de reconnaissance à son égard!

Tom décida de ne pas s'étendre sur le sujet de son retour dans le monde des vivants et prit l'arrivée soudaine de Narcissa Malefoy dans le salon comme prétexte pour changer de sujet.

-Je m'excuse pour mon retard, Maitre, dit-elle

Comme son mari, elle n'avait pas douté une seule seconde sur l'identité du Lord, et s'inclina gracieusement.

-Ma chère Narcissa, tu arrives au bon moment, j'allais justement faire part de mes projets

Il balaya ses serviteurs du regard et poursuivit:

-Mais avant cela, il me faut ma baguette

-Comment vous êtes-vous procuré celle-ci?

Douze ans plus tôt, Macnair n'aurait jamais osé intervenir de cette façon pour demander quoi que ce soit au maitre. Mais devant ce visage d'adolescent, il lui était très difficile de ne pas prendre quelques libertés. Par chance, Tom ne s'en formalisa pas. Il lui répondit même:

-Je l'ai subtilisé à un professeur stupide et incompétent que j'ai croisé près du lac en quittant Poudlard. Il avait ses valises. Ce lâche prenait la fuite. À présent: ma baguette?

Il l'ignorait, mais Jedusor avait en fait croisé Gilderoy Lockhart. Le professeur prenait effectivement la fuite, valise en main -car incapable de les faire léviter par magie-.

Un petit homme au regard fuyant et au visage repoussant, qui répondait au nom de Queudver, s'approcha à contre-cœur et tendit la véritable baguette du lord en prenant soin de ne pas le regarder dans les yeux.

*

Du vestibule, Drago Malefoy observait la porte fermée du salon comme s'il avait espéré voir au travers. Sa mère lui avait chuchoté: « Je t'interdis de me suivre, monte dans ta chambre et vite! » avant de s'y précipiter. Le jeune garçon soupira de frustration et appela: « Dobby! ».

Le petit elfe de maison aux yeux globuleux comme des assiettes apparut devant lui et se courba jusqu'à ce que son nez pointu touche le sol.

-Oui, maitre Malefoy?

-Amènes mes valises dans ma chambre, ordonna le blond.

-Tout de suite maitre!

La petite créature claqua des doigt et disparut avec les valises.

Malefoy lança un dernier regard agacé à la porte du salon et tourna les talons. Alors qu'il s'apprêtait à emprunter les escaliers, un objet attira son attention. Il plissa les yeux et reconnut le petit livre noir de son père sur la console. Il se souvenait que Lucius l'avait constamment gardé sur lui pendant les vacances d'été et la seule fois où Drago avait essayé de le toucher, il s'était prit un affreux coup de canne sur la main. Dévoré par la curiosité, le blond courut s'en saisir et observa anxieusement l'objet, le tournant et retournant entre ses mains. Il le feuilleta brièvement ; les pages étaient vides. «Sûrement de l'encre invisible» songea Drago.

Il jeta un dernier coup d'œil à la porte du salon. Si jamais son père surgissait et le surprenait avec son cher bouquin, il lui arracherait la tête et la mettrait en exposition derrière la vitrine de chez Barjow et Beurk. (Oui, il en était capable!)

Drago, en parfait chenapan, prit le livre et l'emporta dans sa chambre -et si on lui demandait, il accuserait Dobby de l'avoir déplacé-

Il arriva dans sa chambre si rapidement qu'il se prit le pied dans sa lourde valise, que l'elfe de maison avait négligemment laissé devant la porte. «Saleté!» hurla le Drago en se relevant de sa chute. Il posa le petit livre sur son bureau en bois de chêne et le parcourut plus en détail. On aurait dit un journal intime... mais ce n'était pas celui de son père. La première page portait un nom tracé dans une encre qui avait un peu bavé: T.E Jedusor. En dehors de ça, il n'y avait strictement rien. Du moins, en apparence, car Drago doutait que son père ait pu défendre aussi vigoureusement un objet sans valeur.

Il sortit sa baguette de sa poche. « Mince, je n'ai pas le droit de me servir de la magie... » Il rangea sa baguette, contrarié. «Dobby! Viens ici tout de suite!»

L'elfe de maison apparut.

-Le maitre désire quelque chose?

-Oui! Je veux savoir ce qu'il est écrit sur ce journal! Dis une formule! Vite!

La créature fixa le journal avec des yeux apeurés.

-Le maitre veut lire ce journal?

Drago lui asséna un grand coup sur la tête:

-Oui! CE journal idiot! Dépêche-toi, je n'ai pas que ça à faire!

-Mais maitre, il n'y a rien d'écrit sur ce journal, marmonna Dobby, appréhendant la réaction de Malefoy, qui ne se fit pas attendre:

-QUOI?!

Dobby tira ses oreilles dans tout les sens: « Rien... Rien écrit...rien écrit » couinait-il

-Tu me sers à rien alors! Dégage! s'emporta Drago en lui donnant un coup de pied.

Le petit elfe courut hors de la chambre et d'après les coups secs qui retentissaient dans le couloir, Drago devina qu'il se tapait la tête contre la porte d'en face.

Le serpentard s'assit devant le journal, la mine anéantie. Il était pourtant si heureux de pouvoir enfin découvrir quelque chose que son père tenait à garder secret, de pouvoir percer une sorte de mystère! Lucius ne lui faisait pas confiance, et ne lui disait jamais rien! À part quelques maigres informations sur la Chambre des Secrets, comme si Drago pouvait se contenter de ça!

Et puis ce stupide bouquin que son père avait longtemps dissimulé mais qui ne révélait rien! Drago refusait de croire que Lucius pouvait accorder autant d'importance à ce truc sans intérêt.

Il prit la plume qui trainait sur son bureau, la trempa dans l'encrier posé à côté et gribouilla rageusement sur une page choisie au hasard. -Geste d'une futilité incroyable... mais si apaisant!-

Alors qu'il s'apprêtait à gribouiller sur une autre, l'encre disparut, comme aspirée par le papier, laissant une page vierge. Drago se figea de stupéfaction. S'il n'avait pas rêvé ce qui venait de se produire, cela signifiait que ce livre n'était pas aussi inutile qu'il l'avait cru. Peut-être qu'il y avait réellement quelque chose d'écrit sur les pages. Peut-être que ce livre contenait vraiment des secrets! Et cet imbécile d'elfe qui prétendait le contraire!

Avant même que Drago n'ait eu le temps de rappeler Dobby, des lettres se formèrent sur la page, comme si elles suintaient du papier.

Que …?

C'était le seul mot que Drago avait réussit à déchiffrer tant l'écriture était maladroite et illisible. Pendant un instant, l'encre brilla sous ses yeux, puis s'effaça. Ne trouvant rien à répondre, Drago gribouilla autre chose. L'encre disparut de nouveau pour laisser place à d'autres lettres que le serpentard réussit à lire cette fois:

Tom?!

Malefoy se hâta de répondre et écrivit: « Non, je m'appelle Drago »

Drago Malefoy?

Le serpentard en resta la plume en l'air. Ainsi, ce... machin le connaissait! Ça commençait à devenir flippant et Merlin savait combien les serpentards étaient trouillards! D'autres lettres se formèrent:

Drago! C'est Ginny! S'il te plait, aide-moi!

Effrayé, Malefoy ferma vivement le bouquin. GINNY?! C'était un cauchemar ou une plaisanterie ou un gag ou... ou...!

Il ne connaissait qu'une seule Ginny et elle était morte! Son fantôme était-il revenu pour le hanter? Il ne lui avait pourtant presque rien fait de mal, à part l'insulter de temps en temps, mais ce n'était pas une raison pour surgir d'entre les morts et lui pourrir la vie! Ou peut-être que ce bouquin communiquait avec les morts? « Oh lala »

Le blond prit la sage décision de rapporter le livre là ou il l'avait trouvé. Il courut à toute vitesse et dévala les longs escaliers menant au vestibule. Son père choisit justement ce moment pour surgir du salon, Drago en lâcha le journal.

« Je... je suis désolé! » bredouilla Drago en le ramassant « Je ne voulais pas... »

Lucius l'interrompit d'un signe de la main: « Ce n'est pas grave » dit-il à la plus grande surprise de son fils.

Il n'allait donc pas lui couper la tête? À la bonne heure! Puisque son père avait l'air de bonne humeur et qu'il ne semblait même plus accorder autant d'importance au journal, Drago en profita pour demander:

-Mais qu'est-ce que c'est exactement? J'ai parlé avec ce truc, il y a deux minutes de cela!

Drago s'attendait à ce que son père, au courant de la nature du journal, lui explique calmement ce phénomène étrange. À la place, il fronça les sourcils comme s'il ignorait totalement ce que son fils voulait dire et demanda:

-Mais enfin, qu'est-ce que tu racontes?

Un adolescent d'environ seize ans sortit à son tour du salon. Il avait le teint pâle, les yeux et les cheveux sombres; Drago ne l'avait jamais vu auparavant. Il reporta son attention sur son père

-Je te jure, il m'a parlé! affirma Drago en secouant le livre, ou plutôt il m'a écrit! Il me connait et en plus il prétend s'appeler Ginny! Ginny! Comme la rouquine Weasley! C'est quoi? Un truc qui parle avec les morts? Un livre-fantôme?

Tandis que Lucius tentait vainement de comprendre un traitre mot du récit de son fils, l'adolescent s'avança vers lui. Drago remarqua qu'il portait les couleurs de Serpentard, pourtant, il ne l'avait jamais vu auparavant, ça il en était certain! Une aura inquiétante émanait de lui; ce n'était pas le genre de type avec qui Drago irait chercher des crosses.

-Tu dis que le livre t'a parlé?

Drago hocha la tête.

-Qu'a t-il dit exactement? reprit l'adolescent, une lueur avide dans le regard

Le blond essaya de se remémorer la dernière phrase.

-Heu, il a dit un truc du genre: Drago, c'est Ginny, aide-moi s'il te plait

Jedusor l'observa quelques secondes, comme s'il hésitait à le croire puis... éclata de rire.

-Hé! C'est la vérité! objecta Malefoy, vexé

-N'élève pas la voix lorsque tu t'adresses à lui, Drago! répliqua son père d'une voix menaçante.

-Laisse Lucius, ce n'est pas grave! assura Tom en levant une main apaisante, ne t'en fais pas Drago, je te crois

Jedusor prit le journal des mains du blond et l'observa quelques secondes avant de repartir dans un grand rire. Les mangemorts, alertés par l'hilarité de leur maitre, accoururent dans le hall d'entrée pour voir ce qu'il se passait. Personne, pas même Lucius, ne comprenait la situation.

Lorsque le lord s'arrêta de rire, il déclara: « Décidément! C'est le digne fils de son père. »

Il posa une main sur l'épaule de Drago et Lucius ne savait pas exactement si le lord était sérieux ou ironique.

-Heu... merci? Répondit Drago qui, lui non, plus n'était pas sûr de le savoir

-Désormais, reprit le lord un peu plus fort, de manière à ce que toutes les personnes présentes puissent entendre, les réunions auront lieu ici. Tu n'y vois pas d'inconvénient, Lucius?

Question purement rhétorique, bien sûr.

-Bien sur que non! répondit tout de même Malefoy

Lucius s'avança pour se placer à la hauteur de Jedusor. « Veuillez me suivre » dit-il à l'intention du jeune lord.

En passant à côté de Drago, Lucius lui glissa: « Il logera ici dorénavant, je te conseille vivement de te tenir à carreaux». Le fils hocha la tête, comprenant qu'il aurait le droit à de plus amples explications plus tard.

Jedusor lui adressa un clin d'œil en passant devant lui, avant de suivre son père, et Drago conclut que ce type était définitivement dangereux. Il avait le bouquin en main et Malefoy brûlait d'envie de lui demander ce qu'il comptait en faire.

Certain des mangemorts saluèrent Drago avant de quitter le manoir.

-Je t'avais dit de monter directement dans ta chambre, lui reprocha Narcissa, et ne t'avise plus jamais de répondre au maitre de cette façon ou tu auras des ennuies!

-Le maitre? Quoi tu veux dire que ce gars-là c'est... c'est...

-Le Seigneur des Ténèbres, oui, et tu as de la chance qu'il se soit montré clément aujourd'hui, monte dans ta chambre à présent.

Malefoy s'exécuta, les pensées en ébullition: « D'abord la Chambre des Secrets... ensuite le bouquin de malheur... puis le Seigneur des Ténèbres... il s'en passe des choses ici! »

*

-Votre chambre vous convient-elle, maitre?

-C'est parfait, Lucius

Jedusor observait son journal avec un amusement non dissimulé.

Lors de la réunion, il avait parlé de son désir de tuer Harry Potter puis de l'extermination de la race des Sang-de-Bourbe

L'un des sujet que le lord avait volontairement omis d'aborder avec ses serviteurs était sa quête pour l'immortalité. Il souhaitait en premier lieu retrouver la parcelle d'âme que Ginny avait emporté avec elle dans sa mort et ne s'était pas douté une seule seconde que cela pourrait en fait s'avérer d'une facilité déconcertante... et cela grâce à la curiosité maladive d'un certain Drago Malefoy.

Tom nota que Lucius se tenait toujours dans l'encadrement de la porte.

-Que veux-tu? s'enquit le lord en levant les yeux vers lui

-Je me demandais, maitre, ce que mon fils avait voulu dire tout à l'heure, vous savez... au sujet du journal.

Pour toute réponse, le lord déclara:

-Tu le sauras en temps voulu.

Lucius hocha la tête et quitta la chambre, soucieux de s'être montré trop indiscret avec le Seigneur des Ténèbres. Il ne savait pas qu'en réalité, il n'avait aucune inquiétude à avoir, car la famille Malefoy s'était montré très serviable envers le lord et elle en seraient récompensé dans le futur. Malefoy se dirigea tout de même vers la chambre de son fils afin de reparler de tout ça au calme, et d'essayer de comprendre ce qui se tramait avec le journal.

Jedusor, de son côté, jeta un coup d'oeil au bureau, près de la fenêtre. Une unique plume et un encrier était posés dessus, c'était tout ce dont il avait besoin. Il s'assit derrière le bureau, s'empara de la plume et ouvrit le journal...


To be continued