Une tâche d'encre sur nos âmes
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Salut à tous!
Vos reviews me font toujours autant plaisir, mais ça me fout un de ces coup de stress! :D
Lola: je serais incapable de te donner la fréquence de mes posts, vraiment désolée, je suis tellement irrégulière en ce qui concerne le timing...! En tout cas, merci beaucoup pour ta review. :)
Disclaimer: L'intrigue m'appartient, le reste à JK Rowling!
Genre: Romance
Rating: K
« Les phrases notées ainsi correspondent à ce qu'écrit Tom »
Et celles-ci correspondent à ce qu'écrit Ginny
Et la suite, Bonne lecture!
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Chapitre 2: Tout dépend de lui
La plume en main, Tom était immobile en face du journal.
Tout était arrivé si vite pour lui, il se sentait presque dépassé par les évènements. Il était passé du statut d'élève brillant, adulé par tout le monde et chouchou incontesté des professeurs -mis à part Dumbledore, mais lui, il ne comptait pas- au statut de mage noir le plus redouté, dont le simple nom faisait frémir les plus grands sorciers de ce temps -mis à part Dumbledore, mais lui, il ne comptait toujours pas-.
Jedusor avait sauté une bonne cinquantaine d'années de règne et n'avait qu'une très vague idée de l'attitude à adopter face à ces serviteurs. Et puis, il n'avait que seize ans et ses mangemorts, dont les années d'expérience en matière de magie noire ne se comptait même plus sur les doigts de la main, étaient peut-être en cet instant plus puissant que lui... Non, non bien sûr. Impossible. De plus, il ne pouvait pas se permettre de douter; comment ses serviteurs pourraient avoir confiance en lui si lui-même se remettait en question?
De toute façon, il avait mieux à faire que de se préoccuper de cela pour l'instant. À commencer par discuter un peu avec la petite Ginny, comme au bon vieux temps. Mais par où commencer...? « Bonjour Ginny! C'est Tom, alors comment ça va depuis hier? ». Peut-être pas de cette manière, tout de même.
Après quelques éternités qui ne durèrent en réalité que quelques secondes, il trempa la plume dans l'encrier et posa la pointe sur le papier. Il hésita encore un peu avant d'écrire simplement: «Ginny»
Pendant une fraction de seconde, il crut que les lettres ne s'effaceraient pas, que personne n'allait répondre, qu'il était tout simplement en train de dérailler. Seulement, à son plus grand soulagement, la réponse ne se fit pas attendre:
Malefoy? Malefoy!
Presque illisibles, Tom dut se pencher et plisser les yeux pour pouvoir déchiffrer chacune des lettres.
Il répondit d'ailleurs: « Par Salazar! Ce que tu écris mal! »
Après réflexion, il se dit même que l'écriture ne ressemblait en rien à celle de Ginny! Si bien qu'il fut saisi d'un sérieux doute en ce qui concernait son interlocuteur.
Je suis coincée ici et c'est tout ce que tu trouves à me dire! Malefoy, je t'en prie, il faut que tu...
Le flot de mots s'arrêtait là. Jedusor s'apprêtait à répondre mais il fut vite devancé.
Cette écriture... Tom?
Jedusor sourit légèrement. C'était bel et bien Ginny.
« Tu as reconnu mon écriture. Qu'est-il donc arrivé à la tienne? »
TOM! SORS-MOI DE LÀ!
Le fait que Ginny écrivait en majuscule facilitait la lecture à Tom et il se disait qu'il avait bien de la chance de ne pas l'avoir pas en face de lui en chair et en os en cet instant, car il en aurait eu pour son compte! Et pour cause: La force vocale de la rouquine, qu'il pouvait aisément imaginer au travers des majuscules, lui avait laissé une affreuse migraine qui avait persisté jusqu'à ce qu'il se trouve une baguette - difficile d'en faire autrement quand on était accueilli par la douce et mélodieuse voix de Ginny Weasley après cinquante ans de silence -.
Cela, ajouté au fait que ses muscles étaient légèrement courbaturés en raison de leur lutte acharnée...! Il fallait avouer que la griffondor s'était débattue comme une lionne: Ce fut un retour parmi les vivants assez sportif pour lui!
« On dit 's'il te plait' »
Qu'ai-je fait pour mériter ça?
« Tu peux continuer à écrire en majuscule? Je n'arrive pas à te lire sinon »
La réponse de Ginny mit longtemps à arriver. Sûrement parce que son esprit de petite fille avait du mal à assimiler le fait que Jedusor se payait sa tête.
Tom. Comment est-ce possible? Que m'arrive t-il?
« Honnêtement, je l'ignore »
« Honnêtement »? Tu penses que je vais te croire? En plus, je t'ai entendu dans la Chambre. Tu savais que je reviendrai.
« C'était seulement un pressentiment. Si j'avais su que tu irais trouvé refuge ici...»
C'est bizarre. J'étais mourante, et mon esprit, au lieu de se précipiter vers la mort, s'est précipité dans le journal.
Tiens donc! Ginny Weasley n'était pas si stupide que ça en fin de compte. Elle avait à peu près compris la situation.
« C'est exactement ça. Ton âme est désormais enfermée dans le journal. »
Bien sûr! C'était si évident! Il y avait eu transfert d'âme. Comment avait-il pu ne pas y songer plus tôt?
Mon âme? Le journal? Je ne comprends pas
« C'est pourtant simple! Tu as libéré mon âme du journal au dépend de la tienne »
Mais ce journal ne contenait que ton souvenir!
« Tu penses vraiment qu'un simple souvenir aurait pu te manipuler, ouvrir la Chambre des Secrets et finalement te tuer? »
Tom posa son coude sur la table en attendant la réponse de Ginny.
Le livre contenait ton âme! Pourquoi? Comment ça se fait? Tu comptes me laisser dedans? S'il te plait, fais moi sortir!
« Je crois savoir comment te sortir de là, mais je n'ai aucunement l'intention de le faire. »
Pourquoi? Pitié Tom, je t'ai aidé, moi, à sortir! Je t'ai aidé! Pitié!
Tom imaginait avec délice le ton suppliant que la petite Ginny aurait employé si elle s'était trouvée en face de lui. Comme c'était jouissif d'être enfin supérieur! Il ne dépendait plus ni de sa misérable petite vie, ni de ses stupides secrets ni de ses pensées ou de ses peurs. Il n'avait plus besoin d'elle pour vivre, au contraire, c'était elle qui dépendait de lui à présent.
« C'est vrai que tu m'as aidé. Mais tu sais Ginny, je pense que je vais te garder ici. Vois-tu, moi aussi, j'ai toujours rêvé d'avoir un ami dans ma poche»
Ginny devait se reconnaître dans la dernière phrase et Tom regrettait infiniment de ne pas pouvoir contempler l'expression de son visage en cet instant.
Je te hais. Du plus profond de mon âme, je te hais. Je te hais.
Le regard noir de la petite Weasley s'imposait dans son esprit. Il la revoyait ramper dans la Chambre des Secrets, si faible... Il revoyait la détresse qu'elle cachait sous ses airs farouches. Il la revoyait, Ginny, avec ses épaules frêles, sa silhouette mince et son visage d'enfant ravagé par la haine. Elle, qui luttait désespérément contre la mort en s'accrochant à lui. Elle, qui avait rendu son dernier soupir en proférant des menaces inutiles.
Et lui, qui avait passé de longs mois à l'écouter ressasser les mêmes idioties, les mêmes futilités de sa pitoyable vie, se serait-il douté un seul instant que la petite Ginny pouvait être en réalité si ...captivante?
« Fais un effort sur l'écriture Ginevra! Tu n'imagines pas combien de temps je suis resté bloqué sur le mot 'profond' tant c'est illisible! »
Il ne savait pas vraiment pourquoi, mais il éprouvait un malin plaisir à se moquer d'elle.
D'ailleurs, aucune réponse ne venait.
« Tu es toujours avec moi, Ginny? »
Toujours aucune réponse.
« Allez, si tu es gentille, peut-être que je te ferais sortir »
Menteur. Tu comptes encore te jouer de moi.
« Tu as beaucoup perdu en naïveté, je remarque. C'est bien. Mais il faudra bien que tu sortes d'ici un jour, non? Et puis, tu m'avais promis qu'on se reverrai, si je ne m'abuse. »
Tout dépend de toi
Comme il aurait aimé que ces mots restent gravés à jamais sur cette page! « Tout dépend de toi », l'admission, la preuve, la confirmation de son pouvoir. Le destin de Ginny était entre ses mains, elle n'avait d'autre choix que de s'en remettre à lui.
« Tu vois Ginny? C'est frustrant de se sentir dépendant de quelqu'un. De se voir coincé dans un journal en se demandant si l'on pourra un jour en sortir »
C'est douloureux surtout. Je me sens mal
« Qu'est ce qu'il y a? Tu as mal à la tête, c'est ça? Ou au ventre, peut-être? »
Très drôle, Tom. Vraiment très drôle.
« Je trouve aussi. Sérieusement que veux-tu dire? »
Je veux dire que je ne sais pas comment tu as fait pour tenir cinquante ans ainsi. Je me sens comme à l'étroit, comme si ma place n'était pas ici. Je me sens faible aussi. Il ne me reste plus que mes réflexions et le simple fait de te répondre m'est douloureux
Elle exagérait là! Il y était resté cinquante ans, dans ce bouquin et pourtant il n'avait rien ressenti du tout! Rien, en dehors bien sûr d'une une humiliation cuisante reflétée par la contrainte d'écouter et répondre sagement au blabla d'une gamine pendant près d'un an ainsi qu'un affreux désir de retrouver une existence autonome. Aussi... il se souvenait de son sentiment de faiblesse; ce n'était qu'une parcelle d'âme enfermée dans un livre, après tout.
Un éclair de compréhension traversa son esprit: Une parcelle. Mais là, c'était l'âme entière de Ginny qui tenait dans ce minuscule objet!
« Je vois »
Peut-être même était-ce même pour cette raison qu'elle semblait avoir un grand mal avec l'écriture?
Tom, pitié
Jedusor réfléchissait. Le sort de Ginny lui importait peu, il devait trouver la solution qui l'arrangeait le plus. Le mieux à faire en ce qui le concernait était de récupérer cet horcruxe ; il était donc obligé d'une certaine manière d'en extraire l'âme de Ginny en la ramenant à la vie mais cela, bien sûr, elle ne le savait pas. Il pouvait tirer profit de son ignorance en lui proposant d'acheter sa liberté... excellente idée, ça!
« À mon tour de te promettre une chose Ginevra: Soit je te libérerais moi-même, soit ton âme pourrira éternellement dans mon journal »
Qu'est ce que c'est que ça? Tu me demandes de choisir entre la liberté et l'emprisonnement?
C'était alarmant le manque de raisonnement dont elle pouvait faire preuve quelques fois! Comme s'il allait poser des questions dont les réponses était d'une évidence désastreuse!
« Ce n'est pas ce que je demande, ne sois pas stupide. Je te ramènerais à la vie à une seule condition. »
Tom arrêta d'écrire. Il préférait attendre la réponse de Ginny avant de poser la condition. La petite devait sentir le coup fourré ou l'idée tordue vu que sa réponse mit un temps fou à arriver.
Laquelle?
« Tu devras m'obéir au doigt et à l'œil et demeurer à mes côtés jusqu'à la fin de ta vie. »
Tu me proposes de sortir d'une prison pour atterrir dans une autre!
Comme quoi, elle n'était pas si bête que ça quand elle y mettait de la volonté.
« Je trouve ma prison bien plus attrayante que celle-ci, pas toi? »
Mais si elle lui donnait une réponse négative? Si elle refusait catégoriquement? Si son orgueil de Griffondor prenait le dessus et qu'elle lui rétorquait qu'elle préférait laisser son âme croupir infiniment dans ce journal plutôt que de vivre un seul instant de servitude? De toute façon, quelle que soit sa décision, il allait la faire sortir et l'assujettir: sa décision était prise et un refus d'une petite rouquine griffondor de surcroît ne changerait certainement pas la donne! Seulement, c'était tellement plus amusant s'il la faisait accepter la situation, cela ne ferait qu'accroître la soumission de Ginny et sa domination à lui. C'était tout de même une grande faveur qu'il lui accordait et elle se devait de le remercier dignement!
Par contre, il ne se faisait pas vraiment d'illusion, il voyait son refus arriver de loin, de très loin même! Il pressentait que son pouvoir de persuasion allait être rudement mis à l'épreuve et pourtant...
Dis moi d'abord comment tu comptes me sortir de là.
Elle ne contestait pas! Tom aimait beaucoup la tournure que prenait les choses.
« De la même façon que toi, tu m'as fait sortir. »
Comme moi? Et t'as pas peur qu'il y ait un nouvel échange d'âme et que tu te retrouve finalement au point de départ, en gros, dans ce livre? Ce serait tellement bien...
« Ginny, arrête de penser comme la gamine que tu es et réfléchis un peu. Tu crois que je prendrais un tel risque pour tes jolies yeux de Griffondor? »
La vérité était comme une évidence à présent. Il savait ce qu'il avait à faire. C'était d'une simplicité...! Toute l'âme de Ginny avait été mise en jeu pour sortir la sienne hors du journal. Mais lui, il était beaucoup plus puissant, il n'avait pas besoin de son âme entière pour sauver celle de Ginny!
« Je mettrai à disposition une simple parcelle de mon âme dans le journal pour remplacer la tienne. Ce sera amplement suffisant. Ainsi, tu retrouveras une existence normale et moi j'aurais récupéré ce qui m'appartient. »
Une existence normale? Tu parles! C'est l'esclavage qui m'attend avec toi!
« Tu devrais réfléchir, Ginny, avant de refuser. »
La réponse ne venait pas mais Tom savait se montrer patient, alors il attendit.
Quelqu'un frappa à la porte et une voix, que Tom ne reconnaissait pas, retentit dans le couloir: « Maitre! ».
Jedusor leva à contre-cœur les yeux de son journal pour les poser sur la porte.
-J'espère, dans ton propre intérêt, que tu as une excellente excuse pour venir me déranger.
La porte s'ouvrit sur un grand homme au teint blafard. Des cheveux noirs graisseux encadraient un visage grave dont les yeux, noirs également, ne laissait transparaitre aucune émotion. Il ne semblait définitivement pas étonné le moins du monde de voir un jeune et séduisant Seigneur des Ténèbres assis sagement, une plume en main.
Tom essaya de fouiller son esprit et ne put en tirer que quelques maigres informations, phénomène assez étrange qui le mit automatiquement sur ses gardes. Il posa sa plume et s'empara de sa baguette pour la pointer sur lui.
-Severus Rogue. La réunion est terminée depuis longtemps, tu le sais, n'est-ce pas? s'enquit Tom
-Veuillez pardonner mon retard maitre, j'avais des obligations à Poudlard.
Tom parvint à recueillir d'autres informations dans l'esprit de Severus: Il était professeur de potion à l'école et était chargé d'espionner les activités de Dumbledore pour son compte. Quelque chose empêchait le lord de voir plus loin dans son esprit et seulement deux raisons pouvaient expliquer cela: soit Severus était un excellent occlumens qui filtrait les informations qu'il voulait faire passer, soit il n'y avait réellement rien à voir. Tom décida de ne pas tirer de conclusions trop hâtive mais opta néanmoins pour la prudence.
-Onze ans de profession Severus et pas une seule tentative pour retrouver ton maitre?
-J'ai honte de l'avouer maitre, mais je vous croyais...
Severus eut la sage idée de s'interrompre, songeant que le mot « mort » résonnerait comme une insulte aux oreilles de son maitre qui ne manquerait pas de lui infliger un châtiment digne de ce nom pour une telle impudence.
Le serviteur avait commis la même erreur que les autres en enterrant son maitre prématurément, Tom décida en conséquence de disposer de la même indulgence à son égard qu'avec les autres. D'autant plus qu'il avait un avantage par rapport à eux; si Lucius s'était chargé d'un résumé du clan allié, Severus avait le privilège d'être informé sur le clan ennemi. D'ailleurs...
-En tant que professeur de potion, j'imagine que tu as un certain élève nommé Harry Potter
Jedusor fronçait légèrement les sourcils tandis qu'il apercevait le visage d'un jeune garçon dans l'esprit du mangemort. Ses cheveux d'un noir de jais étaient en bataille et les mèches éparses sur son front laissait tout de même entrevoir une cicatrice en forme d'éclair. Son regard d'un vert lumineux était alourdi par une paire de lunette dont la monture manquait cruellement de goût selon Tom.
-Deux ans qu'il est dans ta classe, n'est-ce pas? Sais-tu ce que mon... absence est en partie dû à ce garçon?
Rogue eut un bref hochement de tête, son expression ne trahissait nullement l'inquiétude qu'il ressentait alors qu'il comprenait où Tom voulait en venir...
-Et toi, tu as préféré lui enseigner sagement l'art des potions plutôt que de venger ton maitre?
Tom s'était levé, sa baguette irrémédiablement pointée sur le front de Severus.
-Maitre, je vous en prie, je n'allais quand même pas tuer le garçon sous le nez de Dumbledore même si je ne vous cache pas que ma volonté de le faire dépassait l'entendement.
L'argument se tenait.
-De plus, tu avais un poste, une petite vie tranquille en tant que toutou du directeur, bien entendu, tu ne pouvais pas prendre le risque de tout gâcher, ajouta Tom en prenant un air compatissant qui sonnait atrocement faux.
-Ces quelques années de complaisance... que je ne méritais pas, s'empressa d'ajouter Severus en remarquant le regard noir de son maitre, n'auront pas été inutiles, car étant supposé du bon coté, je pourrais toujours vous servir d'espion.
D'autres informations de son esprits parvenait à Tom; depuis sa soi-disant mort, les activités de l'Ordre du Phoenix -Ce nom débile venait sûrement de Dubledore lui-même- avaient cessé.
-Soit. Mais j'ai entendu parler de la quête de la pierre philosophale que mon futur-moi a effectué l'an dernier à Poudlard. Un autre serviteur que toi s'est chargé de m'y aidé...
-Quirell, se permit de l'interrompre Rogue, j'ignorais qu'il était de notre côté, il ne me l'avait jamais dit. Je pensais qu'il voulait s'approprier la pierre pour lui-même et je ne pouvais me résoudre à laisser un tel idiot y parvenir. Si j'avais su qu'il œuvrait pour vous, croyez-moi, je...
-Ça ira comme ça, le coupa Tom en abaissant lentement sa baguette
Tom savait, d'après l'esprit du mangemort et de son habileté à trouver la bonne explication à tout, qu'il ne pouvait rien trouver de compromettant en ce qui le concernait et que, s'il y avait trahison, seul l'avenir pouvait l'en informer.
Severus demeura surpris devant la réaction de son maitre. Durant tout l'échange, ce dernier n'avait cessé de rechercher une faille dans les barrières que le mangemort avait dressé autour de son esprit, en était-il déjà lassé? Le maitre des potions en resta d'autant plus en alerte, se disant qu'il s'agissait peut-être d'une ruse pour endormir sa vigilance.
-Tu as de la chance Severus, aujourd'hui, je suis d'excellente humeur, je fermerai les yeux sur ta fidélité défaillante de ces dernières années.
C'était donc ainsi que cela devait se passer? Pas de menace? Pas de punition? Rien?
-Je vous remercie de votre clémence...
Tom lui tourna négligemment le dos et retourna s'asseoir derrière le bureau.
-Ce qu'il se passe ici doit rester secret pour l'instant, Severus. La prochaine réunion aura lieu demain. Je compte sur toi pour être à l'heure, en attendant, retourne à Poudlard, ordonna Tom
Rogue retint de justesse une exclamation désapprobatrice. Son maitre revenait parmi eux avec le visage de sa jeunesse et il ne fournissait aucune explication à ce sujet! Ce comportement était très étrange car, connaissant son maitre, celui-ci se serait normalement empressé d'expliquer en long et en large comment il était parvenu à un tel exploit ne serait-ce que pour montrer ô combien sa puissance était inégalable. Severus, avide de renseignements, se risqua à demander:
-Maitre, est-ce que votre retour aurait un rapport avec les récents évènements à Poudlard?
-Oui, répondit Tom en s'emparant de la plume
-Que faites-vous?
Severus regrettait sa question au moment-même où il l'avait posé. Il ne devait pas se montrer aussi familier, mais par chance, sa curiosité n'irrita pas son maitre. Celui-ci tourna la tête vers lui, avec un air mi-moqueur, mi-énigmatique que Severus ne lui connaissait pas.
-Je négocie, répondit-il
Tom reporta son attention sur un petit livre noir posé devant lui et Severus ne s'aventura pas à poser d'autre question. Il sortit de la chambre.
« Ginny »
Où étais-tu?
« Peu importe. Tu as réfléchis à ma proposition? »
Oui.
« Oui, tu as réfléchis ou oui tu acceptes? »
Les deux. Marché conclu?
C'était tout? Pas de suppliques? Pas d'esquives? Tom n'était pas stupide, il se doutait bien que quelque chose de pas net se cachait sous un agrément aussi simple. La petite prévoyait sûrement de lui fausser compagnie une fois sortie, où peut-être s'imaginait-elle que, la prenant en pitié, il la laisserait repartir tranquillement après quelques jours de bons et loyaux services. Il sourit à cette idée.
« Marché conclu. Et je ferais en sorte que tu respectes ton engagement. »
*
Bureau de Dumbledore
-Ce que nous avions redouté s'est finalement produit, Lord Voldemort est de retour, annonça Dumbledore pour conclure le récit détaillé que Severus lui avait fait à son retour.
Il croisa ses mains au dessus de son bureau, l'air grave.
-Doit-on prévenir la famille Weasley au sujet du meurtrier de leur fille? S'enquit Severus
-C'est la moindre des choses, soupira tristement le directeur.
-Et pour Potter?
Albus lança un long regard à Severus, semblant réfléchir, après quoi il dit:
-Il serait préférable que le jeune Harry soit au courant. Je le convoquerai en même temps que la famille Weasley. Il nous faut également prévenir l'Ordre.
Severus hocha la tête et quitta silencieusement le bureau, laissant un directeur prostré derrière lui.
Voilà donc pour le troisième chapitre. Des critiques? Des impressions? J'attends vos avis avec impatience.
