Une tâche d'encre sur nos âmes
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Bonjour!
Et un chapitre pour pâques, un! Bonne fête, et ne vous goinfrez pas trop de chocolat! ;)
Aussi, un grand merci pour les reviews, je suis vraiment contente que cette fic vous plaise, j'espère que vous en apprécierez la suite!
Disclaimer: En dehors de l'intrigue, à moi, tout à JK Rowling!
Genre: Romance
Rating: K
« Les phrases notées ainsi correspondent à ce qu'écrit Tom »
Et celles-ci correspondent à ce qu'écrit Ginny
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Chapitre 3: Pour la libérer
Malgré toutes les personnes qui y était réunis, le bureau de Dumbledore était plongé dans un silence de mort, entrecoupé par le bruit étouffé des sanglots de Mrs Weasley. Son mari se tenait à côté d'elle et lui tapotait machinalement le dos sans même s'en rendre compte lui-même. Son teint était étrangement pâle, deux poches noires s'étendaient sous ses yeux, son regard vide fixait un point lointain devant lui, son visage avait à peu près la même allure que tous les autres membres de la famille.
-Professeur Dumbledore, vous dites que vous connaissez l'identité de l'assassin... murmura Bill
C'était la seule personne présente capable d'échanger des paroles avec Dumbledore, les autres étaient trop anéantis pour pouvoir formuler des phrases cohérentes. Charlie avait lui aussi essayé de parler mais sa voix s'était brisée dans sa gorge au bout de deux mots. Les jumeaux Weasley fixaient leur pieds et le coin de leurs lèvres tremblotant trahissait le fait qu'ils retenaient à grand peine leurs larmes tandis que Percy, les yeux bouffis, ne cessait de se balancer sur ses pieds, donnant l'impression de tanguer de droite à gauche.
Le visage de Ron avait la même expression que celui de Charlie, en plus d'une infinie tristesse incontestablement présente sur chacun de leurs traits, il y avait également une sorte d'ahurissement dans leurs regards, comme s'il ne pouvait toujours pas croire ce qui était arrivé. Harry se tenait à l'écart, se sentant de trop. Il se demandait pourquoi Dumbledore l'avait convoqué avec les Weasley qui pleurait la disparition de leur unique fille chérie. Il avait envi de pleurer lui aussi car il savait mieux que quiconque que s'il y avait bien une famille dans le monde qui ne méritait pas de souffrir ainsi, c'était bien les Weasley. L'état de Ron l'inquiétait singulièrement, il ne parlait plus, ne dormait plus et de tout les derniers repas qu'ils avaient partagé, le rouquin n'avait absolument rien avalé.
Dumbledore observait chacun des membres de la famille avec tristesse et compassion.
-J'ai le regret de vous annoncer le retour de Lord Voldemort dans ce monde, dit-il, il a fait de notre chère Ginny sa première victime.
Aucun membre de la famille ne tiqua à l'entente du nom de Voldemort, comme s'il s'agissait en réalité d'un assassin comme un autre, seul Harry avait redressé la tête et avait ouvert de grands yeux surpris. Il se tourna ensuite vers son ami, Ron. Il se souvenait parfaitement de ses sursauts, et de ses protestations lorsque lui-même prononçait le nom de Voldemort mais cette fois, le roux n'avait même pas réagi: son expression demeurait inchangé.
Mrs Weasley se mit à gémir et les personnes présentes ne purent comprendre que quelques mots de son flot de paroles inarticulées. « ...Comment...monstre...fille chérie.... mon bébé... ma petite fille... » avant de s'interrompre dans un sanglot qui fendit le cœur à Harry.
Il sentit alors un grand sentiment de révolte monter en lui: Voldemort aurait pu tuer n'importe qui, n'importe quel élève, voire lui-même, mais non, il avait choisi Ginny Weasley. Il avait fait un retour fracassant et s'était fait une joie de briser une famille en parfaite harmonie comme il avait brisé sa propre famille à lui... Le survivant serra les poings.
*
-À l'heure Severus, remarqua Tom en mimant un sourire admiratif envers son serviteur
Les meubles du salon Malefoy avaient été poussés à la va-vite pour laisser la place à une longue table où le lord s'installa naturellement à l'extrémité.
-Lucius à droite, ordonna t-il, Avery à gauche.
Les deux mangemorts prirent place de chaque côté de leur maitre tandis que les autres s'installaient comme bon leur semblaient. Une fois tout le monde assis, le regard du lord parcourut l'ensemble des serviteurs.
-En dehors des prisonniers, il ne manque personne? s'enquit le lord
Apparemment non, car tout les mangemorts de la veille étaient présents en ce jour, mais les tortillements gênés de certains sur leur chaise laissaient entendre contraire.
-Dois-je répéter ma question? reprit le lord, menaçant.
-En fait, répondit Lucius d'une voix mal assurée, il manque Karkaroff.
Tom tourna sa tête vers lui dans un mouvement si sec que Lucius se ratatina sur sa chaise. Pourquoi était-ce toujours lui le porteur de mauvaises nouvelles?
-Il n'est pas venu hier non plus, constata Jedusor, pour quelle raison?
-C'est le directeur de Durmstrang, intervint Yaxley d'une voix sonore, mais si vous voulez mon avis il doit se planquer à l'heure qu'il est.
Tom eut un aperçu de Karkaroff dans pratiquement tout les esprits de ses mangemorts.
-Je vois, dit le Seigneur des Ténèbres d'un air mauvais, c'est de sa faute si quelques-uns de mes fidèles serviteurs sont à Azkaban. C'est un traitre... et dis-moi, Avery, quel est le châtiment réservé aux traitres?
Surpris par l'interpellation, Avery chercha ses mots:
-Heu...
-La mort, l'informa Tom avec un léger sourire comme s'il annonçait un temps ensoleillé.
Avery hocha la tête et quelques murmures approbateurs s'élevèrent autour de la table.
-Ceci étant dit, j'aimerais que quelqu'un m'explique comment un bébé a bien pu réussir à me vaincre alors que les plus grands sorciers de ce temps n'y sont pas parvenu?
Un grand silence pesant s'installa autour de la table et Lucius pria intérieurement pour que le lord ne se tourne pas vers lui pour réclamer des explications.
-Personne? Severus, dit le lord tandis que Malefoy se détendait, tu n'as pas une petite idée? D'ailleurs, comment cela s'est exactement passé? Parles.
Severus paraissait tendu et malgré ses tentatives, le lord ne parvenait pas à percer à jour son esprit.
-Je ne sais pas exactement, répondit calmement le serviteur
Tom poussa un soupir ennuyé et se demanda comment son futur-lui avait pu se dégoter autant d'incapables pour le servir. Plusieurs mangemorts tournèrent la tête vers Lucius qui était leur dernier recours. Vu que ce dernier s'était attiré les bonnes grâces du Seigneur des Ténèbres, il pouvait au moins tenter d'esquisser une réponse. Suivant le mouvement de ses serviteurs, Tom tourna la tête vers lui.
-Si j'en crois ce que l'on raconte, dit Lucius en lançant un regard noir à ses comparses, vous avez en premier lieu tué le père puis, quand vous avez voulu vous en prendre à l'enfant, la mère s'est interposée -vous l'avez tué aussi-, mais quand vous avez voulu tué le petit, le sort de mort s'est retourné contre vous.
Lucius attendit une réaction de la part de son maitre, mais il n'eut le droit qu'à un haussement de sourcils dubitatif.
-Quoi, et c'est tout?
Sa version n'était pas beaucoup plus détaillée que celle de Ginny, ce qui ne l'avançait pas vraiment dans ses recherches.
-C'est ce que l'on raconte, répondit simplement Malefoy
Bien que les traits de son visage était parfaitement détendus, Tom avait une incroyable envie de tout foutre en l'air.
-Si je comprends bien, siffla t-il en se levant avec une lenteur exagérée, personne n'est en mesure de m'expliquer ce phénomène.
Devant l'air menaçant du lord, il y eut une sorte de mouvement général qui laissait penser que les mangemorts étaient à deux doigts de se planquer sous la table, mais fort heureusement, aucun d'eux n'eut la lâcheté de le faire.
-Severus, dis-moi où Potter se trouve en ce moment.
-À Poudlard, répondit précipitamment Rogue.
Tom se tourna ensuite vers Malefoy.
-Lucius, la Gazette du Sorcier ne mentionnait pas un nouveau renvoi du directeur, il me semble, déclara Tom.
Il avait parlé d'une voix aussi douce que lourde de menaces, si bien que Malefoy se surprit à songer qu'il préférait encore l'entendre siffler.
-Maitre, j'ai essayé de les convaincre par diverses manières, mais ils ont été formels: Les membres du Magenmagot ne suspendront pas Dumbledore, et s'il y a une nouvelle attaque, l'école fermera définitivement. Je jure d'avoir fait le nécessaire, mais la mort de la petite Weasley...
-Silence, répliqua Tom à voix basse.
Rien n'allait comme il voulait. Si Dumbledore était encore à Poudlard, ses chances pour tuer Potter en était réduites.
-Où va t-il passer ses vacances d'été? À l'école? demanda le lord en se tournant de nouveau vers Severus.
-Je l'ignore.
« INCAPABLE » avait envi de hurler Tom. Il poussa un bref soupir, faisant preuve d'une admirable retenue et poursuivit d'un ton diplomatique:
-Bon. Severus, tu te charges de recueillir toutes les informations nécessaires sur Potter. Crabbe et Nott, cherchez... non, trouvez Karkaroff et amenez-le moi vivant -vivant ne veut pas forcément dire en bon état-. Les autres, vous avez intérêt à trouver une explication plausible à ma soi-disant mort. Je ne commencerai pas l'extermination des Sang-de-Bourbes tant que tout ceci ne sera pas fait, est-ce bien clair?
Les mangemorts hochèrent vigoureusement la tête.
-On ne peut plus clair, renchérit Avery en se levant précipitamment.
Tom quitta le salon à grandes enjambés. Lui, devait se concentrer sur autre chose, à savoir la meilleure manière d'utiliser sa parcelle d'âme pour remplacer celle de Ginny. Devait-il séparer son âme dès maintenant ou justement, attendre le dernier moment pour le faire? Il ignorait totalement l'ordre dans lequel devait se dérouler les choses; c'était très mal parti.
Arrivé devant sa porte, il fut intercepté par Drago.
-Bonsoir maître, vous semblez...
-Préoccupé? acheva Tom en se tournant vers lui, un léger sourire sur les lèvres, je doute que tu ais fait tout ce chemin uniquement pour me dire ça.
-C'est vrai. En fait... commença t-il
Tom croisa patiemment les bras attendant que Drago ne sélectionne une question parmi les mille autres qu'il souhaitait lui poser. Comme le blond avait décidément du mal à faire son choix, Tom prit les devants:
-Et si tu entrais? dit t-il en ouvrant la porte de sa chambre.
Il avait proposé cela de façon courtoise, ce qui parut assez normal à Drago qui n'avait jamais eu l'occasion de parler à l'ancien maître. N'importe quel autre mangemort aurait été trop stupéfait pour pouvoir articuler une réponse, ce ne fut pas le cas de Malefoy junior.
-D'accord.
Ils entrèrent dans la pièce et Tom cessa de fouiller l'esprit du jeune Drago, car le désordre qui y régnait ne valait vraiment pas la peine qu'on s'y attarde.
Il alla s'installer directement devant le bureau tandis que Drago fermait la porte. C'est en apercevant le journal que le blond put choisir sa première question.
-Maitre, c'est quoi ce livre?
Tom prit la plume:
-Un journal intime.
-Celui de Tom Jedusor, je m'en doute, répondit Drago avec une légère impatience, mais c'est plus que ça, n'est-ce pas? Quel est le rapport avec Ginny? Quel sort a t-on jeté au livre?
Tom jeta un bref coup d'œil amusé au petit Malefoy, qui observait le journal comme s'il s'apprêtait à exploser.
-L'esprit de Ginny est enfermé dans ce livre. Tu veux lui parler? proposa t-il en tendant la plume vers Drago.
Le blond fit instinctivement un pas en arrière et le lord éclata de rire.
-Heu, non merci... répondit Drago avec une moue contrariée, mais... Comment a t-elle fait pour arriver là? Elle n'est pas morte? C'est bizarre, vous êtes venu le lendemain de sa mort, ça a un rapport? Et comment connaissez-vous Ginny? Qu'est-ce qu'elle fait là? Et pourquoi gardez-vous le journal si elle est dedans?
-Cela fait beaucoup de questions, remarqua Tom avec dérision
Il ouvrit le journal et trempa la plume dans l'encrier.
« Ginny »
Tom
-Oh mais vous n'êtes pas obligé d'y répondre, vous savez.
Tom quitta le journal des yeux pour lancer un regard noir au serpentard.
-Je le sais très bien, idiot.
Tu m'avais dit que tu me sortirais d'ici de la même manière que moi, je t'ai fait sortir, n'est-ce pas?
« C'est exact »
Justement. Je me demandais... comment t'ai-je fait sortir? Je ne le sais pas moi-même.
« En me livrant tout tes secrets les plus obscurs, tes pensées les plus secrètes, tu m'as ouvert ton âme, Ginny. Et elle représentait exactement ce qu'il me fallait. Plus tu en disais sur toi, plus j'acquérais de la force. »
Drago s'avança un peu pour essayer de lire ce que le jeune maitre était en train d'écrire. Il tenta néanmoins de rester à une distance raisonnable, soucieux de l'offenser de nouveau par son indiscrétion. Mais cela n'échappa pas à Tom.
-Tu peux t'approcher, Drago.
-Vous lui parlez? s'enquit bêtement le blond.
Il se plaça à coté de Tom et, à défaut de pouvoir s'assoir, posa une main sur le bureau pour prendre un léger appuie dessus.
-Je compte la libérer de l'emprise du journal, lui confia Jedusor, la ramener à la vie.
Drago haussa les sourcils tandis qu'il réfléchissait.
-Je ne pense pas que ce serait une bonne idée, maitre, murmura t-il sur le ton de la confidence, mon père m'a dit que c'était une traitre à son sang.
Et plus tu acquérais de la force, plus j'en perdais! Quand je pense que j'avais confiance en toi!
-Je le sais. Mais elle m'a aidé à revenir, répondit Tom tandis que les lettres de Ginny s'effaçaient, alors je lui accorde le bénéfice du doute.
« Personne ne t'avais forcé à me parler, tu ne peux t'en prendre qu'à toi-même »
-Elle vous a aidé à revenir? s'étonna Drago en lisant ce qu'écrivait Tom.
-Oui. À l'origine, c'était mon esprit qui était enfermé dans le journal. Ginny m'a libéré.
Drago ouvrit de grands yeux surpris.
-Vous étiez enfermé dedans, maître? Comment cela se fait?
-Tu n'as pas besoin de le savoir.
D'autres lettres s'inscrivirent sur le papier, dans une calligraphie si grossière que dans un même mouvement, Tom et Drago se penchèrent en avant. Ils durent ce mettre à deux pour pouvoir déchiffrer la totalité du message.
-Je crois qu'il est écrit :« Pas vrai, j'ai été stupide. Je suis sûre que c'est Mr Malefoy qui m'a payé un chaudron au chemin de traverse. Cela me parait si délirant maintenant."
-Ça ne veut rien dire, répliqua Tom en lui donnant un coup de coude dans les côtes.
-Ouais, vous avez raison, ça ne veut rien dire, marmonna le blond
Il n'empêche que Drago l'avait mis sur la voie. Les lettres s'effacèrent au moment où Tom avaient compris ce qu'elles signifiaient:
C'est vrai, j'ai été stupide. Je suis sûre que c'est Mr Malefoy qui me l'a mis dans mon chaudron au Chemin de Traverse. Cela me parait si évident maintenant.
-Elle a compris que c'est ton père qui a glissé le journal dans son chaudron, au Chemin de Traverse l'été dernier. Il savait qu'elle m'aiderait à revenir, résuma Tom pour éclairer le jeune Drago, qui semblait plutôt perplexe.
-Il ne pouvait pas vous aider lui-même?
Tom lui fit un sourire en coin.
-Si, il aurait pu. Mais ça lui en aurait coûté beaucoup.
Même s'il n'était pas vraiment sûr de comprendre, le blond hocha la tête.
« Bien joué Ginny! Tu as trouvé ça toute seule? »
Malefoy laissa échapper un ricanement sonore digne de Crabbe, pensant que Ginny pouvait l'entendre.
-Je t'en ais dit beaucoup sur moi et mes intentions, Drago, tu ne trouves pas? demanda le Seigneur des Ténèbres en se tournant vers lui tandis que ce dernier, légèrement penché vers le journal, attendait la réponse de Ginny.
-C'est vrai, maitre, merci de votre confiance.
Le jeune Drago posa une main reconnaissante sur l'épaule de Tom tandis qu'il lisait:
C'est ça, moques-toi de moi, espèce d'ordure.
-Naturellement, je compte sur toi pour garder tout cela... secret, poursuivit le lord, je serais profondément navré si tu venais à trahir ma confiance.
Drago se tourna vers Tom. À première vue, il affichait un air concerné et amical mais à y regarder de plus près, Malefoy crut percevoir une lueur malsaine dans son regard, une menace subtilement dissimulée, mais pourtant bien présente.
Il s'observèrent quelques instants.
-Maitre, je ne dirais rien.
Mais Tom devinait le mensonge à travers ses paroles. Le fils, en quête de reconnaissance du père, était très tenté de raconter tout ce qui avait été dit à Lucius pour faire bonne figure auprès de lui.
Tom posa sa main sur la nuque de Drago et exerça une légère pression dessus de sorte à rapprocher son visage du sien. Leur soudaine proximité permit au blond de comprendre que la rougeur de ses yeux n'était pas un effet produit par la lumière. La menace, à peine perceptibles quelques instant plutôt, alourdissait indubitablement l'atmosphère à présent.
-Tant mieux. J'ai cru un instant que tu comptais me désobéir, dit le lord d'une voix doucereuse, cela m'aurait déçu, Drago, vraiment déçu. J'aurais été contraint de te torturer jusqu'à ce que tu me supplies de te tuer -je ne t'aurais pas accorder ce plaisir, bien sûr-, je ne supporte pas la trahison. Mais tu es quelqu'un digne de confiance, n'est ce pas?
Le blond déglutit avec difficulté et hocha faiblement la tête. Toute idée de divulgation s'était évaporée de son esprit, il ne restait plus que cette menace et ce regard rouge. Rouge comme le sang.
Tom relâcha la nuque de Drago, qui recula avec prudence. Le jeune Malegoy venait de recevoir un rappel à l'ordre; cet adolescent n'était pas son ami, c'était le Seigneur des Ténèbres et, mangemort ou pas, il lui devait allégeance.
En réalité, le lord n'en avait cure que Malefoy-père soit au courant de tout ce qui avait été dit mais lorsqu'il avait perçu les pensées du fils, tourné vers la désobéissance et le mensonge, une colère noire s'était emparé de lui.
-Je crois que tu devrais partir, Drago, suggéra Tom
-D'accord! dit Draco un peu trop rapidement
Il fit de grands efforts pour ne pas courir hors de la chambre.
-Bonne nuit maitre, dit-il en fermant la porte derrière lui.
Donc, si j'ai bien compris, il va falloir que tu me racontes toute ta vie pour que je puisse sortir de là?
« Exact, mais ne t'en fais pas: ma vie étant bien plus intéressante que la tienne, tu ne t'ennuieras pas tant que ça »
Jedusor leva la plume. Il devait se confier, il devait tout révéler à Ginny, absolument tout sur lui. Cela ne le dérangeait pas, au contraire, il se disait même que cela pouvait être divertissant. Mais il ne savait pas par où commencer... Pourquoi pas par le commencement?
« Je suis Tom Jedusor, né le 31 décembre 1926 d'un père moldu et d'une mère sorcière »
Il s'interrompit quelques secondes, réfléchissant à ce qu'il pourrait dire ensuite, ce qui permit à Ginny de glisser une remarque acerbe entre-temps:
Merci, Tom. Continue à ce rythme et peut-être que moi aussi je devrai attendre cinquante ans avant de pouvoir sortir.
Remarque à laquelle Tom trouva plus judicieux de ne pas répondre.
« Ma mère s'appelait Merope Gaunt, descendante de Salazar Serpentard. »
Comme ça doit être dévalorisant, pour l'Heritier de Serpentard, d'avoir un père moldu!
Tom se crispa et respira un grand coup, se retenant de justesse d'envoyer le livre valser par la fenêtre.
« En effet. D'autant plus que cet imbécile a abandonné ma mère. Elle est morte à ma naissance et lui n'a jamais cherché à me retrouver »
Et toi? Tu as cherché à le retrouver ensuite?
« Chaque chose en son temps Ginny. Je disais: ma mère est morte à ma naissance, et l'orphelinat dans lequel elle a accouché a été contraint de me garder vu qu'aucun membre de ma famille n'étais venu me réclamer. »
Tu étais bien dans ton orphelinat?
Tom éclata d'un rire sinistre.
« Non »
Quoi, et c'est tout? On dirait que tu racontes l'histoire de quelqu'un d'autre, parles un peu de tes sentiments quoi!
Jedusor poussa un soupir embarrassé. Il n'aimait pas parler de tout ce qui ressemblait de près ou de loin à des sentiments.
« Je détestais cet endroit »
Comment s'appelaient tes amis? Les adultes qui s'occupaient de toi étaient sympa? La nourriture était correcte? L'endroit était agréable? Tom, si tu veux me faire sortir, tu dois TOUT me dire.
« Je n'avais pas d'amis. Les autres enfants avaient peur de moi, et ils avaient bien raison. Les adultes ne m'appréciaient pas non plus. En ce qui concerne l'endroit, je pense qu'un cimetière aurait été bien plus accueillant »
Pas d'amis? Mais n'en avais-tu pas marre de la solitude?
Tom voulut répondre « non ». Mais le mensonge ne ramènerait jamais Ginny. Finalement, il trouvait qu'avoir un véritable confident était vraiment incommodant.
« Si, parfois »
Tom, quand on est enfant et qu'on n'a pas d'ami, c'est que vraiment, on l'a voulu.
«C'est faux. C'est juste qu'ils avaient peur. Peur, parce que je n'étais pas comme eux, ils ne voulaient pas de moi. Je n'allais pas les supplier de m'accepter! Comme j'ai voulu les voir souffrir, comme j'ai voulu les voir crever! »
Sous l'emprise de la colère, l'Héritier s'était empressé de répondre mais à présent il le regrettait. Il passa une main dans ses cheveux. Même si c'est ce qu'il devait faire, il en avait trop révélé. Il détestait parler de ses ressentis, de ses parents, de l'orphelinat... Il détestait parler de son enfance, qui était une partie de sa vie qu'il aurait préféré enterrer et oublier à jamais.
Tom, c'est tellement horrible... Tu n'as pas vraiment eu d'enfance, en fait...
L'héritier tapa du poing sur la table. Stupide Griffondor!
« Bordel Ginny, gardes ta pitié! »
Il revoyait toute sa vie défiler devant ses yeux et il se voyait mal raconter toute son histoire à Ginny, qui n'en connaissait que la fin. Une fin stupide d'ailleurs: mort à cause d'un bébé. Quelle honte! Mais d'ailleurs, pourquoi s'être attaquer à un petit garçon? Quel intérêt aurait-il pu tirer de sa mort?!
Tom se redressa sur sa chaise: comment avait-il pu ne pas songer à cela plus tôt?!
Il devait forcément y avoir une raison; Tom n'agissait que par intérêt et il fallait bien dire que son futur-lui avait vraiment voulu la mort d'un petit sans défense! Mais pourquoi?
« Je pense qu'on va remettre cette conversation à plus tard »
Si je comprends bien, tu te défiles!
Peut-être avait-elle raison. Peut-être qu'il sautait sur le premier prétexte pour se retirer, il n'empêche qu'il n'avait plus du tout envi de parler de lui. Et puis de toute façon, il avait d'autres problèmes, d'autres énigmes à résoudre que son futur-lui avait laissé dans son existence.
Pourquoi lui, Voldemort, avait t-il voulu s'en prendre à bébé Potter?
Peut-être ses serviteurs avaient-ils la réponse?
To be continued...
