Une tâche d'encre sur nos âmes
*
Bonjour!
Merci beaucoup pour vos encouragements, j'espère que cette suite vous plaira!
Disclaimer: En dehors de l'intrigue, à moi, tout à JK Rowling!
Genre: Romance
Rating: K
« Les phrases notées ainsi correspondent à ce qu'écrit Tom »
Et celles-ci correspondent à ce qu'écrit Ginny
*
Chapitre 4: Journal d'un meurtrier
Lorsque la marque brûlante de Lucius le tira de son sommeil, ses paupières s'ouvrirent brusquement et son visage se crispa sous la douleur.
Il se trouvait dans sa bibliothèque personnelle. Après une heure de recherches intensives, il s'était finalement endormi sur un exemplaire de magie noire: « Enchantements funestes » de William Harlok. Une douleur aussi intense au bras, que Lucius n'avait pas ressenti depuis bien des années, traduisait en général le fait que le lord était furieux -ou pressé, peut-être- . Sans plus attendre, il transplana dans la chambre de son maitre. Retenir un bâillement lui couta un effort surhumain.
-Bien dormi, Lucius? demanda Tom (à qui on ne pouvait rien cacher), un sourire mauvais sur le visage.
Pris au dépourvu, Malefoy eut l'excellente idée de ne pas répondre à cela.
-Maitre, pourquoi nous appeler à une heure si...tardive? Quelque chose ne va pas?
Tom croisa les bras.
-On attend les autres, dit-il simplement
Quelques minutes plus tard, des bruits de pas précipités se firent entendre dans le couloir et la porte de la chambre s'ouvrit à la volée, laissant apparaître des mangemorts essoufflés.
-Vous avez été long, remarqua Tom d'une voix sèche.
-Maitre... Pardonnez... nous... le manoir est...si grand, répondit Yaxley en prenant une grande goulée d'air entre chaque mot.
Malefoy sourit intérieurement. Un sortilège très ancien permettait à lui seul de transplaner dans son manoir, et voir les autres serviteurs cavaler pour rejoindre un maitre, dont la patience semblait faire cruellement défaut, était assez désopilant. Tom intercepta les pensées de Lucius et lui envoya un léger sourire pour manifester son amusement.
Crabbe et Nott étaient absents; ils n'avaient pas encore capturé Karkaroff.
-Qu'y a t-il, maitre? demanda Greyback qui, contrairement aux autres, semblait en pleine forme.
Pour se donner une certaine allure, Tom se leva.
-J'aimerais que l'on me dise pourquoi mon futur-moi a voulu tuer Harry Potter. Quelles raisons l'ont poussé à le faire? Car je doute que ce soit par pur plaisir. Tiens, Severus, comme tu m'as l'air assez calé sur le sujet Potter, c'est toi qui va répondre.
Severus fronça légèrement les sourcils et ne répondit pas tout de suite. Tom tenta de pénétrer son esprit pour savoir sur quoi il réfléchissait: sur la meilleure façon de dire à son maitre qu'il ne savait rien sur le sujet? Sur ce qu'il devait dire? Sur ce qu'il ne devait pas dire? Naturellement, le lord ne trouva pas la réponse à ses questions.
-Il y avait une prophétie... commença t-il
Même s'ils connaissaient les faits par cœur, tout les serviteurs l'écoutaient avec un silence religieux.
-Prophétie? dit le lord, une expression de franche curiosité sur le visage
-Oui. Le professeur de divination Sybille Trelawney, actuellement à Poudlard, avait formulé une prophétie directement au professeur Dumbledore.
Il s'interrompit. Même si son visage parfaitement neutre ne le montrait pas, Rogue avait beaucoup de mal à parler de cet épisode de sa vie. Avide d'entendre la suite, le lord le brusqua un peu:
-Dépêche toi de finir!
-... Ayant entendu le début de cette prophétie, je me suis empressé de vous la retransmettre.
-Que disait-elle?
-Elle parlait de la naissance de celui qui aurait le pouvoir de vaincre le Seigneur des Tenèbres : il naîtra de ceux qui l'ont par trois fois défié, il sera né lorsque mourra le septième mois...
Les yeux du lord s'allumèrent de compréhension.
-Et cette personne est Harry Potter?
La réponse était si évidente que les serviteurs ne la formulèrent pas.
Tom était à la fois abasourdi et effrayé. Quelqu'un avait le pouvoir de l'éliminer. Quelqu'un était prédestiné à le faire. Il comprenait ce qui l'avait poussé à vouloir tuer Potter: il ne pouvait permettre cela. Or, c'était ce qu'il s'était produit, le bébé l'avait vaincu... enfin presque. Mais s'il l'avait battu une fois, peut-être pouvait-il recommencer? Harry l'avait contraint à gaspiller l'un de ses horcruxes pour revenir à la vie, pouvait-ils le faire encore et encore, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien de Tom? D'ailleurs, est-ce que son futur-lui était parvenu à créer autant d'horcruxe qu'il voulait où était-il mort avant d'avoir pu le faire?
-Bien sûr que c'est lui, reprit le lord à voix basse.
D'ailleurs, peut-être était-ce pour cette raison que le bébé l'avait vaincu. Peut-être disposait-il d'un grand pouvoir dont le lord ignorait l'existence? Il lui fallait la fin de la prophétie pour en être certain. Tom reprit d'une voix un peu plus forte:
-Tu as dit entendre le début de la prophétie, Severus, qu'en est-il de la fin?
-Elle doit être au ministère, intervint Lucius
Le lord se tourna vers lui, l'incitant à poursuivre.
-Au département des mystères, pour être plus précis. C'est là qu'ils entreposent les prophéties.
Tom tapa dans ses mains:
-Eh bien, l'affaire est réglée. Macnair et Lucius, vu que vous travaillez au ministère, vous me la ramènerez. Severus, as-tu les informations sur Potter?
-Je les aurais demain, le château dormait lorsque j'y suis rentré.
Tom hocha la tête, agacé par l'excuse minable du serviteur.
-Avery, je veux que tu retrouves Crabbe et Nott pour voir où ils en sont: aides-les si nécessaire.
-Bien maitre, répondit Avery en s'inclinant.
-Ce sera tout pour ce soir, annonça le lord.
Les serviteurs comprirent l'invitation à se retirer. Ravi de pouvoir enfin aller dormir, il quittèrent la pièce en lançant des « Bonne nuit » et en priant pour qu'un nouveau caprice de leur maitre ne vienne pas les réveiller en plein milieu de la nuit comme cela arrivait si souvent douze ans plus tôt.
Tom se rassit au bureau et se massa les tempes. Il observa son journal, toujours ouvert, où des phrases apparaissaient à intervalle régulier.
Tom, s'il te plait.
Reviens
Je t'en prie.
Allez, Tom!
Il savait que la petite Ginny ne se lasseraient pas, vu qu'elle n'avait que ça à faire. Quelques suppliques plus tard, il daigna répondre.
« Quoi? »
Je sais que ça ne te plais pas de parler de ta vie. Je sais que cela te dérange. mais s'il te plait, raconte-moi.
Tom ne se donna même pas la peine de répondre.
Je me sens pas bien ici, Tom, je t'en prie, mon esprit a vraiment besoin d'être libéré au plus vite, s'il te plait, raconte-moi. Qu'est ce qui te gène tant? Je jure de ne pas te juger... même si je dois t'avouer que ce n'est pas l'envi qui m'en manque. Je jure de ne pas avoir de pitié aussi, vu que tu sembles détester ça... Bon sang, je ferais tout ce que tu voudras! Mais fais un effort par pitié!
Jedusor poussa un soupir irrité et s'empara de la plume d'un geste si brusque qu'il faillit renverser l'encrier dans une manœuvre peu habile -ce qu'il ne remarqua pas-.
« Je détestais les mômes de l'orphelinat. Je faisais tout pour les emmerder, je les effrayais, je les menaçais. Je volais un objet à chaque enfant à qui j'avais fait affront, si bien que je me suis retrouvé avec une collection de jouets inutiles planqués au fin fond de mon armoire. Dans une boîte. »
Ginny répondit simplement:
Merci
« Déjà à l'époque, je faisais de la magie sans le savoir. J'arrivais à contrôler les autres, leur faire du mal, si j'en avais envi. Les animaux faisaient ce que je voulais. Je parlais même aux serpents, je m'en était rendu compte lors d'une excursion à la campagne. »
Il arrêta son récit pour prendre des nouvelles de Ginny
« Bon, est-ce que tu ressens une légère amélioration de ton état? »
Absolument pas. Mais c'est normal, Tom, tu ne m'as encore rien dit.
Tom tapa du poing sur la table, elle devait se foutre de lui!
« Comment ça, je ne t'ai rien dit?! Toi, tu n'avais quasi-rien mentionné de ton enfance non plus! Tu étais trop occupée à me raconter les problèmes de ta misérable vie dans le trou du cul du monde que ta famille avait eu la prétention d'appeler 'Terrier' »
Ginny, pas si idiote qu'elle ne le laissait paraître, ne releva pas de l'insulte.
C'est vrai que je te parlais surtout de ce que je ressentais, de mon mal être.
« Encore et toujours ce genre de conneries »
Oui, Tom. Les sentiments, les pensées, les craintes, les hontes, les envies... n'est ce pas ça qui t'as donné de la force? C'est toi même qui me la dit: " Tes secrets les plus obscurs, tes pensées les plus secrètes..."
Tom réalisa pour la première fois que Ginny pouvait se montrer d'une intelligence extraordinaire.
Pour confirmer ses pensées, elle ajouta même:
L'âme, c'est la pensée, l'esprit. En énonçant des faits, tu me racontes une histoire en suivant une chronologie. Tu m'ouvres ton passé mais pas ton âme.
Pour cette vivacité d'esprit admirable, Tom se promit de faire un effort.
« J'éprouvais du plaisir en leur faisant du mal. Je me souviens de Billy Stubbs, j'avais pendu son lapin à une poutre du toit. Le souvenir de son visage apeuré restera gravé dans ma mémoire. En fait, je me souviens parfaitement de toutes mes victimes, de leurs visages, de leur paroles, de leurs pleurs, de tout. Je sentais que j'étais différent des autres, ils devaient le sentir aussi, puisqu'ils semblaient ne pas vouloir de moi. Je me sentais supérieur, c'est aussi pour cette raison que je ne faisais absolument rien pour me mêler à eux même si je t'avoue qu'au début, cela a été très dur pour moi. »
Jedusor secoua la tête. Parler de sentiments était aussi désagréable que d'en éprouver . Les souvenirs surgissaient dans sa tête: lui, à trois ans, qui se mordait les lèvres à sang pour retenir ses larmes parce que les grands se moquait de lui. Les grands, à qui il était ensuite arrivé de terribles malheurs dont personne n'avait réussit à en trouver l'origine. Il entendait les cris déchirants des nouveaux-nés à l'orphelinat, Tom ne les supportait pas. Il lui arrivait d'appuyer ses mains sur ses oreilles pour atténuer l'affreux boucan provenant de la salle aux nourrissons.
Je te comprends. Je sais à quel point la solitude est dure à vivre, surtout pour un enfant.
Ginny s'abstenait de tout commentaire sur ses actes barbares et semblait même éprouver de la compassion pour lui, ce qui le révulsa.
« Fais attention à ce que tu dis, Ginevra. Je reprends: je menais donc une vie de merde dans un orphelinat de merde où Mrs Cole, la directrice, s'occupait de moi uniquement par devoir. Très petit, j'avais espéré qu'elle jouerais le rôle de la mère que je n'avais jamais eu. Inutile de te dire qu'il ne m'a pas fallu très longtemps avant d'être désillusionné. Pour les plus jeunes il y avait les dortoirs. Ensuite, ils plaçaient les enfants par deux dans des chambres. À huit ans, ils m'ont placé dans une chambre tout seul, mais j'étais arrivé à un stade où ce genre de chose ne m'atteignait plus. (J'espère que tu as conscience de tout ce que je fais pour te faire sortir) »
J'en ai conscience.
« Je me souviens du jour où Dumbledore est venu me rendre visite pour me dire que j'étais un sorcier. Certainement le plus beau souvenir de ma vie, après celui de mon arrivé au château. Il avait débarqué dans ma chambre avec une de ces tenues loufoques dont lui seul a le secret. Il était venu m'apporter la confirmation que j'étais réellement supérieur, que j'avais de vrais pouvoirs. Il a su que j'étais un voleur et m'a ordonné de rendre les affaires que j'avais subtilisé: je lui en aurais presque sauté à la gorge. Mais, encore maintenant, j'éprouve un certain respect pour lui . Fou mais perspicace, amoureux des moldus mais puissant. »
L'absence de réponse de Ginny l'encouragea à poursuivre.
« Arrivé à Poudlard, j'étais ébloui, émerveillé... bref: tu sais de quoi je parle. Dès que j'ai posé un pied dans le château, je l'ai considéré comme ma vrai maison, mon chez moi. Je savais que c'était l'endroit où je passerai les meilleurs moments de ma vie. J'ai été naturellement envoyé à Serpentard. Dès que j'en ai eu la possibilité, j'ai commencé des recherches sur mon père. Selon moi, c'était lui le sorcier: ça ne pouvait pas être ma mère vu qu'elle était morte de manière idiote. Mais après de longues recherches, j'ai dû admettre que mon père n'avait jamais mis les pieds à Poudlard. Je me suis alors tourné vers le passé de ma mère. Merope Gaunt. J'ai rapidement trouvé des informations sur elle et les arbres généalogiques remontaient tous vers Salazar Serpentard. Ma mère était sa descendante! »
Il n'avait pas écrit cela avec un enthousiasme que Ginny ne partagerait pas. Il l'avait écrit avec amertume et dégout. Maintenant qu'il s'était lancé, les mots sortaient de sa plume sans même qu'il ne se rende vraiment compte. Après des années et des années de retenue, il s'exprimait enfin librement, avec un certain soulagement.
« Oui. Cette femme, qui avait osé être souillée par ce répugnant moldu de Tom Jedusor, était la descendante de Salazar Serpentard. Et quelle misérable vie elle a mené! Amoureuse d'un moldu qui l'a abandonné dès qu'il a su ce qu'elle était, qui n'a jamais voulu de moi, qui n'a jamais cherché à me connaître! Et elle, qui s'était laissée mourir dans cet orphelinat miteux en me donnant le nom immonde de mon moldu de père, n'avait-elle pas pensé une seule seconde à vivre pour son enfant? À vivre pour moi? Plutôt que de me laisser grandir dans ce monde pourris dénué de magie, dénué de tout? Si tu savais comme j'ai honte de mes parents. Si tu savais comme je les hais... »
Tom était haletant, comme s'il avait raconté tout cela en hurlant à la mort. Il appuya son poing contre ses lèvres et ferma les yeux avec force. Il essaya de calmer sa respiration. Le poids du passé était très lourd. Il espérait que le raconter l'allégerait. Mais pour l'instant, la haine qui s'était atténuée au bout de cinquante ans, ressurgissait, aussi ardente qu'autrefois.
Je sais que tu ne veux pas me voir l'écrire mais... je suis vraiment désolée.
Ginny, enfermée dans le bouquin par sa faute, était désolée pour lui. Décidément il aurait tout vu! Surprenants, ces griffondors, très surprenants!
« Tu n'as pas à l'être »
Il esperait qu'elle se rendait au moins compte à quel point cela était vrai!
Qu'as-tu ressentis en me racontant tout ça?
« De la colère » répondit automatiquement Tom
Et peut-être un peu de tristesse, non? C'est ce que j'ai cru discerner parmi tout ce que tu as révélé.
« Bien sûr que non, Ginny, arrête de raconter des conneries. »
Tom. Si tu mens, on recule!
Jedusor fit l'effort de réfléchir là-dessus. Il n'était plus sûr de rien. Parler de son passé le rendaient presque vulnérable.
« Je n'éprouve pas de tristesse... du moins, pas que je sache. J'éprouve de la colère, de la haine et surtout de la rancune. »
Parler de ce genre de sentiments ne lui était pas si difficile tant ils lui étaient familiers. Le lord craignait que Ginny ne finisse par aborder le thème que dans son monde de petite fille -ou dans celui déjanté de Dumbledore- on jugeait comme joyeux et qu'on appelait l'amour: non seulement il n'aurait pas grand chose à en dire, mais en plus il n'était même pas sûr d'en connaître la définition exacte.
Tom, je crois que je me sens un peu mieux... Quelque chose se passe. C'est très léger, mais j'arrive à le sentir!
Jedusor soupira d'aise en songeant que toutes ses révélations n'avaient pas servi à rien, en fin de compte.
« Ginevra, je suis fatigué. Je vais dormir. »
D'accord. Merci Tom. Bonne nuit.
« Merci? De quoi? De t'avoir foutu là-dedans? De t'obliger à écouter toute ma vie? Ou encore de te faire sortir en promettant que tu n'auras jamais de liberté? »
Certes. Mais tu n'es pas le diable en personne comme je l'imaginais. Je comprends un peu mieux ce qui t'a poussé à faire toutes ces choses, même si je t'en veux toujours à mort!
Elle le faisait penser à Dumbledore, à toujours croire qu'il y a du bon en chacun. Comme si c'était son passé qui expliquait ses actes; elle ne comprenait vraiment rien! Il était trop exténué pour pouvoir argumenter là-dessus, il répondit donc:
« Bonne nuit »
*
Le lendemain, 19h30
-Crabbe, Nott et Avery sont absents, constata le lord, je commence à me faire du soucis: mes mangemorts sont-ils tous des bon à rien?
-Non maître! laissa échapper Greyback
Tom ne sembla pas l'entendre.
-Et pour Potter, Severus?
-Je crains maitre, qu'il ne passe ses vacances au quartier général de l'Ordre...
-Où se situe t-il?
-Justement, je ne peux le dire: je ne suis pas le Gardien du Secret.
Tom fit les cent pas.
-Je vois... le sortilège Fidelitas. C'est vraiment étrange. Seuls mes mangemorts sont censés être au courant de ma résurrection et pourtant Harry Potter semble être protégé comme si l'information s'était répandue ailleurs, dit Jedusor en préférant prendre un air faussement perplexe plutôt qu'accusateur.
Et le Seigneur des Ténèbres avait vu juste. Dumbledore avait tenu à cacher Potter au quartier générale de l'Ordre vu qu'il craignait énormément que la protection de sa mère résidant dans le sang de sa famille à Privet Drive ne soit suffisant pour stopper le Seigneur des Ténèbres, qui était parfaitement capable d'envoyer toute sa troupe de mangemorts sonner à sa porte à l'heure du diner. Sans compter qu'en cas d'échec, Severus imaginait très bien le jeune lord repartir en laissant le quartier à feu et à sang. Même s'ils plaçaient des aurors un peu partout à Privet Drive, un affrontement là-bas serait très risqué.
-Cela n'a rien à voir, maître. Les gens pensent qu'il est l'héritier de Serpentard et Dumbledore, par excès de prudence, tient à le garder sous surveillance. Si on veut rouvrir l'école l'an prochain, il nous faut redoubler d'attention.
Tom cessa de marcher. Il n'avait encore aucun moyen de prouver la culpabilité de Severus et une trahison de sa part lui couterait beaucoup. Si Dumbledore était au courant de son retour, il ne disposait plus de l'effet de surprise et le vieillard se ferait une joie de lui mettre des bâtons dans les roues, en commençant par surprotéger Potter!
-C'est stupide! pesta Tom, l'Héritier de Serpentard, lui? Ridicule!
Il s'interrompit lorsque la porte du salon s'ouvrit. Crabbe entra -ou plutôt trébucha- dans la pièce, puis le corps flottant dans les airs d'un homme allongé dans une posture étrange passa par l'ouverture, suivi de près par Nott qui gardait sa baguette pointé sur lui. Avery fermait la marche -et ferma la porte, d'ailleurs-.
Nott fit lévité le corps jusqu'à la table et abaissa la baguette de sorte à ce qu'il atterrisse lourdement dessus, révélant aux autres le visage de Karkaroff stupéfixé dans une expression de terreur. Tom l'analysa quelques secondes: Igor dépassait la quarantaine, ses cheveux blancs étaient coupés court, son bouc révélait un menton fuyant et ses lèvres retroussées en un éternel cri muet laissaient entrevoir des dents jaunâtres.
-Bien joué, les gars, dit alors Tom en donnant un tape amical sur l'épaule de Nott, qui était le plus proche de lui.
Pour le lord, cette première mission réussie était en quelque sorte le réconfort de cette journée désastreuse.
-Heureusement que j'étais là, se sentit obligé de préciser Avery
-C'est ça ouais, tu ne nous a été d'aucune utilité, le rabroua Crabbe d'une voix bourrue
-Il allait encore vous filer entre les doigts si je n'étais pas intervenu!
Nott s'apprêtait à riposter mais il fut coupé par le lord.
-Ça va, ça va! dit le Seigneur des Ténèbres d'une voix apaisante, félicitation à tout les trois. Maintenant, asseyez-vous.
Les serviteurs s'exécutèrent non sans s'être envoyé quelques regards noirs entre eux.
-Macnair, Lucius, j'imagine que vous n'avez pas récupéré la prophétie. Sinon vous vous seriez empressé de me le faire savoir, en tout cas, je l'espère.
-On y travaille, maitre, comme l'accès à la salle au prophéties nous est interdit, j'ai soumis Moroz, un langue-de-plomb du département des mystères, au sortilège de l'impérium, de sorte à ce qu'il s'empare de la prophétie pour nous.
-Et pourtant, il ne l'a pas fait, lui fit remarquer Tom
-Certes, je pense que c'est parce qu'il n'en a pas eu l'occasion vu que j'ai bien précisé que cela devait se faire dans la discrétion la plus totale, et puis dans le pire des cas, on pourra toujours utiliser quelqu'un d'autre.
Tom hocha la tête.
-Bon. Enfermez-le quelque part ici, ordonna le lord en désignant du menton le corps immobile de Karkaroff sur la table, s'il s'échappe, tu en seras tenu pour responsable, Lucius. Je m'occuperais de son cas en temps voulu.
À défaut de pouvoir tuer Potter, Tom utiliserait la mort de Karkaroff pour créer son horcruxe, même si cette solution ne l'enchantait guère. Tom quitta le salon, laissant ses mangemorts se débrouiller avec le corps de Karkaroff et alla rejoindre sa chambre, où Ginny devait l'attendre -de toute façon, elle n'avait pas vraiment d'autres chose à faire-.
Il s'installa tranquillement à son bureau.
« Bonsoir Ginny »
Tom
« Tu m'as manqué, tu sais »
C'était une phrase qu'il avait beaucoup utilisé quand il était encore dans le journal, pour plaire à Ginny. Il avait décidé de la ressortir pour lui rappeler avec une certaine ironie le bon vieux temps sauf que cette fois-ci, elle n'était pas dupe.
Ouais, c'est ça.
Malgré le manque d'enthousiasme de la part de Ginny, Tom décida de continuer sur le ton de l'ironie.
« Comment tu vas? »
Ses discussions avec elle étaient devenues plaisantes à ses yeux: Ginny ne disait plus d'atroces niaiseries, ne racontait plus sa vie, ne s'exprimait plus avec cette désastreuse naïveté qui la caractérisait si bien. -Même si son ingénuité naturelle reprenait de temps à autres le dessus, mais cela lui paraissait plus amusant qu'agaçant à présent-.
Comme quelqu'un qu'on a enfermé dans un journal. Où est-ce que t'es?
Bien que Ginny semblait s'être amélioré dans l'écriture et qu'à présent toutes ses lettres étaient parfaitement lisibles, Tom ne comprenait pas ce qu'elle voulait dire.
« Quoi? »
Je te demande où tu es! Chez toi? Chez quelqu'un?
Sans même hésiter une seule seconde, Tom lui dit la vérité:
« Chez les Malefoy. »
Ah oui! J'aurais du le savoir. J'avais complètement oublié que j'avais parlé à Drago récemment. Qu'est ce que tu fais chez eux? D'où tu les connais?
Alors qu'il s'apprêtait à répondre, la voix étouffée d'un elfe de maison, provenant du couloir, l'interpella:
-Mon seigneur! Mon seigneur!
Même s'il savait que l'elfe n'avait pas bougé du couloir, Tom tourna la tête vers la porte.
-Quoi? répondit-il abruptement, d'une voix assez sonore pour que l'elfe l'entende.
-Maitre Malefoy voudrait savoir si vous dinerez avec la famille, dans quelques minutes.
-Pas faim! lança t-il avant de reporter son attention sur le journal.
-D'accord, je vais avertir maitre Malefoy, couina la voix de l'elfe qui s'éloignait.
Tom reposa les yeux sur le journal.
« Comment ça, tu avais oublié? Ginny, l'heure est grave. Les deux seuls trucs qu'on peut faire dans ce bouquin, c'est écrire et se souvenir. Et toi, tu oublies! »
Tom, je t'ai dit que j'étais à l'étroit! Que je me sentais mal! Comment se souvenir quand on est à l'agonie? Par contre, si je me rappelle bien: tu ne m'as toujours pas dit ce que tu faisais chez les Malefoy!
Cette fois-ci, il décida de mentir. Ses projets, il comptait les dire plus tard. Pour l'instant il devait se concentrer sur le passé.
« Je prends du bon temps. Mais bon, ce n'est pas ce qui nous intéresse pour le moment. Et si on reprenait plutôt là où on s'était arrêté hier? »
Avec joie!
L'empressement de Tom à vouloir la libérer provoquait une sorte de soulagement de la part de la petite Ginny qui en faisait presque vibrer le livre.
« J'ai donc découvert que j'étais l'Heritier de Serpentards et que mes parents étaient des vermines. Dès lors, mon but ultime était de trouver cette chambre des Secrets. C'était si important pour moi! Éliminer la racaille des Sang-de-Bourbe était la tâche qui m'était personnellement destiné et cela me rendait fier. Reprendre les rênes après mon ancêtre, réussir là où d'autres Sang-Pur avaient échoué. »
Tu es horrible.
C'était surement vrai, mais cela n'avançait à rien de le lui faire remarquer.
« Et dire qu'avec la touchante histoire de mes parents tu me le pardonnais presque! »
Ne rêves pas. Je n'oublie pas ce que tu es.
« On poursuivra nos querelles plus tard, j'aimerais terminer mon récit si tu le veux bien. »
Vas-y.
« Après quatre ans de recherche, je dois t'avouer que je commençais sincèrement à désespérer. Et puis, finalement, au début de ma cinquième année, je l'ai enfin découvert! Tu ne peux pas imaginer le soulagement, la fierté que j'ai ressentis. J'allais enfin pouvoir commencer à mener à bien les projets louables de mon ancêtre! »
Louables, tu parles! Ouais donc. T'as découvert que l'entrée de la chambre se situait dans les chiottes. Et puis?
Quelle mauvaise foi! Avec tout ce que Tom faisait pour la faire sortir, elle pouvait au moins retenir ce genre de commentaire!
« Ginny, encore une intervention de ce style et je peux t'assurer que tu pourriras là-dedans. »
Pardon.
L'inconvénient du livre était qu'il était privé des réactions et expressions de Ginny, il ne pouvait que les deviner à travers ses paroles et, très souvent, cela n'était pas évident.
« Après avoir découvert l'ouverture de la Chambre de secrets, je n'ai rien fait. Du moins pas directement. J'ai laissé passer un mois avant de lancer le basilic sur un Sang-de-Bourbe, laissant sur le mur du couloir du 2eme étage exactement le même message que toi. Tu te rappelle, Ginny? »
Comment pourrais-je oublier les raisons pour lesquelles je te hais?
« L'élève avait seulement été pétrifié. Il s'est alors ensuivi une succession d'échec, aucun Sang-de-Bourbes n'a été tué le premier semestre! Une véritable catastrophe, en ce qui me concerne. »
C'est affreux! Tom, c'est affreux de dire ça!
Il s'était attendu à un commentaire du genre, il poussa un soupir exaspéré et passa outre.
« Je commençais à me fatiguer à force de lâcher le basilic sans résultat »
Un basilic! Le monstre est un basilic? C'est une sorte de serpent?
Il la trouvait agaçante à l'interrompre sans cesse. Mais bon, ces cinquante années enfermé lui avait appris la patience.
« Ouais. Un grand serpent. Qui tue d'un simple regard » écrivit Tom pour faire simple
Comment des personnes se sont retrouvées pétrifiées si elles ont croisé son regard? Comment ont- elle survécu?
« Ils n'ont pas dû croiser directement son regard, ses chanceux l'ont peut-être vu au travers d'un miroir au autre. Qu'en sais-je? Donc, je disais que j'enchainais déception sur déception. Et puis, un heureux jour, une Sang-de-Bourbe a finalement été tué. »
Oh merlin Tom! Non! Tu as tué quelqu'un! Tu as tué quelqu'un!
Un flot de paroles désespérées s'échappa du livre et Tom s'arrêta de le lire au bout de quelques secondes. Il posa le coude sur la table et attendit patiemment que la petite se calme (elle était vraiment ennuyante quand elle s'y mettait).
Lorsque cela fut fait, il reprit:
« Tu la connais. »
Pas de réponse.
« Elle hante les toilettes des filles. C'est toi-même qui me l'a dit. »
MIMI GEIGNARDE! Tu as tué mimi geignarde!
« Ah oui, c'est comme ça qu'on la surnomme. Avoue que sa mort n'était pas vraiment une grande perte. »
Tom, tu es horrible.
« Je sais, tu l'as déjà dit »
Sans cœur! Immonde! Monstre! Je ne veux plus discuter avec toi. Je ne veux même plus entendre parler de toi!
Si elle commençait à se rétracter alors qu'il venait seulement de dire qu'il avait éliminé une plaie, comment réagirait-elle en apprenant qu'il était Lord Voldemort? Car oui, il devrait bien le lui révéler au bout d'un moment! S'il voulait la sortir du journal, il ne devait rien lui cacher. Il ne pouvait rien lui cacher. Même si cela était très tentant.
« Pourtant il le faut bien si tu veux sortir! Ne sois pas idiote! Il serait bien, aussi, que je te raconte comment j'ai pu faire en sorte que ce journal contienne une partie de mon âme! »
Il savait qu'en disant cela, il susciterait son intérêt, vu que l'histoire du journal la concernait directement. Et il avait vu juste, quelques secondes plus tard, il pouvait lire:
Comment?
Le Seigneur des Ténèbres resta quelques instants la plume en l'air. S'il devait révéler à Ginevra Weasley, innocente griffondor appartenant au camps adverse, tout les secrets qu'il n'avait jamais révéler à personne, il devait également s'assurer par tout les moyens que celle-ci n'aurait aucune chance de les répéter à qui que ce soit. Il devrait la garder auprès de lui, sans lui laisser une chance de revoir sa famille: qu'arriverait-il si elle leur répétait tout? Ou pire, si elle le répétait à Dumbledore en personne? Ses points faibles mis au grand jour, le Seigneur des Ténèbres ne serait plus invincible.
« Le journal était un horcruxe. J'imagine que tu ne sais pas ce que c'est, donc je vais t'expliquer: Un horcruxe est une sorte de sauvegarde de soi même. On sépare son âme en deux et on place la moitié dans un objet tandis que l'autre reste dans le corps. Si on meurt, le morceau d'âme placé dans l'objet reste intact. Tu me suis? »
Oui, ça veut dire que tu n'es pas totalement mort.
« Exact, Ginny. Maintenant je vais te dire comment en créer un. Tout d'abord, pour séparer son âme en deux, il faut commettre un meurtre. »
Avant même qu'il n'ait pu poser la pointe de la plume sur le papier, une phrase, dont l'écriture était encore plus négligée qu'à l'accoutumée, apparut :
Tu as crée le journal avec la mort de Mimi! Oh Merlin!
Ginny semblait écrire de manière fébrile, sous le coup de la panique.
Quand je pense que je suis dedans! Je suis dedans à cause de toi! Tu l'as sacrifié pour ce fichu livre et je suis dedans! Je suis dedans!
Tom se rendit finalement compte qu'être privé des réactions de Ginny pouvait également être un avantage. Il aurait très mal supporté la crise d'hystérie qu'elle lui aurait fait si elle s'était trouvée en face de lui. Il préféra ne pas continuer son récit tout de suite et attendit une petite minute que Ginny puisse bien digérer la nouvelle. Au bout de quelques temps, il reprit:
« Ensuite, il existe un sortilège de magie noir: le sortilège animae exemptum pour placer un des deux morceaux d'âme dans l'objet. »
Merlin! Tu énonce cela comme... comme si c'était une recette de cuisine ou encore un mode d'emploi pour lunascope! Te rends-tu au moins compte de ce que tu as fait? À quel point c'est terrible? À quel point c'est grave?
Oh, elle en était encore là! Décidément ils allaient à reculons!
« Ginny, arrête de prendre tes airs de petite fille scandalisée. Cela va faire un bon moment à présent que tu sais qui je suis, cesses donc d'essayer de me faire croire que tu es seulement en train de le découvrir. »
Tu es un meurtrier! Sans pitié, sans remords, sans rien! Je savais que tu étais monstrueux, mais je n'aurais jamais imaginé que c'était à ce point! Et toi, tu veux que je te parle comme si de rien n'était?
Tom commençait vraiment à se lasser des réponses de Ginny. Il ne consacrait pas la moitié de son temps à tenter de la libérer pour recevoir des remontrances en retour. Et puis, il était l'héritier de Serpentard, il s'était joué d'elle pendant toute une année et avait finalement emprisonné son âme dans son propre journal, alors, à quoi s'attendait-elle d'autre?! Ginny avait-elle vraiment attendu qu'il lui révèle son premier crime pour enfin comprendre à qui elle avait vraiment à faire? Vu l'état d'affolement dans lequel se trouvait la petite, il n'avait aucune chance de poursuivre son récit tranquillement. Il devait la laisser cogiter un peu, attendre qu'elle assimile le tout et se calme toute seule, comme une grande.
« Tu m'agaces, je m'en vais »
C'est ça! Vas t-en! Ne reviens pas!
"Tu regretteras ces paroles, Ginevra!"
Elle ne se rendait pas compte de la chance qu'elle avait de se trouver dans le livre. Ne pas pouvoir lui faire amèrement regretter ses paroles était très frustrant pour Tom. Il ferma violemment le journal comme si cela pouvait blesser Ginny et se leva.
Tom croisa les bras. Il était tard, tout ce qu'il lui restait à faire était de dormir. Le lord s'étendit tranquillement sur le lit et plaça les mains derrière sa nuque.
Après quelques minutes, il cessa de faire la course au sommeil vu que celui-ci ne semblait pas vouloir venir et, à la place, essaya de faire le point sur sa situation:
Karkaroff avait été capturé et avec du recul, Tom se rendait compte que cela ne l'avançait en rien. Potter était hors d'atteinte, du moins tant qu'ils ignoraient l'emplacement du quartier général de l'Ordre. De toute façon, il ne préférait rien tenter tant qu'il n'était pas en possession de la prophétie: le lord devait en savoir plus sur la force de son ennemi avant de l'attaquer. Seulement cela semblait s'avérer plus difficile que prévu, vu qu'une journée entière n'avait pas suffit à ses deux mangemorts pour la récupérer. Il comptait aussi attendre encore un peu avant de libérer ses serviteurs d'Azkaban, étant donné qu'il ne voulait pas attirer l'attention pour le moment. Aussi, il se posait aussi beaucoup de questions sur Severus Rogue. Son futur-lui devait lui accorder une grande confiance pour l'envoyer espionner le camp adverse. Mais vivre douze ans dans la certitude que son maitre était mort, l'avait peut-être conduit à adhérer au camp ennemi? Quant à Ginny, il se rendait compte que la libérer serait plus difficile qu'il ne l'avait cru car elle ne semblait pas vraiment coopérative.
Au bout d'une heure de réflexion, Tom sombra dans le sommeil. Enfin.
Lorsque les premiers rayons ensoleillés vinrent caresser la joue du lord très tôt le matin, celui-ci regretta amèrement de ne pas avoir fermé les rideaux. Il posa une main sur ses yeux et se leva péniblement. Son estomac le tiraillait et il regretta aussitôt de ne pas avoir dîner la veille. Il prit une douche rapide, quitta sa chambre d'un pas lourd et mit un temps fou avant d'arriver dans la salle à manger où Lucius buvait tranquillement son thé en lisant la Gazette du Sorcier.
-Les autres ont raison, ton manoir est trop grand Lucius, lui reprocha le lord en guise de bonjour
Il s'installa à la longue table, où un petit-déjeuner semblait l'attendre, en face de son serviteur et hésita longuement entre cornflakes et toast.
-J'en suis navré, répondit le mangemort avec un léger sourire, Bien dormi?
-Ouais, grogna Tom en se servant finalement un toast
C'était un mensonge, bien entendu. S'endormir sur ses inquiétudes l'avait mené à un sommeil agité, peuplé de cauchemars où il se revoyait mourir en boucle, tué successivement par Potter, Ginny, Severus et enfin Dumbledore de diverses manières. Le premier souvenir qui lui venait à l'esprit était de celui de Ginny lui plantant un poignard dans le dos.
-Vous vous êtes levé tôt, aujourd'hui, remarqua Malefoy
Tom ne répondit pas et mangea en silence.
Le blond se leva de table, mais Jedusor lui attrapa la manche lorsqu'il passa à côté de lui:
-Lucius. Cette prophétie, il me la faut absolument.
Surpris, Malefoy se tourna vers le lord. L'air incertain, presque angoissé de l'adolescent n'échappa pas au regard vif du mangemort. Le jeune Seigneur des Ténèbres en paraissait presque attendrissant, c'est pour cela que Malefoy ne put s'empêcher de tapoter affectueusement son épaule:
-Ne vous en faites pas maitre, on l'aura cette prophétie, assura t-il, et c'est Potter qui aura du soucis à se faire
La sincérité de Lucius le réconforta quelque peu, il lui fit un demi-sourire et répondit:
-Merci.
Lucius hocha la tête et quitta finalement la pièce, partant travailler. Avant même que la porte ne se soit refermée, Tom se figea sur place. Si Malefoy était resté un instant de plus dans la pièce, il aurait eu le loisir de voir son maitre en arrêt sur image. Le lord venait en effet de se rendre compte qu'il avait remercié son serviteur, il venait même d'éprouver une grande sympathie pour le mangemort! Quelque chose d'anormal venait de se produire en lui, dans sa tête, comme si son esprit s'était déconnecté l'espace de quelques secondes.
-Oh non... murmura t-il, tandis qu'il comprenait peu à peu ce qui lui arrivait...
Review?
