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Nostalgie

Ache-James Carrington

Undisclosed desires- Muse

TROIS JOURS PLUS TARD

-MacKeltar, s'il vous plaît, dites-moi que c'était le dernier…

-Oui, Barrons, on a fini.

Le colosse souffla, soulagé. Cela faisait trois jours entiers qu'il supportait le même rituel, encore et encore répété à mesure que Christian lui amenait des corps dont les facultés pouvaient lui être utiles. Certains lui étaient vaguement familiers. Comme par exemple Dani, la gamine que Mac avait prise sous son aile, et qui avait le don d'hyper-vitesse… Si la fougueuse jeune femme avait été là, elle aurait définitivement coupé les ponts avec lui…

Mac.

Son nom résonnait dans sa tête à chaque instant. Son absence lui pesait, ses derniers instants tournaient en boucle dans son esprit...A chaque fois qu'il relâchait son attention, des scènes de ce qu'avait été leur cohabitation dans la librairie s'imposaient à lui, claires comme du cristal. Des phrases, des regards, des gestes, des émotions, des contacts…

-Barrons !

-Excusez-moi. Je songeais à…ce n'est pas important. Allons-y.

- Oui, soupira Christian. Allons-y. Sauvons la race humaine dans la joie et la bonne humeur. Rappelez-moi la suite des évènements ?

- Nous sommes attendus à l'Abbaye. Conseil de guerre.

Christian émit un rire sarcastique.

-Ouais ! Rowena veut nous garder à l'œil… Comme si on allait attaquer nos seuls alliés…

Il continua de ronchonner tandis qu'ils montaient dans la Viper de Barrons pour un voyage de plus de deux heures. Christian ayant insisté pour prendre le volant, Barrons se retrouva seul avec ses pensées. Il les reprit là où il les avait laissées…Mac envahit son esprit une fois de plus, alors qu'il se souvenait de plusieurs scènes marquantes de leur relation…

"La première soirée, dans la petite chambre au Clarin House.

-Vous me réveillez au milieu de la nuit pour me menacer, et vous avez le culot de me donner des leçons de bonnes manières ?

- Epargnez-moi vos sarcasmes, monsieur Barrons, et répondez à ma question.

Elle venait de voir un Unseelie. Elle était effrayée. Elle me rouait de coups. Je plongeai mes yeux dans les siens.

-Si vous saviez comme je vous trouve agaçant !

Elle était un cauchemar rose bonbon. Elle me lança un regard assassin.

Une soirée, devant la Casa Blanc. Je la pris par la taille; un long frisson la parcourut.

Une autre soirée, chez Mallucé. – Je viens telle que je suis, ou je ne viens pas du tout.

-Je fais allusion à ceci, dit-elle en m'apportant sur un plateau l'une des quatre pierres sacrées."

- Je m'y connais un peu en voitures. Je lui lançai un regard admiratif.

Elle a totalement ignoré mes ordres et est sortie de la librairie. Totalement inconsciente. Cette fille me rendra fou."

- A droite, cinquième sortie, dit-il à Christian.

- Okay.

"Nous nous dévisageâmes sans mot dire.

Son premier 'meurtre de sang-froid'. Incroyable. J'avais envisagé tous les scénarios…sauf celui-ci.

Dans l'entrepôt du 1247, LaRuhe. Mac se battait. Admirablement bien. Puis le vampire la lança contrele mur et je hurlai : Mac ! Non, faites qu'elle soit vivante…Je la pris dans mes bras et je la soignai durant les jours qui suivirent…

-Vous pouvez m'appeler par mon prénom…Jericho."

Il ferma les yeux.

"Je l'embrassai. Elle était déjà évanouie.

Un cimetière. –Rentrons à la maison. –A la maison ? –Il faut bien que je donne un nom à cet endroit.

J'écartai une mèche sur son visage. Elle sursauta."

Mais tout n'avait pas été rose dans leur relation.

"La librairie. Elle était encore sortie, contre les avis de prudence. -Un baiser parfumé à l'alcool. Deux, pour être précise. La jalousie me rongea jusqu'au fond de l'âme.

Peut-être qu'un jour vous embrasserez un homme sans qui vous ne pourrez plus respirer.-C'est ça, et un jour mon prince viendra.

L'enchère. Le frôlement de mes lèvres sur son oreille la fit frémir.

-Vantard. Je ris. Elle me regarda, surprise et troublée.

Nous allons à l'Abbaye. -Eh bien , Jericho ! Où allons-nous ce soir ?

-Vous portez à gauche, Barrons. –Touché, murmurai-je…

- Vous ne savez même pas ce qu'est l'amour ! Je me plaquai contre elle. – J'ai aimé, mademoiselle Lane, et sachez que j'ai perdu. Bien plus que vous ne pouvez l'imaginer. C'est moi qui ai tout cassé au magasin, en ne vous trouvant pas.

Nous cherchons le passons devant l'entrepôt. Détruit. - Oui, je sais. C'est V'lane qui a fait ça pour moi, dit-elle distraitement. La jalousie m'envahit. Encore.

- Vous êtes deux manipulateurs, et vous m'avez sauvé la vie une fois chacun. Egalité, la balle au centre !"

Alors que la voiture passait devant le Burren, Barrons repensa à cette fameuse nuit, où tout avait basculé sous la surface, pour Mac comme pour lui.

"Des Traqueurs. Mac avait disparu… Je la trouvai dans l'une des cellules, battue à mort, inconsciente, attachée, les vêtements déchirés et tachés de sang. Elle ne pouvait survivre. Impossible. Elle pleurait. –Il m…m'a dit que vous ne…viendriez pas. B…Barrons ? Je paniquai. Ma main était dans ses cheveux,mon souffle chaud caressait sa joue. Mon autre main s'était glissée sous sa nuque. J'enfouis mon visage dans son cou. En mangeant la chair unseelie, elle guérit peu à peu contre la chaleur de mon corps. – Pourquoi croyez-vous que j'aie fait ça ? Parce que je vous aime ? Nous nous querellions comme des enfants. Elle me défia. Je la pris par les cheveux et j'écrasai mes lèvres sur le siennes. Elle me rendit mon baiser. Je glissai ma langue entre ses lèvres.

Dans la voiture, après le Burren. Nous nous regardions. Sans réfléchir, je caressai son visage.

-Qui êtes-vous exactement, Barrons ? – Celui qui ne vous laissera jamais mourir.

A l'évocation de cette phrase, Barrons grimaça. "J'ai trahi ma parole..."

-V'lane… - V'lane n'est pas venu vous chercher dans cette fichue grotte !

Nous nous défiâmes du regard. Je n'avais aucun contrôle sur elle.

-Si vous avez un doute, poignardez-moi .Elle prit la lance. Le téléphone sonna. –Qu'est-ce que c'est ? –Un rendez-vous. Encore une fois, la jalousie se fait sentir. Alors je l'humilie. C'est ma réaction, car je souffre.

-Je ne vois pas pourquoi je m'inquièterais puisque vous êtes toujours là pour me protéger.

Elle s'en va. Une fois de plus. -Jericho ? Je frémis. –Mac ? – Merci de m'avoir sauvé la vie. Une fois de plus.

A quelques kilomètres de l'Abbaye. Elle embrassait V'lane. Je faillis perdre l'esprit."

- Barrons ?

- Qu'y a-t-il ?

Christian toussa d'un air gêné.

-Euh, non rien, vous aviez l'air...énervé...

Barrons baissa les yeux et remarqua qu'il avait un peu abîmé l'accoudoir.

- Excusez-moi. J'ai du mal à gérer toute la force que je reçois.

- Ah. Oui. Bien sûr, oui. J'aurais dû y penser. Pardonnez-moi. Enfin, cette voiture doit bien avoir coûté un million ou deux, alors...Voilà, et...

Je ne l'écoutais plus. Je retournai à mes rêveries.

A un certain moment, l'agnelle avait commencé à ressembler à une louve.

"-Il y a quelque chose sur votre revers. Elle essuya mon costume.

Enfin elle rentrait à la librairie. -Non, je ne suis pas d'humeur à demander à mon petit copain de Fairyland. Je souris. Elle m'observa, surprise.

- Vous avez une dette envers moi. –Pourquoi ? – Parce que je vous supporte.

Elle était de nouveau dans les bras de V'lane. Je noyai ma rage dans la vitesse de la Wolf Countach.

-Vous êtes insupportable. Je ris.

Elle chantait et sautillait avec son MacHalo. –On dirait que le temps se gâte…Œil pour œil…Sa voix s'étrangla dans sa gorge quand elle me vit, puis elle s'enfuit, vexée par mes rires incessants.

-Je vais vous le dire, où vous pouvez aller ! Si vous croyez que vous êtes facile à vivre !

Je me disputais avec V'lane. Pour elle. Elle me choisit.

-Vous saviez tout ceci et vous n'en avez pas dit un mot ?

-Avez-vous couché avec lui ? –Non. Un poids s'envola de ma poitrine.

-Je ne vous ai pas appelée Mac. – Si. – Non. – Si !

Nous nous battons. Au sujet de V'lane. Encore. Elle est penchée au-dessus de moi. Mon désir était palpable. Je la fis rouler sous moi, haletant et en rage, mon visage à quelques centimètres du sien.

-J'ai décidé que votre avis était plein de sagesse. – Tiens, les poules ont des dents ?

-Bien joué, mademoiselle Lane. –J'ai eu un bon professeur. –Le meilleur.

-Vous offriez un sacré spectacle. –Vous offriez de sacrées sensations. Je baissai les yeux. Elle détourna la tête."

Enfin, à certains moments, il aurait juré qu'elle se battait contre ses sentiments. Des sentiments à son égard.

"Son regard était empli de détresse. J'eus envie de la prendre dans mes bras et ne jamais la lâcher, de détruire tout ce qui lui faisait du mal. Je tressaillis et je pris une inspiration saccadée. J'effleurai sa joue. « Toute cette détresse… » murmurai-je. Elle ferma les paupières et tourna son visage vers ma paume. Je passai mes doigts dans ses cheveux. « Ne me la montrez plus jamais. »

Je tendis la main vers le Livre. Elle hurla : « Barrons ! » Je tressaillis et me tournai vers elle. « Jericho ! » pleura-t-elle. Je secouai la tête et me détournai. Je la pris dans mes bras et elle s'accrocha à mon cou de toutes ses forces.

Elle s'était mise à pleurer. Je venais de lui annoncer que j'avais été l'amant de Fiona. Horrifié, j'essayai de la rassurer, pensant que si elle m'aimait, jamais je n'arriverais à retenir mes sentiments. Elle me détrompa. Et quelque part au fond de moi, j'étais déçu.

Elle m'avait offert un gâteau. Pour fêter ma naissance. Je crus devenir fou. Je la plaquai contre le mur dans un prétexte de colère, et j'enfouis mon visage dans son cou."

Mais récemment, tout a basculé, avec l'invasion des Unseelies.

Possédée par des princes unseelie. Je dois la sauver. Elle n'est pas elle-même. –Tu es l'homme le plus beau que j'aies jamais vu. Tu es parfait. Je laissai échapper un son étranglé. Elle ne veut que moi en elle, encore et toujours. Je suis partagé. J'adore ça, mais je veux ramener Mac. –je te veux. Viens ici. Maintenant. C'est une bête sauvage. Ce n'est pas Mac.

Elle danse pour moi. Elle rit en chantant « J'ai joui pour toi ». Je la regarde. Elle s'abandonne au tempo, la tête en arrière, offerte. Je chante : « Ma belle, donne-moi le temps d'effacer mes traces. » Elle répond : « Jamais ! » Mon regard se voile. Elle me rend fou de bonheur.

« Jericho Barrons »dit-elle d'une voix enjôleuse. Je laisse échapper un soupir douloureux.-Nom de nom, je crois qu'une partie de moi aimerait bien que tu restes toujours comme cela. Elle me caresse la joue. « Vois comme tu me regardes. Enfer ! Je comprends pourquoi ils font ça… Que suis-je, Mac ? –Tu es toute ma vie.

Elle revient à elle. Je lui fais l'amour, une dernière fois. « C'est toi qui me quittes, ma poupée arc-en-ciel. »"

La décision du Conseil était irrévocable. Mac devait mourir. Attends-moi, ma bien-aimée.

Un petit chapitre flash-back, pour avoir le point de vue de Jericho, et pour faire un petit concentré de certains des meilleurs moments Mac/Barrons... Mais la suite arrive bientôt, avec un peu d'action ;)