Réponses à toutes les reviews (anonymes ou pas)
Hauyne : non, tu ne peux pas imaginer le bazar que ce sera, car mon cerveau est parti en vrille. A tel point, que lorsque je relis un chapitre écrit il y a quelques jours, j'en viens à me demander pourquoi j'ai eu une telle idée ?
Anemone33 : exactement, un piti cadeau pour mes lectrices fidèles et pour moi aussi parce que je me marre à écrire. Cela dit, tu peux le prendre ton pari, puisque j'ai pris de l'avance et qu'au moment de publier le prologue, j'avais déjà 14 autres chapitres écrits et corrigés. Na !
Maryanne : bordel, je ne sais pas. Mais il y aura beaucoup de situations drôles, quelques moments tendres, d'autres un peu tristes et de l'action avec des combats vertigineux (bon, là je m'égare parce que ce n'est pas non plus ma tasse de thé !). Il y aura surtout de l'absurde. Bref, j'espère que ça te plaira.
Comment combler 100 ans d'abstinence pendant le déjeuner ?
Retrouver ses marques n'est jamais facile lorsque l'on a vécu très longtemps en solitaire. Après son retour à la Soul Society, Ashido Kanô a dû passer par la case deuxième division pour un débriefing aux allures d'interrogatoire musclé, avant d'atterrir à la quatrième pour un check-up. Etrange façon d'accueillir le fils prodigue mais, comme dirait ce bon vieux Jean de La Fontaine, 'la méfiance est la mère de la sûreté'. Et en termes de méfiance, le capitaine Soi Fon en connait un rayon.
Non, le plus dur pour le guerrier a été de se réaccoutumer à vivre avec des gens autour de lui. Tentez l'expérience de n'avoir pour voisin pendant près de cent ans que des êtres affreux et difformes qui n'ont qu'une idée en tête, c'est de vous faire bouffer les pissenlits par la racine, et vous comprendrez aisément le grand chambardement qu'a connu sa vie jusqu'alors si tranquille à Cro-Magnon-city.
Pour couronner le tout, il a été promu à la tête de la troisième division, sans avoir postulé, voire même envisagé de le faire. Nouvelle vie, nouvelle responsabilité et nouvel uniforme. Oui, Yamamoto n'a que peu gouté à l'esthétisme de la fourrure de bête. Heureusement, ses collègues l'ont gentiment accueilli. Du moins, ils lui ont fait un accueil à la hauteur de leur caractère. Soi Fon a failli le torturer alors on la mettra de côté. Zaraki l'a défié en combat singulier, voyant en cet homme déterminé un combattant probablement hors du commun. Pour les autres, la gentillesse a été de mise, surtout venant des deux frères siamois, Ukitake et Kyôraku. Au final, par son sérieux, Ashido Kanô a réussi à se faire accepter de tous, y compris du petit capitaine de la dixième qui goûte pourtant fort peu les copineries en tout genre.
Bien sûr, toute règle a son exception et celui avec qui les relations sont aussi polaires qu'un morceau de banquise, reste Byakuya Kuchiki. En fait, on peut même dire qu'ils n'ont aucune relation, tant le noble brun évite son homologue aux cheveux rouille comme la peste. Tout y est passé pour faire dérider le noble capitaine. Parler du beau temps, parler boulot, demander son avis pour le faire s'intéresser, rien n'y a fait. Pourtant, il n'est pas né celui qui découragera Ashido. Car il est quelqu'un d'entêté, et il ne se voit pas continuer d'exercer, sans savoir pourquoi cet homme fier lui bat froid, malgré ses tentatives de communication.
Mais aujourd'hui pourrait bien voir ses essais infructueux devenir succès. Des dossiers importants doivent être transmis sans délai à la sixième, et Ashido s'est proposé à son vice-capitaine pour remplir cette tâche pour, a-t-il déclaré, « me réhabituer à la géographie des lieux ». Kira n'a émis aucune objection. L'argument est valable, et puis, le blond n'est du genre à discuter les ordres d'un supérieur.
Voilà donc notre pimpant capitaine aux cheveux brun roux debout face à son collègue brun, dans le bureau duquel vient de sortir Renji Abarai. Malheureusement pour lui, ça commence puisque le dit collègue daigne à peine le regarder.
- « Vous désirez, capitaine Kanô ? », demande la voix sans vie.
- « Je suis venu apporter ces dossiers », répond le nouveau gradé en lui tendant un tas de paperasse.
- « C'est le travail de votre lieutenant, au plus d'un troisième siège. »
Le ton froid et volontairement critique fait sourire Ashido, qui préfère ne pas relever. Du moins pour le moment.
- « Disons que j'y ai vu l'opportunité de pouvoir vous parler. »
- « Je n'ai pas beaucoup de temps à vous consacrer… »
- « Je SAIS. » Le haussement de la voix fait enfin relever le visage de Kuchiki. « Vous êtes fort occupé, comme chacun d'entre nous ici. J'ai beau avoir vécu comme un sauvage pendant cent ans, je n'en ai pas oublié pour autant le sens du devoir et de la charge qui nous incombe. »
Il a parlé de manière cinglante, figeant sur place un Kuchiki peu habitué à se faire rabrouer d'aussi méchante façon. Ashido l'aurait giflé que l'autre ne réagirait pas autrement.
- « Vous avez raison. Veuillez m'excuser pour mon impolitesse… »
- « Vous serez tout pardonné si vous m'accompagner pour le déjeuner. Il est presque midi. Vous faites bien une pause pour vous restaurer, capitaine Kuchiki ? » Le brun est bien obligé d'acquiescer de la tête. « C'est parfait, je connais un petit restaurant pas très loin », propose Ashido avec un sourire tout ce qu'il y a de plus rusé.
Kuchiki est pris au piège et il le sait. Comment pourrait-il refuser après s'être conduit comme… bah, comme il le fait toujours. Pour sa défense, ses interlocuteurs habituels ne le rabrouent pas comme ça ! Il se lève, et suit son collègue qui s'efface pour le laisser franchir la porte de son propre bureau.
Les deux hommes sont en train de marcher en silence vers le restaurant. Se faisant, il passe derrière les bâtiments de la douzième où soudain, par une petite fenêtre haute, ils entendent un bruit de verre brisé suivi d'un cri atroce, probablement émis par cet hurluberlu de Kurotsuchi. Une porte claque, et puis plus rien.
Ashido recommence à marcher sans plus se préoccuper de ce qui se passe dans l'antre de ce maudit scientifique. Par contre, Byakuya hausse légèrement un sourcil, dardant un regard soupçonneux sur la fenêtre duquel s'échappe un gaz incolore qui l'enveloppe sans qu'il ne s'en aperçoive.
Lorsqu'Ashido réalise que le brun ne le suit plus, il se retourne vers lui et le découvre quelques pas en arrière. Il rebrousse chemin et le rejoint.
- « Capitaine Kuchiki, vous venez ? »
En réponse, le brun se tourne vers lui et Ashido découvre un bien étrange spectacle. Byakuya vient de lui faire un clin d'œil et arbore un sourire en coin du plus effet. A son tour, Ashido cligne des yeux, mais de surprise. Laps de temps dont son confrère profite pour s'approcher de lui avec une démarche de félin. Il glisse un bras sous le sien et vient susurrer à son oreille.
- « Et si nous y allions ? J'ai terriblement faim… Pas toi ? »
Ashido ne répond pas tout de suite, embarrassé par la proximité de l'autre homme et interloqué par le passage au tutoiement, autant que par le sourire magnifique du brun. Un tel revirement est tout bonnement inespéré, presque irréel.
- « Euh… si, si », bégaye-t-il.
Ils reprennent leur marche. Kuchiki est collé à Kanô comme un bulot à un rocher. Et pas la peine de préciser que le rocher est coloré de rouge. Bras dessus, bras dessous, ils parviennent au restaurant que la plupart des capitaines connaissent, pour y avoir leur habitude. Cet établissement dispose de petites pièces où il leur est plus facile de manger tranquillement. D'autorité, le noble demande à en avoir une, ce qui lui est aussitôt accordé. Il commande aussi le meilleur saké. Kuchiki obtient toujours ce qu'il veut !
Quand il entre dans la pièce richement décorée, Ashido est subjuguée par la vue qu'ils ont du petit balcon. Un ruisseau fait entendre le bruit de l'eau qui coule et les fleurs à l'extérieur diffusent un doux parfum. Les deux battants de la porte glissent et finissent par se heurter dans un bruit sec qui fait se retourner Ashido.
Kuchiki qui s'est empressé de fermer la porte, le dévisage des pieds à la tête, semblant apprécier le peu que l'uniforme laisse voir, et le tout que l'imagination visiblement perturbée du brun laisse croire. Une fois l'examen terminé, il plonge ses yeux bleu nuit dans ceux plus clairs face à lui. Ashido déglutit face au regard soutenu et empreint de… désir ?
- « Bien…, nous allons pouvoir… euh… parler… »
- « Après », répond la voix chaude de Byakuya.
'Bon sang, comment cet homme si froid peut avoir subitement une voix aussi brûlante… que ses yeux… Merde, qu'est-ce que je raconte, moi !'
Ashido se racle la gorge et demande à Byakuya qui s'est rapproché très près, trop près, de lui : « Après quoi ? »
- « Après avoir satisfait une autre faim », répond Kuchiki en se jetant sur les lèvres de son vis-à-vis.
Tétanisé par l'attitude du noble, l'autre ne fait rien d'autre que subir. Du moins jusqu'au moment où la langue de Byakuya vient lécher ses lèvres. Ça va trop vite pour Ashido qui le repousse, le maintenant à bonne distance en l'empoignant par les bras.
- « Attend…, c'est quoi ça ? », demande-t-il le souffle coupé.
- « Un baiser. Tu ne sais pas ce qu'est un baiser ? Je vais te montrer… »
- « Wow wow ! Minute. Je sais ce que c'est que d'embrasser. C'est bien trop agréable pour l'avoir oublié et… et puis, là n'est pas la question. » Ashido a beau être sérieux, il a du mal à ne pas fondre face au sourire lubrique du brun. « Je voudrais juste comprendre… »
- « Comprendre ? » Le brun cesse immédiatement de lutter contre Ashido. « Très bien. Je vais faire bref. » Il tend son bras gauche sur le côté. « Toi et moi à l'horizontal. »
Bêtement, l'homme aux cheveux couleur de terre d'argile garde ses yeux fixés sur le bras, sous l'œil attendri de Byakuya. Et même lorsque le bras n'est plus en place, car entourant sa taille, il ne réagit pas. Y compris lorsque la bouche du noble vient grignoter la peau de son cou, juste en dessous de son oreille. Un bruit de contentement sort de la bouche d'Ashido, le sortant enfin de sa léthargie.
- « Mais… enfin, je veux dire… »
Il ne peut terminer sa phrase que sa bouche est envahie par une langue étrangère. La sensation est telle qu'il se laisse emporter, participant au jeu du chat et de la souris avec la vicieuse envahisseuse. Il ferme les yeux pour apprécier au mieux l'échange.
Quand le baiser est cassé, la raison revient au galop.
- « On ne peut pas faire ça… », affirme avec conviction le nouveau capitaine de la troisième.
Byakuya se recule un peu, mais ce n'est pas la déception qui s'affiche sur son noble visage. Au contraire, il arbore toujours ce sourire empreint de lubricité. En un centième de seconde, il pose ses mains sur le torse et, d'une poussée, fait tomber le beau guerrier.
- « Ehhhh ! »
Est-ce dû aux sentiments contradictoires qui jaillissent en lui, mais la vitesse avec laquelle Byakuya a pris le dessus est vertigineuse. Ashido Kanô, connu pour sa rapidité, est cloué sur le tatami, le hakama descendu sur les chevilles, le sexe à moitié dressé, et avec un Byakuya toujours aussi pervers le surplombant.
- « Ne vous a-t-on jamais appris le garde à vous, capitaine Kanô ? »
'Pas possible qu'il soit dans son état normal. A moins que… ça expliquerait bien des choses. Il m'évitait parce qu'il avait des vues sur moi. Oh putain !'
- « Je m'en vais vous dresser au pas, mon cher », déclare Byakuya en plongeant au-dessus de l'entrejambe à moitié excitée
'C'est quoi cette humour à chier ? Il est drogué ou quoi ?... mais oui, c'est ça, on a dû le droguer.'
Ashido n'a pas le temps de poursuivre plus loin ses pensées, que l'autre a déjà saisi son sexe et sorti sa langue rose qu'il passe doucement dessus.
- « Aah ! »
Il glisse le bout de sa langue dans la fente, puisant à la source un peu de liquide qui y suinte.
- « Aah ! »
Il masse les bourses et, de bas en haut, suit la veine palpitante.
- « Mmm quel goût ! Vous êtes succulent, capitaine Kanô. »
La bouche reprend sa délicieuse torture, sous les gémissements de l'un, les bruits de succion de l'autre. Le noble est doué car l'homme qu'il malmène, ne cesse de se tortiller frénétiquement dans tous les sens. Cent d'abstinence ont raison d'Ashido qui jouit, étanchant la soif dont était pris le capitaine de la sixième.
D'ailleurs, en parlant du chef du clan Kuchiki, il semblerait que son air froid soit de retour. Il se redresse et tue littéralement de ses yeux le pauvre homme alangui au sol, car Ashido n'est pas encore redescendu de son orgasme.
- « Pourriez-vous m'expliquer de quoi il retourne ici ? »
- « Gnié ? », peine à répondre Ashido. A peine revenu dans son état normal, il ne capte pas que le capitaine de la sixième division est redevenu lui-même.
- « J'attends une réponse de votre part, capitaine », insiste le brun en se mettant debout.
- « Une réponse ? »
- « Oui, capitaine. Ce que l'on est en droit d'attendre lorsqu'on vous pose une question », assène sèchement le brun.
- « Elle est bien bonne celle-là ! », s'insurge le châtain. « Qui m'a pris par le bras après la douzième ? Qui n'a pas cessé de me reluquer quand nous sommes arrivés ici ? Qui m'a embrassé sans que je puisse aligner deux mots cohérents ? Et enfin qui m'a sauté dessus ? Et je ne parle pas de l'humour gras 'Ne vous a-t-on jamais appris le garde à vous, capitaine Kanô ?' ou encore 'Je m'en vais vous dresser au pas', hein ? » Ashido reprend son souffle et finit par hurler de manière outragée mais avec le sexe à l'air : « C'est moi la victime ici ! »
Le capitaine Kuchiki ne dit rien. Il faut dire que, se retrouver à genoux face à un collègue du même sexe, du sperme coulant de sa bouche, est suffisant pour l'incriminer d'agression sexuelle, du moins appuyé les arguments du dit-collègue.
Celui-ci se rhabille à la va vite et se tient désormais face à lui, un air renfrogné sur le visage. Conscient de son implication, le brun soupire avant de s'excuser : « Je vous prie de pardonner mon… »
- « STOP. Je sais que ce qui vient de se passer est surréaliste, mais je voudrais dire deux choses. Premièrement, j'ai essayé de vous arrêter, parce que vous sembliez être quelqu'un d'autre, un peu comme si vous étiez drogué »,
Byakuya ne le laisse pas paraitre mais l'allusion à la drogue et le fait d'être passé à proximité de la douzième, tout ça ajouté au souvenir du bruit de verre brisé, a tôt fait de lui mettre la puce à l'oreille.
- « La deuxième chose ? »
- « Oui, la deuxième… Voilà, je… je n'ai pas eu de… relation depuis longtemps et j'ai… enfin, je veux dire… j'ai aimé. »
Ashido a les joues rougies mais le regard déterminé face à un Byakuya qui hoche la tête. Pourtant, le regard se fait déception lorsque ce dernier se dirige vers la porte.
- « Je vais mener mon enquête pour savoir ce qui a pu m'arriver. Et je vais commencer par la douzième. D'après ce que vous dites, tout a commencé à sa proximité. J'estime que le bruit de verre brisé est un élément suffisamment probant pour débuter par là. »
Il a pratiquement franchi la porte, qu'il se retourne à la dernière seconde.
- « Je ne me souviens pas de ce qui s'est passé. Aussi, j'estime que vous me devez une autre fois. »
- « Hein ? Une… autre fois ? »
- « Oui, capitaine Kanô, il ne sera pas juste pour vous et moi que vous soyez le seul à… y avoir pris du plaisir », répond Byakuya avec un petit sourire.
Puis il s'en va.
Choqué, Ashido tombe au sol. « Bah merde alors ! »
Gaz numéro 1 : testé par Byakuya et approuvé par Ashido.
