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Anemone33 : bah, je ne pouvais pas non plus comme s'y rien ne lui était arrivé. Ichigo est jeune et tout ce qui lui tombe dessus l'a détourné de sa vie normale d'adolescent. Avoir sa première fois avec quelqu'un qui ne se souvient de rien après, ça laisse forcément des traces…

AileArgent : je ne connais pas tes chouchous, mais t'inquiètes, tu ne seras forcément pas déçue ! Et je suis presque sûre que ton pauvre petit cœur s'en remettra.

Maryanne : oui j'ai fait pleurer le petit rouquin, mais c'était nécessaire, parce qu'il a beau être fort et courageux, rein ne le préparait à cette expérience. Quant à Shinji, va savoir si finalement tu n'es pas devin !

Marine : quelle honte pour moi ce serait si j'avais oublié le ténébreux Maki ! Et puis question originalité, j'avais peu de choix pour Ichigo, qui a été mis avec presque tout le monde. Kariya était hors de question. Restait Szayel, mais franchement je ne suis pas sûre que mélanger du rose et du orange soit du meilleur goût !


Le petit espada pleureur qui aimait les cheveux blonds et les baisers


Après son entrevue avec Ichigo, Shinji s'est mis sur le chemin vers l'endroit de la ville qu'il doit surveiller. Ce petit contretemps l'arrange. Il n'a absolument pas envie de rentrer à la planque. Les autres ne comprennent pas ce besoin qu'il a de sortir, et de ce fait, de prendre le risque d'être reconnu. La vérité, c'est que l'ancien capitaine arrive à saturation. Cette fuite d'une centaine d'années, ces déplacements incessants sans jamais s'attacher à des biens matériels, et encore moins à des êtres de chairs et de sang, tout ça lui pèse. Bien qu'il aime ses compagnons d'infortune qu'il considère aujourd'hui comme sa famille, il étouffe de rester enfermé. Lui ce qu'il veut, c'est être libre et voir d'autres gens.

En ça, l'amitié qu'il porte au jeune Kurosaki, est une bouffée d'oxygène. Il admire le gamin pour ne jamais baisser les bras et pour ne pas hésiter à mettre sa vie en jeu pour un combat qui ne devrait pas le concerner. Une belle leçon de courage et d'abnégation pour tous les shinigamis qu'ils sont, lui y compris.

Par contre, le tournant que la guerre est en train de prendre ne lui plait pas. Où est le plaisir du combat ? Il n'est guère honorable de recourir à des produits chimiques et à des esprits torturés comme celui du remplaçant de Kisuke pour gagner une guerre. C'est précisément à ça qu'il pense en ce moment.

'Créer un gaz ? Non mais franchement, ils tournent pas rond à la Soul Society ! Et le vieux qui cautionne une merde pareille. Je me demande si c'est pas une chance d'être parti de là-bas'.

Il est arrivé à destination depuis moins de cinq minutes lorsque plusieurs énergies éclatent. Et parmi elles, il reconnait une signature et un sourire nait sur son visage. Ça fait tellement longtemps qu'il ne l'a pas vu. Le cœur joyeux, il va pour se diriger vers elle lorsqu'il voit apparaitre dans son champ de vision un arrancar.

De taille moyenne, l'homme se tient bizarrement, une main dans la poche de sa veste. Son expression faciale est spectaculaire, probablement parce que son visage est grimé de blanc à la manière des geishas. Le plus étrange reste sans doute les deux traits fins noirs qui partent du dessous de ses orbes vert émeraude et tombent jusqu'à sa mâchoire, donnant constamment l'impression qu'il est en train de pleurer. Tout un côté de sa tête est recouvert par un casque blanc comportant une corne, tandis que de l'autre côté, pendent des cheveux noirs jusqu'à ses épaules.

Shinji est ennuyé. Depuis qu'il a détecté l'énergie de cette relation de son passé, il n'a qu'une seule envie c'est de la rejoindre. Et il pressent que cet homme-là va lui mettre des bâtons dans les roues.

- « Dis l'ami, tu serais bien aimable de t'écarter de mon chemin. J'ai une urgence. Un pote que je ne n'ai pas revu depuis une centaine d'années. »

- « C'est quoi un pote ? »

La voix est en parfaite adéquation avec le physique et l'attitude de l'arrancar. Elle apporte un vent glacial autour du vizard. Pourtant, loin d'être inquiété, ce dernier est plutôt surpris. Il s'attendait à une insulte, à une attaque mais pas à une question pareille. C'est donc sur un ton amusé qui lui donne sa réponse.

- « Un ami, si tu préfères. »

L'espada semble réfléchir quelques instants, comme s'il soupesait le mot. Ça a l'air de lui convenir car il fait un petit hochement de tête, l'ayant assimilé.

- « Pourquoi tu ne portes pas ton uniforme de shinigami ? »

- « Parce que je n'en suis pas un », répond Shinji en haussant les épaules.

- « Qu'est-ce que tu es si tu n'es pas un shinigami ? »

- « Je t'en pose des questions, moi ! »

Le vizard a la désagréable impression d'être confronté à un enfant. Désagréable parce que les mioches, comme il les appelle, ce n'est pas son truc. En plus de ça, il est pressé et s'il pouvait éviter de se torgnoler avec ce glaçon, ça lui ferait gagner du temps et ça lui éviterait de froisser son joli costume.

- « Pourquoi tu ne réponds pas ? »

- « Je suis un vizard. »

La réplique est lancée comme un défi par un Shinji un peu remonté par cet interrogatoire ambulant sur pattes.

- « C'est quoi un vizard ? »

Le blond ferme les yeux quelques secondes, juste le temps de prendre une longue inspiration.

- « Un shinigami avec des pouvoir de hollow. »

- « Tu mens ! Maître Aizen nous l'aurait dit si de tels êtres existaient ! »

- « Ah ouais ? Bah faut croire que le connard qui te sert de maître, te dit pas tout », ironise le vizard.

- « N'insulte pas maître Aizen ! »

- « Je l'insulte si je veux ! »

- « C'est impossible qu'un vulgaire shinigami puisse avoir les mêmes pouvoirs que nous. »

Le ton est méprisant, tellement que Shinji décide d'avancer des arguments plus convaincants.

- « Sans blague ! Tu vas voir ce que tu vas voir mon petit espada pleureur… »

Avec un sourire qui ne laisse rien présager de bon, il lève sa main sur son visage et matérialise son masque de hollow sous les yeux écarquillés de l'espada. De son autre main, il fait apparaitre un cero qu'il lance sur son adversaire. Ce dernier ne bouge pas et tend juste sa main libre, persuadé d'arrêter la boule d'énergie. Pourtant, sous la violence de l'impact, il est obligé d'utiliser son autre main.

Quand il regarde à nouveau dans la direction du blond, il s'aperçoit que lui, le quatro, a été obligé de reculer de plusieurs mètres et que son adversaire se tient de manière désinvolte, un grand sourire sur les lèvres, une main dans la poche de son pantalon et l'autre sur la garde de son zanpakutô, qui repose en partie sur son épaule. Shinji a fait disparaitre son masque, estimant qu'il est plus prudent de garder de la ressource, au cas où la démonstration serait inefficiente.

- « Je vois. »

- « Non, tu vois rien du tout ! T'en es encore à lui donner du maître Aizen alors que ce connard se fout de toi. Tout ce qui lui importe, c'est lui. Les autres ne l'intéressent que par ce qu'ils peuvent lui apporter. Il veut le pouvoir, seulement le pouvoir. Si tu peux l'aider, il t'utilise, sinon, il t'écrase comme un vulgaire insecte. »

- « Maître Aizen m'a créé. »

- « Ouais et il m'a hollowfié. »

- « Tu devrais lui en être reconnaissant et le servir. »

- « Et pis quoi encore ? De toute façon, c'est le Hogyoku qui nous a créés. »

- « Maître Aizen a créé la pierre. »

- « Ouais, mais il est pas le seul. Kisuke Urahara en a aussi créé une et probablement plus puissante que la sienne. Kisuke est un génie alors qu'Aizen est un profiteur et un manipulateur ! »

- « Je suis Ulquiorra Schiffer et j'occupe le rang quatre de l'espada. Tu es l'ennemi de maître Aizen. Donc tu es mon ennemi. »

- « Et toi, t'es le mien, parce que t'es assez stupide pour croire qu'Aizen se préoccupe de toi alors que toi et moi, on est pareil. On est que des expériences pour lui. »

Alors que les deux hommes se préparent à s'élancer, le dernier argument de Shinji revient comme une litanie dans la tête d'Ulquiorra. L'espada vient de décider qu'il lui fallait ramener cet être extraordinaire, cette expérience réussie à son maitre. Et le gaz de Szayel lui semble le meilleur moyen de parvenir à le maitriser.

Il lance une première attaque pour jauger son adversaire. Le coup, paré au dernier moment par Shinji, est puissant. Tellement que le blond opte pour passer tout de suite en shikai. Alors qu'il n'a pas encore libérer le monde à l'envers de Sakanade, Ulquiorra a déjà sorti la balle de sa veste et, en guise de diversion, lance un cero. Le blond se concentre sur la boule qui arrive à grande vitesse et l'évite, tandis que l'espada lance le second objet à son insu.

Faire preuve de supériorité est une chose, sous-estimer ses adversaires en est une autre, et c'est que ce pauvre Ulquiorra découvre en même temps que la balle vient exploser sur son casque, déversant la poussière rose sur sa tête.

Quand Shinji se remet en garde pour accueillir la prochaine attaque, il a la grande surprise de faire face à une nouvelle version de l'espada. Lui qui n'était jusque-là que froideur et inhumanité, renvoie une image bien différente. Il affiche un joli sourire et ses yeux sont devenus la douceur incarnée. En résumé, une version édulcorée de Jûshiro Ukitake.

- « J'aime beaucoup tes cheveux. »

- « Hein ? »

Déboussolé, Shinji peine à croire que l'intonation et la mélodie qu'il entend proviennent de la voix polaire qui l'a interrogé auparavant.

- « Tu as les cheveux blonds. »

- « Bah dis donc, t'as un sacré sens de l'observation ! Mais, c'est quoi le rapport entre notre combat et mes cheveux ? »

- « Blond, c'est un belle couleur. Elle accroche la lumière », poursuit l'espada, sans relever le ton moqueur.

D'un petit sonido, il se rapproche, comblant la distance entre eux. Shinji serre la garde de son zanpakutô à s'en faire blanchir les doigts, même s'il doit reconnaitre que l'autre n'est absolument plus agressif. Et puis, il est amusé par cette nouvelle facette du brun. C'est comme si celui-ci venait de revivre.

- « Ils ont l'air soyeux. »

- « Tu pourrais oublier mes cheveux deux secondes ! », soupire le blond.

- « Je peux les toucher ? »

- « Mais ça va pas non ! »

Aussitôt, un sentiment de rejet se lit sur le visage de l'espada et c'est comme un coup de poignard pour Shinji qui se sent de plus en plus mal à l'aise. Un ennemi se doit d'être détestable, pas mignon au point qu'il ait besoin de le consoler.

- « Ils sont tellement beaux. Les miens sont noirs. Le noir, c'est le vide, le néant. »

A chaque fois qu'il parle de Shinji, les yeux d'Ulquiorra prennent un éclat particulier. A l'opposé, parler de lui-même semble le plonger dans un abysse de déprime. Le blond en a de la peine, à tel point qu'il ne peut qu'essayer de la réconforter un peu.

- « Mais non, le noir aussi c'est joli. Et puis, il en faut pour tous les goûts, tu sais. »

Le visage de l'espada s'éclaire d'un magnifique sourire.

- « C'est vrai ? Tu aimes mes cheveux ? »

- « J'ai pas dit ça ! » C'est sorti tout seul, et Shinji regrette déjà à voir l'espada reprendre l'air d'un chaton mouillé. « Enfin, ils sont pas mal… »

- « Alors je peux toucher les tiens ? »

Acculé autant par l'insistance du brun que par les émotions qu'il suscite en lui, Shinji se voit acquiescer à la demande. L'espada lève une main vers lui. Elle effleure sa chevelure couleur des blés, puis s'enhardit à glisser les doigts entre les mèches.

- « Ils sont doux, comme je les avais imaginés », déclare Ulquiorra

C'est fou qu'un petit rien puisse rendre quelqu'un aussi heureux. L'espada relève son beau regard vert et engloutit littéralement Shinji tout entier à l'intérieur.

Il finit par laisser retomber son bras et le vizard ressent comme un manque. Instinctivement, il lève le sien et vient poser la paume de sa main contre la joue blanchie. Il passe son pouce sur le trait noir, avec l'intention de l'effacer, mais le trait reste. Ulquiorra le dévisage sans dire un mot ou faire le moindre mouvement. Et même lorsque le blond se penche et pose ses lèvres sur les siennes, il ne fait rien que garder les yeux ouverts. Le baiser est léger et quand Shinji se recule, le brun penche la tête sur le côté, signe d'incompréhension chez lui.

- « C'était quoi ça ? »

- « Un baiser. On t'avait jamais embrassé avant ? » Le brun fait non de la tête. « C'est l'expression de l'attachement ou l'attraction mutuelle entre deux personnes. »

- « Tu veux dire que… tu es att-attiré par moi ? », balbutie l'espada qui semble trouver l'idée incongrue.

Shinji enlace le brun. « Ouais, c'est ce que je veux dire. Ça te dérange ? »

- « Non. J'aime beaucoup le baiser. J'en veux d'autres, plein d'autres. »

- « A tes ordres ! »

Les deux bouches sont à nouveau reliées. Shinji vient se frayer un passage entre les lèvres et Ulquiorra se contente de ressentir cette nouvelle sensation. Il trouve étrange que la langue du blond vienne se frotter à la sienne, et il essaye dans un premier temps de l'éviter. Mais la danse caressante à laquelle elle l'invite ne peut se refuser et il finit par gémir de bonheur.

A son grand regret, le baiser cesse et c'est les lèvres gonflées qu'il exige de son blond : « J'en veux plus. »

Shinji lui prend alors la main et l'invite à le suivre. Au début de la soirée, il a survolé le parc auquel Ichigo a fait allusion. En son centre a été érigé un kiosque à musique. C'est là qu'ils atterrissent tous les deux, protégés de la vue et éclairés par la lune. Le brun quémandeur vient se frotter contre le blond qui le renverse doucement sur le sol. Il le surplombe et écarte sa veste. Après lui avoir donné un baiser qu'il affectionne tant, il vient lécher les tétons et, par curiosité, passe sa langue à proximité du trou, arrachant un gémissement indécent à l'espada.

- « J'aime ça aussi. Beaucoup. »

Ulquiorra sait donner de la voix quand il le faut. Tout au long des attouchements qu'il reçoit, il montre son entrain, orientant Shinji vers les points les plus sensibles et dieu sait qu'il en a.

Au terme d'une préparation qu'il lui a fallu expliquer, le vizard pénètre le brun. La douleur ne le rebute, surtout qu'elle est suivie de près par un plaisir qui lui écarquille les yeux et envoie dans son corps une vague de chaleur, à chaque fois que Shinji lui rentre dedans. Lorsqu'il se libère, il le fait en criant le nom de son amant.

Reprenant leur souffle, les deux hommes sont allongés l'un à côté de l'autre.

- « Aizen a menti. »

Shinji a noté un nouveau changement dans le timbre de voix. Il se tourne vers son amant et voit que le regard, sans être redevenu froid, n'est plus dégoulinant d'innocence.

- « C'est plus maître Aizen ? », demande-t-il sur un ton moqueur.

- « Non, il ne le mérite pas. Il avait dit que l'amour n'était pas pour nous, parce que nous n'avions pas de cœur. Que personne à part lui ne se soucierait de nous, que nous serions rejetés où que nous allions, quoi que nous fassions. Toi, tu ne m'as pas rejeté. Tu m'as ouvert les yeux. Je me rends compte de toutes les questions que je me refusais à poser et de toutes les choses dont mon instinct me criait de me méfier. Grâce à toi… et à tes baisers. »

- « Et ça t'étonne venant de sa part ? »

Un sourire amusé vient se dessiner sur les lèvres d'Ulquiorra.

- « C'est toi qui pose les questions maintenant. »

Shinji le regarde avec un froncement de sourcils avant d'éclater de rire.

- « Te moques pas, tu veux. »

Il vient prendre Ulquiorra dans ses bras, lui caressant l'épaule avec tendresse.

- « Tu vas faire quoi maintenant ? »

- « Je ne repartirai pas là-bas », assène sèchement le brun. « Je reste avec toi et je me battrai contre lui s'il le faut…, enfin, si tu veux de moi. »

Shinji hésite quelques instants. Quand il est ressorti ce soir, il n'avait rien prévu tout ça. Comment aurait-il pu deviner qu'il rencontrait une personne exceptionnelle ? Parce que c'est ce qu'Ulquiorra est devenu. Pas seulement un amant, mais quelqu'un qui compte, une sorte d'attache. Il resserre ses bras autour du corps fin de son amant.

- « Evidemment que je te garde avec moi. Je vais te présenter à mes amis. On forme une vraie famille, tu verras. »

- « Du moment qu'on reste ensemble, ça me va. »


Gaz numéro 2 : testé et approuvé par Ulquiorra, et aussi par son tout nouveau petit copain, Shinji.