Réponses à toutes les reviews (anonymes ou pas)

Marine : pour moi,Stark est forcément un être qui recherche l'amour, donc oui, fallait le faire romantique. Quant à Aizen, il ne va pas la trouver romantique la désertion de ses soldats d'élite !

Anemone33 : étant l'espada de la solitude et n'aimant pas le combat, ça me parait presque une évidence. Le plus marrant, c'est qu'il apparait presque toujours ainsi dans les fictions anglaises qui le mettent plus souvent en scène que les françaises. Pour tes pronostics, t'as fait deux propositions (c'est pas un peu tricher ça ?) et pour une, t'as mis dans le mille !

Maryanne : du muscle et de l'action, on peut le résumer comme ça. Et surtout, n'arrête pas les compliments : ça fait si chaud au cœur !


Quincy, Quincy ! Viens ici, mon petit Quincy !


L'ennui est une chose terrible. Et quand l'ennui s'allie à la paresse et l'oisiveté, ça devient carrément impossible de s'en extirper. Shunsui Kyôraku le vit pourtant bien. Il n'aime rien moins que de légumiser à longueur de journée et de préférence en compagnie d'un bon saké. Aussi, lorsque le vieux Yama l'a convoqué pour l'informer qu'il partait en mission dans Karakura, sa première réaction a été la surprise. Puis il s'est repris, n'hésitant pas à demander à un commandant déjà sur les nerfs : « Vous êtes sûr ? », tout ça sous les yeux réprobateurs de son ami de toujours, Jûshiro Ukitake. Autant dire que le vieux n'a que fort peu apprécié la remarque. Shunsui s'est résolu à se préparer à cette mission avec les encouragements, non plutôt les remontrances de son lieutenant et il a dû promettre de faire, pour une fois, honneur à la huitième.

Traduction : « Vous avez intérêt à être irréprochable pendant cette mission ! »

Il est donc là, dans ce tunnel interminable, à suivre ses deux collègues un bon mètre derrière parce qu'il ne voit l'intérêt de se presser d'aller s'emmerder dans le ciel étoilé de Karakura, aussi beau soit-il ! Quand ils parviennent enfin à destination, il n'a même pas le temps de lancer un « on va se boire un coup après la mission ? », que les deux autres se sont déjà évaporés.

Il en fait de même mais ne va pas bien loin. Il va se jucher au sommet d'un poteau électrique d'où il se gratte la nuque.

- « Bon, par où je vais aller ? »

Il regarde les alentours et doit se rendre à l'évidence : il n'y a pas âme qui vive autour de lui. Et pour cause, c'est la nuit et la nuit, tout le monde dort.

- « Je fais quoi ? Je suis censé trouver des espadas et leur jeter cette fiole à la noix », continue-t-il en regardant dans sa main la bouteille que Kurotsuchi leur a remise à tous.

Il saute sur le toit d'une maison dans un quartier résidentiel et poursuit son monologue absurde.

- « A moins que je ne trouve un endroit stratégique d'où je pourrais observer. »

L'idée semble excellente si ce n'est qu'elle sous-entend qu'il va pouvoir s'allonger et piquer un petit roupillon pour passer plus agréablement le temps.

Après un bon quart d'heure, il finit par dégoter la merveille. Un grand immeuble de plusieurs étages, offrant une vue circulaire sur la ville. Shunsui vient de se poser au sommet de l'hôpital général de Karakura, sur une petite corniche d'où il voit le monde grouiller à ses pieds. Il s'installe confortablement, accotant son dos à une petite surélévation, et pour plus de sécurité, il décide de poser la fiole à un mètre de lui.

Une demi-heure au rythme des sirènes des ambulances, et le capitaine est en train de somnoler.

Une chose le réveille pourtant. Pas un bruit. Non, c'est une pression spirituelle. Il se redresse aux aguets et voit au bas de l'immeuble, sur un parking, une ombre se déplacer furtivement entre les véhicules. Quand l'ombre surgit dans la lumière, Shunsui s'aperçoit qu'il s'agit d'un hollow. Il n'a pas le temps de bouger qu'un homme de belle prestance et aux cheveux argentés arrive et fixe sans peur la chose difforme. Alors que celle-ci se précipite sur lui, il matérialise à son poignet une croix de Quincy et envoie une volée de trois flèches vers l'arrancar, le vaporisant en poussière spirituelle.

'Ce doit être le père du petit Uryû.'

Epaté par la rapidité de l'attaque, le shinigami fait le geste de trop et pousse la fiole qui se brise à côté de sa main. Une seconde, il fixe la fiole en morceaux. Celle d'après, il reprend son observation du Quincy au costume gris impeccable. Et enfin, à la troisième, lui prend une envie impérieuse de faire mumuse avec ce bel homme.

Manque de chance, le Quincy est déjà monté dans sa voiture et a démarré. Shunsui se relève prestement et s'envole dans le ciel, sans le perdre de vue. Le véhicule s'arrête près d'une maison à étages. Le Quincy en sort et se dirige vers l'entrée au bout d'une allée de galets. C'est ce moment que choisit le brun pour se présenter.

- « Bonsoir, joli papa d'Uryû. »

Se retournant, le 'papa d'Uryû' découvre un grand type brun avec une barbe naissante, des yeux légèrement bovins et un sourire d'abruti placardé sur le visage. La présence d'un manteau en voile rose fleuri et d'un gigantesque chapeau de paille inapproprié pour un mois de décembre, ne masque rien de l'uniforme si reconnaissable des shinigamis.

- « Fichez-moi le camp », lui jette l'homme aux cheveux argentés.

- « Oh, mais ce n'est pas gentil ! Je voulais faire la connaissance avec le papa d'Uryû. »

- « J'ai demandé à mon fils de ne pas fréquenter de shinigamis, ce qu'il s'évertue à continuer de faire. Vous comprendrez aisément que je me moque bien de faire votre connaissance ! »

La réplique est aussi cinglante qu'une gifle. Shunsui garde cependant son sourire. Ce n'est pas un accueil quelque peu glacial qui lui ferait renoncer à cette merveille.

- « C'est bien dommage que vous ne vouliez pas que votre fils nous fréquente. C'est un garçon charmant et surtout si serviable. »

- « Vraiment ? »

- « Bien sûr, en douteriez ? »

- « Monsieur le shinigami… »

- « Appelez Shunsui », fait le brun avec un grand sourire.

- « Monsieur le shinigami, mon fils et moi, nous ne nous adressons pratiquement plus la parole. Il est presque un adulte et, par conséquent, il fait ce qu'il veut. »

- « Vous m'en voyez navré. »

- « Pourriez-vous me laisser ? »

- « Ah, je crois que ça ne va pas être possible », répond Shunsui sur un ton navré.

- « Et pourquoi donc ? »

- « Parce que je ne saurais vous quitter sans vous avoir pris dans mes bras et vous avoir fait l'amour. »

- « Plait-il ? »

- « Oui, je vous ai vu tout à l'heure tuer ce hollow et depuis mon cœur s'est accéléré. Vous croyez en l'amour fou ? »

- « Je crois surtout que c'est vous qui êtes fou ! »

- « Exactement ! », réplique le shinigami en faisant un geste de la main. « Je suis fou d'amour pour vous et vous savez ce qui me rend triste ? »

- « Je m'en fiche ! »

Phrase tout ce qu'il y a de plus claire, mais qui ne tarit pas le flot de paroles sortant de la bouche du capitaine brun.

- « Eh bien, c'est que je ne connais même pas votre petit nom ! »

- « Mais enfin, auriez-vous bu ? »

- « Non, pas encore. Mais ce n'est pas de refus. »

La désinvolture dont fait preuve Kyôraku dépasse ce que le docteur Ishida est capable de supporter.

- « Il est bien entendu hors de question que je vous offre à boire, tout comme il est hors de question que vous m'appeliez par mon petit nom, que, de toute façon, je ne vous donnerais pas ! Rentrez au pays des joyeux shinigamis et oubliez mon existence. »

Sur ces belles paroles, le Quincy tourne les talons pour se diriger vers sa maison, sans plus s'occuper du shinigami. Il ouvre la porte d'entrée et franchit le seuil. Il fait volte-face pour refermer lorsque le brun entre en shunpo.

- « Je vais t'appeler mon petit Quincy. Et pour ce qui est de t'oublier, amour, c'est impossible », lance-t-il avec un sourire qui semble de plus en plus niais aux yeux d'Ishida.

- « SORTEZ ! »

- « Ce n'est pas une façon d'accueillir son amant ! »

- « Amant ? Vous avez perdu la tête ? »

Le brun est déjà passé dans la pièce suivante qui se trouve être un grand salon avec un coin salle à manger. Il détaille la pièce de bonne taille et l'ameublement.

- « C'est très joliment décoré chez toi, amour. »

Sauf, qu'en se retournant, Shunsui constate qu'amour vient de dégainer son arc de Quincy et qu'il est sur le point de lui envoyer une bardée de flèches. Il n'a que le temps de sauter derrière un canapé pour éviter la première attaque.

- « Je ne me répéterai pas : sortez de chez moi ! »

- « 1re technique d'immobilisation : Entrave », lance Shunsui depuis sa planque provisoire.

Prudemment, il jette un œil par-dessus sa cachette de fortune et constate avec soulagement que son adversaire a les deux bras bloqués dans le dos. Il se relève complètement, fait le tour du canapé et s'y assoit.

- « Viens sur les genoux de Tonton Shunsui. »

- « Détachez-moi tout de suite ! »

- « D'accord…, mais seulement si tu viens t'assoir sur mes genoux. »

Il reçoit en réponse un regard assassin, mais comme cela lui semble égal, le Quincy est obligé d'essayer de parlementer pour le raisonner. Quoique raisonner est un bien grand mot.

- « Vous êtes un malade. Ça ne vous a pas suffi d'avoir massacré tous mes semblables ? »

Kyôraku lève le doigt lorsqu'il déclare le plus sérieusement du monde : « Une grossière erreur si tu veux mon avis. Si tous les Quincy sont aussi bien foutus que toi et ton fils, c'était un crime de les tuer ! »

L'autre est carrément sous le choc.

- « Vous rendez-vous compte de ce que vous dites ? Des familles entières décimées, et vous, vous prétendez que c'est un crime seulement parce que dans le lot, il devait y en avoir de baisables ? »

- « Oui, tu as raison. C'est monstrueux ! », reconnait Shunsui l'air contrit. « C'est ta faute aussi, tu ne cesses de te dérober à moi aussi ! Et moi, je ne veux qu'une chose, c'est te posséder »

L'insistance de cet homme commence à faire paniquer le Quincy. En plus, les yeux emplis de désir ne présagent rien de bon pour lui. Bien qu'il ait toujours les mains attachées, il préfère déguerpir au galop. Après tout, il a l'avantage de connaitre les lieux.

Resté seul, Shunsui ne réagit pas tout de suite « Pourquoi il est parti comme ça ? Je suis bel homme et je suis de bonne composition. Je ne lui ai pas encore sauté dessus ! »

Nonchalamment, le brun se met debout et se met à chantonner à travers la maison silencieuse.

- « Quincy, Quincy ! Viens ici, mon petit Quincy! »

Seul l'écho de ses pas lui répond.

- « Oh, allez montre-toi ! On va bien s'amuser tous les deux. »

Le brun reste immobile dans l'entrée et se concentre sur les énergies. Après cinq minutes, il sourit parce qu'il sait exactement où se trouve son amour. Il dégaine son zanpakutô et passe en shikai. Ainsi fait, il utilise la technique du démon des ombres et vient se cacher dans l'un des murs après avoir claquer la porte d'entrée.

Après une bonne demi-heure de silence, le Quincy sort dans le couloir, les bras libérés. Pendant qu'il monte l'escalier vers sa chambre, il se masse les épaules. Malheureusement pour lui, Shunsui sort de la cloison sombre et lui saute dessus, les affalant tous les deux sur le lit. Une incantation et le blanc se retrouve les bras attachés au montants du lit.

- « Mais… »

- « Alors mon petit Quincy, comme on se retrouve ! »

Le père d'Uryû n'a pas le temps de répondre que la totalité de ses vêtements lui est arrachée. Le shinigami se dévêt à son tour, tout en détaillant l'objet de sa convoitise. Il apparait nu et le Quincy ne parvient pas à détacher ses yeux du sexe dressé, provoquant angoisse autant qu'excitation.

- « Oh, mon petit Quincy est intéressé ? »

- « Ryuken », jette l'autre en serrant les dents.

- « Ryuken », répète le brun en s'allongeant sur le corps du Quincy, puis en s'y frottant de manière indécente. « Je vais te faire crier, Ryuken. »

Shunsui se lance à la découverte de cet homme mature mais encore magnifique. Caresses après caresses, la moindre parcelle du corps de Ryuken se réveille. Coups de langue après coups de langue, le désir du Quincy monte inexorablement. Gémissements après gémissements, il redécouvre un plaisir qu'il avait expérimenté dans sa jeunesse. On dit que le corps n'oublie pas. C'est vrai. Celui de Ryuken reconnait tout de la douleur quand le brun le pénètre jusqu'à la sensation inouïe de sa prostate malmenée. C'est dans un râle puissant qu'il se libère, quasiment en même temps que son amant.

Il le repousse, étouffant sous la chaleur et ayant besoin de reprendre correctement sa respiration. Il sent l'autre s'assoir sur le lit, puis il voit son air éberlué, à mille lieux de l'air pervers d'il y a deux minutes.

- « Que s'est-il passé ? Qui êtes-vous ? »

- « Tu te fiches de moi ? »

- « Je me souviens vous avoir vu tout à l'heure depuis le toit. Et puis le trou noir… Merde la fiole ! »

- « Quelle fiole ? »

- « J'ai brisé la fiole de gaz de Kurotsuchi… »

Et Shunsui lui raconte les faits tels qu'il s'en souvient. Ryuken prend alors le relais pour la suite, se présentant par la même occasion. Il est rassuré de voir le brun écarquiller les yeux et rougir de honte. Au moins, ce n'est pas un vrai pervers.


La porte d'entrée vient de claquer, signe qu'Uryû vient enfin de rentrer au bercail. Shunsui tourne la tête dans la direction du couloir, puis revient vers Ryuken.

- « Il est sans doute préférable qu'il ne me voit pas… »

- « Non, il doit être informé de ce qui se passe. URYU ! »

Des pas approchent de la porte grande ouverte et quand le jeune homme en atteint le seuil, il commence à parler.

- « Je sais, il est tard… »

… et fait une pause devant la vision face à lui. « Capitaine Kyôraku ? Qu'est-ce… »

Il regarde les deux hommes, l'un debout en train d'enfiler son haori fleuri et l'autre assis sur un lit défait.

- « La fiole », ne peut-il s'empêcher de lâcher.

Ryuken se lève vivement.

- « Tu es au courant ? »

- « Que Kurotsuchi a créé un gaz ? Oui, et j'en connais les effets. »

- « C'est-à-dire ? », demande le capitaine.

- « Les mêmes que la drogue Ghb. Les victimes n'ont qu'une seule idée, c'est de se satisfaire sexuellement et une fois terminé, plus aucun souvenir. » Uryû a vu l'échange visuel entre son père et le shinigami. « Lequel de vous d'eux a été touché ? »

Shunsui lève le doigt. « Et je n'en suis pas fier. »

Uryû se rapproche de son père. « Il t'a fait du mal ? »

L'inquiétude dans les yeux de son fils est sincère et rien que pour ça, Ryuken est heureux d'avoir eu à subir tout ça, en plus d'avoir pris son pied bien évidemment. Il fait signe que non à Uryû.

- « Je vais informer Yamamoto et… »

- « Parce que vous pensez que l'ordre ne vient pas de lui ? Seriez-vous naïf capitaine Kyôraku ? »

- « Il n'aurait pas… »

- « Parlez-en avec le capitaine Kuchiki. Nous nous réunissons demain chez Kisuke pour faire le point. »

- « Kisuke ? Tu appelles Urahara par son prénom maintenant ? », demande Ryuken sur un ton étranglé.

- « Oui et pendant que j'y suis, Szayel le scientifique d'Aizen a aussi inventé un gaz. Celui-là fait réaliser à ses victimes leurs fantasmes, le tout sans la moindre amnésie. Et autant te le dire, je suis le fantasme de Kisuke. Et je ne suis plus vierge. »


Gaz numéro 1 : testé par Shunsui et approuvé à son corps défendant par Ryuken.