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Anemone33 : j'ai basé tout mon chapitre sur le titre. Il fallait qu'à un moment donné, il sorte cette petite phrase. Et je peux t'assurer que c'est venu tout seul. Shunsui est un personnage fort intéressant du fait de sa nonchalance, et Ryuken est froid, froid et froid. Mais c'est tellement amusant de le faire reculer sur l'avis très tranché qu'il a sur les shinigamis. Pour la suite, je te sens plus sûre de toi.
Maryanne : Shunsui est forcément tordant et tu le verras encore au prochain chapitre. Quant à Uryû, je pense que la diplomatie n'est pas dans les gènes des Ishida : ils sont polis mais directs.
Marine : oh la la, des réactions tu en auras de toutes sortes pendant la prochaine réunion ! Car il y aura du beau monde.
Je n'ai jamais cessé de t'aimer.
Venir dans le monde réel est un rêve que caresse l'espada de rang neuf depuis son arrivée dans l'élite d'Aizen. Et à l'instar de Nnoitra, il a dû faire profil bas en attendant que son supérieur daigne prononcer son nom. Et même à cet instant, il a conservé la tête froide, ne voulant surtout pas briser la chance qui lui est enfin offerte. Il faut dire que le seigneur et maître de Hueco Mundo se méfie de cet espada pas comme les autres. Et dieu qu'il a raison. S'il savait qu'Aaroniero Arruruerie n'est plus depuis fort longtemps.
Lorsque l'arrancar a dévoré le hollow Metastacia qui avait juste avant absorbé l'âme de Kaien Shiba, l'ex-lieutenant de la treizième division, un combat intérieur s'est déroulé et l'ancien shinigami a pris le dessus, prenant sans le savoir le pouvoir de ce monstre. Il a erré ensuite pendant un temps indéterminé dans les plaines désertes et froides du Hueco Mundo, se battant contre les autres hollows pour sa survie, perdant le peu de raison qui lui restait, et ce, jusqu'au jour de sa rencontre avec Aizen. Le hogyoku a fait le reste, lui rendant à la stupeur de l'homme à la mèche son apparence d'antan, et une partie de sa mémoire. Le nouvel espada a réussi à expliquer pourquoi il ressemblait au shinigami et Aizen qui, pour avoir créé Metastacia, connaissait une partie des évènements, a gobé sans hésiter l'histoire racontée sous les traits joviaux du brun aux yeux bleu. En bon opportuniste, Aizen a surtout vu l'occasion de démoraliser un peu plus l'ennemi lorsque le temps des combats serait venu.
Pourtant, à l'intérieur, Kaien est un homme brisé et ivre de vengeance. Est-ce le fait d'être resté trop longtemps à se battre pour la survie de son essence ? Toujours est-il qu'il est persuadé que ses anciens amis et collègues l'ont assassiné et maintenant, il veut obtenir réparation. Sa mort a signifié la mort du clan et, dans les familles nobles, même celles qui ont été répudiées comme la sienne, l'honneur du clan est une chose importante. A ce titre, il en veut à une personne en particuliers qui, par égoïsme, a précipité la déchéance du clan Shiba. Et il se trouve que cette personne vit dans le monde réel sous une autre identité : son oncle, Isshin Shiba, un ancien capitaine qui a abandonné les siens pour s'amouracher d'une humaine à qui il a fait des moutards. Au début, il n'y croyait pas vraiment. En fait, jusqu'à l'arrivée d'Ichigo Kurosaki qui lui ressemble tellement que le doute n'est plus permis.
La sensation de se trouver ici est grisante. Il touche du bout des doigts son but et arrive à proximité de la clinique Kurosaki, quand une énergie frappe l'atmosphère et retient son attention. Il serre les dents, essayant de conserver son calme. Mais rien n'y fait. L'énergie semble le narguer, et l'excitation de pouvoir l'affronter gagne du terrain.
Dans un cri de rage, il abandonne les Kurosaki et s'en va à la rencontre de son passé.
A peine arrivé sur terre, les trois gradés de la Soul Society se séparent comme il leur a été indiqué. Jûshiro Ukitake n'aime pas cette mission. Attiré un arrancar dans un but fallacieux pour l'asperger de gaz, n'est pas ce qu'il appelle une mission. Il se réconforte en se disant qu'au moins, il est là et qu'il peut admirer la petite ville paisible de Karakura. Il aurait préféré venir pour une autre raison, mais les ordres sont les ordres.
Cheveux au vent, il shunpote allégrement au-dessus des toits, admirant les paysages qui défilent à grande vitesse sous ses yeux. Ce moment idyllique est toutefois brisé par la présence à une dizaine de mètres de lui de son ancien lieutenant. En état de choc, l'homme aux longs cheveux blancs avance doucement.
- « Kaien ? »
- « Bravo ! », s'exclame le brun en tapant dans ses mains.
- « Kaien… »
- « Oui, Kaien, c'est ça. Mon dieu, il se souvient de moi ! » poursuit le brun sur un ton rieur.
- « Mais…, tu… tu étais mort ! »
- « Et je suis vivant maintenant ! N'est-ce pas prodigieux, capitaine ? »
- « Mais…, je ne comprends pas… »
- « Qu'est-ce que vous ne comprenez pas, capitaine ? Que votre plan a échoué, peut-être ? »
- « Mon plan ? »
- « Oh, je vous en prie, épargnez-moi votre scène des retrouvailles touchantes, personne n'y croit. » Le brun regarde à droite puis à gauche. « Ah, mais c'est vrai, il n'y a personne. »
Il part alors dans un grand éclat de rire.
- « Kaien, si c'est bien toi, qu'est-ce qui t'arrive ? Je ne comprends rien à ce que tu dis. »
- « Evidemment ! Vous ne comprenez que ce qui vous arrange, n'est-ce pas capitaine ? »
- « Tu portes l'uniforme de l'espada ? »
- « Oui. Vous ne trouvez pas que le blanc me sied à merveille ? Personnellement, je trouve que cela fait ressortir mes cheveux. »
- « Pourquoi ? »
- « Bah, noir et blanc, vous saisissez ? »
- « Non, ce n'est pas ce que je… Pourquoi ne pas être revenu à la Soul Society ? »
- « Figurez-vous que je ne pouvais pas ! J'étais coincé dans un hollow à essayer de prendre le dessus sur lui et ça m'a pris du temps. Beaucoup de temps. »
Les souvenirs remontent et la joie irrationnelle du brun disparait progressivement.
- « Et ensuite, j'ai fait la connaissance d'Aizen. Il m'a libéré. Oh n'allez pas penser que c'est mon sauveur. J'étais coincé dans un gros truc visqueux et franchement, je lui dois d'avoir recouvré mon apparence d'avant, le trou sur mon poignet et le tatouage sur ma nuque en plus. Les aléas de la transformation, dirons-nous. »
- « Tu l'as rejoint ? »
- « Disons que nous faisons un bout de chemin ensemble, au moins le temps que nos objectifs respectifs soient atteints. »
- « Objectifs ? »
- « Je vous ai connu plus éloquent, capitaine. »
- « Met-ça sur le compte de l'émotion. Je suis heureux de te revoir Kaien. »
Jûshiro a mis tous ses sentiments dans cette petite phrase, mais il ne reçoit en réponse qu'un regard noir qui le cloue sur place. Il n'a jamais vu autant de haine, et que ce soit, le regard de cet homme qui le transperce, augmente la sensation de peine.
- « Comme c'est pratique ! Votre mémoire vous ferait-elle défaut avec l'âge ? », ironise le brun.
- « Ma mémoire est excellente. Tu sembles me reprocher quelque chose… »
- « Je semble vous reprocher quelque chose ? Quelle belle façon détournée d'essayer de noyer le poisson ! »
- « Kaien enfin… »
- « Il suffit ! »
Le brun vient de lever la main, intimant l'ordre de se taire au shinigami.
- « Vous m'avez trahi, et vous allez payer pour ça. Vous et les autres », crache-t-il avec dégoût.
Ses lèvres sont pincées à force de contenir la rage qui menace de se déverser. Toute la rancœur qui s'est enfouie en lui toutes ces années, elle pourrait sortir et tout emporter sur son passage.
- « De qui et de quoi parles-tu à la fin ? »
Ukitake vient de hurler sa question. Il a digéré le choc des retrouvailles et maintenant qu'il a compris que son ancien vice-capitaine voulait régler ses comptes, il veut savoir pourquoi.
- « Comme si vous ne saviez pas ! »
- « Dis-le-moi, Kaien. »
- « Vous m'avez tué. Tout ça pour me voler Miyako. Vous étiez jaloux… »
- « Quoi ?... Mais… Miyako est morte, Kaien. »
- « MENSONGE ! »
- « Non, je ne mens pas. Elle est morte quelques heures avant toi et c'est en voulant la venger que ce hollow a pris possession de ton corps, comme il l'avait fait du sien avant toi. »
Des flashs apparaissent par intermittence dans l'esprit torturé de l'ancien lieutenant.
- « Vous mentez ! »
- « Elle était partie en mission avec ses hommes. Ils ont tous été décimés et elle était blessée. Ce que nous ne savions pas, c'est que le hollow avait déjà pris possession de son corps. Elle a tué… »
- « TAISEZ-VOUS ! »
Dans un geste désespéré, le brun met ses mains sur ses oreilles. Sa mémoire lui revient et tous les plans qu'il échafaude depuis des mois sont en train de s'écrouler. Et il n'est pas prêt pour ça. Alors il ferme les yeux avec force, refusant de voir la vérité en face.
- « Non, Kaien, je ne me tairais pas. Tu dois retrouver la mémoire. Je ne peux pas croire que cet homme aigri et vengeur soit mon ancien lieutenant… »
- « Vous étiez jaloux… je le sais… », continue le brun en protégeant sa tête de ses deux bras.
Jûshiro en profite pour se rapprocher. Il pose ses deux mains sur les bras relevés.
- « Regarde-moi, Kaien. Tu as raison sur un point. »
Le jeune homme se décrispe un peu et rouvre les yeux.
- « Tu as raison quand tu dis que j'étais jaloux. Mais pas de toi. »
- « Pas de moi ? De qui alors ? »
- « De Miyako », avoue le blanc avec un pauvre sourire.
- « Je ne comprends pas. Comment pouviez-vous être jaloux de Miyako, vous un capitaine ? Ça n'a pas de sens ! »
- « Elle t'avait, toi », répond Jûshiro en posant une main sur la joue du brun qui déglutit, assimilant avec difficulté ce que l'autre est en train de dire. « Tu étais son mari. C'est elle qui était dans tes bras. Pas moi. »
La douceur du toucher sur sa joue finit d'effacer la haine en lui. Les yeux si clairs de sincérité du plus vieux, font rougir et déglutir le plus jeune. Il comprend maintenant de quoi il retourne, même s'il tente bien de ne pas le montrer.
- « Qu'est-ce que vous êtes en train de dire ! », fait-il avec un air embarrassé.
- « La vérité. C'est bien ce que tu voulais, non ? »
- « Pourquoi… pourquoi n'avoir rien dit ? »
- « Parce que tu étais heureux avec Miyako et que cela me suffisait. Vous étiez un couple si attachant. Tu méritais le bonheur que tu vivais avec elle et j'appréciais beaucoup Miyako. Et puis, je suis si vieux ! »
- « Pfft, vous êtes un idiot. »
- « Oui, un idiot amoureux », sourit le capitaine.
Un silence réconfortant s'installe entre les deux hommes. Jûshiro sait qu'il a retrouvé le Kaien qu'il connaissait.
- « Vous savez, vous n'êtes pas si vieux… »
- « Oh si, je le suis. Mais c'est gentil de dire le contraire. »
- « Vous… enfin… je veux dire,… », l'espada regarde ailleurs, « vous m'aimez encore ? »
Jûshiro prend le menton du plus grand, et le tourne vers lui. Il plante son regard brun dans les yeux clairs et affirme le plus sérieusement du monde : « Je n'ai jamais cessé de t'aimer, Kaien. »
Les mots atteignent leur cible, et Kaien fait un geste qui le prouve. Il passe un bras derrière sa nuque et se met à se gratter.
- « Alors, … euh… vous allez… euh… m'embrasser ? »
- « Souhaiterais-tu que je le fasse ? »
Le brun se contente cette fois de hocher la tête. Il a très envie de savoir ce que ça fait d'embrasser un homme. S'il est honnête avec lui-même, il doit s'avouer qu'il a souvent rêvé de tenir son supérieur dans ses bras. Jûshiro a beau être un homme, il est de ceux qui ont une part de féminité par leur trait harmonieux. Pas efféminé, mais sensible et élégant.
Heureux d'être accepté, le capitaine Ukitake s'approche encore. Kaien est plus grand et il est obligé de tendre son visage jusqu'à ce que le brun fasse le reste du chemin. L'ancien lieutenant est agréablement surpris par la texture douce des lèvres, lui qui n'a jamais embrassé que des femmes, la sienne en premier lieu. Et c'est bien lui qui force le passage de la bouche, appréciant de mêler sa langue à celle de Jûshiro.
Quand le baiser cesse, ce dernier enlace la taille vêtue de blanc et Kaien a les doigts glissés dans ses cheveux.
- « Comment ai-je pu te haïr ? », regrette le plus grand. « C'est impardonnable. »
- « Tu es pourtant tout pardonné. Ce que tu as vécu est tellement violent. Je ne t'en veux pas, je suis bien trop heureux de t'avoir retrouvé. »
Le brun accole son front à l'autre front et ferme les yeux. Il se sent apaisé. Enfin.
Mais la réalité les rattrape et c'est en soupirant qu'il se détache des bras accueillants.
- « Je suis devenu un hollow, Jûshiro. Je n'ai plus ma place auprès de toi. »
- « C'est FAUX ! Je refuse de te perdre encore. »
- « Soit réaliste, tu me vois rentrer à la Soul Society avec toi ? J'irai tout droit direction le nid de vers… »
- « Alors je vais te conduire chez Kisuke Urahara. Yoruichi Shiôhin y vit plus ou moins. Ils te protègeront si je le leur demande. Cela me laissera le temps d'organiser ton retour. Je me battrai pour toi Kaien, n'en doute pas. »
Rendu heureux par la proposition, le brun gratifie son compagnon d'un beau sourire, et n'y tenant plus, il l'étreint puis fond sur ses lèvres. Les mains commencent à se mettre de la partie et la passion à les emporter tout entier. Mais la raison doit surpasser le désir et Ukitake le sait mieux que quiconque.
- « Non, pas encore », fait-il en posant deux doigts sur les lèvres. « Il faut d'abord te mettre en sécurité. »
Kaien est déçu et le fait savoir par un air boudeur qui fait sourire son amoureux.
- « Sois sérieux. Et ne me tente plus », vient susurrer sensuellement ce dernier à l'oreille, envoyant des décharges dans le corps musclé du brun.
Se prenant par la main, ils se hâtent vers le petit magasin. Parvenus à bon port, ils voient de la lumière filtrée à travers les fenêtres et frappent discrètement à la porte. C'est Tessai qui vient leur ouvrir.
L'ancien membre du kidô salue Ukitake et se fige face à Kaien. Il les fait néanmoins entrer et les conduit jusqu'au salon où Urahara, Yoruichi et un Ichinose complètement abattu sont en train de prendre le thé. Aussitôt, les trois bondissent en voyant l'espada qui met les mains devant lui en signe de défense.
- « Non, non, je vous en prie. Kaien ne vous fera rien. »
- « Ce n'est pas Kaien. Kaien Shiba est mort, Jûshiro », intervient Yoruichi.
- « C'est une très longue histoire, mais je vous jure que c'est bien lui. »
- « Bonsoir, Yoruichi-sama », fait le brun.
- « Ouais, ça l'air d'être toi », répond la femme chat en s'approchant et en humant l'air autour de lui.
Ukitake se met alors à raconter l'histoire et Kaien prend rapidement le relais pour les détails. Et avec un Urahara curieux, autant dire que les questions sont légion.
- « Je voudrais que vous le gardiez avec vous pendant un temps. Et je te demande Maki comme une faveur de n'en rien dire dans ton rapport. »
- « Ne vous inquiétez pas. J'aurais bien du mal à rapporter ce que j'ai moi-même fait ce soir », répond le brun en baissant les yeux.
Devant l'air d'incompréhension des deux nouveaux arrivants, Urahara se met en devoir de leur conter à son tour les évènements de la soirée.
- « Vous parlez de ce gaz ? », fait Ukitake en montrant la fiole.
Urahara s'en saisit avec un bonheur presque jubilatoire. Et que dire lorsque Kaien sort à son tour de sa poche la balle rose de Szayel.
- « Vous voudrez ceci, je suppose. »
- « Bah, tu supposes bien mon petit Kaien. Kisuke adore les joujoux, tu viens de faire un heureux ! », s'exclame la femme brune.
Ukitake se lève pour prendre congé.
- « Quand te reverrai-je ? », demande aussitôt Kaien.
- « Demain en début d'après-midi », répond Urahara. « Oui, nous nous réunissons tous avec le capitaine Kuchiki. »
- « Byakuya est au courant ? »
- « Ouais, il a été le premier gazé », explique Yoruichi. « Il est déjà venu une fois en utilisant le senkaimon privé des Kuchiki. Et Shunsui sera de la partie. »
- « Je viendrais aussi », fait d'autorité Ichinose.
- « Shunsui ? »
- « Oui. Ce soir, notre brave Shunsui a failli déclarer la guerre à l'un des derniers Quincy », sourit Urahara.
- « Ne me dites pas qu'il s'en est pris au petit Uryû ? »
- « Non, ça c'est Kisuke qui s'en est chargé. Shunsui a sauté le père du petit Uryû », répond Yoruichi en explosant de rire.
Gaz numéro 1 et gaz numéro 2 viennent de faire un flop. Ce qui prouve que l'amour n'a besoin d'artifice d'aucune sorte.
