Quelque part. Pendant ce temps…

Les trois fuyards avaient roulé toute la nuit et s'étaient arrêtés dans un petit diner sur la route pour prendre un petit déjeuné. Le petit restaurant était encore vide en même temps le soleil n'était pas encore levé. Claudia leurs posait des questions, après tout, elle avait le droit de savoir pourquoi elle avait failli mourir. Tony et Ziva répondaient aux questions avec parfois une certaine retenue ou une certaine gêne, mais ils essayaient d'être honnête. Ils lui devaient bien ça. Claudia elle observait les amants quand ils s'exprimaient, Tony prenait plus souvent la parole que Ziva, la jeune femme prenant la parole pour donner une précision ou empêcher Tony de dire quelque chose de trop.

Claudia : Alors cette histoire de maltraitance ? Ca aussi s'était du bidon ?

Ziva posa son regard sur Tony les yeux plein de colère.

Tony : Quoi ? Tu aurais préféré que je te laisse pointer ton arme sur la tempe de Mrs Nielsen ?

Ziva : Tu leur as dit que j'avais été… maltraité.

Tony : Tu voulais que je leur dise quoi pour expliquer le faite que j'ai empêché la femme du boss de t'approcher puis ton cauchemar ? Ma gentille étudiante de femme est passée dans les mains de plusieurs tortionnaires, elle a passé un été complet entre les mains du dernier ? Règle numéro sept, sois précis quand tu mens.

Ziva : Tu as fait passé mes parents pour des…

Tony : Je suis désolé mais ton père a fait bien pire.

Ziva : Je ne suis PAS une enfant battue !

Elle était en colère et pourtant n'avait pas levé la voix pour rester discret, ce n'était vraiment pas le moment de se faire remarquer, en fuite et sans papier, ça aurait été la fin de tout. Elle était furieuse même. Il ne l'avait que rarement vu sortir de ses gonds comme ça, la dernière fois était d'ailleurs la bas en Israël. Quand il l'avait poussé dans ses derniers retranchements. Pourtant cette fois, il ne comprenait pas la raison de sa colère, il ne s'agissait que d'une couverture alors pourquoi en faire tout un foin. Il s'approcha d'elle et voulu lui prendre la main mais elle se dégagea vivement, fuyant une nouvelle fois les contacts physiques. Il tenta le tout pour le tout, il se saisit brusquement de son bras et l'attira dans ses bras, au mieux il l'apaiserait au pire il finirait par terre parce qu'elle l'aurait poussé violemment de la banquette. L'israélienne se blottie dans ses bras mais retenait ses larmes avec force, elle ne voulait pas pleurer devant Claudia. Discrètement, Tony posa son regard sur la jeune femme lui faisant signe de filer. Elle s'éclipsa rapidement prétextant devoir aller aux toilettes, comprenant que l'histoire du couple était bien plus compliquée que ce qu'elle en avait appris.

Tony : Lâche toi, maintenant laisse toi aller.

Elle lui donna un coup de paume dans l'épaule sans pour autant desceller son corps du sien.

Ziva : Tu es un abruti Tony.

Tony : Ca ce n'est pas nouveau.

Ziva : Je n'arrive pas à penser, je n'arrive plus à penser. Et je n'ai même pas mon cahier pour faire la part des choses.

Il la saisit par les bras et l'éloigna de lui pour poser son regard sur elle.

Tony : Quel cahier ?

Ziva : Un cahier.

Tony : Ziva…

Ziva : Un cahier, tout simple. Je l'ai commencé quand je suis revenu au NCIS, la psychologue m'a conseillé cette technique pour essayer de faire la part des choses.

Tony : Merde Ziva ! Tu aurais du le dire avant ! Que contient-il ?

Ziva : Je ne veux pas en parler.

Tony : Ziva !

Ziva : Seulement ce que je ressens, Tony, juste des sensations, des sentiments, mes peurs. Et cesse de me secouer comme un abricotier où tu n'aura plus jamais l'occasion de savourer une nuit romantique.

Tony : Je te retrouve enfin. Écoute pour ton journal, tu es sûr qu'il n'y a aucune information qui pourrait…

Ziva : Non. Et pour compliquer le tout il est écrit en arabe.

Tony : D'accord. Je te fais confiance.

Ziva : J'espère bien. Déjà que je n'aime pas qu'il soit dans les mains du FBI. Je me sens exposé.

Tony : Il va falloir bientôt partir.

Ziva : Pour aller où ?

Tony : Las Vegas.

Ziva : Tony…

Tony : Personne ne nous cherchera là-bas. Et…

Claudia se glissa de nouveau sur la banquette.

Claudia : Bonne destination. De là-bas, je pourrais nous obtenir des papiers.

NCIS Office.

Gibbs hésita avant de frapper, Vance ne le faisait jamais revenir d'une scène de crime à la seconde pour le convier à une petite discussion dans son bureau. Et il n'aimait pas particulièrement laisser McGee seul avec les deux nouveaux agents. On avait bien vu ce que ça avait donné la dernière fois. Non il ne voulait pas perdre son dernier agent. Pas après Tony et Ziva. Il esquissa deux coups contre la porte et entra sans attendre de réponse. Léon Vance n'était pas à son bureau comme il s'y attendait mais à la table de réunion en discutant avec une très belle femme.

Vance : Gibbs. Merci d'avoir fait vite.

Femme : Ravie de vous rencontrer, agent Gibbs, j'aurais juste aimé que ce soit dans de meilleures conditions.

Gibbs : Officier Miller.

Miller : Je vois que ma fille vous a parlé de moi.

Gibbs : Elle n'a pas dit grand-chose.

Miller : Alors laissez-moi me présenter convenablement. Je suis l'officier Rivka Miller, Shabak.

Gibbs : La responsable de la Division des affaires non-arabe du Shabak

Miller : Elle vous en apparemment dit plus que ce que vous laissez croire.

Vance : L'officier Miller n'a pas vraiment le droit d'être sur le territoire américain pour le moment.

Miller : Je suis encore en mission, je n'ai pas pu me libérer avant. Mais j'ai réussi à apprendre le nom du mari de ma fille par l'intermédiaire de ma belle sœur Nettie et j'ai eu confirmation par ma sœur. Je crois que je peux vous aider.

Gibbs : Et je peux savoir comment ?

Miller : Avant que mon ex-mari prenne la tête du Mossad, j'étais agent là-bas.

Gibbs : Non, comment pouvez vous les aider ?

Miller : Anthony DiNozzo et moi avons été amant.

Vance : Je vous demande pardon.

Gibbs : Elle parle d'Anthony DiNozzo Senior. Le père de Tony.

Miller : Comme vous devez le savoir, l'entreprise d'Anthony à un juteux contrat avec Israël. Mais le Mossad avait voulu vérifier qu'il n'y avait pas de risque d'espionnage par les États-Unis. J'avais pour mission d'infiltrer la D Corporation en temps que consultante entre les deux pays, pendant plusieurs années j'ai fait des aller retour entre la D Corp. et un soit disant poste dans le gouvernement israélien. Je ne dis pas que j'ai gardé une bonne relation avec lui, mais je vais essayer de lui parler. Junior était un petit garçon si gentil. Je me souviens avoir passé un peu de temps à la D Corp. à la mort de la femme d'Anthony, j'ai pu voir un petit garçon de huit ans qui venait de perdre sa mère et que son père oubliait à l'entreprise pour courir à je ne sais quel diner d'affaires. Un soir, il l'avait même oublié, j'ai fait manger le petit et il a passé la nuit à mon hôtel et son père ne s'en est même pas rendu compte.

Gibbs : Et vous avez quand même eu une liaison avec lui.

Miller : Ne me jugez pas, agent Gibbs. C'était quelques années plus tard. Ma fille devait avoir cinq ou six ans à l'époque.

Abandonnant Rivka et le directeur, Gibbs se dirigea vers son bureau et fouilla ses tiroirs, trouvant ce qu'il cherchait, il descendit à la morgue alors que Ducky était entrain de ranger un corps dans les tiroirs.

Ducky : Ah Jethro ! Que me vaut ta visite ici bas.

Gibbs : Dis moi ce que tu peux me dire la dessus.

Il venait de donner au vieux médecin un bout de papier dont le regard du médecin se mit à observer.

Ducky : C'est l'enfant de Tony et Ziva ?

Gibbs : Oui.

Ducky : Si on se fit à la date inscrite et celle que ma donné Ziva sur l'âge de sa grossesse au moment de leur départ. Alors je dirais que cette petite fille est assez petite, à la limite de…

Gibbs : On a dit à McGee, que Ziva avait fait plusieurs séjours à l'hôpital. C'est à cause de ça ?

Ducky : Oui, ou alors c'est parce que Ziva est malade que l'enfant est si petite. Mais j'aurais plus de réponses en examinant Ziva.

Gibbs : Pour le moment, ils ont disparu dans la nature. McGee essaye de les localiser.

Ducky : Dès que tu as des nouvelles…

Mais Gibbs prenait déjà la direction de la sortie.

Ducky : Jethro… Ziva est…

Trop tard, l'homme aux cheveux gris s'était déjà engouffré dans l'ascenseur. Rejoignant le bureau du directeur, il croisa le regard de Rivka qui était toujours là en grande discussion avec Leon Vance.

Gibbs : Madame Miller, vous et moi allons faire un tour.

Vance : Gibbs.

Gibbs : Je sais qu'elle n'a pas le droit d'être sur le territoire américain. Je prendrais soin d'elle.

Ils quittèrent le bureau pour se rendre dans l'open space. Il regarda les bureaux, McGee n'était pas encore rentré, et les deux autres agents étaient à leur place bossant sur des rapports. Il attrapa la boite contenant les effets personnels des DiNozzo et prit la direction du parking avec elle.

TBC