Vol Los Angeles / Washington D.C.
Tony : Vous ne pouvez pas lui retirer les menottes.
Jones : Hors de question !
Tony posa le regard une nouvelle fois sur sa femme. Celle-ci était très mal installée, les deux mains liées dans le dos. Et bien qu'elle le cachait, elle semblait en souffrir.
Ziva : Laisse Tony. J'ai entendu dire que dans la vie, tout se paye !
Tony : Je ne sais pas si vous êtes aveugle ou pas mais je vous ferais remarquer que ma femme est enceinte.
Tamara : Ca ne l'a pas empêché de frapper un de mes agents. Sans compter les quatre agents de police à Washington.
Ziva : C'était un accident.
Tony : Faites au moins l'effort de la menotter devant.
Tamara : Je regrette mais c'est non. L'agent David est une espionne israélienne, recherche pour trahison, je ne prendrais pas ce risque.
Tony : Ziva est un agent du NCIS et une citoyenne américaine !
DiNozzo tira une nouvelle fois brusquement sur son poignet, attaché au siège de l'appareil, celui ci était rouge et ensanglanté après de multiples contacts avec le métal des menottes.
Ziva : Tony, arrête ça je t'en pris. Ca va aller d'accord. J'ai connu bien pire.
Tony : Et l'inspecteur Shou'al dans tout ça ?
Tamara : Mes patrons décideront quand nous seront à Washington, maintenant silence.
L'agent Johannsen se leva et s'éloigna laissant la surveillance des trois prisonniers aux agents Thom Smith et Michael Jones.
Tony : Ca va Claudia ?
Claudia : Oui ne t'inquiète pas.
Tony : Je suis vraiment désolé pour tout ça.
Claudia : J'ai toujours rêvé de voir Washington.
Tony : Tu verras c'est plus froid que la Nouvelle Orléans.
Ziva : Moins moite aussi. Cette humidité c'est horrible.
Tony : Je croyais que tu étais habituée à la chaleur, trésor.
Ziva : La chaleur sèche, mon petit derrière poilu.
Jones : Fermez là !
Tony : Quel rabat-joie !
L'agent Jones se leva brusquement de son siège et fit un pas vers Tony faisant se raidir Ziva, Tony lui donna un autre à coup dans la menotte s'entaillant un peu plus le poignet.
Ziva : Tony ! Cesse ça ! Je t'ai déjà dit que l'odeur du sang me rendait malade.
Tony : Désolé. Repose-toi, tu ne tiens plus.
Ziva : Je sais mais…
Tony : (chuchotant à son oreille) Je surveille tes arrières comme toujours.
Il se pencha vers elle pour lui voler un baiser avant qu'elle ne s'allonge du mieux qu'elle pouvait dans le fauteuil, posant sa tête sur les genoux de son amant. Un peu plus loin, Claudia était déjà partie au pays des rêves. Au bout d'un certain temps, les agents intervertirent leurs places, permettant à Jones de s'éloigner des prisonniers qui semblaient le rendre nerveux. Assise en face d'eux, accompagné de Georges Lincoln, la chef d'équipe du FBI les observait le visage neutre. Une bonne heure s'écoula avant que la voix de la jolie blonde, fasse quitter à Tony, le fil de ses réflexions.
Tamara : Ca en valait la peine ?
Tony : Quoi ?
Tamara : Tout ça ! Vous avez choisi une tueuse et une menteuse professionnelle pour être la mère de vos enfants.
Tony : Si vous posez la question c'est que vous n'avez jamais aimé.
Tamara : J'ai aimé.
Tony : Aimer avec un grand A. Vous êtes sûre. Aimer à être prête à tout sacrifier ? Votre carrière. Votre vie… Tout, vraiment tout. Je pensais avoir aimé aussi, et il a fallu que je la perde pour vraiment en comprendre le sens.
Tamara : Le naufrage du Damoclès.
Tony qui jusque là observait la belle blonde sans avoir la moindre réaction envers elle ou commentaire salace, afficha un froncement de sourcils.
Tamara : J'ai lu vos rapports.
Tony : Les rapports ne contiennent toujours que les faits. Quand je suis partie là-bas, je n'avais pas l'intention d'en revenir, agent Johannsen. Mais Dieu sait qui m'a offert une deuxième chance. Regardez là. Pour moi, elle est la plus belle chose qui m'est été donné. Et après tout ce qu'elle a traversé, la seule chose qu'elle voulait, que nous voulions, c'est vivre en paix chez nous. Un « chez nous » que vous avez profané. Faudra qu'on pense à déménager d'ailleurs.
Tamara : Très bel appartement soit dit en passant.
Tony : Merci.
Tamara : Vous parlez vraiment autant de langues.
Tony : Vous n'avez pas bien fait vos recherches apparemment, ce n'est pas bien ça, agent Johannsen.
Tamara : Ca vous arrive de rester sérieux quelques instants.
Tony : Pas souvent ou pas longtemps, en fait. Mais ça n'a jamais empêché pas Murtaugh et Riggs de faire leur boulot. Certes pas sans dommage mais quand même.
Tamara : Qui ?
Tony : Martin Riggs et Roger Murtaugh, des flics de LA.
Lincoln : Il parle de l'arme fatale, Tamara.
Tony : La meilleure quadrilogie de tous les temps, réalisée par Richard Donner. Je vous prêterais bien les DVD mais j'ai peur que vous ne me les rendiez pas. Un peu comme vous ne me rendez pas ma tranquillité ou ma liberté, au choix.
Tamara : Vous devriez dormir !
Tony : Impossible.
Tamara : Et pourquoi ça ?
Lincoln : Elle le tuerait, s'il s'endormait.
Tamara tourna la tête en direction du psychologue de l'équipe qui venait de laisser échapper un petit rire.
Lincoln : Il surveille ses arrières. Il a toujours surveillé ses arrières, n'est ce pas, agent DiNozzo ?
Tony : Vous croyez tout savoir de nous, n'est ce pas ? Tout ca parce que vous avez saccagé notre appartement, lu son journal intime et deux trois de nos rapports ou je ne sais quoi encore.
Lincoln : Vous l'aimez, elle vous aime, votre relation dure depuis bien plus longtemps que ce que pense les autres membres de votre équipe. Je dirais pendant la période où vous êtes devenu chef d'équipe. La première rupture, elle vous a fait croire que s'était votre faute, mais j'ai lu dans les lignes de son cahier qu'elle était surveillée par le Mossad. Elle voulait vous protéger. Le Mossad lui fait peur depuis qu'elle a compris qu'elle ressentait quelque chose pour vous. En revanche elle n'a aussi aucun instinct maternel pour cet enfant. C'est pour ça qu'elle est capable de se battre pour sa survie.
Tony : Première erreur, Ziva a de l'instinct maternel, en revanche elle l'ignore encore. Maintenant je ne vous conseille pas de la réveiller, elle peut être terriblement pénible quand elle est fatiguée.
Lincoln observait l'agent DiNozzo depuis le début, il pouvait voir la jeune israélienne dormir dans une position inconfortable, sa tête reposant sur les genoux de son amant. Tony lui caressait les cheveux distraitement. Il ne pouvait pas voir le visage de l'espionne caché sous ses cheveux, mais il entendait sa respiration à la fois calme de quelqu'un qui dormait et difficile. Sa position devait vraiment la gêner, ainsi que son ventre rond pourtant à peine développé. Toutefois il savait que ça ne servirait à rien de demander à Tamara de la détacher. Tony passa doucement son bras libre autour de la taille de la jeune femme pour l'empêcher de chuter. Ce contact sembla apaiser inconsciemment la jeune femme dont la respiration se modifia de nouveau, laissant entrevoir la fuite de son mauvais rêve.
TBC
