Aéroport international de Washington Dulles. Terminal de débarquement.
L'avion posé était entrain de débarquer ses passagers. Et Gibbs découvrit que l'agent du FBI ne débarquait pas avec deux mais trois prisonniers, son regard se posa sur le ventre de Ziva, il savait qu'elle était en fin de grossesse, mais le voir, cela lui faisait bizarre. Il avait l'impression qu'il était entrain de devenir grand père. Mais il préféra se concentrer sur son état de santé général, elle semblait avoir perdu du poids, elle semblait aussi manquer de sommeil, ses traits étaient tirés, ses cheveux emmêlés.
Fornell : Elle va très mal le prendre.
L'agent senior posa de nouveau son regard sur l'agent du FBI.
Gibbs : Je veux récupérer mes agents. Ils ont été trop loin, trop longtemps.
Soudain, ils virent Ziva s'arrêter, elle avait repéré le comité d'accueil composé de Gibbs, Fornell, Vance et l'officier Rivka Miller. Mais la jeune femme fut brusquement bousculée par l'agent Jones qui l'incita à avancer. La pression manqua de la faire tomber. Répondant au quart de tour, Tony lui donna un coup de coude dans le ventre.
Vance : Agent Johannsen.
Tamara : (surprise) Directeur Vance.
Vance : Veuillez relâcher mes agents, s'il vous plait.
Tamara : Mais…
Fornell : La situation a changé, agent Johannsen. Le directeur nous attend au QG.
Tamara sortie ses clefs et détacha Ziva pour ne pas laisser faire Jones qui avait un grief contre la jeune femme mais ce que l'agent n'avait pas prévu c'est que Ziva se retournerait pour lui mettre un coup de poing en pleine face.
Ziva : Ca soulage.
Un sourire carnassier se dessina sur le visage de Tony pendant qu'il s'approchait d'elle, enfin libre de toute entrave.
Tony : Et moi, tu vas me frapper.
Ziva : J'en ai bien envie.
Il frôla ses lèvres des siennes avant de passer un bras autour de sa taille.
Ziva : Ne met pas de sang sur mes vêtements, je te rappelle que j'en ai pas d'autre.
Tony : Ne t'inquiète pas pour ça. De toute façon, tes vêtements sont déjà sales.
Mais alors qu'il s'approchait du comité d'accueil, Ziva relâcha l'étreinte de Tony pour serrer Gibbs dans ses bras. Surpris, le boss accueilli cette marque d'affection et la serra à son tour. Elle semblait terriblement en avoir besoin. Il l'entendit retenir un sanglot contre sa poitrine. Mais elle le relâcha pour retourner auprès de Tony.
Tony : Hé boss. Content de te revoir.
Gibbs : Oui, moi aussi. On rentre à la maison.
Vance : Félicitations, vous êtes réintégré dans vos fonctions, pour ce qui est de votre relation, on en parle plus tard.
Puis il leur tendit leur plaque, qu'ils s'empressèrent de remettre à leur ceinture, l'endroit qu'elles n'auraient jamais du quitter.
Claudia : Au faite Ziva, jolie coup de poing.
Ziva : Désolé. J'ai passé sept heures les bras dans le dos. Il fallait que je dénoue mes épaules.
Tony : Claudia, je te présente le directeur Leon Vance, mon boss, Leroy Jethro Gibbs et Rivka Miller je présume.
Miller : En effet. Ravie de refaire enfin votre connaissance, agent DiNozzo.
Tony : Moi de même, Rivka.
Miller : Tu te souviens de moi ?
Tony : Oui.
Ziva : Agent Miller.
Miller : Ziva…
Ziva : Bienvenue en Amérique. Tu as le bonjour d'Anna.
Puis la jeune femme s'éloigna du groupe, traversant le hall du terminal, seule et d'un pas décidé.
Tony : Ca c'est des retrouvailles ou je ne m'y connais pas.
Miller : Les liens familiaux sont parfois cruellement mis à mal.
Tony : Oui j'en sais quelque chose. Boss, McGee, Ducky et Abby ?
Gibbs : Ils vous attendent au NCIS. Mais on va faire un petit tour à Bethesda avant.
Tony : Boss, non.
Gibbs : Je veux un contrôle de santé pour vous deux.
Tony : Elle ne voudra pas. Elle a surtout besoin de manger. Ils ont refusé de la détacher et elle refuse qu'on la nourrisse. Boss, il faut qu'on passe à l'appartement. Et ça ne peut pas attendre.
Appartement de Ziva et Tony DiNozzo. Une heure plus tard.
Tony frôla la serrure de ses doigts, elle avait été changée, tout comme la porte d'ailleurs. Il se tourna vers Gibbs, qui lui tendit une clef. Il l'introduisit dans la serrure et ouvrit la porte avec lenteur, avec la peur de ce qui se trouvait derrière.
Tony : J'espère que les dégâts ont été mis sur la note du FBI.
Puis il entra, le constat était effarant. Le FBI n'y avait pas été de main morte. Les livres étaient par terre, comme une partie des DVD qui semblaient avoir été ouvert un à un. Les contenus des tiroirs étaient renversés. Il actionna l'interrupteur… l'électricité avait été coupé. Une boule se forma dans la gorge du jeune agent. Cet endroit avait abrité tellement de bons souvenirs. Cet endroit avait été un refuge à leur amour clandestin, leur bulle rien qu'à eux.
Gibbs : J'ai jeté la nourriture, mais je n'ai touché à rien d'autre.
Ziva : Où est le Capitaine Jack ?
Gibbs : Chez moi.
Ziva : Je ne veux pas rester ici. Ca n'est plus ma maison.
Gibbs : Récupérez quelques affaires, vous passerez la nuit chez moi.
Ziva : Je vais me changer.
Puis elle s'éclipsa dans la chambre, pendant que Tony prenait la direction de la bibliothèque.
Tony : Où est l'album ? Le Tanakh et la Bible ?
Gibbs : Ce qui a été saisit est dans une boite au bureau. Rien n'a été abimé.
Tony : Sauf ce qui est ici.
Il se pencha machinalement et récupéra un livre sur le sol.
Tony : La constitution des États Unis d'Amérique. Si tu savais le nombre de fois où elle m'a cassé les pieds avec ce livre.
Ziva : (depuis l'autre pièce) Je t'ai entendu, mon petit derrière tout poilu.
Rivka Miller qui jusque là était en retrait, se contentant d'observer, ne put s'empêcher de rire. Elle reconnaissait bien là sa fille.
Une autre phrase vint de la chambre, en hébreu cette fois, et Rivka ne pu s'empêcher de littéralement éclater de rire. Tony posa les yeux sur cette femme… sa belle-mère. La mère de Ziva. Et en la voyant rire ainsi, il trouva plus de ressemblance entre les deux femmes qu'il n'en avait vu jusque là. De l'autre coté du mur, il entendit également un ricanement. Il n'avait pas comprit la teneur de l'échange entre les deux femmes mais apparemment cela semblait beaucoup les amuser. Quand Ziva réapparu dans la pièce, elle portait un survêtement gris du NCIS, s'était débarbouillé et brosser les cheveux.
Ziva : J'avais négligé un détail. Je n'ai absolument plus rien à me mettre.
Tony : Tu es très belle comme ça, amour.
Gibbs : Et maintenant direction Bethesda.
Ziva : Quoi ? Non ! Gibbs non !
Miller : Ziva…
Ziva : Non, non et encore non ! Ducky soignera Tony au NCIS. Pour le moment, je veux manger. Il faut vraiment que je mange.
Tony : Gibbs, ça n'est pas un caprice, elle n'a réellement rien mangé depuis deux jours.
Restaurant. 18h30.
Le repas touchait à sa fin, Ziva avait peu mangé et s'était murée dans le silence, ne relevant les yeux que pour scruter les alentours. Reflexe conditionné par toute une vie et des mois de traque. Par chance il était relativement tôt, et il y avait peu de monde dans le petit restaurant marocain, une ou deux tables d'occupé au grand maximum. A droite, deux hommes d'un certain âge prenant le thé, et un jeune couple qui dinait en amoureux surement avant de sortir. Ziva ferma les yeux, ce qu'elle venait de manger jouait dangereusement dans son estomac. L'enfant bougeait peu, mais chacun de ses mouvements tiraient dans son dos, lui donnant des sueurs froides. Elle sentit le regard de Tony assis devant elle, posé sur elle. Il devait savoir, il savait toujours, elle détestait cette capacité qu'il avait de lire en elle. Il faut dire qu'il avait prit le temps de l'observer au fil des mois et avait appris à la connaitre. Le silence n'était pas vraiment pesant, Rivka avait apprit beaucoup du silence en compagnie de son… mari, et Gibbs lui n'avait jamais été bavard. Ziva sentit sa respiration se saccader en même temps que son estomac se contractait douloureusement. Elle se concentra pour se lever sans vaciller, et prit la direction des WC en pressant le pas. Tony s'apprêta à la suivre quand il sentit une main se poser sur son avant bras.
Rivka : Laisse, je m'en occupe.
La femme se leva avec la discrétion d'un chat et suivit sa fille.
Gibbs : Ca fait longtemps qu'elle est comme ça ?
Tony : Son état se dégrade depuis qu'on a quitté la Nouvelle Orléans, mais ça fait presque deux mois qu'elle ne mange quasiment rien, je suis inquiet pour leurs santés. A Las Vegas, elle passait ses journées à l'appartement, seule, travaillant sans relâche sur son mémoire, elle l'a d'ailleurs terminé. Et c'est plutôt bon. Comment vont les autres ?
Gibbs : McGee a fait du bon boulot, pour brouiller les pistes avec le FBI. Il est fiancé aussi.
Tony : Sérieux ?
Gibbs : Une italienne, elle enquêtait sur le cambriolage de l'appartement de Ziva.
Tony : Elle a un nom ?
Gibbs : Lieutenant Clarissa Alessandrelli.
Tony : Abby ?
Gibbs : Elle a un mémorial dans son labo qui vous est dédié. Si elle n'avait pas eu pour mission de travailler avec Los Angeles, elle serait venue à l'aéroport. Elle a même une poupée vaudou à l'image de l'agent Johannsen.
Dans les WC, lorsque Rivka Miller entra dans la pièce ce qu'elle vit lui broya le cœur, Ziva était entrain de se laisser tomber sur le sol, en larmes. Apparemment elle venait de rendre le peu de nourriture qu'elle avait pu avalée.
Ziva : Je crois qu'ils ont raison. J'ai besoin d'être hospitalisé, Rivka.
Rivka : Je sais mon bébé. Écoute, on va aller au NCIS voir tes amis. Ensuite je te conduirais moi-même à Bethesda.
Ziva : D'ac… D'accord. Mais Tony m'y conduira, tu as dit à table que tu avais rendez vous avec le père de Tony.
Rivka : Tu peux te relever ?
Ziva : Non.
TBC
