Note de l'auteur: Alors voilà enfin la suite. Désolé pour ce retard mais mes profs s'acharnent sur moi et mes camarades. Je suis en plein crise d'hystérie. Demain c'est la première de HP 7... il était temps ! Bon, ce chapitre est plus long que les précédents, voilà pour ceux qui le réclamait. Aller, bonne lecture. XOXO Lili.
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Le souvenir du bonheur n'est plus du bonheur; le souvenir de la douleur est de la douleur encore.
[George Gordon, Lord Byron]
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Les images défilent à vive allures. Je n'ai le temps d'apercevoir que quelques bribes, et je me surprends à reconnaître des souvenirs que j'avais pris soins d'oublier. Et les autres dont il est impossible de se défaire. Son regard noir quand les mots avaient enfin franchis la barrière de mes lèvres, la première fois qu'il m'avait fait mal, la deuxième fois, mes suppliques et l'irréparable. Un éclair de lucidité m'arrache à la vue de mes souvenirs et, fermant mon esprit, le salon plongé dans l'obscurité refait son apparition. Tout cela n'a pas durer plus de quelques minutes. Je me retourne et Rogue est là également, sa baguette pointait vers moi, l'air abasourdis.
_Vous n'aviez pas le droit.
Mon ton se veut froid mais même à moi, il me semble las. Il continue de me fixer en silence, seul le lourd pendule de l'horloge à nos côtés vient brisé de son balancement tranquille la quiétude de la nuit. Son bras retombe le long de son corps, et sa baguette pends mollement au bout de ses doigts. Sa bouche s'ouvre, puis se referme. Comme s'il cherchait ses mots pour la première fois. Il réitère une seconde fois, et c'est la bonne.
_ Pourquoi ne l'avoir jamais dit à personne ?
Il ne comprends pas. Et n'y arrivera peut-être jamais. Mais, maintenant qu'il sait.
_ Je ne pouvais pas.
_ Bien sûr que si. Il vous suffisait de le dire à Potter, à un de vos innombrables amis ou même à Drago.
_ Je n'ai pas d'innombrables amis, Professeur, dis-je, lui souriant tristement.
_ Est-ce pour cela que vous êtes partis, il y a deux ans ?
_ C'est une des raisons qui, en effet, m'ont poussé à partir sans demander mon reste. Mais, ça n'a été qu'un infime partie de ma décision. Je l'ai fait pour Drago. C'est lui qui à décider de notre départ, bien que je n'ai jamais sut ce qui était arrivé ce soir là.
_ Il l'a torturé.
_ Pardon ?
_ Le soir où vous vous êtes enfuis, Drago revenait du Manoir et...
_ Comment …?
_ J'y étais. J'étais dans la pièce à côté avec Voldemort. Je ne pouvais rien faire sans compromettre ma couverture. Drago dans un élan de courage, qui n'a put être inspiré par nul autre que celle qui se trouve en face de moi, il a refusé la Marque. Autant vous dire que son père et Voldemort ne l'ont pas entendu de cette oreille. Il l'a torturait pendant ce qui a semblait une éternité. Puis, on a entendus des bruits sourds, comme un bagarre silencieuse. Le temps que l'on arrive, Drago avait réussi à prendre la fuite. Ce gamin a toujours sut s'en sortir, même dans les pires moments.
Ce n'est qu'en sentant le goût salé sur mes lèvres que je me rends compte que je pleure.
_ Vous savez maintenant, bien que cela m'étonne qu'il ne vous en ait jamais parlé. Mais apparemment, l'un comme l'autre, vous semblez cultiver les secrets avec un soin tout particulier. Je veux savoir. Pourquoi n'avoir mis personne au courant ?
J'hésite à lui répondre. Mais je me rends compte que le fait que quelqu'un soit enfin au courant, me soulage presque d'un poids énorme.
_ Ron était mon meilleur ami. Mais c'est également celui d'Harry, c'est un Weasley. Des membres importants et respectés de l'Ordre. Vous croyez que j'aurais put lâcher un tel bombe en temps de guerre. La confiance que nous nous accordons était déjà plus que précaire à l'époque. Je ne dirais rien sur celle qui semble unir les membres à présent. Ce que Ron m'a fait est inconcevable, même pour moi. Imaginez une seconde leur réaction. Ils se sentiraient obligés de choisir un côté. Ce n'est certainement pas ce que je veux. Nous n'avons pas besoin de cela. Sans Ordre, nous avons plus qu'à aller nous rendre aux Mangemorts, autant leur facilité les choses un maximum, vous ne pensez pas professeur ?
_ Sacrifice a toujours était le mot d'ordre des Gryffondors, n'est-ce pas ? Et puis cesser de m'appeler Professeur, nous ne sommes plus à Poudlard.
Nous nous sourions tristement.
_ La guerre nous a assez détruit comme ça, sans révéler en plus les détailles sordides.
_ C'est comme cela que vous considérez ce qu'il vous a fait ? Juste comme un horrible détail parmi tant d'autres ? Qu'est-ce que vous compter faire ? Le laisser vous menacer comme ce soir, faire comme si rien ne s'était jamais passé ?
_ Vous devriez faire comme moi et oublier, Professeur.
_ Et vous avez réussi ?
_ J'essaye toujours.
Il s'approche de quelques pas, ne se tenant plus qu'à un mètre de distance.
_ Faites en sorte que Drago ne l'apprenne pas alors. Sinon vous pouvez être sûr que le secret ne le restera pas longtemps. Même si je pense qu'il pourrait enfin comprendre les raisons de vos nombreuses « crises ».
Je sens le rouge me monter aux joues.
_ Comment...?
_ J'ai eu l'occasion de parler avec Drago de beaucoup de choses en une semaine. Même si je déplore le nombres incalculable de fois où votre prénom est mentionné. A croire qu'il n'a que cela à la bouche.
Je laisse échapper rire. Drago est semblable à Rogue en certains point. Et c'est dans des moments comme celui-ci, que je peux apercevoir la figure paternel dont il m'a si souvent parler.
_Vous devriez aller dormir. Et cesser de sourire bêtement.
_ Bonne nuit, Professeur.
_ Bonne nuit, Miss Granger.
Je commence à gravir les marches et lui à tourner dans un couloir, lorsque je l'interpelle soudain.
_ Professeur !
_ Oui ?
_ Vous pensez à quelqu'un pour l'embuscade d'hier ?
_ J'ai ma petit idée, en effet. Mais je vous en parlerez en temps voulu.
Et il disparut sans plus de cérémonie. Je continue mon ascension et arrive finalement à la chambre, où je me glisse doucement sous les couverture. Drago n'a pas bouger d'un pouce. Toujours allongé sur le ventre, ses cheveux tombent négligemment sur son visage. Sur son dos, ses cicatrices blanchit par le temps luisent dans la lumière bleue de l'Aube. Mes doigts glissent dessus, et je frissonne. Maintenant que je connais leur histoire, je ne les vois plus pareils.
_ Hermione, murmure-t-il. Viens te coucher.
Il lève son bras pour je vienne le rejoindre, les yeux toujours clos. Je souris avant de m'allonger à ma place. Dans ses bras.
