Note de l'auteur: Alors voilà le nouveau chapitre. Je ne savais pas trop comment introduire les souvenirs d'Hermione, pour enfin expliquer comment toute cette sordide histoire avait commencé. Lui donner un sens, si c'est possible. Alors, j'ai fini par simplement le mettre au début, en espérant que vous trouverez cela satisfaisant. A par ça, j'espère que vous passez de bonne fête pour ma part, j'ai reçu le coffret intégrale Harry Potter et j'ai passé la soirée a mater les Bonus. Que voulez-vous, on est accro ou on ne l'est pas ! ( JK est magique !)

Aller bonne lecture et à vos reviews.

Xoxo

Lili

PS: le chapitre est à éventuellement écouter avec – Hold On – de Angus and Julia Stone. J'ai écrit ce chapitre avec cette chanson sur les oreilles alors...QUOI ? C'est un de mes groupes préférés, alors oui, je fais de la pub. J'assume.

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L'horreur ne va pas sans l'imagination.

[ Arthur Conan Doyle ]

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La guerre se profilait, notre temps était compté. Et nous avions attendus cela depuis tellement longtemps que c'était avec évidence et une satisfaction non dissimulée qu'il m'avait finalement embrassé. Ron avait toujours eu ce côté froussard qui m'exaspérait la plupart du temps. Pourtant, il n'avait pas hésité à prendre des initiatives, et j'avais aimé ça. Mais au bout de quatre mois, il m'avait été impossible de me voilé la fasse d'avantage. Il était évident que jamais je ne pourrais l'aimer comme on aime un amant. Bien sûr il était doux et gentil, mais ça ne suffisait pas. D'ailleurs son incroyable jalousie, que j'avais appris à mon grand étonnement à découvrir, n'avait pas arrangé les choses, loin de là. Chaque baiser, chaque étreinte me rappelait qu'il ne serait jamais rien d'autre que mon meilleur ami. Il fallait alors que je sauve le peu de notre amitié qui pouvait encore l'être. Et alors, un matin d'octobre, alors que la matinée ressemblait à une journée de printemps, je lui avais dit. J'étais assise sur le rebord de la fenêtre, attendant qu'il émerge des brumes du bonheur que j'allais anéantir d'une seconde à l'autre. Bien que je n'ai évidemment jamais cautionné ce qu'il m'a fait, je me suis souvent sentis responsable de l'échec de cette relation. Il s'était posté en face de moi, éblouis par un rayon de soleil. Et je lui avais dit. Grâce à cette rupture, j'ai également appris que malgré les nombreuses années où j'avais grandis avec Ronald, il nous avait caché bien des choses, comme le flegme incroyable dont il pouvait faire preuve. Il n'avait pas bronché, n'avait pas réagit, n'avait pas lâché le moindre mot. Je lui avais déposé un baiser sur la joue et l'avais laissé digéré la nouvelle, là, au beau milieu de la salle commune des Préfets en Chefs. J'étais partie prendre une douche, espérant oublier le malaise qui m'avait envahi, tentant de me persuader que ça avait été la meilleure chose à faire. Quand j'étais sortie de la cabine de douche, la salle de bain était emplie de vapeur, et j'avais eu un sursaut en apercevant Ron appuyé contre la porte close, les yeux perdus dans le vague. J'avais rapidement saisit une serviette, m'enroulant dedans avant de m'approcher de lui.

_ Ron, ça va ? Réponds-moi.

Ses lèvres s'étaient soudain posées sur les miennes en un baiser rageur. Retournant la situation, ma serviette avait alors glissée le long de la porte.

_Ron, arrête, qu'est-ce que tu fais ?
_S'il te plait. Une dernière fois.

Contre le mur de la douche, nos ébats avaient eu un goût de désespoir. Une semaine de silence. C'est ce qui avait suivit. Pas une paroles, ni un regard échangés. Il s'éclipsait durant des heures sans raison apparente et Harry et moi commencions à nous inquiéter. Et puis un jour, le 3 Décembre exactement, je flânais dans les couloirs entre deux cours quand une main, sortie de nul part, m'avait attirée dans le noir. Je n'ai pas le souvenir de la scène dans son ensemble. Vous savez, l'instant passe trop vite, on le vis sans penser à le graver dans nos mémoires. Seulement quelques détails me sont restés. La douleur, indissociable de ce souvenir. Les discussions, les rires, la vie à un mètre de nous. Les cris que j'avais voulu pousser retenues par sa main. Son odeur entêtante qui m'avait collé à la peau pendant des semaines, ses mains partout et ses yeux. Bleus. Ceux qu'un jour j'avais aimé et qui ne me faisait plus que peur. Quand il avait eu finit, il m'avait laissé là. Dans cette cachette sordide, ma chemise en lambeaux et ma jupe remontée à mi-cuisses. Quand j'avais enfin osé sortir, j'étais partie m'enfermer dans la salle de bain où je m'étais frottée jusqu'au sang sans jamais réellement parvenir à ne plus me sentir souillé. J'étais restée cloitré dans ma chambre trois jours, en prétextant un maladie. Quand j'avais enfin réussi à collé un sourire sur mon visage pour affronter les autres j'étais descendu dans la Grande Salle. Et ce n'est qu'en arrivant près d'eux que j'avais sut, en voyant l'affreux et éblouissant sourire qu'il m'adressait, que les choses n'en étaient alors qu'à leur débuts.

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Je me force à sortir ces souvenir de mon esprit, me concentrant de toutes mes forces sur la respiration d'Harry qui vient, seule, troubler la quiétude de la nuit. Je ne peux pas dormir. Mes yeux sont grands ouverts, maintenant habitués à l'obscurité, je suis incapable de les fermer. Je tremble et cela n'a rien à voir avec la température ambiante. Les sillons salés sont secs à présent sur mes joues mais la peur me tiraille toujours les entrailles. Je le sens partout sur moi, en moi. Le froid et la souillure me collent à la peau. Finalement, alors que la nuit vient de tomber, la porte de la chambre s'ouvre silencieusement. Un instant, je redoute de le voir apparaître. Mais il n'en est rien. La silhouette courbée, Drago s'approche doucement du lit. Il aperçoit mon regard qui le suit et il m'adresse un faible sourire. Délicatement je retire le bras de Harry qui emprisonne fermement ma taille et sort du lit aidée de Drago. Il nous mène jusqu'à la salle de bain, dont il ferme la porte. Aucun de nous n'ose allumer la lumière. Cécité temporaire. Et son mutisme me tue.

_Drago...
_Explique-moi. S'il te plait. Je veux savoir pourquoi tu ne me l'a jamais dit. Ne t'ai-je pas prouvé, durant ces trois années, que tu pouvais remettre ta vie entre mes mains, m'accorder ta confiance sans que j'en abuse ?
_Tu...
_Non. N'essaie pas de faire de belle phrases d'excuses qui me feront oublié. Je ne cherche pas à te faire culpabiliser. Pas du tout. Mais je veux comprendre. Je veux savoir ce qu'il t'a fait. Parce que imaginer, c'est pire.

Je me jette dans ses bras. Mon visage plongé dans le creux son épaule.

_Je ne voulais pas que tu saches, murmurais-je. J'avais honte, mais j'avais peur aussi. De pleins de trucs. De Ron. De ce que tu aurais fais. Et... tu ne veux pas vraiment savoir ce qu'il m'a fait.
_Hermione...
_Ne me demande pas ça. S'il te plait.
_Il t'as touchée, même lorsque l'on était ensemble ?

Un sanglot me secoue violemment. Il me serre plus étroitement contre son lui.

_Ça a duré six mois. Et tout à l'heure n'était qu'une tentative de plus pour me faire du mal. Mais tu as été mon phare au milieu des ténèbres, Drago. Tu seras toujours tout. Je t'aime. On ne se le dit jamais à cause de nos foutus égos. Mais je t'aime, Drago Malefoy. Je t'aime...
_Il ne posera plus jamais la main sur toi. Je te le promet. Moi aussi je t'aime.

Notre baiser, comme celui que nous avons échangé quelques semaines plus tôt au beau milieu du brasier qu'était alors notre maison, n'a rien de doux. C'est impatient, brusque. Mais paradoxalement c'est tendre, et terriblement triste.

_Ne me laisse plus. S'il te plait.

Il me serre d'avantage. A m'en étouffer. D'amour ou de tristesse peu m'importe. Chaque émotion, chacun de nos sens est amplifié dans cette pièce vide où le bruit de chacun de nos gestes résonne. Nous avons survécu à beaucoup de choses, mais nous n'avons jamais eu à faire face à quelque chose de comparable. Il va falloir du temps. Beaucoup de temps pour retrouver le semblant de vie que nous avions réussi à construire. Mais nous sommes ensemble. Et pour l'instant, rien d'autre ne compte.