Note de l'auteure: alors voilà la suite qui sera le dernier chapitre avant l'épilogue. La première partie est, comme vous le devinerait, du point de vue de Harry. La seconde revient à la normale. Voilà, voilà, bonne fête en retard à tous. A plus tard pour la fin...finalement.

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Peu importe l'ampleur du sacrifice; ce qui compte, c'est la grandeur du but que l'on s'assigne.

[Anonyme]

L'amour fraternel est plus durable; il ressemble à la pierre précieuse qui résiste aux plus durs métaux et dont la valeur s'accroît avec les années.

[ Hector Carbonneau ]

Un bébé est une façon pour Dieu de dire que le monde doit continuer.

[ Doris Smith ]

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_Est-ce qu'ils savent ?

Ses mots résonnent dans le silence assourdissant du salon. Se sont les premiers mots qu'elle lâche depuis des heures. Depuis qu'elle nous a rejoins en fait.

_Qui ? Demande doucement Rémus.

_Molly et Arthur... est-ce qu'il savent pour Ron ?

Ginny me serre d'avantage la main, et une larmes vient s'y écraser.

_Non.

Dans ce simple mot que Rogue a quasiment chuchoté, il est facile de remarquer que tout cela ne le laisse pas indifférent. Aucun de nous ne l'est. Tous les regards sont braqués sur Hermione, et le sien est perdu dans le Néant. La petite fille joyeuse du Poudlard Express n'est plus. Malefoy ne lui lâche pas la main, complètement anéantis. Comme moi.

_Je ne veux pas qu'ils sachent...ce qu'il m'a fait. Ils ont assez perdu dans cette guerre.

_Hermione...

Rémus s'est accroupis en face d'elle, comme le père qu'elle n'a plus. Celui qui a oublié jusqu'à son existence.

_Ne prends pas ce ton, Rémus. Je ne suis plus une enfant. Je refuse que vous leur disiez. Inventer n'importe quoi. Dîtes leur qu'il s'est fait attaquer, qu'il est tombé dans une embuscade. Tous les mensonges du monde seront préférables à la vérité.

Le sacrifice est un habitude chez les Gryffondors. Poussé par la loyauté et le courage. Ma sœur est encore là, derrière ce corps las qui ne lui ressemble pas.

_Je suis tellement désolée, Ginny...

Cette dernière supplique finit de nous achever, et elle s'effondre dans les bras de ma fiancée. Mais Hermione n'a jamais été le genre de femme à craquer, être le centre l'attention l'a toujours mise mal-à-l'aise. Alors, s'écartant à contre-cœur de la rouquine, elle s'éclipse dans la cuisine. Malefoy se lève mais je suis plus rapide que lui, et lui intime de rester là.

La porte se referme dans un silence presque anormale. Hermione est appuyée à la table, ses larmes s'écrasant contre le sol en un rythme régulier. La radio derrière elle, que quelqu'un a oublié d'éteindre, crachote une chanson douce. Sans réfléchir, mais mains se posent là où leurs places a toujours été: une dans la sienne, l'autre sur sa hanche. Son corps collé au mien, sa main gauche sur mon épaule, l'esquisse d'un sourire aux lèvres, elle se laisse guider. Sa joue caresse la mienne avant qu'Hermione ne me sers dans ses bras, aussi fort que ses bras frêles le peuvent. Ses chuchotis glissent contre mon oreille, comme si s'était le plus grand des secrets qu'elle s'apprête à me révéler.

_Tu as toujours été là, Harry. Et...

Sa poitrine se contracte, écrasée par l'émotion.

_Drago a beau être l'amour de ma vie, tu es mon âme-sœur.

Il y a des phrases, comme celle-ci, qui vous marque, vous submerge de bonheur. Et les notes de musique se perdent entre ses sanglots.

_Ne pars pas, Hermione. Reste avec nous. Ne me laisse pas. Je t'aime tellement, Mione.

_Je t'aime, Harry.

Ses pleurs sont déchirants, mais ils ne sont plus seulement fait de tristesse.

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Rémus et Rogue se sont proposés comme messagers de la mauvaise nouvelle, accompagnés de Ginny. Aucun de nous ne s'est sentis le courage d'affronter le regard suppliant de Molly, espérant que les nouvelles ne concernent pas ses enfants. Drago est à mes côtés mais ses yeux ne sont que culpabilités. Ses lèvres ont la forme des « je t'aime » qu'il m'a murmuré toute la nuit. Harry est face à nous, la mine soucieuse.

_Nous avons quelques chose à te dire.

_Je vous écoute.

_Je suis enceinte.

A vrai dire, ce n'est pas la première phrase que j'avais pensé à dire. J'en avais des biens plus complexes en réserve, mais après tout, pourquoi faire compliqué alors que le temps joue en notre défaveur. Pourtant, il ne dit rien. Il sait que ce n'est pas tout.

_Ce n'était pas prévu. Absolument pas. C'était même un des premiers points que nous avions évoqués. Nous ne voulions pas avoir d'enfants dans un tel monde. Et avec ce qui s'est passé c'est derniers jours...

Je ferme un instant les yeux, reprenant contenance.

_ Nous avons un peu oublier les précautions, avec notre retour ici. Comme tu le sais, nous avons eu bien d'autres choses en tête.

Harry sourit.

_Et nous ne pouvons plus rien y faire. Et je crois que, finalement, j'aime l'idée d'avoir un mini-Malefoy.

Il sert ma main un peu plus. C'est yeux bleus brillent et les coins de ses lèvres tremblotent comme s'il essayait de ne pas sourire. Je dépose un baiser furtif sur ses lèvres, et il se laisse aller. Je sens la joie palpitait dans ses doigts, son cœur au bord de l'explosion.

_Mais...il n'y a pas que cela. Drago et moi avons fait un Serment.

Instinctivement, ses yeux se posent sur nos mains jointes et il peut voir les stries profondément gravés dans nos peaux.

_Un Serment Inviolable ?

Sa voix trahit sa stupeur. Mais il fait fi de tout commentaire.

_Quels en sont les termes ?

Je m'apprête à répondre, pensant ainsi ménager Harry, mais Drago me devance.

_En bref, si l'un de nous décède, l'autre meurs à son tour.

_Mais...Pourquoi avoir fait ça ?

_Parce que nous sommes en guerre, Potter. Il n'y a pas beaucoup de chose pour lesquelles nous nous battons. Et ma raison à moi, c'est Hermione. Si elle n'est plus là, ma vie n'a plus le moindre sens. Et toutes ces balivernes sur le faits de continuer à vivre pour celui que l'on a aimé, je n'y crois pas. A quoi bon endurer tout ça si ce n'est pas pour être avec elle ?

Les larmes brouillent ma vue mais je papillonne des yeux pour les empêcher de couler, les chassant d'un sourire.

_Il en aller de même pour les enfants, continue-t-il, a quoi bon en avoir si c'est simplement pour les préparer à mourir dans cette guerre absurde. On n'a pas eu d'enfance. Ce qu'on fait depuis toutes ces années c'est survivre. On n'a pas eu le choix. On ne veux pas de ça pour nos enfants.
_Nous nous battons pour un monde meilleur.

_Qu'on ne peut aucunement garantir. On risque notre vie à chaque instant, tu le sais Harry, mieux que quiconque. Je ne veux pas être pessimiste, mais cette guerre est loin d'être gagnée. Ça ne veut pas dire que j'abandonne, jamais je ne le pourrais. Mais donner naissance à des enfants dans un monde qui n'aura plus rien à leur offrir, je ne le veux pas.

_Pourtant vous allez être parents.

_C'est vrai. Nous ne pouvons plus reculer. Nous sommes loin de regretter cet événement inattendu. Et, peut-être qu'en fin de compte, avoir un enfant est ce qui nous manquait. Mais avec ce que nous avons fait, nous n'avons plus le droit à l'erreur.

_Mais si quelque chose devait un jour nous arriver, nous voudrions que tu prennes soin de notre enfant.

Ses émeraudes s'illuminent alors, comme si nous lui faisions le plus beau des compliments et, mon cœur fait une embardée à cette réponse tacite. L'être qui grandit en moi est un renouveau. Ce qu'il nous -me- fallait pour recommencer une vie qui nous avait presque quittée.