Chapitre trois

Tokyo, 12 : 15 mp

L'avion atterrit au alentour de midi. Mookyul Eun, une chemise blanche au col déboutonné, en sortit. Un homme l'attendait, près d'une voiture de luxe noire.

-Votre père m'envoie pour vous guidez, je suis Ichiro Tsuguya.

-On a des informations ?

-Apparemment, Ewon Jung aurait été amené jusqu'ici et remit à Ryuichi Asami.

-Qui est ce type ?

Les yeux de l'homme s'agrandir, il bégaya :

-C'est l'un des chefs de la mafia japonaise.

-Je peux le rencontrer ?

-C'est possible, vous pouvez le voir dans son club, le Shion.

-On y va.

-Je ne pense pas que cela soit faisable à cette heure là.

-Quand ça alors ?

-Dans la soirée Monsieur.

-J'ai besoin de me changer, il fait une chaleur intolérable dans ce pays…

-Une suite a été réservé.

-Très bien, allons-y.

Tokyo 13 : 00 pm

Takaba entra dans les locaux du journal, suivit d'Ewon sur les talons.

-Si tu veux, je peux te faire visiter Tokyo après.

-Ah oui, merci.

Il lui sourit en retour, pour avoir expérimenté l'enlèvement, il savait que la situation n'était pas psychologiquement facile. Les souvenirs de son voyage à Hong-Kong restaient amers. Asami avait pourtant fait ce qu'il pouvait pour tenter de lui faire oublier, mais à chaque fois qu'il regardait son poignet, la marque, maintenant blanche, de Feilong restait gravé dans sa peau. Alors qu'il y repensait, il caressa son poignet. Ewon le regardait avec curiosité.

-Qu'est ce que c'est ? demanda t-il en désignant la marque brulée.

-Une sale histoire, répondit simplement Takaba, viens je vais te présenter à mes collègues. On va voir s'ils ont des infos.

Ewon acquiesça et entra dans les bureaux.

Tokyo 13 : 16 pm

Asami reposa son portable, cela faisait plusieurs fois qu'il répétait ce geste depuis qu'il s'était réveillé, sans jamais aller jusqu'au bout.

Il composait le numéro mais avant que la première sonnerie ne se fasse entendre il raccrochait, passablement en colère contre lui-même.

Ses pensées se dirigeaient toujours vers la même personne, tout le temps et cela l'exaspérait. Un homme comme lui ne laissait pas un autre prendre possession de ses pensées sans qu'il n'en payât le prix. Pourquoi laissait-il autant de liberté à Takaba alors ?

La raison était simple, Takaba avait besoin d'air pour aller bien et rester celui qu'aimait Asami.

Un être farouche, déterminé et qui n'appartenait qu'à lui.

Il aimait le voir se débattre et tenter de s'enfuir alors qu'il ne faisait que de s'en rapprocher. Récemment, il avait déménagé, Asami l'imaginait fier de lui, pensant que personne ne serait au courant de sa manœuvre. Or l'immeuble lui appartenait et Takaba ne se doutait pas une seconde que si son loyer était si peu cher c'était parce que le mafieux avait fixé le prix.

Il avait également chargé un homme de le suivre. C'est comme cela qu'il s'était rendu au port hier soir, découvrant une histoire qui le plongeait dans la perplexité.

Que lui voulait Mihkail ? Ils avaient échangés quelques mots mais rien d'intéressant. Mihkail ne devait pas mettre les pieds à Tokyo sans qu'il ne fut avertit. Le jeune russe lui avait promit qu'il venait juste récupérer une certaine marchandise. Il manquait encore des données pour qu'il puisse faire la lumière sur ce qui se tramait sous son nez.

Son homme de main l'avait appelé hier soir, pour lui expliquer que Takaba n'était pas ressortit seul de l'entrepôt. Qui l'accompagnait ? Personne pour l'instant n'avait été capable de lui fournir une réponse.

Son portable vibra dans sa main.

-Asami à l'appareil.

-C'est Tsuguya. Je suis avec Mookyul Eun, fils de Gunwoong Lee. Il souhait vous rencontrez ce soir au club.

-Que veut –il ?

-Vous parlez.

-Qu'il vienne, je verrais si j'ai un moment à lui accorder.

Shinjuku 18 : 30 pm

L'hôtel de ville fut le dernier endroit que Takaba lui montra. La vue qu'offraient les Tours jumelles était exceptionnelle. Ils pouvaient même apercevoir le Mont Fuji.

-C'est beau, dit Ewon, mais je préfère Séoul !

-J'imagine, moi je n'arriverais pas à me séparer de Tokyo.

Le soleil commençait à se coucher, la journée avait été pas vraiment riche en information. Ewon semblait abattu lorsqu'ils ressortaient du journal mais là maintenant, un sourire ne quittait plus ses lèvres. Takaba avait tout fait pour améliorer son humeur et était plutôt content d'avoir réussi.

Il le ramena à son appartement et lui prépara à diner.

-Tu cuisines bien, le complimenta Ewon.

-Merci. J'ai apprit sur le tas, vu que je vis seul.

-Je connais.

-Tu es célibataire ? demanda Takaba, qui dirigea automatiquement ses pensées sur Asami.

-Non et toi ?

-Pas vraiment.

-Une histoire compliquée ?

-Oui, très.

-Ah les filles…

Takaba se mit à rire.

-Qu'est ce qui te fait rire ?

-Rien, rien. Je vais devoir te laisser seul ici ce soir, je ne sais pas à quelle heure je rentre.

-D'accord, est ce que je peux retenter d'appeler avant ?

-Bien sur.