Chapitre 5

Takaba regagna l'appartement l'esprit perturbé. Etait –il triste ? Choqué était plus exact. Asami embrassant un autre homme. Dans son cerveau, ce fait était totalement inimaginable. Il secoua la tête et continua sa route.

Il alluma la lumière par habitude en entrant. Un mouvement le fit sursauter avant de se rappeler qu'il s'agissait d'Ewon. Le jeune homme se releva et salua Takaba,

-Excuse-moi pour la lumière, j'avais oublié.

-T'as soirée s'est mal passé ? Tu sembles très pale.

-La fatigue. Je vais aller dormir.

Takaba ralluma son téléphone qu'il avait glissé dans sa poche en sortant du club. Aucun appel en absence n'était enregistré. Il le tendit à Ewon.

-Prends le, bonne nuit.

-Bonne nuit Akihito.

Il se déshabilla, l'odeur de ce maudit homme sur lui, il se rapprocha d'une glace et remarqua les rougeurs sur son cou. Une fureur glacée l'envahit. Il s'allongea et ferma les yeux.

Pour les ouvrir dix minutes après.

-Akihito ?

-Quoi ?

-Est-ce que je peux dormir avec toi ?

La pensée qu'Ewon s'était fait enlevé parce qu'il était le petit ami du chef de la mafia coréen lui traversa l'esprit. Il eut un élan de compassion.

-Oui.

Le corps glacé du jeune homme s'installa dans son lit.

-Merci. J'ai tellement froid.

Takaba ajusta la couverture sur ses épaules, lui aussi ressentait le froid.

Les rayons du soleil traversaient les fins rideaux, illuminant la pièce. La matinée était déjà bien entamée quand les deux jeunes hommes ouvrirent leurs paupières. Takaba ne bougea pas. L'envie manquait. Ewon pour sa part sauta du lit, le téléphone dans la main.

-J'ai un message !

Le coréen quitta la pièce en courant, le japonais, d'un geste du bras, disparut sous la couverture.

Des bruits de pas lui indiquèrent qu'il était de retour dans la chambre.

-Je dois me rendre à l'hôtel Conrad ce soir, on vient me récupérer.

N'obtenant aucune réponse, il s'accroupi sur le lit et secoua Takaba.

-Akihito, j'ai besoin que tu m'accompagnes…

-S'il te plait…

-Akihito ?

Il lui arracha la couverture et le trouva les yeux fermés, en chien de fusil.

-Qu'est ce qu'il y a ?

Le jeune homme renifla et leva les yeux en direction du coréen.

-Je pensais qu'il n'y avait que moi… et là, avec l'autre, c'est qui d'abord ce mec ?

-T'as petite amie t'a trompé ?

Ewon faisait ce qu'il pouvait pour saisir ce qu'il lui racontait.

-C'est pas ma petite amie !

-Qui alors ? s'étonna t-il.

-Asami !

-Je ne comprends pas.

-Ma vie est fichu depuis que je l'ai rencontré, je ne dis pas qu'elle allait bien avant mais au moins je savais où j'allais. Puis Asami a tout déglingué. Hier je l'ai surprit en train d'embrasser un autre mec…

-Tu l'aimes ? Parce que si tu l'aimes, tu dois la pardonner.

Takaba ne répondit pas.

-Je dois développer les photos.

Il se leva et enfila un jean. L'appareil photo déjà dans la main. La pièce qu'il utilisait pour travailler n'était rien d'autre que le cagibi. Rapidement, il commença à les développer. Il en attrapa une. De mauvaise qualité parce qu'il s'agissait d'un écran d'ordinateur, on distinguait cependant les deux hommes. Le yakuza et un jeune aux cheveux désordonnés d'un noir corbeau.

Takaba approcha l'image de ses yeux, l'inclinaison de leurs têtes ne laissait aucun doute quant à leur action.

Un coup à la porte lui fit tourner la tête.

-Est-ce que je peux entrer ? demanda Ewon.

-Oui viens.

Le jeune homme entra dans la pièce timidement. Il s'approcha de Takaba.

-Wouah, je n'étais jamais venu dans ce genre d'endroit.

-Ah oui ? Je le trouve reposant, c'est un lieu de travail particulier, c'est vrai.

-Tu me montres comment tu fais ?

-Oui.

Il attrapa une nouvelle photo et la sortit de l'eau. Il la secoua et la tendit à Ewon.

-C'est qui ce type ? s'exclama Ewon.

Le ton de ce dernier surprit Takaba.

-Qui donc ?

Ewon le montra la photo, il s'agissait un gros plan sur l'écran de surveillance montrant Asami et Mookyul s'embrasser. Il désigna le yakuza.

-Asami, répondit Takaba sans émotion particulière.

-Ta Asami ? Pourquoi est ce que mon copain et lui sont en train de s'embrasser ?

-Ton copain ?

-Mookyul Eun. Tu es gay ?

Takaba comprit le quiproquo, la situation devenait plus clair dans son esprit. Cet Eun était venu marchander avec Asami la libération d'Ewon. Que pouvait-il bien lui avoir raconté puis ce qu'Ewon était chez Takaba et qu'il n'était pas censé le savoir ?

-Qui vient te chercher ce soir ? demanda Takaba.

-Mookyul pourquoi ?

-C'est lui qui t'a laissé un message ?

-Oui.

-D'accord. Est-ce que tu as répondu à un appel ?

-Non aucun, pourquoi tu me demandes cela ?

-Il y a quelque chose qui cloche dans cette histoire. Je t'accompagne à l'hôtel ce soir.

-Ah merci beaucoup Akihito.

Takaba lui fit un sourire, qu'il perdit vite en regardant la photo.

-J'aimerais bien savoir pourquoi il l'a embrassé, marmonna t-il.

-Moi aussi, fit Ewon en une moue.

Ils discutèrent longtemps de leur expérience commune : fréquenter un mafieux. Le constat était le même pour les jeunes hommes, c'était très compliqué.

Le luxe que dégageait le Conrad laissait Takaba et Ewon de marbre. Une jolie japonaise leur indiqua l'étage de la chambre. Arrivé devant la porte Ewon se tourna vers Takaba.

-Je ne te remercierais jamais assez pour ce que tu as fais pour moi.

-C'est normal de t'avoir aidé, fit Takaba en lui souriant.

Ewon frappa, la porte s'ouvrit quelques secondes plus tard sur un garde.

-C'est lui ? demanda une voix au fond de la pièce.

-Oui.

Des bruits d'une chaise se firent entendre et Ewon se précipita dans la chambre. Takaba entra doucement dedans. Il le retrouva dans les bras de l'homme aux cheveux noirs. La tête dans le creux de son cou, il murmurait à toute vitesse des paroles que ne comprenait pas le jeune journaliste. La scène était tendre, belle et lui rappelait à quelques détails prés celle qu'il avait vécu avec Asami à Hong Kong. Takaba secoua la tête, ce n'était pas le moment de penser à Asami.

Il s'approcha d'eux.

Ewon tenta de se décrocher de Mookyul.

- Laisse-moi respirer maintenant.

Ce dernier finit par mettre une main autour des reins d'Ewon, de façon à ce qu'il reste près de lui et se tourna vers le jeune homme.

Takaba fut très impressionné par son allure. Il ressemblait plus à un mannequin qu'à un chef de la mafia. Son corps de rêve et ses vêtements griffés ne laissait pas indifférent. L'idée qu'Asami put aimer ce genre d'homme lui traversa l'esprit.

-Que vous a demandé Asami ? demanda Takaba.

-Qui es-tu ?

-Akihito Takaba, je suis journaliste.

-Mêle-toi de tes oignons.

-Boss ! s'exclama Ewon, outré.

-Akihito Takaba ? répéta une voix grave.

-Oui ?, répondit celui-ci en se retournant. L'homme de main lui indiqua la porte.

-Veuillez me suivre s'il vous plait.

-Comment ça ?

-On vous demande.

-Je reviens, dit-il à Ewon.

Intrigué, Takaba suivit l'homme hors de la chambre, ils firent plusieurs pas avant qu'il n'ouvre l'accès de la chambre voisine.

-Entrez.

Takaba obéit par curiosité. La chambre était dans la pénombre, seule une fumée bougeait dans la pièce, elle sortait du bout rougeoyant de la cigarette que tenait l'homme assit dans un fauteuil.

-Asami ! s'exclama Takaba.

Comment avait –il put savoir qu'il se trouverait avec Ewon ?

Il sentait la colère monter en lui. L'atmosphère sombre qui ne permettait pas de voir le visage d'Asami aggravait la situation. Ses jambes lui firent quitter le pallier et avancer auprès du mafieux.

-Tu as bien vite disparu hier alors que je t'avais demandé de rester, l'accusa la voix grave d'Asami.

-Je n'osais pas user de ton précieux temps, ironisa Takaba.

Asami tendit son bras et toucha celui de Takaba, qui le retira vivement.

- Dis-moi ce qui te tracasse.

Takaba se pencha et découvrit l'énorme tache violacé sur la mâchoire du yakuza.

-Tu t'es fait agresser ? s'étonna t-il.

-On peut dire ça.

Il emprisonna le cou de Takaba dans sa main puissante et le rapprocha de son visage.

-Tu t'inquiète pour moi ? susurra t-il.

-Non, je veux féliciter celui qui à osé te frapper.

Asami resserra sa poigne autour du cou frêle tandis que ses lèvres s'écrasèrent sur la bouche de Takaba. Ce dernier se laissa faire sous la puissance du baiser. Il lui faisait mal. Ses mains se plaquèrent sur le visage d'Asami, il appuya sur sa mâchoire. Un grognement s'éleva de la gorge du mafieux.

-Tu veux me faire mal ? s'étonna le yakusa.

-Pourquoi tu l'as embrassé ?

Les yeux d'Asami s'écarquillèrent légèrement puis il se mit à rire.

-Tu es jaloux ?

-Idiot, ça ne va pas la tête.

Takaba se dégagea de lui.

-Tu fais ce que tu veux.

Les mots sortaient, mais le ton était trop amer. Avait –il des droits sur cet homme ? Il était clair que non. Asami ne faisait que ce qu'il voulait ou ce qui lui rapportait.

-Bonne soirée Asami.

Le jeune homme tourna les talons. Il ne put faire qu'un pas avant de se retrouver enfermé dans deux bras musclés.

La voix grave et chaude d'Asami s'infiltra dans ses oreilles.

-Ce que je veux n'est ce pas ?

-Pas avec moi, s'écria t-il en tentant de se dégager.

Les mains d'Asami s'infiltraient déjà sous ses vêtements, touchant des endroits qui le faisaient frissonner de plaisirs.

Sa bouche parcourait son cou, sa nuque, sa pomme d'Adam, laissant des marques chaudes. Sa langue humide glissa le long de l'oreille et ses dents le mordillèrent.

Une drôle de fièvre envahissait Takaba qui perdait peu à peu l'esprit et sa volonté d'en vouloir à Asami.

-Arrête de faire ça, je ne suis pas un jouet…

-Tu me dois la nuit dernière Akihito.

Il le bascula contre un fauteuil, retirant au passage le t-shirt de Takaba. De ses mains, il déboutonna son pantalon et celui de son amant. Son sexe tendait dans le boxer. Asami glissa une main dans celui de Takaba, tandis que son autre main retenait ses bras. Le dos du jeune journaliste s'offrait à sa bouche. La peau douce laissait glisser sa langue le long de la colonne vertébrale. Les gémissements fréquents de Takaba l'excitaient davantage.

Il fit glisser le jean et le boxer afin de libérer l'accès à Takaba. Sa main lâcha ses bras et il introduisit des doigts en lui. Les cris de Takaba redoublèrent.

-On dirait que je t'ai manqué.

-N'importe quoi !

-Regarde comme tu m'accueilles.

Asami retira sa main et entra en lui, un sourire planant sur les lèvres. Il pouvait toujours dire ce qu'il voulait son corps démontrait le contraire. Ses mouvements de reins faisaient vibrer le fauteuil dans lequel Takaba avait enfoui son visage, mordant un cousin pour ne pas crier. Le jeune homme sentait qu'il ne tiendrait pas longtemps. La sensation d'être enfin entier faisait écho dans tous son corps. La main d'Asami glissait de plus en plus vite sur son sexe, jusqu'à ce qu'un tremblement dans leurs corps enlacés ne provoque la jouissance.

Takaba s'écroula dans les bras d'Asami. Son dos luisant se colla contre sa poitrine. Les mouvements de sa respiration haletante soulevaient son torse irrégulièrement.

Asami le maintint contre lui et le transporta jusqu'au lit. Il le déposa sur le dos et grimpa au dessus de lui.

-Ne t'endors pas, ce n'est pas fini.

Takaba somnolait, c'est quand il sentit de nouveau mouvements en lui qu'il réagit.

-Faisons une pause, s'il te plait…Asami ! le supplia t-il.

Sous son regard amusé, le mafieux le fit taire en l'embrassant. Ses coups de bassin propulsaient Takaba dans le lit, décollant ses reins du lit. Les jambes maintenues écartés par les mains d'Asami, il s'accrochait aux draps en se demandant jusqu'où allait –il l'emmener.