Tokyo 2 : 34 pm

Les bruits de la douche réveillèrent Takaba. Il ne pouvait même plus bouger, son corps semblait s'être enfoncé dans l'immense lit. Asami fut de retour peu après, un peignoir retenu autour des reins, les cheveux ébouriffés et humide. Il ressemblait à une photo de magazine de mode. Le cœur de Takaba manqua un battement quand il s'approcha de lui et planta ses yeux d'or dans les siens.

-Prêt pour recommencer ?

-Non, tu es malade. Je dois aller voir Ewon avant qu'ils ne partent.

-Ne t'inquiète pas pour ça. Ils sont cordialement invités à rester ici quelques temps.

-Par qui ?

-Moi.

-Tu les retiens contre leur gré ?

-On peut voir les choses ainsi.

Un sourire dangereux sur les lèvres, Asami se rapprocha de Takaba. Ce dernier fit un bond dans le lit, oubliant toute fatigue.

-Tu n'as pas le droit de faire ça ! s'exclama t-il en tentant de sortir du lit.

Le bras du mafieux le rattrapa et l'attira contre lui. Levant les bras de Takaba au dessus de sa tête, il utilisa la ceinture du peignoir pour l'attacher à la tête du lit.

-Salaud ! Tu en as jamais marre ?

-Pas quand je suis avec toi, ricanna Asami, le regard lubrique.

-Va voir ailleurs alors !

-Tu es le seul qui m'intéresse.

De nouveau le cœur de Takaba fit un raté. Cela pouvait –il être vrai ?

-Menteur, je t'ai vu embrasser ce mec.

-Tu n'as pas à te soucier de lui. Fais-moi confiance.

-Tu es un menteur…

-C'est toi le menteur, tu refuses de voir la réalité en face. Je t'offre de vivre avec moi, que veux-tu d'autres ?

Takaba le fixa, un homme tel qu'Asami allait se plier à sa volonté ?

- Détaches-moi.

Asami lui obéit. Les yeux toujours plantés dans les siens, Takaba enjamba son corps à demi dévêtu.

Le mafieux releva son visage surprit et l'embrassa. Le baisé rompu, il souffla :

-Quoi d'autres ?

Sa main s'infiltrait déjà dans Takaba.

-Ne soit qu'à moi, répondit –il, l'esprit déjà bien loin.

Le yakusa lui souleva les hanches et le fit glisser sur son sexe, l'emprisonnant dans ses bras.

Il coupa son gémissement en plaquant derechef ses lèvres sur sa bouche.

Chapitre cinq

- Tiens-toi correctement.

- Comment veux-tu ? J'ai mal au dos, tu ne peux pas y aller plus doucement ? Je ne suis pas en pâte à modeler !

-Je ne fais que ce que tu me demandes, sourit Asami en fermant sa chambre.

Il se dirigea en direction de celle qu'occupaient Mookyul et Ewon.

Takaba lui emboita le pas, le feu aux joues dû aux souvenirs honteux de la nuit. Il heurta son dos quelques secondes après.

-Qu'est ce que… Oh ! s'exclama Takaba.

La porte de la chambre était ouverte, le corps du garde du corps allongé au sol l'empêchait de se refermer. Asami l'enjamba et se baissa pour prendre son pouls.

-Est t-il… ? demanda Takaba qui rejoignit Asami.

-Non, seulement assommé.

Takaba se releva plus rapidement qu'Asami et courut dans la chambre. Elle était totalement vide.

-Ils ne sont plus là !

Asami gifla plusieurs fois son garde du corps, celui-ci se réveilla brusquement.

-M. Asami !

-Expliques toi.

-C'est le grand, celui aux cheveux noirs qui m'as frappé.

-Personne d'autres ?

-Non monsieur.

Il se tourna en direction de Takaba et dit d'une voix calme.

-Ils n'iront pas bien loin.

-Pourquoi est ce que tu les gardes ? Ils ne t'apportent plus rien.

-J'aimerai qu'ils ne croisent pas Mikhail.

-Qu'est ce qu'il a contre eux ?

-Maintenant plus rien. Viens Akihito, on part.

Takaba ne répondit pas, il y allait avoir de l'action et il serait aux premières loges. Une berline noire les attendait. Asami indiqua le Sion comme destination au chauffeur qui lui tenait la portière.

Le trajet se fit dans le silence, Asami semblait plongé dans ses réflexions et Takaba trépignait d'impatience.

La voiture s'arrêta et ses occupants en descendirent. Asami entraina Takaba dans les multiples couloirs du club.

-Qu'est ce qu'on va faire ? demanda Takaba en lui suivant.

-Je vais prendre contact avec Mikhail. Entre s'il te plait.

Asami le précéda dans une salle sombre. Sans aucune fenêtre, la pièce était éclairée par des lumières rouges tamisées, créant une atmosphère feutrée. De larges canapés en cuir étaient disposés en U et entouraient une longue table basse en verre.

-Il va venir ici ?

Takaba regardait autour de lui, près à voir Mihkail apparaitre.

-Non, fit doucement Asami.

Il se tourna vers ses subordonnés et leur dit :

-Il ne doit pas quitter la pièce. Si jamais il n'est pas là à mon retour, je m'occuperais personnellement de vous.

-Oui monsieur.

-Hey ! s'exclama Takaba, ce n'est quand même pas de moi que tu parles ?

Asami ordonna à ses gardes d'attendre dehors. Il prit une longue inspiration avant de se tourner vers Takaba. Il se prépara mentalement à discuter le plus calmement possible avec lui. Il savait qu'Akihito ne supporterait pas d'être tenu à l'écart. Le droguer aurait été plus simple mais il n'avait pas le temps. Son visage devint aussi inexpressif que lorsqu'il parlait à ses subalternes.

-Tu vas rester là jusqu'à mon retour.

-Il en est hors de question ! s'énerva Akihito.

-Je ne discute pas avec toi Akihito. Je t'appellerai plus tard.

-Non non, je dois venir avec toi, s'exclama le jeune journaliste en tentant de s'interposer entre la porte et ce dernier.

-C'est un ordre.

-Qui crois-tu être pour me donner des ordres ? demanda la voix glaciale du jeune homme qui le toisait avec un air de défi.

Asami empoigna son cou fragile d'une main puissante et l'attrapa de façon à le rapprocher de lui.

-Celui a qui tu appartiens, ne t'avises plus de me parler sur ce ton Akihito. Je serais dans l'obligation de te rappeler où es ta place. Maintenant, reste ici sagement.

Il poussa le corps sans réaction d'Akihito sur le canapé et se retourna. Il entendit le bruit que fit le cuir sous son poids mais pas une seule plainte étonnamment.

Le téléphone déjà dans la main, il franchit la porte du Sion d'un pas déterminé. Sa mauvaise humeur ne se répercutait pas encore sur son travail mais il savait qu'il était capable de se défouler sur Mihkail, ce qui risquait de poser quelques problèmes. Il vérifia que ses armes étaient chargées et se laissa choir contre le dossier de la berline.

Pendant le trajet, ses pensées se dirigeaient vers Akihito. Il devait être furieux contre lui. Un petit sourire aux lèvres, Asami imaginait sa réaction lorsqu'il reviendrait. Le manque d'insulte lors qu'il était partit l'avait surprit. Akihito réagissait plus rapidement que cela d'habitude. Son ton avait été peut-être un peu trop dur, il ne lui parlait plus comme cela depuis leur retour de Chine. Il n'avait pas pu faire autrement de toute façon, le jeune homme se mettait beaucoup trop en danger à son gout. Il réfrénait déjà ses envies de l'enfermer dans son appartement. Il n'avait aucun remord à se montrer sans cœur s'il devait le protéger.

La voiture s'arrêta devant le lieu du rendez vous. Un restaurant dont les salles privées servaient pour les affaires.

Deux hommes à ses cotés, il entra dans le bâtiment d'un air déterminé.

Mikhail l'attendait déjà. Le blond était assit à une table, un verre de vin rouge à la main. Il le salua en levant son verre, un sourire sur les lèvres.

-Asami, te voila enfin. Quelle marque magnifique sur ton visage, elle est de qui ? Donne-moi son nom que je lui serre la main.

-Profite, tu ne risques pas de rire longtemps.

-Tu me menaces ? Tu penses que tu es en position ? s'échauffa le mafieux russe.

Il désigna d'un mouvement de tête les trois hommes qui l'accompagnaient, l'air menaçant ils étaient postés autour de leur chef.

-Je te rappel que tu es chez moi ici. Tes hommes ne valent rien.

-Qu'est ce que tu en sais ?

-Tu veux prendre le risque ?

Le blond ne répondit pas, il regarda avec suspicion les hommes qui étaient sensé le protéger. Depuis que Yuri avait disparu, il ne se sentait pas en confiance, bien qu'ils viennent de Russie.

-Qu'est ce que tu veux savoir Asami ? Je suis pressé.

-Tu es à la recherche de Mookyul Eun et de son compagnon ? Mes hommes les ont déjà retrouvés.

-Pourquoi me parles-tu d'eux ? Ils ne m'intéressent plus.

-Bien sur, c'est pour cela que deux de tes hommes viennent de se faire descendre ?

-Comment ça ? s'étonna Mihkail.

-Tu n'étais pas encore au courant visiblement. Je vais être claire, tu vas quitter Tokyo rapidement, je te laisse deux heures.

-Et si je ne voulais pas ?

-Je ne pense pas d'avoir demandé ton avis, mais si tu le souhaites, je peux faire en sorte qu'on t'y oblige.

Le blond se releva, en colère.

-Tu ne peux pas m'obliger Asami, si je veux rester ici je le ferais. Peut-être que Feilong t'obéit mais ce n'est pas mon cas. Maintenant laisse moi passer, si c'est tout ce que tu avais à me dire.

-Je n'apprécie pas qu'on vienne sur mon territoire pour tenter de m'assassiner Mikhail.

-Je ne vois pas de quoi tu parles.

-Pourquoi avoir enlevé le petit ami d'Eun en se faisant passer pour moi ?

Les traits de Mikhail montraient le stress qui semblait s'être propagé en lui.

-Je ne suis jamais fait passer pour toi, il y a probablement eut un malentendu.

-C'est cela.

-Tu ne peux pas me tuer Asami, des personnes risquent de mal le prendre, ça compliquerait tes affaires.

-Je sais que je ne peux pas te tuer, sinon ça serait fait depuis longtemps. Par contre, je peux encore te faire comprendre qu'on ne doit pas m'ennuyer.

Mikhail lança un ordre à ses hommes avant de se jeter sur Asami. Un seul bougea à son aide, les autres tournèrent la tête en direction d'Asami. Ce dernier évita le coup de poing du russe mais pas celui de l'homme de main qui lui coupa le souffle. Un de ses hommes lui sauta dessus et le frappa jusqu'à ce qu'il perde connaissance.

Le mafieux russe vit le sang de l'homme se répandre sur le sol. Il leva son regard apeuré sur Asami qui le toisait.

- Dis-moi la vérité et je t'évite le même sort.

- Tu ne peux pas…

Le poing d'Asami s'écrasa contre la mâchoire de Mikhail et le sang gicla de sa bouche, tachant la chemise du japonais au passage.

-Fils de… cracha Mikhail en s'essuyant les lèvres.

-Dépêche-toi.

-Je voulais créer une guerre entre la mafia coréenne et la tienne.

-Dans quel intérêt ?

-Je ne te le dirais pas !

Le coup de pieds d'un des hommes d'Asami le plia en deux.

-Je voulais…suffoqua t-il, que tu sois occupé ailleurs.

-Pour faire quoi ?

-Afin de ruiner ton pouvoir.

-Je ne comprends pas pourquoi, la moitié de ton argent vient de nos différentes associations.

Le visage de Mikhail se ferma, alors Asami comprit.

-C'est pour Feilong c'est ça ? Tu pensais que s'il m'arrivait quelque chose, il te remarquerait enfin ?

-Ferme la Asami, siffla le russe en se relevant.

-Je vais y aller, ce genre d'histoire ne m'intéresse pas, vois ça directement avec Feilong.

-Vas-y ris Asami.

-Non. N'oublis pas, tu as deux heures pour quitter le Japon.

Asami tourna les talons, laissant derrière lui un Mikhail enragé et au visage ensanglanté. Il regagna sans un regard en arrière la berline noire.

-Je veux qu'un de vous l'accompagne jusqu'à l'aéroport. J'attends un rapport dans deux heures.

Son portable sonna dans sa poche.

-Asami.

-Boss, ils viennent de nous échapper une nouvelle fois…

-Laissez-les, ce n'est plus important.

Il entra dans la voiture et alluma une énième cigarette. Sa montre lui indiqua 4h du matin.

La nuit n'était pas encore terminée, il devait maintenant retrouver Akihito. Son cœur se mit à battre un peu plus rapidement qu'à l'accoutumé. Le jeune journaliste était le seul à pouvoir provoquer cela en lui. Même le fait de tuer ou de torturer un homme ne lui faisait pas cet effet là.