Chapitre 15

Entrepôt

Ewon passa sa main dans les cheveux de Takaba. Il pouvait sentir son front brulant et voir son avant bras droit gonflé et violet. L'état de son camarade l'inquiétait. Il avait bien tenté d'appeler à l'aide mais personne ne répondait alors qu'il s'acharnait à frapper sur la porte. Etais-ce parce qu'ils étaient seuls ?

Malheureusement il n'y avait aucun moyen de sortir de cette pièce.

Il s'accroupit auprès de Takaba.

-J'ai l'impression qu'on va crever ici, maugréa t-il.

-Sans doute, achève moi avant que l'un de nous ait l'idée de manger l'autre, ricana Takaba.

La porte s'ouvrit une dizaine de minutes plus tard sur Yuri. Il entra dans la pièce et jeta un regard sur Takaba, cependant au lieu de se diriger vers lui il s'approcha d'Ewon.

-Qui est tu ? demanda t-il en anglais.

-Ewon, répondit –il.

Une gifle partit. Ewon accusa le coup et ne broncha pas. Takaba tenta de se relever.

-Arrêtes ça ! Il n'a rien à voir dans cette histoire.

Yuri se tourna vers lui et le toisa.

-Au contraire. Ton ami va me suivre, quelqu'un vient le chercher et cela contre ton cher Asami.

-Quoi ?

-Je n'ai pas de temps à perdre. Toi, fit –il en indiquant Ewon, suis moi.

-Mais…et Akihito ?

-ça ne te regarde pas. Je suis déjà assez gentil de te laisser en vie.

Il l'attrapa par le col et l'entraina hors de la pièce.

-Tu auras de la compagnie dans quelques minutes, annonça t-il à Takaba en refermant la porte.

Le bras d'Ewon était comprimé dans l'étau de la main de Yuri. Il lui fit traverser l'entrepôt. Il remarqua une chaise au milieu sur laquelle du sang séché, probablement celui de Takaba, attirait l'œil et provoquait une boule de peur dans son ventre.

-Qu'est ce qui se passe ? questionna t-il, la voix chargé de tremblement.

-Qui est Mookyul Eun ?

-Un ami.

-Il t'échange contre Asami. Putain d'homo, vous êtes bien lâches.

Ewon ne répondit pas à la provocation.

Ils traversèrent l'hangar et en sortirent.

Une voiture noire était garée devant. Mookyul en sortie, côté conducteur.

-Où est Asami ? demanda Yuri.

-Dans la voiture.

Mookyul ouvrit la portière arrière. Asami gisait assommé sur la banquette.

- Sors-le et pose-le là. Je te laisse ton ami après.

Le coréen obéit et Yuri lâcha Ewon qui courut retrouver Mookyul.

-C'était un plaisir de marchander avec vous, rentrez dans votre pays maintenant.

Mookyul ne dit rien et saisit le bras d'Ewon afin de l'obliger à monter dans la voiture car ce dernier protestait.

Il ne se retourna pas quant il prit place derrière le volant. Il démarra en trombe et quitta cet endroit le plus vite possible.

Yuri s'approcha d'Asami et du bout du pied vérifia qu'il était bien dans les vapes. Il se baissa et le fouilla. Il ne trouva aucune arme, ce qui l'étonna quelque peu mais ne s'attarda pas. Il le souleva et l'emmena dans le bâtiment.

Pour l'instant, il devait organiser leur départ et ne pouvait s'occuper du mafieux. Yuri le traina jusqu'à la pièce où se trouvait Takaba. Il ne perdit pas de temps et le balança dedans.

Takaba l'attendait, debout sur ses jambes flageolantes, il se précipita sur Asami.

-Asami, oh merde !

Il le secoua pour le réveiller, cela ne faisait rien alors il fit quelques choses qu'il n'aurait jamais imaginé. Il le gifla et ce plusieurs fois. Il leva une nouvelle fois sa main gauche lorsqu'une voix l'arrêta.

-Si tu tapes comme cela, pas étonnant qu'il ne t'arrive que des misères.

Les yeux d'or le fixèrent de nouveau. Takaba ressentit un grand soulagement et l'attrapa par le cou afin d'enfouir son visage contre lui.

-J'ai eu peur !

-Peur ? Que je ne sois plus à tes côtés ?

-Que tu ne me sortes pas de là plutôt, contra Takaba qui rougissait.

-Je vois.

Asami détacha les bras d'Akihito pour voir son visage. Il entendit le gémissement de douleur lorsqu'il le toucha. Il s'écarta alors de lui pour voir ce qu'il avait subit.

Il remarqua la couleur anormale de son bras et de son visage. Asami sentit la colère gronder en lui et se promit de faire un véritable carnage lorsqu'ils sortiraient de cet endroit.

-Est-ce que ça va ?

-Je crois que mon avant bras est cassé. Pour le reste ce n'est pas la joie mais c'est toujours mieux que de se prendre une balle. Et toi ? Qu'est ce qui s'est passé ?

-Mookyul est aussi prévisible que toi, dit Asami en retirant sa chemise.

-Comment ça ? Qu'est ce que tu fais ?

-Une attelle pour ton bras. Je me doutais bien qu'il chercherait un moyen de sauver son ami.

-C'est à cause de lui que tu es ici ? Comment allons-nous faire pour sortir ? Tu vas attraper froid !

-Aucune idée. Ne t'inquiète pas pour moi.

Asami observait le visage dépité d'Akihito. Il plia sa chemise et la glissa sous son bras. Il attacha les manches autour de son cou, l'attelle était mise en place. Il en profita pour lever sa main et du bout des doigts il toucha son visage jusqu'à descendre sur ses lèvres puis sous son menton. Takaba se laissa faire, devinant les intentions du mafieux il s'approcha. Leurs lèvres se joignirent dans un baisé calme mais bientôt Asami enfonça sa langue plus durement, attrapant la nuque de son amant au passage pour coller plus intensément leurs bouches. Takaba gémit, le goût d'Asami était unique tout comme l'effet qu'il produisait en lui. Plus il en avait, plus il en demandait. Son cœur s'emballa quand Asami entreprit de le caresser, si doucement pour ne pas lui faire de mal qu'il oublia ce dont était capable le mafieux s'il venait à s'apercevoir qu'il avait eut une gâterie la veille.

Ce qui ne loupa pas lorsqu'Asami descendit sa main bien plus bas.

-Qu'est ce que tu as fait ? gronda t-il en ressortant sa main du pantalon d'Akihito.

-Pardon ? s'étonna Takaba qui avait l'esprit déjà très loin.

Il frissonna devant le regard meurtrier que lançait les yeux d'or.

-Ah ça, ce n'est pas ce que tu crois ! s'écria t-il en s'écartant.

Il ne put en dire davantage parce que la porte s'ouvrit une nouvelle fois sur Yuri. Il put cependant capter la déception d'Asami.

-Vous me donnez la gerbe, dit la voix dégoûtée de Yuri en regardant les deux amants.

-C'est les homophobes qui me donnent la gerbe, répliqua Takaba.

-Tu veux retourner sur la chaise ? menaça t-il.

-Non.

-Alors ferme là. Asami, suis moi. Il faut que nous discutions

-Qu'est ce que tu vas lui faire ? s'écria Takaba.

-Je t'ai dit de te la fermer.

-Ne lui parle pas comme ça, dit calmement Asami en se relevant.

Yuri l'ignora.

-N'y va pas ! supplia Takaba.

-Ce n'est pas comme si j'avais le choix, je serais bientôt de retour Takaba.

-Mais…

Asami s'accroupit et l'embrassa rapidement. Puis il suivit Yuri en dehors de la pièce.

Commença alors pour Akihito une attente interminable où son imagination prit le dessus sur la logique. Il s'imagina le pire et le silence, quelques fois entre coupé par des cris lui monta au cerveau. Il ne pouvait chasser de son esprit l'expression de déception d'Asami lorsqu'il s'était aperçu de sa tromperie. Un sentiment de culpabilité l'envahit. Asami n'avait que des problèmes depuis qu'ils se fréquentaient, tout comme lui d'ailleurs. Il revoyait la cicatrice de la balle de Feilong sur le torse de son amant. La cicatrice sur sa main. Combien en auraient –ils avant que l'un meurt ? Pouvait –il avoir sur la conscience la mort d'Asami ? Quel vide cela provoquerait –il s'il venait à disparaitre ? Sur toutes ces questions une seule réponse existait dans son esprit : il ne pourrait s'en remettre.

Ne valait-il mieux pas tout cesser maintenant ?

Pour l'aider dans sa sinistre réflexion, l'ampoule grilla et il se retrouva dans le noir complet.

Asami revint.

-Akihito ?

-Je suis là.

Avançant à tâtons, il rencontra le torse de son amant, sa main vint toucher la peau irrégulière de la cicatrice. Ce qui le conforta dans ce qu'il allait dire.

-Qu'est ce qu'il t'a fait ?

-Des broutilles, on a prit le thé en discutant.

-Ne te moque pas de moi.

-Je vais bien, je ne suis pas aussi fragile que toi.

-Je ne suis pas fragile !

-Tu es aussi chétif qu'un petit enfant, continua Asami qui enveloppa son corps de son bras.

Takaba sentit une grande tristesse le parcourir. Oui, il devait stopper cela.

-Asami, j'ai bien réfléchis.

-A ce que tu vas devoir faire pour te faire pardonner j'espère ?

-Non.

Il se détacha d'Asami. L'obscurité de la pièce l'aidait, les yeux d'Asami n'étaient pas visibles, il pouvait lui résister.

-Lorsque nous seront sortie d'ici je partirai.

-En voyage ? Tu as besoin de vacances ?

-Non ! Loin, Asami… depuis que nous nous fréquentons… Il ne pouvait maitriser sa voix tremblante, enfin…nous vivons dangereusement. Regarde où nous sommes aujourd'hui. Qui te dit que nous allons sortir d'ici ? Je…

Ce qu'il redoutait arriva, les larmes débordèrent et lui coupèrent la voix.

-Qu'est ce que tu racontes Akihito ? La colère se faisait sentir dans le ton de sa voix. Il sentait sa main qui le cherchait mais Akihito reculait pour l'éviter.

Il ne pouvait contrôler ses larmes alors il fit avec, même s'il avait l'impression de passer pour le plus faible des êtres humains, il ne pouvait faire autrement. Ce qu'il allait dire le déchirait trop pour qu'il puisse faire autrement.

-On ne peut être ensemble. L'un de nous va y laisser sa vie et s'il s'agissait de toi, je ne serais pas capable de l'assumer. Si on vit chacun de notre coté tout ira bien. Je préfère mille fois te voir avec un autre que dans un cercueil. Ça je serais capable de le supporter.

La main d'Asami s'abattit sur son épaule et se referma comme un étau. C'était de la colère qu'il sentait émaner alors que lui n'était que tristesse et désœuvrement.

Il se retrouva le nez collé contre son torse. Dans une étreinte qui lui coupa le souffle.

-Qui t'autorise à me dire ça ? Tu crois que tu as le droit d'y penser ? Essayes de t'enfuir Akihito et je détruirais tous sur mon passage pour te retrouver, gronda la voix grave d'Asami dans le creux de son oreille.

-Arrêtes Asami, tu ne comprends pas…

-Je ne comprends pas ? Suis-je celui qui n'est pas assez intelligent pour comprendre qu'il y a une autre façon de procéder ?

-Comment ça ? renifla Takaba.

-Si tu viens avec moi tu seras protégé. Je serais ta sécurité.

-J'ai…peur.

-Je vais endiguer cette peur pour toi Akihito, jusqu'à ce qu'elle soit un mauvais souvenir. Je vais ancrer en toi l'assurance que nous ne serons jamais séparé, jusqu'à l'anéantissement total de ce genre de pensées.

Sa langue coupa toutes tentatives de réponse de la part d'Akihito. Il était faible, très faible lorsqu'il s'agissait du mafieux. Il y avait cette part qui réclamait son corps maintenant et l'autre qui lui ordonnait de fuir avant qu'il ne soit pu capable de le faire. Il mit fin au baisé torride.

-Asami, si tu fais ça je ne serais plus capable de voir autrement.

-Il n'y a que moi que tu dois voir.

Dans le noir complet, Asami fit glisser le t-shirt d'Akihito au dessus de sa tête. Son autre main cherchait déjà les points sensibles de Takaba. Il passa sa langue sous son oreille, puis glissa dans son cou, traçant de sa langue des longs sillons baveux. Il prit entre ses dents l'un des tétons tandis que sa main caresser l'autre. Asami sentait le désir de Takaba contre sa jambe, il glissa alors son genou contre et fit en sorte de l'exciter de plus en plus.

Encore debout, les deux amants s'entrainèrent au sol dans un méli-mélo de vêtements à demi retiré et de gémissements.

Asami attrapa le corps désormais nu d'Akihito pour le glisser sur lui. Le jeune japonais enroula son bras blessé autour de la nuque du mafieux pour ne pas avoir mal mais aussi s'accrocher à lui. Asami s'immisça en lui avec ses doigts, son autre main glissait sur sa colonne vertébrale.

-Ahh Asami…

-Je vais te donner plus mon mignon Akihito.

L'obscurité de la pièce multipliât tout, la voix d'Asami dans le creux de son oreille, les sensations que son corps ressentait et surtout le plaisir qui grandissait comme un incendie.

Takaba glissa sa langue dans la bouche d'Asami, il ne ressentait aucune honte dans le noir. Il pouvait se lâcher car il ne voyait pas le regard moqueur d'Asami.

Le mafieux fut surpris de l'initiative mais répondit au baisé. Sa langue vint s'enrouler autour de la sienne. Elles se bâtèrent puis l'une prit le dessus, caressant la texture rugueuse de l'autre, glissa sur les lèvres pour se libérer et reprendre son souffle.

Asami ne tint pu et s'enfonça brusquement dans son amant. Ses deux mains tenant maintenant les hanches afin d'approfondir la pénétration. Un long gémissement s'échappa des lèvres de Takaba qui peinait à respirer. Il perdait la tête. Le corps d'Asami dans le sien le comblait au delà de tout ce qu'il existait et qu'il avait déjà connu. Dans ses bras là il était en sécurité, rien ne pouvait plus lui arriver.

Un mouvement de hanche plus fort que les autres toucha le point de non retour, il cria le nom de son amant avant de se libérer contre lui. Il s'affaissa, épuisé mais quelques secondes plus tard il fut enfermé dans un étau de muscles contractés, Asami le rejoint en lui. Une main dans son dos le tenait fermement, l'autre empoignait ses cheveux juste au dessus de sa nuque.

-Tu m'embrouilles, murmura Takaba dans ses bras.

-ça ne t'a donc pas suffit… ce n'est pas ce que je veux entendre de la part d'une si délicieuse bouche.

- Tais-toi idiot.

Asami sourit dans le noir, rien n'avait changé et c'est ce qu'il aimait.

Tutututu la fin approche les amis. Merci de me lire & de laisser des reviews, je les adores autant que j'aime écrire cette fic.