Chapitre 13
Feilong passa devant, il était suivit par deux hommes habillés en noir. Mookyul attrapa la main d'Ewon et la pressa. Ils restèrent d'abord figés de stupeur. La situation prenait une tournure quelque peu étrange. Qui était cet « homme » ?
-Je t'avais dit de ne pas sortir, répéta Mookyul, la voix chargé de colère.
-Il est venu me parler à travers la vitre. Il a dit qu'il était le chef du Baishee, la mafia chinoise et qu'il était venu parce que Takaba était en danger.
-Et tu l'a suivit ?
-Euh… ils ne ressemblaient aux Russes…
-On réglera cela plus tard, suivons le.
Ils prirent la direction du couloir. Feilong était en train de se débarrasser du verrou à l'aide de son arme. Il tira une fois et celui-ci céda, tombant en un bruit métallique.
Il ouvrit la porte et sourit.
-ça sent plus le sexe dans ce cachot que dans ton club Asami.
-Feilong, ne t'avais-je pas dit de rester loin d'ici ? demanda la voix grave du mafieux.
-J'ai entendu dire qu'il y avait de l'action par ici. Je suis venu voir, répondit –il en s'écartant de la porte, laissant passer Asami, torse nu et qui tenait Takaba dans ses bras.
-Reste loin de nous dans ce cas là.
-Donne-moi Akihito avant que tu ne le fasses tomber. Je remarque que tu as été blessé, fit-il en tendant les bras.
Ce n'était rien de très grave. Au pire quelques points de sutures.
-Garde tes mains loin de lui. Je peux très bien m'en occuper.
-C'est comme tu veux mais ce n'est pas ce que je peux constater.
Feilong haussa les épaules et tendit son bras en direction de la sortie. Asami l'ignora et avança.
-Qu'est ce qui se passe avec Akihito ? demanda Ewon, inquiet à l'idée de voir son ami évanouit.
Asami s'arrêta et dévisagea Ewon. Avec son air d'ange martyrisé il comprit qu'on pouvait facilement lui céder.
-Il dort, je le réveillerai quand tout cela sera fini.
-Vous l'emmenez où ?
-Il a besoin de soin. Quelqu'un va s'occuper de vous.
Le japonais se remit en marche, suivit de Feilong qui semblait bien s'amuser.
Lorsqu'ils arrivèrent aux voitures, les hommes d'Asami les attendaient. Kirishima attrapa le corps de Takaba et le glissa dans la berline, son regard était chargé de reproche.
Asami se tourna vers Feilong.
-Je vais prendre cela comme le paiement de ta dette. Si de cette façon là tu peux ne plus m'ennuyer…
- Calme-toi un peu. Je suis venu là pour Takaba. Jusqu'à quand va-t-il survivre à la vie que ta fréquentation lui impose ? Ça serait dommage qu'il y laisse sa peau. Il est si plein de fougue et d'avenir.
-Je ne pense pas que ton avis lui importe. Je lui dirais que tu es passé.
-Vraiment ?
-…
-Qu'est ce que tu fais de Yuri ?
-Ton ami russe Mikhail n'est pas obligé de savoir. Mes hommes vont s'en charger. Tu n'as plus aucune raison de rester.
-J'aimerais parler avec Akihito quand il ira un peu mieux. Dis lui qu'il est le bienvenu chez moi, avec ou sans toi.
Asami se glissa dans la voiture et ferma la portière.
Plus tard, à l'hôpital.
La chambre ne correspond pas vraiment à ce qu'on pouvait appeler une chambre d'hôpital.
Déjà les murs n'étaient pas blancs, mais vaguement sable. La décoration ressemblait plus à un hôtel de luxe qu'à celui d'un centre de soin. Les deux lits côte à côte étaient entourés d'un matériel médical de pointe silencieux. Les deux hommes étaient allongés dans leur lit. Asami était le plus souvent au téléphone. Aucune des deux n'étaient revenus sur l'épisode du cachot. Akihito essayait d'engager la conversation mais il butait sur les premiers mots à prononcer.
Takaba se redressa dans son lit à l'aide de la potence. Son bras gauche plâtré réduisait son champ d'action. La tête lui tourna mais Asami venait de poser son portable et aurait enfin son attention.
-Je vais très bien et toi aussi. Alors pourquoi est ce qu'on partage une chambre d'hôpital ? attaqua t-il.
-Ton état ne me satisfait pas. Tu sortiras quand je l'aurais décidé, fit Asami.
-Et toi ? Tu ne vas pas camper ici ?
-Je me prends une nuit de repos, bailla t-il.
-A l'hôpital ? Ça te ne va pas du tout.
Asami le regarda se lever.
Il se dirigea en direction de la fenêtre. La vue donnait sur un parc boisé. Cela voulait dire qu'ils étaient très loin de chez lui. Asami s'était relevé également. Il tenait une cigarette dans la main, comme si ce geste était parfaitement normal.
-Retourne te coucher.
-Et toi ne fumes pas dans cette chambre. Comment va Ewon ? enchaina t-il.
-Très bien. Ils sont dans la chambre d'à côté, par mesure de sécurité. Tu n'as plus à te soucier de lui maintenant.
-Je le verrais quand même avant qu'il parte ?
-Peut –être.
Ses yeux d'or étincelaient avec les rayons du soleil qui traversaient la fenêtre.
-C'est bien la voix de Feilong que j'ai entendu ? continua Akihito.
-Oui, il était de passage.
-Ce n'est pas lui qui nous a sortie de là ?
Asami émit un petit rire moqueur.
-Il le pense. C'est le principal.
Le jeune homme regarda une dernière fois dehors avant de s'approcher du lit du mafieux.
-Quelque chose ne va pas ? demanda ce dernier.
-Je voulais voir tes nouvelles blessures.
-Il n'y a rien de grave.
-Tu sais, je pense toujours à ce que je t'ai dit…
Asami ouvrit la bouche pour répondre mais Akihito lui mit sa main sur la bouche.
-Mais si on y réfléchit on voit bien que c'est ce que nous aimons non ?
-Je ne supporterais pas l'idée de te voir blesser, mais tu ne me laisses pas te protéger Akihito.
-Je ne peux pas faire mon métier avec un gorille sur le dos, grogna le jeune journaliste.
-Tu as la clef de chez moi. Tu sais ce qu'il te reste à faire.
-Je ne sais pas. Qui te dit que nous sommes faits pour vivre ensemble ?
-Tu as besoin de moi, annonça Asami.
-Quoi ? s'exclama t-il.
-Tu as un bras en moins, tu comptes faire comment pour payer ton loyer ?
-Je me débrouillerais, comme d'habitude.
-Ne crois pas que tu puisses aller vivre chez un ami.
-Comment ça ? Et qui me l'interdirait ? Toi ?
-Baisse d'un ton. Tu avais l'air plutôt d'accord dans la cellule.
-Je devais être fatigué, rougit Akihito.
Asami sourit. Il attrapa le bras droit du jeune et le dirigea contre son torse.
-Tu sais ce que tu dois faire.
Akihito fixa Asami. Son cœur s'emballa dans sa poitrine et sa main se mit à trembler lorsqu'il toucha du bout des doigts le torse lisse du mafieux.
Le jeune journaliste se glissa entre les jambes du plus vieux. Il remonta sa main jusqu'à sa nuque et il empoigna une touffe de cheveux noirs de jais et tira dessus. Le visage du mafieux bascula en arrière et le mouvement se stoppa sous la bouche impatiente du jeune homme.
Les lèvres se percutèrent et bataillèrent jusqu'à ce que le mouvement des bouches devienne plus fluide. Les deux langues s'abreuvaient l'une de l'autre. Takaba n'avait qu'une main pour retirer le peignoir et elle se devait d'être partout. Lorsqu'il le trouva assez déshabillé Akihito appuya sa main sur le torse d'Asami. Ce dernier comprit la demande et se rallongea sur le lit.
Akihito tremblait légèrement, ce qu'il allait faire le mènerait à un point de non retour.
Par où devait-il commencer ? Les paroles de Feilong lui traversèrent l'esprit : il devait fermer les yeux et se laisser aller, sa bouche ferait tout et à travers elle il libérerait tous ce qu'il ressentait.
Il ferma donc ses paupières et se pencha sur le corps du mafieux. Il commença par sa bouche, qu'il embrassa avec enthousiasme. Les deux mains d'Asami emprisonnèrent sa nuque. Lentement mais profondément ils unirent leurs sens sur cette échange que rompit Akihito.
Il descendit doucement, goutant chaque parcelle de peau qui s'offrait à ses lèvres. Lisse, douce mais pourtant ferme et musclé elle sentait le désinfectant. Akihito évita les points de sutures qui barraient de temps en temps l'abdomen. Il pressa ses lèvres sur les cicatrices déjà présentes. Son unique main précéda sa bouche au plus bas du corps du mafieux. Elle l'effleura du bout des doigts, caressant tout son long. Asami frissonna et son corps réagit à la demande. Le jeune homme l'attrapa dans sa main et émit de légère pression dessus. C'était chaud. Il sentait les veines se gonfler de sang. Il approcha lentement ses lèvres et le survola. Sa bouche s'ouvrit et il avala le bout qu'il lécha patiemment. Les yeux toujours fermés, il ne pouvait voir l'expression d'Asami mais un léger gémissement se fit entendre. D'ordinaire peu expansive, ce bruit enhardi Akihito. Petit à petit il fit entrer en lui une plus grande partie de son amant. Il appliqua de long mouvement de langue. Plus il le faisait, plus l'envie de donner s'amplifiait. Les yeux toujours fermés, seule la sensation de la chair chaude et palpitante dans sa bouche existait. Les veines battaient et vibraient sous chaque mouvement de langue. Les mains d'Asami s'agitèrent et vinrent se poser sur la tête d'Akihito. Il empoigna les cheveux blonds puis relâcha la pression pour les caresser.
Akihito avala sans rendre compte les premiers effets qu'il produisait sur le corps de son amant.
Occupé par ce qu'il faisait, il ne sentit pas les mains d'Asami se glisser sur son visage.
-ça suffit, émit la voix étrangement rauque du mafieux.
Akihito releva la tête et croisa un regard chargé de désir qui le troubla encore plus.
Asami l'aida à l'enjamber. Maintenant à califourchon sur lui, le mafieux se redressa pour atteindre la bouche du jeune journaliste. Il fit glisser ses larges mains sur le dos, détachant au passage les attaches qui maintenait la blouse de l'hôpital. Il la jeta par-dessus le lit et reporta son attention sur le corps désormais nu du jeune japonais.
Ses doigts parcoururent toute sa peau, s'arrêtant pour profiter de la fine peau qu'il touchait. Ses lèvres mordillaient puis suçaient le torse qui se cambrait sous lui. Enfin, sa main descendit le long de sa colonne vertébrale et empoigna une des fesses. Il se fraya un chemin jusqu'à l'endroit le plus sensible de son amant. Il entra lentement en lui. Le corps se contracta mais se relâcha doucement quand les mouvements de va et viens commencèrent. Asami mit du temps à le préparer mais le corps d'Akihito glissa sur lui lorsqu'ils ne firent plus qu'un.
C'est le jeune journaliste qui marquait la cadence, faisant des aller et venus sur le mafieux. Sa main valide dans une d'Asami tandis que ce dernier s'occupait d'une autre partie de lui.
Asami ne tarda pas à attraper Akihito et il l'allongea sur le lit, en prenant soin de ne pas causer de mouvement trop brusque pour ne pas faire bouger son bras. Il lui écarta les jambes et s'immisça entre.
-Demande le moi… fit Asami en le fixant.
Une alerte se déclencha dans l'esprit cotonneux du jeune journaliste.
-Même pas en rêve, pervers ! répliqua t-il.
-Je te laisse comme ça sinon…
-Moi aussi, lança t-il en tentant de sortir du lit. Il oublia que son bras gauche était emplâtré jusqu'en haut du coude et s'appuya dessus. La douleur le plia en deux.
Asami se mit à rire, ce qui énerva Takaba.
-Dès que tu t'agites tu provoques des catastrophes…
Le plus vieux glissa aux côtés du plus jeune et l'aida à se positionner de façon à ne plus avoir mal. Le bras ne touchait plus rien et ne pouvait plus bouger. Asami colla son torse contre le dos de Takaba. Leurs corps s'imbriquaient comme les deux pièces d'un puzzle.
-Et je suis obligé de te secourir…
Il souleva une cuisse et s'insinua entre.
-Alors ne crois pas pouvoir m'échapper, intima la voix au creux de son oreille.
-T'façon tu n'aurais jamais pu t'arrêter.
Le premier mouvement de reins le fit gémir.
-C'est vrai, mais je voulais te l'entendre dire, sourit Asami en ondulant ses hanches lentement.
-Sale con !
-Chut, il y a des voisins qui nous entendent.
Akihito rougit mais il n'y pensa plus quand Asami l'embrassa en même temps qu'il accélérait les frictions de sa main.
