Bonjour ! Merci beaucoup à Yuna44 et à MiaWatson pour leurs reviews, auxquelles je n'ai malheureusement pas pu répondre personnellement... J'ai également beaucoup aimé la nouvelle de Conan Doyle, et me suis donc amusée à imaginer ce que ça donnerait en version BBC. Avec quelques changements, bien sûr, surtout à la fin, comme vous le verrez. En espérant ne pas trop vous décevoir...

MERCREDI

23:11. Tu es là ?

23:23. Sherlock ?

23:36. Rendez-vous Skype, tu te souviens ?

John soupira. Il était presque minuit et il avait essayé de joindre Sherlock toute la soirée. Soirée qu'il aurait dû passer avec la charmante Isabelle, mais cette dernière lui avait fait faux bond au dernier moment. Frustré par cet échec et exaspéré par l'absence de réaction de son colocataire, il effaça le quatrième texto qu'il venait d'écrire et se contenta d'appeler sur le portable de Sherlock. Il était fatigué et voulait aller se coucher, sans tenir compte des sautes d'humeur du cadet Holmes.

- Allô ?

La voix de Sherlock, somnolente et cassée par la toux, le fit cependant se sentir légèrement coupable. Si son ami ne répondait pas, c'était peut-être parce qu'il avait suivi ses conseils et s'était couché tôt...

- Je suis désolé, je te réveille ?

- Non, bien sûr que non, répondit Sherlock sur un ton cassant, mais sans son mordant habituel.

L'habituel sentiment d'agacement remplaça immédiatement la culpabilité.

- C'est ça. Allez, bouge tes fesses jusqu'à ton ordi, et allume Skype. J'ai des nouvelles pour toi...

Sherlock avait déjà coupé la communication. Une minute après, un son caractéristique émanant de l'ordinateur de John indiquait qu'il s'était connecté.

- Alors ?

- Sherlock, je ne te vois pas, la lumière est éteinte ?

- Oui. Ça ne me dérange pas de parler dans le noir. C'est même préférable pour la concentration.

John soupira.

- Je préférerais te voir, si ça ne te dérange pas. Allume la lumière.

Il y eut un reniflement, puis des bruits de tissu froissé (Sherlock devait bien être au lit, quoi qu'il en dise), de pas (il allait probablement dans le salon), puis d'un interrupteur que l'on abaisse (celui de la lampe et non pas du plafonnier), et le visage de Sherlock apparut enfin à l'écran.

- Ça ne s'arrange pas, à ce que je vois.

John avait volontairement utilisé un ton léger, mais ses instincts professionnels étaient en alerte ; les yeux de Sherlock brillaient de fièvre et il se retenait visiblement de claquer des dents, malgré la couverture dans laquelle il était emmitouflé. Sa respiration, légèrement sifflante, se changea bientôt en une nouvelle quinte de toux, qui le laissa hors d'haleine, les yeux clos.

- Tu veux que j'appelle un médecin ?

- John, tout va bien.

- Non, Sherlock, tu ne peux pas dire ça, tout ne va pas bien. Tu as pris des médicaments, du paracétamol, quelque chose ?

- Oui, ne t'inquiète pas, répondit le détective en haussant les épaules. C'est la saison de la grippe. Je l'ai attrapée, c'est tout. Tu sais, comme les êtres humains normaux.

Il lança un sourire moqueur à son colocataire avant de recommencer à tousser. John sourit également. Sherlock avait raison, une épidémie de grippe courait à Londres ces derniers temps. L'inquiétude, pourtant, ne le quitta pas tout à fait. Mais la remarque que lui avait fait son ami la veille - Arrête de t'inquiéter tout le temps pour moi, c'est pénible - et qui lui était restée en travers de la gorge l'empêcha d'ajouter quoi que ce soit. Après tout, Sherlock était majeur et vacciné, et il avait survécu pendant près de trente-cinq ans sans un John Watson à ses côtés pour s'occuper de lui.

- Bien. Alors, grande nouvelle, Mrs Savage est certaine que son mari a été assassiné. Oui, il était malade en rentrant d'Afrique, mais rien de grave, une infection bénigne, certainement pas la fièvre jaune diagnostiquée par un médecin de l'hôpital où est mort Victor Savage. Il a passé quelques jours avec sa femme, puis s'est absenté pour le week-end – oh, d'ailleurs, Mrs Savage savait très bien qu'il avait une liaison avec Mrs Morton, et elle soupçonnait également qu'une autre femme était impliquée – mais n'est pas rentré le lundi. Voyant cela, Mrs Savage s'est rendue chez Mrs Morton, dont elle connaissait l'adresse. Mais il s'est avéré qu'elle ne l'avait pas vu du week-end non plus. Inquiète, elle a immédiatement appelé les hôpitaux et la police. Savage a été retrouvé le lendemain, le mardi donc, dans une petite clinique de campagne, non loin de Manchester. Il a semblé à Mrs Savage que les médecins étaient très mal à l'aise et qu'ils lui cachaient une partie de la vérité. Elle a demandé des explications, et a alors appris (qui le lui a dit, je n'ai pas réussi à le savoir, mais elle ne l'a certainement pas su pas la voie officielle) que son époux était un agent secret et que les circonstances de sa mort devaient rester inconnues, même pour sa propre femme. Donc, plus probablement assassinat. Elle a essayé d'en savoir plus, mais n'a rien réussi à tirer du médecin.

- Excellent ! Ce médecin, tu as son nom ?

- Oui. Le docteur Ainstree. Je vais le voir demain soir, en sortant de la dernière conférence de la journée. Il n'habite pas loin, une chance.

Sherlock frissonna et se passa la main sur le front.

- Demain, même heure.

Il referma son ordinateur avant que John ait eu le temps d'ajouter quoi que ce soit.

- OK, débrouille-toi tout seul, mais après, ne viens pas te plaindre si tu es obligé de garder le lit au lieu de courir de scène de crime en scène de crime.

Evidemment, l'ordinateur éteint ne lui répondit pas.