Bonjour, bonsoir ! \o/

Alors premièrement désolée pour la loooongue attente. Le fait est que, il y a eu un concours de mauvaises circonstances, Amy ayant pas mal de boulot pour les cours (et travaillant avec beaucoup d'abrutis finit), nos dates ne coincidant pas tout le temps à cause des fêtes de fin d'année/ des vacances/ de mon rythme de vie totalement anarchique et aussi du fait que ce chapitre est long. Mais vraiment. On applaudit très fort Amy pour avoir corrigé 20 pages sans battre des cils.

Deuxièmement, as always, merci pour les reviews, et vos critiques constructives sont acceptées et chaudement recommandées, même si, maintenant que j'ai une super bêta ça devrait être le jour et la nuit.

Et je vais pas faire plus long, parce que j'écris depuis presque 24h d'affilé sans dormir (la faute à Amy encore, on s'entend tellement bien qu'on s'écrit des fanfics à chapitres et plein de trucs qui montre THE TRUE LOVE comme ça et d'ailleurs il est fort possible que vous découvriez d'ici quelques temps le fruit d'un travail à deux dans l'univers de Marvel...), et que je suis morte, dead on the floor.

Enjoy !


Le monde continua effectivement de tourner.

Loki disparut totalement, emportant son coffre dans un endroit inconnu. Tony guérit et Iron Man s'envola à nouveau dans les cieux, ses réacteurs brillant comme un météore dans la nuit de New York. Les Avengers combattirent des méchants, Nick Fury y gagna un ulcère, et Thor désapprouva l'installation de Deadlock 2.0 partout il allait.

Le quotidien restait inchangé, et c'était un quotidien agréable.

- Peut-être que c'est, genre, de la drague version super vilain, suggéra Clint en agitant l'hamburger à moitié mangé qu'il tenait dans la main pour appuyer ses mots.

Il essuya sa bouche et lécha la sauce sur son pouce, regardant Tony étudier le masque de son prototype de Doombot.

- Peut-être que t'es marié maintenant. Hey, tu penses que ça fait de toi la femme ?

- J'suis une bombe en robe, mec, répondit Tony, absent, levant le masque dans la lumière. Mais je ne pense pas. Est-ce qu'il a l'air de sourire pour toi ?

Posant le masque, il tendit la main vers le fer à souder.

Se renfonçant dans sa chaise de bureau, Clint s'éloigna des étincelles en tournoyant. Après quelques retouches, Tony positionna à nouveau le masque retouché vers la lumière. Œil de Faucon, mastiquant toujours son hamburger, le pointa du doigt.

- Je dis juste que Loki a quand même vendu Fatalis pour toi. Qu'est-ce que ça pourrait vouloir dire d'autre ?

- Que les voleurs n'ont pas d'honneur je suppose.

- Loki a payé sa dette, mec. Il est comme Thor il n'aime pas avoir de dettes. Tu vas devoir trouver mieux que ça.

- Peut-être que Fatalis lui a dit que le cuir le grossissait.

Clint faillit s'étouffer à ces mots.

Tony traversa la pièce en souriant, enlevant ses gants pour les jeter sur son établi. Il avait mérité une pause. Il avait passé huit semaines à travailler sur sa propre version du Doombot au QG des Avengers, quand il n'avait pas été en mission, étudiant les schémas avant de se mettre à construire un agent double qu'il serait peut être capable d'envoyer dans la base des opérations de Fatalis.

Pendant ce laps de temps, Clint s'était cassé un doigt et restait depuis sur le banc de touche. Fury lui avait même confisqué son arc et ses flèches pour être sûr qu'il obéisse. Du coup c'était tout naturellement qu'il utilisait son temps libre pour embêter Tony sur l'origine de son dernier projet.

-On ne l'a pas vu depuis deux mois. Je parie qu'il prépare un truc énorme, comme des messages subliminaux à la télé, ou quelque chose comme ça.

Il pédala des jambes comme un crabe pour faire tourner sa chaise en rond, revenant vers Tony.

- C'est ce que je ferais.

- Et ça vient du type qui a passé les trois quarts de la journée d'hier à convaincre JARVIS qu'il était HAL-9000, lui rappela Tony en se frottant le nez. Et quand il a cédé et qu'il t'a appelé Dave, t'as paniqué et t'as passé la nuit avec Banner.

- Je suis pas homo, mec. J'ai dormi par terre, précisa Clint. En plus JARVIS a fait la voix et tout.

Il se pencha en avant en souriant.

- Hey, je te propose qu'on fasse regarder tous les Terminator à Thor.

Tony poussa un grognement.

- Ouais, parce qu'il ne déteste pas déjà assez la technologie comme ça.

Clint haussa les épaules.

- Je me dis juste que JARVIS pourrait lui faire encore plus peur qu'il ne le fait déjà.

Décidant de ne pas répondre à ça, Tony secoua la tête et se fit une note mentale pour dire à Thor de ne pas regarder tout ce que lui suggérait Clint 'Œil de Faucon' Barton. Il venait juste de le convaincre que le Deadlock n'était pas aussi morbide que son nom l'indiquait et qu'il empêcherait juste les tentatives de téléportation dans le QG. Surtout maintenant qu'il fonctionnait, au lieu de chatouiller ou peu importe ce qu'avait expérimenté Loki quand il était venu déposer les schémas.

- Peut-être qu'il est mort.

- Qui ? demanda Tony. Thor ?

- Loki. Ça expliquerait le silence radio. Mais je doute que même Fatalis puisse mettre la main sur ce type, répondit Clint en baillant.

Il se leva de sa chaise.

- Enfin bref, j'y vais. Je sens la sieste de la digestion qui arrive. Bonne chance avec ton 007.

- Ne donne pas de nom à mon Dombot avant moi, objecta Tony plaintivement. Il y a des règles. Faut faire péter des bouteilles de champagne et tout.

- Mh, mh.

Clint n'essaya même pas d'avoir l'air désolé quand il se dirigea vers l'ascenseur.

- Si tu vois Steve là-haut, dis lui que j'ai mis trois nouveaux pantalons de Captain America dans sa chambre, et que s'il les déchire encore je poste une vidéo de lui sur internet en train de confondre la télécommande et son téléphone.

Embarrasser une icône nationale de guerre n'était rien par rapport à l'irritation qu'il ressentait s'il devait sans cesse raccommoder des pantalons bleu vif en lycracomme une vulgaire petite main dans un atelier.

- Sérieux, encore ? Clint se mit à rire juste avant que les portes ne se referment pour le transporter jusqu'à la civilisation

- Enfin seul, murmura Tony, alors qu'il faisait rouler sa chaise et passait une main sur ses yeux.

Il ne se souvenait pas de la dernière fois où il avait pu dormir plus de quatre heures. Construire le Doombot, perfectionner le Deadlock, surveiller la ville en tant qu'Iron Man avaient occupé le plus gros de ses jours et de ses nuits.

Steve lui avait dit qu'il n'avait pas besoin de patrouiller et qu'il pouvait se reposer, mais ce n'était pas demain la veille que Tony suivrait les conseils concernant sa santé. S'il était honnête avec lui-même cependant, il n'était pas sûr de savoir pourquoi il surveillait la ville aussi fréquemment. L'activité criminelle était presque tombée à zéro ces derniers temps.

Peut-être qu'il est mort.

Peut-être. De mauvaises choses arrivaient aux méchants aussi, parfois. Mais c'était à Thor de se préoccuper de la vie et de la mort de Loki Laufeyson. Tony avait déjà assez à faire. Pourtant, c'était le fait de ne pas savoir qui l'obsédait. La sensation lancinante d'attendre que la nouvelle tombe. D'ailleurs peut-être que les plans du Doombot n'étaient qu'une diversion.

Mais ce n'était que des spéculations et Tony n'aimait pas spéculer. Pas du tout.

Il verrait avec le temps.


Un autre mois passa. La vie continua. La ville fut brièvement prise en otage par des clones gamma. Tony termina le Doombot. Thor fur rappelé à Asgard pour une semaine pendant le sommeil d'Odin.

Loki continua à se cacher durant tout ce temps.

Trois semaines après son retour d'Asgard, Thor aidait Tony à réparer les tuiles sur le toit, suite à un passage plutôt énergique du Hulk dans la maison.

Bon, s'il était honnête, Thor alignait les tuiles, et Tony se contentait de lui passer les outils en sirotant sa bière. Bien qu'il soit destiné au trône d'Asgard, Thor aimait les aider de temps en temps. C'était un terrible cuisinier,mais si on lui confiait un chiffon, il s'employait à nettoyer avec la meilleure volonté du monde. Tony attribuait ça à l'enthousiasme général du grand gaillard.

- Ca te semble suffisant, Tony Stark ?

Thor essuya son front et observa leur travail.

Un long trait de poussière de brique couleur de rouille tâchait sa joue. Tony décida qu'il n'allait pas le lui dire.

- Je suppose qu'on verra quand il pleuvra. Mais ça m'a l'air bien, répondit-il en haussant les épaules. Pour être honnête j'y connais que dalle en toitures. Je suis juste là pour échapper à Coulson pendant qu'il fait ses rondes. Tu veux une bière ?

Thor hocha la tête et Tony lui en passa une, les doigts mouillés à cause de la condensation. Ensemble, ils s'appuyèrent contre la pente douce du toit, un silence confortable tombant entre eux pendant qu'ils buvaient.

La journée avait été chaude, mais pas étouffante pour un jour d'été, et le soleil commençait tout juste à décliner. Il donnait une teinte rouge au ciel, illuminant l'horizon. Avec le bruit du trafic au loin et les tuiles chaudes contre sa peau, Tony se relaxa pour la première fois depuis des semaines. Ça faisait du bien.

- Ca fait trop longtemps, dit doucement Thor, brisant finalement le silence. J'ai peur qu'il ne prépare quelque chose de terrible.

À ses côtés, Tony plissa les yeux en direction du soleil couchant, prenant une longue gorgée de bière. Depuis la nuit ou Loki lui avait rendu visite et où Thor avait réalisé que Tony l'avait libéré, l'Asgardien avait donné l'impression qu'il savait ce que Loki complotait, ou que d'une manière ou d'une autre il avait gardé contact avec lui.

Bien sûr, il ne lui avait pas dit directement, mais Tony pouvait le deviner à la façon dont les yeux de Thor glissaient parfois sur son estomac, retraçant la cicatrice qu'il ne pouvait pas voir. La cicatrice de Loki, disaient-ils. Tony se demandait ce que l'on ressentait lorsque quelqu'un nous manquait à ce point, et qu'on savait qu'il préférait faire ami-ami avec votre partenaire plutôt que de daigner vous cracher dessus.

- Il est toujours en train de comploter quelque chose, Thor, fit remarquer Tony. Et à chaque fois on le bat à plate couture. Attendons de voir ce qu'il prépare.

Thor fronça les sourcils.

-Je ne pense pas qu'on ait vu de quoi il est vraiment capable. Pas encore. Je suis inquiet parce que j'ai peur que tu ne fasses partie de son plan.

- Encore ça ? grogna Tony. Laisse tomber je t'ai dit. Il l'a affirmé lui-même, il en a terminé avec moi. Fin. Retour à la vie réelle. Ce truc qui s'est passé avant, c'est sûrement parce qu'il s'ennuyait et qu'il voulait juste jouer avec tes jouets pendant un moment.

Il termina sa bière alors que Thor arborait une mine désapprobatrice.

- Loki est un ennemi rusé et perfide. Ne le sous-estime pas.

- Oh, ça te va bien de dire ça, riposta Tony. Tu n'arrêtes pas de le sous-estimer. Il a juste à te faire ses petits yeux verts tout mignons et tu fonds dans une flaque d'amour fraternel. Il se joue de toi à chaque fois, mon pauvre.

Okay, peut-être qu'il y avait été un peu fort, pensa Tony quand Thor rougit, les yeux blessés et plein de colère. Il regarda le dieu du tonnerre ranger ses outils avec des mouvements brusques et se demanda s'il devait se sentir coupable avant de rejeter l'idée. Il était dans le vrai, Loki était l'ennemi de Thor et sa plus grande faiblesse en même temps. Tout le monde le savait.

- Qu'est-ce que tu pourrais savoir des liens familiaux Tony Stark ? le provoqua Thor, le regard sombre. Tu n'en as aucun.

- Aïe, répondit Tony calmement, un sourire relevant le coin de sa bouche. Tu as raison. Peut être que je devrais demander à Loki à quoi ça ressemble la prochaine fois que je le verrais.

Thor se retourna et s'éloigna sur le bord du toit, les épaules voûtées, comme s'il était poursuivi par un fantôme. Probablement sa propre culpabilité.

Il regarda la lumière déclinante du coucher de soleil pendant un moment avant de jurer à mi voix, la tension le quittant enfin. Bien joué Tony, pensa-t-il dégoûté. Encore une fois, il avait retourné le couteau dans la plaie juste parce qu'il en avait le pouvoir. Thor ne l'avait pas mérité, pourquoi avait-il dit ça ?

Au moins, il avait tout donné, pensa Tony avec un rire bref et sans humour. Il n'avait pas espéré une telle répartie de la part de ce bon vieux Thor. Ce n'était pas dans sa nature de répondre comme ça. Mais il l'avait provoqué et quand on y pensait, il avait touché une corde sensible. Juste un peu. Comment aurait-il pu en vouloir à Thor de vouloir retrouver la seule famille qu'il avait ? Il ne pouvait pas, tout simplement.

Se remettant sur ses pieds d'un seul mouvement, il chassa la conversation de sa tête. La nuit tombait, et il y avait une ville dans laquelle il devait patrouiller. Une grande ville étrangement paisible.

Mais quand il n'y avait pas de crime majeur, qui les Avengers pouvaient-ils bien venger ?


Une autre semaine passa, et leur acte de bravoure le plus notable fut d'être mis aux enchères, chacun à leur tour, le temps d'un rendez vous, pour récolter de l'argent.

Une énième association qui servait un énième principe de justice et d'égalité dans le monde avait fait appel à eux, et il était si simple de faire grimper les prix pour un moment privilégié avec un membre des Avengers, que réunir de l'argent pour une bonne cause paraissait presque malhonnête.

Steve Roger fut vendu pour pas moins de 153 000 dollars.

Connard.


Quand ça se produisit, ça se produisit d'un coup.

Tony tournoyait au-dessus de la ville paisible, les phares des voitures et les lueurs de la ville se confondant en lignes floues loin au-dessous de lui. La nuit était calme, il fendait l'air dans son armure et se sentait plutôt détendu.

Il volait près de Central Park lorsqu'une gigantesque lance de glace transperça le ciel dans toutes les directions, d'énormes excroissances jaillissant sur toute sa surface. Elle surgit du néant à une telle vitesse que Tony ne réalisa qu'il fonçait droit dessus qu'au moment où son alarme se mit à le lui hurler dans les oreilles.

- Putain de merde ! jura-t-il, en virant brutalement sur la gauche pour l'éviter.

Il arracha une excroissance de glace conique au passage, qu'il trouva soudain bien trop tranchante à son goût. Regardant vers le sol, il étudia le paysage qui se présentait à lui, redressant son vol pour planer au-dessus d'un champ de lumières vives et colorées.

C'était une fête foraine ou quelque chose qui y ressemblait. Avec des barbes à papa, du popcorn et une grande roue. Des parents promenant leurs enfants entre les stands. Des clowns au maquillage criard. De la musique. Des cris de joie. L'écran de visualisation dans l'armure clignota à mesure que ses capteurs prenaient tous les facteurs en compte, le flot d'informations formant des listes en périphérie de son regard.

- Une fête foraine, grogna Tony. Il y a une fête foraine juste à côté et quelqu'un me tire de la glace dessus depuis les buissons. Génial. Aucun risque de dommages collatéraux.

Un panache de flammes vertes surgit de la base de la tour de glace cachée par des arbres. Tony pria sa bonne étoile pour que ça vienne de l'extérieur du parc d'attraction. Esquivant chaque tir magique quand ils filèrent dans la nuit, il descendit en piqué, essayant d'apercevoir qui en était responsable. La glace n'était pas forcément synonyme de Loki et la seule autre personne qui utilisait cette saloperie de magie verte était…

Tony se figea.

Okay, ça n'annonçait mal.

Il sentit ses entrailles se tordre en entendant le son caractéristique d'une hache heurtant le métal tandis que des tirs de magie fusaient dans tous les sens.

Ils étaient quatre à se battre – ou pour être plus précis, trois d'entre eux combattaient et le dernier essayait juste de rester en vie. Il tourbillonnait au milieu des autres, tenant son sceptre bien haut, et l'herbe gelée réfléchissait la magie qui s'échappait de ses mains, étincelante. Il avait la souplesse d'une ombre, chaque mouvement se fondant dans le suivant alors qu'il délivrait coup mortel après coup mortel. Mais les autres, en nombre supérieur, n'étaient pas faciles à abattre.

C'était un très mauvais jour pour Loki Laufeyson.

- Qu'est ce que tu leur as fait ? murmura Tony pour lui-même, les observant essayer de le tailler en pièces.

Des méchants qui combattaient des méchants. Ça n'était pas écrit dans les règles du avec la fête foraine si proche… il ne pouvait pas passer son chemin. Il était passé sur la fréquence des Avengers avant d'avoir vraiment compris ce qu'il faisait.

- Avengers ! aboya-t-il. On a des supers criminels qui se battent près d'une fête foraine à Central Park. J'identifie Loki, Amora, Skurge et le docteur Fatalis. Alerte rouge. Si vous recevez ça…

- Ne vous mêlez pas de ça, Iron Man.

La voix qui s'éleva de la radio était malvenue et certainement pas invitée.

- Laissez-les se battre.

Tony serra les dents.

- De quoi vous parlez putain Fury ? Il y a des centaines de gens ici…

- Que vous allez faire évacuer, répliqua Fury, la voix plus faible à travers les haut-parleurs. Laissez nos puissants amis régler leurs affaires. Ce n'est pas tous les jours qu'ils font le boulot à notre place.

- Quoi ? Vous pouvez toujours rêver.

Mettant fin à la transmission, il passa sur une fréquence secondaire.

- Avengers, regroupez vous !

Il n'obtint pas de réponse. Un champ de notifications rouges emplit le panneau de visualisation.

- On dirait que votre ligne est occupée, Monsieur Stark.

Tony bouillonnait à l'intérieur de l'armure.

- Vous m'avez bloqué ? Bordel Fury, ne me mettez pas au pied du mur.

- Je crois que vous devriez prendre l'autre direction. Le transporteur est à six heures. Le SHIELD est en position. Faites évacuer les civils, Stark.

Loin en dessous de Tony, Loki avait l'air de commencer à fatiguer. Il ne pensait pas avoir été remarqué par les autres, ou alors si c'était le cas, ils s'en fichaient. Ils se regroupaient autour de lui avec leurs armes et leur magie et Loki était peut-être très doué, mais personne ne pouvait résister pour toujours. Même pas cet enfoiré, pourtant si malin.

Merde. Merde. Même s'il descendait, il se ferait défoncer lui aussi, et la fête foraine risquait d'être percutée par un tir. Il ne pouvait pas contacter les autres, et Fury planait dans le ciel comme un nuage noir, surveillant tous ses mouvements.

C'était comme ça alors ? Il devait laisser Loki mourir ? Personne ne le blâmerait. Les civils le remercieraient les premiers. Fury le couvrirait à cent pour cent. Ce n'était pas des innocents qui se battaient. Chacun d'entre eux avait fait son lot de mauvaises actions. Loki n'était pas différent de Fatalis ou d'Amora. Egoïste, suffisant et assoiffé de pouvoir. La seule différence était qu'il avait trahi l'un d'entre eux pour payer sa dette envers Tony.

Est-ce que ça compensait ? Sûrement pas.

Alors pourquoi avait-il l'impression que ce n'était pas juste ?

Parce que tu vas assister à une exécution, lui dit une petite voix au fond de sa conscience. Quand ils l'auront vaincu, ils l'exécuteront, et tu seras l'homme qui y aura assisté.

Il était Iron Man. Il combattait les méchants. Même quand il n'était pas certain d'en ressortir vivant.

- Monsieur ? s'enquit JARVIS sur un ton neutre.

En contrebas, Loki chancela et posa un genou à terre. Trois dagues jaillirent de sa main. Une seule atteignit sa cible. Skurge s'arrêta pour la retirer de sa poitrine, avant de brandir sa hache.

Loki se divisa en trois et disparut. Trois. Juste trois.

Iron Man combattait les méchants.

Qui étaient les méchants ?

- Ne faites pas ça, Stark, l'avertit Fury, glacial.

Tony ferma les yeux.

Putain. Il avait fait des choses plus stupides pour moins que ça.

Ses yeux se rouvrirent.

- JARVIS ! Déclenche l'activation à distance de DOS Mark 1. Double la puissance s'il te plait. Détourne l'énergie sur l'Unibeam, charge maximum.

Son cœur martelant dans sa poitrine, il sourit à la vidéo qui se mit en route sur le panneau de visualisation.

- Désolé Fury, je suppose que c'est à vous d'évacuer la foule.

Le regard noir de son supérieur aurait pu faire fondre son casque.

- Est-ce que vous êtes conscient de ce que vous faites ?

Tony eut un rire un peu fou.

- Absolument pas. Ça en dit long sur moi, chef.

Il coupa complètement la communication et bloqua toutes les fréquences, tournant son regard vers le champ de bataille glacé.

- DOS Mark 1 activé. Temps d'arrivée estimé à deux minutes. Unibeam à soixante six pourcents.

- Laisse-le charger. Change la classification de Loki à « civil » dans le protocole de ciblage. Active le Deadlock portable sur huit cent mètres. Charge les missiles, JARVIS. Verrouille les cibles.

- Prêt à faire feu, Monsieur.

Tony eut un sourire féroce quand Skurge apparut dans son champ de vision, le clair de lune se réfléchissant sur la hache imprégnée de magie qu'il faisait tournoyer au-dessus de sa tête. Oh, ça allait être marrant.

- Fais tout péter.

Il sentit la force du tir se répercuter sur lui quand les armes intégrées dans son épaule firent feu, ne mettant qu'une seconde à charger et suivre leur cible. Trois atteignirent Skurge de plein fouet, frappant directement ses poignets. Les Asgardiens étaient forts, mais ils avaient besoin de leurs mains pour tenir leurs armes. S'il en jugeait par le rugissement de rage et de douleur qu'il entendit, Skurge n'avait plus ce luxe.

Les cinq missiles restants heurtèrent Fatalis aux articulations et l'envoyèrent plus loin entre les arbres. Tony ne savait pas si c'était un Doombot ou pas, alors l'immobiliser pendant quelques minutes était le mieux qu'il puisse faire.

Amora et Loki firent tous deux un bond en arrière, surpris et confus. Ils le remarquèrent au même moment, deux paires d'yeux verts très différents, écarquillés avec la même expression. La magie illumina leurs quatre mains.

- Au temps pour l'effet surprise, nota-t-il. La fête peut commencer.

Il se dirigea droit sur eux avec quelques tirs pour déboussoler Amora et agrandir l'espace entre elle et Loki. Il atterrit brutalement, brisant le sol gelé sous ses pieds.

- Okay les enfants, déguerpissez de là.

Il eut le plaisir de voir Amora essayer de se téléporter quelque part, mais, sous l'influence du Deadlock, ne réussir à produire qu'une ou deux étincelles. Réalisant qu'elle était coincée, elle poussa un cri de rage.

- Comment oses-tu ?! Skurge ! Lève-toi, j'ai besoin de toi !

Mais Skurge avait l'air d'être sur le banc de touche pour un bon moment, serrant ses poignets contre lui pour protéger ce qui ressemblait à des os brisés. Il se remit tout de même sur ses pieds. Obéissant petit… Tony perdit le fil de ses pensées alors qu'il évitait un coup de sceptre sur la tête. La lance de Loki.

Même pâle à cause de l'éreintement, les yeux brillant d'un vert toxique, Loki avait l'air de vouloir continuer à se battre. Comme un animal sauvage, pensa Tony. Attaquant férocement tout ce qui s'approchait de trop près. Depuis combien de temps était-il en train de se battre ?

- Fais attention crétin ! s'exclama le génie en évitant un autre coup. C'est quoi ton problème ?

Il en dévia un autre avec son avant-bras, se jetant hors de sa portée. Les regardant tous les deux, Amora sourit mystérieusement.

- Allons, Iron Man, cajola-t-elle, se glissant vers lui. Je suis sûre que l'ennemi de mon ennemi est mon ami. Aide-moi à me débarrasser de ce menteur. On l'a laissé ramper dans le coin pendant bien… trop… longtemps.

Est-ce que c'était lui, ou était-elle soudainement devenue vraiment très attirante ? Tony battit des paupières alors que ses yeux lui semblaient devenir deux profonds lacs verts, l'aspirant jusqu'à ce qu'ils soient tout ce qu'il puisse voir. Il y avait une étincelle au fond, remarqua-t-il. Peut-être... Peut-être que s'il pouvait la suivre...

Clanggg ! Un bâton frappa son casque à nouveau, cette fois aussi fort que si Loki avait essayé de faire un homerun avec sa tête.

- Réveille-toi, abruti, cracha-t-il.

Il avait l'air de comprendre ce qui se passait.

- Ne la regarde pas dans les yeux !

- Urgg, répondit intelligiblement Tony, avec l'impression d'avoir été aspergé d'eau froide.

Il la repoussa brutalement, entendant à peine son cri d'indignation.

- Je suis revenu ! Je suis là !

- Bien, répliqua Loki, blême. Parce que le jouet de Victor aussi.

Tony se tourna à temps pour voir Fatalis – ou plutôt ce qui s'avéra être un Doombot – revenir les traquer dans la clairière, la moitié de sa capuche arrachée pour révéler le crâne de métal en dessous. Ces connards s'auto-réparaient.

Heureusement, ce fut aussi le moment où DOS Mark 1 atterrit. Le Doombot se figea, ses capteurs devenant fous.

- Doombot, quelle est votre identification ?

DOS Mark 1 –l'abréviation de Double Zéro Sept, comme Œil de Faucon l'avait surnommé avec amour – s'inclina.

- Bond. James Bond. Je vous le sers bien cuit ou saignant ?

Tony cligna des yeux. On aurait dit la voix de Clint.

Le Doombot émit une série de bips en réponse, ses fonctions de logique et d'identification se contredisant. DOS décida pour lui, s'avançant dans un mouvement fluide, l'électricité crépitant autour de lui. Tony les laissa se débrouiller, l'Unibeam était complètement chargé et il avait un exécuteur à mettre au tapis.

Il se tourna vers Loki.

- Tu peux gérer Barbie Magique ?

Loki hocha silencieusement la tête, avec un air lugubre. Il était très pâle. Plus mince aussi, comme si quelque chose avait aspiré sa vie. Mais il était résistant, se rappela Tony en se tournant vers Skurge, qui mesurait deux mètres de haut, et s'approchait avec l'air décidé à le tuer coûte que coûte. Il avait de plus gros soucis en tête.

À trois contre trois, le combat semblait équitable au début. Tony pouvait se concentrer sur Skurge la plupart du temps. Même blessé, il réussissait à mouvoir sa hache comme un bûcheron fou sous acide. Tony esquivait quand il le pouvait et lui tirait dessus quand il trouvait une ouverture décente, mais il ne put pas viser assez justement pour utiliser l'Unibeam. Alors le combat continua. Encore et encore.

Aucune aide ne vint. Tony ne savait pas si Fury bloquait tout et empêchait les médias de s'approcher de la zone, mais il devint clair que les Avengers ne viendraient pas. C'était juste lui, son agent double Doombot, et Loki.

- DOS Mark 1 à trente pourcents de ses capacités. Fonction logique endommagée. Doombot essaie de hacker le système.

Pour une fois, entendre la voix de Jarvis ne lui fit pas plaisir. Si le Doombot déviait la logique de DOS et sa reconnaissance amis/ennemis, c'en était fini d'eux.

- Merde ! jura Tony.

Il manquait de temps. Ce fut à ce moment-là que Skurge fonça sur lui, sa hache levée, du sang coulant le long de ses avants bras. C'était l'ouverture qu'il attendait.

- Unibeam, puissance maximale. Détruis-le !

Un torrent d'énergie pure blanc et bleu jaillit de sa poitrine, juste au dessus de son réacteur. Même avec ses stabilisateurs à pleine puissance, Tony réussit à peine à garder les pieds sur la glace alors que le laser frappait directement Skurge, l'enveloppant complètement à cette courte distance. Tony garda la puissance aussi longtemps qu'il le put, sa jauge d'énergie s'amenuisant petit à petit sur le panneau de visualisation. Il devait être sûr que Skurge tomberait.

- Monsieur, DOS Mark 1 est hors ligne. Je suggère fortement un reboot…

- S'il est hors-circuiton a gagné un voyage vers un monde de douleur, JARVIS, grogna Tony.

Jetant un coup d'œil à Loki et Amora il les vit tous les deux toujours engagés dans leur combat, même si Loki avait l'air d'être à deux doigts de s'effondrer.

L'armure avait épuisé ses ressources. Il ne pourrait pas réutiliser le laser central. La lumière s'éteignit quand il coupa la source d'énergie. Si Skurge avait réussi, d'une manière ou d'autre, à bloquer…

Oh.

Il n'avait pas réussi. Tony le fixa.

- Dis donc, c'est pas beau à voir.

Il se tourna vers la femme blonde qui continuait ses tirs de magie en direction de Loki.

- Hey, Enchanteresse, j'ai transformé ton garde du corps en pâté. Désolé.

Surprise, Amora se retourna juste assez longtemps pour apercevoir Skurge. Le sang quitta son visage. Elle était assez médusée pour que Loki invoque la puissance du Coffre des Anciens Hivers et lui tire dessus avant qu'elle ne s'en rende compte. Il ne faiblit pas jusqu'à ce qu'elle ne soit plus qu'une tache verte et blonde à l'intérieur d'un énorme morceau de glace, gelée en son milieu.

Haletant, complètement épuisé, Loki tomba à genoux en même temps que le coffre disparaissait.

- Plus qu'un, déclara Tony pour lui-même, se tournant face au Doombot.

Il était en pièces.

DOS Mark 1 lissait sa cape déchirée avec des gestes calmes. Il s'arrêta net quand il remarqua le regard de Tony sur lui.

- Monsieur, dit JARVIS, se redressant. Puis-je suggérer que vous mettiez son simulateur neuronal sur un serveur qui ne soit pas directement connecté au mien la prochaine fois que vous créerez un drone doté d'une intelligence artificielle ?

Tony cligna des yeux. Okay. Alors. Il semblait que DOS soit JARVIS. Ce qui voulait dire que JARVIS s'était chargé lui-même dans DOS et avait détruit un Doombot. Parce qu'il en était soudainement capable.

- JARVIS, as-tu l'intention de prendre le contrôle du monde ?

- Non, Monsieur.

Il semblait offensé par l'idée.

- Tant mieux. Je vérifiais.

Il fit glisser son masque vers le haut.

- Si t'as finis de te la jouer T-800 pour ce soir, tu peux le renvoyer à la maison pour moi ? La dernière chose dont j'ai besoin c'est que Fury pose ses grosses pattes gouvernementales dessus.

- Bien sûr.

Ses jetpacks s'illuminant, DOS/JARVIS prit la direction du ciel. Tony le regarda partir avec une curiosité un peu déconnectée. Sauvé par JARVIS hein ? Sa vie ne pouvait pas devenir plus bizarre. Si on regardait le bon côté des choses, au moins il pourrait faire peur à Clint quand il le voudrait.

Se tournant vers Loki, Tony s'approcha de lui, le poids de l'armure brisant la glace sous ses pieds. Il était resté à la même place, les mains tremblantes de fatigue, ses yeux verts brillants comme deux torches dans son visage pâle. Il ne ressemblait en rien au connard sûr de lui qui était apparu dans sa chambre quatre mois plus tôt.

Réduisant la force du Deadlock pour restaurer un peu d'énergie dans l'armure, Tony lui tendit une main pour l'aider à se relever. Loki ne la prit pas. Il le regarda à peine.

- Qu'est ce que tu veux ? demanda-t-il, la voix presque inaudible. Je suis fatigué d'avoir des dettes envers toi Stark. Ca causera ma perte.

Il lui lança un regard perçant, la bouche pincée.

- Tu aurais voulu que je ne te sauve pas la vie, et que tu te fasses vraiment tuer ? demanda Tony, sceptique.

Typique.

- C'est ça. Peu importe. Si je peux te donner un conseil, arrête d'énerver des gens puissants et tarés comme Amora et Fatalis !

- J'aurais pu m'en sortir, répondit sombrement Loki. La dernière chose que je souhaite, c'est qu'un mortel comme toi ne m'aide.

- Tu étais plutôt d'accord avant.

- Je ne le suis plus.

Loki se releva lentement, ayant du mal à coordonner ses membres. Il était à la même hauteur que l'armure de Tony quand il eut fini, le regardant droit dans les yeux.

- Ne pense pas que mes offres précédentes soient toujours valables.

Tony roula des yeux.

- Tu pense que je suis venu ici attiré par l'appât du gain ? J'ai juste cru que Fatalis te poursuivait parce que tu m'avais donné les schémas. Hey, si j'avais faux, considère ça comme une faveur. Je m'en fiche complètement. Enfonce toi bien ça dans ta petite tête d'Asgardien.

Loki tressaillit

- Je ne suis pas

Mais sa réponse fut avalée par le crissement aigu de la glace brisée et un flash de magie verte s'échappa de ce qui avait été la prison d'Amora. Ses paumes ouvertes crachaient des projectiles s'apparentant à des balles dans toutes les directions, certaines venant se ficher dans l'armure de Tony alors que Loki élevait un fin bouclier autour de lui.

- Ce fut agréable, dit Amora en rassemblant maladroitement les restes de Skurge. Mais j'ai un garde du corps à reconstituer. Et je pense que tu as quelques mortels à sauver Iron man... non ? Je devrais y aller.

La lumière enveloppa son corps avant qu'il ne puisse réaliser qu'il avait désactivé le Deadlock –idiot !— puis elle disparut, se téléportant ailleurs.

L'armure fit des étincelles à quelques endroits quand il la testa, et il réalisa que les stabilisateurs intégrés dans ses bottes étaient hors service.

- Je déteste la magie, murmura-il, tapant ses bottes contre le sol sans résultat. Je suppose que je rentre en stop ce soir.

- Stark, l'avertit faiblement Loki derrière lui. Tu aurais... Intérêt à bouger rapidement.

Tony se tourna, et, suivant son regard, chercha le problème. Il ne le vit pas immédiatement. Du moins pas avant qu'il n'entende le craquement menaçant de quelque chose de lourd sur le point de céder.

- La glace, indiqua Loki, en boitillant vers la tour de glace que Tony avait faillit percuter auparavant. Elle va tomber.

L'horreur tordit son estomac.

- Droit sur la fête foraine que le SHIELD n'a pas évacué…

Il se mit à courir dans sa direction, calculant mentalement la vitesse de chute comparée à la vitesse du vent et la distance du parc. Si elle tombait en un seul morceau elle allait … Putain de merde, elle allait frapper la grande roue de plein fouet. Une grande roue pleine d'enfants. Ils ne pouvaient même pas courir…

Et il ne pouvait pas voler. Le laser central était hors service. Tout ce qui lui restait, c'étaient les deux canons dans ses avants bras et les stabilisateurs dans ses paumes, et ils n'avaient pas la force nécessaire pour faire pencher la glace de l'autre côté. Tony replaça son masque d'un geste brusque.

- Iron Man au transporteur du SHIELD, ramenez vous ! Fury vous devez détruire cette tour de glace, si elle tombe elle va écraser la grande roue. Fury dépêchez-vous ! Tirez !

- Négatif, répondit Fury comme s'il avait dix ans. Les armes du transporteur sont... trop puissantes. Vous le savez. Nous détruirions plus que de la glace. Les lignes sont libres, vous pouvez réunir votre équipe, mais Thor est au Nouveau-Mexique.

Il fit une pause brève.

- Iron Man...

- N'essayez même pas de le dire, gronda-t-il, sprintant aussi vite qu'il le pouvait vers la glace. Vous êtes inutiles, bande de merdes bureaucratiques.

Il coupa la ligne alors qu'il arrivait à la base de la tour se délestant de gros morceaux de glaces, vacillant, des fissures courant dans toutes les directions. Mais Tony pouvait le voir, quand elle se briserait, l'angle de la cassure l'enverrait juste là ou il ne voulait pas qu'elle aille.

Posant ses mains contre elle, se positionnant en sachant que la force procurée par l'armure n'était pas suffisante, Tony poussa.

Les sirènes hurlantes du transporteur se firent entendre, ses projecteurs balayant la fête foraine. Les gens se mirent à crier alors que l'alerte d'évacuation se mit en marche, pensant probablement qu'une troisième guerre mondiale s'était déclenchée. La vue du formidable engin descendant du ciel aurait inspiré de la terreur à n'importe qui.

Plantant ses bottes profondément dans le sol gelé pour plus de stabilité, Tony résista de toutes ses forces, mais il pouvait sentir les fissures se propager à travers la glace. Haute de plus de vingt mètres et aussi large qu'une petite maison, elle allait faire beaucoup de dégâts quand elle s'écraserait. L'armure était presque déchargée, Tony n'avait pas sa force habituelle. S'il avait pu voler, ça n'aurait pas été un problème, pensa-t-il en laissant échapper un grognement alors que la structure penchait vers lui. Amora avait-elle avait prévu tout ça ?

Il ne se rendit compte qu'il était du mauvais côté que lorsque la glace commença à se briser pour de bon. Lorsqu'elle tomberait, elle tomberait également sur lui. Puis il sentit le système hydraulique de l'armure céder alors que le poids dépassait sa limite. Un fluide se mit à couler à l'intérieur, et sa force s'évanouit.

- C'est nul comme façon de mourir, murmura-t-il alors que la tour gelée tombait vers lui.

Tony ferma les yeux.

La chute s'arrêta dans un bruit crissant de glace rencontrant la glace.

- Dois-je vraiment tout faire ? demanda une voix fatiguée à son oreille.

Tony sursauta et regarda à ses côtés pour y trouver Loki, les mains appuyées contre la glace, poussant avec la force qui lui restait. Il était fort, pensa Tony avec un air hébété, comme s'il ne l'avait pas su avant. Bien sûr qu'il l'était, il n'était pas humain après tout.

Et il l'aidait.

L'adrénaline courut dans ses veines et Tony prit à nouveau appuis sur ses pieds, poussant autant qu'il le pouvait. Mais il n'était pas d'une grande utilité. La force surhumaine de l'armure avait disparu.

- Je ne peux pas pousser… mais je peux la détruire depuis l'autre côté. Loki, tu peux tenir ?

- Fais vite, Stark. Je n'ai plus de magie.

- Aussi vite que je peux, lui promit Tony, remontant le masque de l'armure dans un claquement pour mieux y voir.

Il se rendit de l'autre côté de la glace, essayant d'ignorer le grondement épuisé de Loki qui tenait sa position, supportant le poids à lui tout seul. Dirigeant toute la puissance qui lui restait dans les stabilisateurs de ses mains, Tony tira encore et encore sur la partie la plus proche.

La glace vola dans toutes les directions, mais il continua. S'il pouvait assez l'entamer de son côté, Loki serait capable de la repousser loin de la foule. Alors il continua de la creuser, éclat après éclat, même alors que les stabilisateurs vacillaient et mourraient, comme la flamme d'une bougie ayant consumé sa mèche. Quand ils furent complètement éteints, il la taillada avec ses mains, arrachant l'un de ses avants bras pour s'en servir d'outil. Quand il fut trop abîmé pour être utile et qu'il tomba en morceau, il se mit à frapper l'intérieur de l'énorme entaille à mains nues. Ça allait marcher. Il fallait que ça marche.

Enfin, après ce qui lui sembla être une éternité à entendre la respiration difficile de Loki, le craquement de la glace changeant de position sonna comme une douce musique à ses oreilles. Cette foutue tour se remit à tomber dans une autre direction, sans personne pour la retenir cette fois.

Une main attrapa la sienne juste au moment où elle se brisait en trois énormes blocs, le tirant brusquement hors d'atteinte, et il heurta le sol, un poids s'écrasant en plus sur sa .

Puis des lumières jaillirent des mains du sorcier, les projetant loin de la structure de glace, alors qu'ils glissaient sur le sol gelé.

Finalement, à part quelques arbres et les restes du Doombot, rien ne fut détruit. La fête foraine resta intouchée.

Tony et Loki cessèrent de glisser non loin des stands de nourriture, tout près d'un cordon de sécurité servant à encadrer les files d'attentes du parc. Se débarrassant de son casque à l'aide de ses doigts engourdis, Tony inspira profondément face au ciel nocturne.

- Est-ce que tu viens de me faire surfer en sécurité ?

Loki, toujours étendu en travers de sa poitrine, fit un vague geste de la main. Tony supposa que ça voulait dire « oui ».

- Je croyais que t'avais plus de magie ?

Loki releva juste assez la tête pour le regarder. Tony déglutit.

- Ouais, okay, t'as raison.

Faisant pivoter ses hanches sur le côté, il déposa Loki sur son dos, à côté de lui, où il se laissa tomber sans résistance.

Sans savoir quoi dire, le génie choisit de regarder le ciel, essayant de reprendre son souffle. A ses côtés, Loki semblait faire la même chose. Il faillit lui demander pourquoi il s'était embêté à sauver un tas d'humain dont il n'avait que faire, mais décida de s'abstenir. Pour l'instant.

Il l'avait fait, et c'était assez. En plus c'était sûrement un autre moyen de s'assurer qu'ils étaient quittes.

Après ce qui lui sembla durer des heures, mais qui dura sûrement quelques minutes, un tas de petites têtes vinrent boucher son champ de vision.

- Iron man ?

- Hey, Iron Man, ton casque est tombé.

- Salut Loki ! T'as pas l'air bien.

- Iron man, tu veux de mon pop corn ?

- On dirait du pipi cette flaque.

Tony plissa les yeux en relevant la tête vers eux. Foutus gamins.

- C'est du fluide hydraulique, donc non, je ne me suis pas pissé dessus. Aidez-moi à m'asseoir.

Il fallut cinq enfants et un vendeur de pop corn adolescent extrêmement nerveux pour le relever, mais ils réussirent. Tony tourna son regard vers Loki qui était toujours d'une pâleur mortelle et jetait son regard le plus noir au ciel.

- Tu peux pas bouger, hein ?

Sa bouche se plissa dans une grimace.

- Pas... tout de suite.

Reniflant dédaigneusement, il tendit la main et agrippa son bras, mais eut autant de mal que lui. Sans rien pour l'alimenter en énergie, l'armure le rendait maladroit et bouger devenait un enfer. Heureusement il avait une petite armée d'enfants qui ne semblaient pas connaître la peur, et qui, passant tous derrière Loki, réussirent à le mettre en position assise.

- Enlevez vos sales mains poisseuses de moi ! siffla Loki, sans aucune crédibilité.

Ça venait sûrement du fait qu'il avait l'air à deux doigts de retomber par terre et de mourir.

- Allez-vous en, les enfants.

Une voix familière se fit entendre à quelques mètres. L'agent Coulson.

- Les alarmes ont sonné, allez retrouver vos parents.

- A mort la police ! hurla en retour l'un des gamins, mais le petit troupeau s'enfuit en riant vers le parc, chuchotant entre eux. A côté de lui, Tony entendit Loki laisser échapper un petit soupir presqu'amusé.

Coulson les regarda tous les deux, clairement peu impressionné. Tony savait que son armure était bousillée, encore une fois, marquée par les impacts de balles, certaines pièces manquantes, complètement déformée et rayée. En plus, il n'en était pas certain, mais il se pourrait que l'un des enfants lui ait volé son casque.

Les jointures des mains de Loki étaient tachées de sang, et ses cheveux pendaient en mèches désordonnées devant son visage creusé à cause de l'énergie que sa magie avait drainé hors de lui. De grandes ombres s'étaient installées sous ses yeux verts qui avaient prit une lueur fiévreuse. Le cuir de ses vêtements était à nouveau déchiré et recouvert de glace.

Pour résumer, ils avaient tous les deux des gueules de déterrés.

- Vous êtes venu pour nous jeter en tôle ? demanda sèchement Tony. Laissez-moi dire que vous allez le regretter si vous essayez.

Coulson le regarda calmement.

- J'ai pour ordre de vous appréhender si nécessaire.

Il bougea imperceptiblement, ses yeux passant de Tony à Loki, pour revenir sur le premier.

- Malheureusement c'est l'époque d'Internet, et beaucoup de vidéos amateurs ont déjà été postées. Plus précisément de l'un de nos plus dangereux criminels sauvant une fête foraine pleine d'enfants aux côtés d'Iron Man lui-même.

Loki se renfrogna.

- Un acte de circonstance, rien de plus.

Coulson lui offrit un sourire insipide.

- Peu importe, le SHIELD ne veut pas attirer l'attention des médias. Pas pour l'instant. Bonne nuit messieurs.

Tournant les talons, il s'éloigna dans la direction d'où il venait, s'arrêtant juste pour prendre quelques photos de la flèche de glace brisée avec son téléphone.

Bon, ça c'était mieux passé que prévu. Tony était toujours en vie, et toujours libre, même s'il avait bousillé une énième armure. Au moins, celle-ci pouvait être réparée. Et Thor lui serait extrêmement reconnaissant d'avoir sauvé son frère. La vie était belle finalement.

- T'es un méchant plutôt incompétent, là, tout de suite, fit remarquer Tony en regardant le tas de glace commencer à fondre. Tu t'es fait battre à plate couture par les autres supers méchants, et t'as sauvé un bon paquet d'enfants dans une grande roue.

- Pas la peine de me le rappeler, rétorqua Loki, la voix rauque, avant de s'éclaircir la gorge. Je maintiens que j'aurais pu les battre sans ton intervention.

- D'accord. Je suppose qu'on ne saura jamais, répliqua diplomatiquement Tony sans toutefois être capable de cacher son sourire sceptique.

- En effet, répondit froidement Loki.

Il sembla se voûter un peu plus vers l'avant, fixant ses jambes comme s'il n'était pas sûr d'être capable de les bouger tout de suite. Tony réalisa quelque chose en le regardant.

- Ils t'ont poursuivi pendant tout ce temps, hein ? C'est pour ça que c'était aussi calme.

Ça expliquait beaucoup de chose. Le calme inhabituel régnant sur la ville. L'absence de Fatalis dans les environs. Loki hocha légèrement la tête.

- Oui. Amora a réussi à placer un sort de location sur moi, que je n'ai pas eu le temps de trouver et de briser. Je suis passé de continents en continents pour la fuir pendant trois mois et demi. Fatalis s'est joint à la chasse quand il a compris que c'était moi qui avais copié ses schémas.

Ses yeux se rétrécirent.

- Il n'avait aucune preuve, évidemment. Jusqu'à cette nuit, du moins.

Démantelant manuellement l'armure, Tony la retira pièce par pièce et entama le long processus nécessaire pour l' ramassa l'une des protections de ses épaules et la tourna dans ses mains, pressant ses doigts à l'intérieur avec une curiosité mal assumée.

En fait, remarqua Tony alors qu'il s'en extirpait tant bien que mal, Loki ramassa plusieurs morceaux et étudia les autres quand ils tombèrent autour de lui. Quand ses doigts devinrent humides à cause du fluide hydraulique, il renifla son pouce avant de le lécher. Au même moment, Tony fit accidentellement tomber la protection de sa poitrine sur son pied.

Il réussit finalement à se débarrasser de tout, se retrouvant uniquement vêtu d'une combinaison doublée, noire, et de bottes dotée de semelles très minces. Loki le détailla entièrement, mais son regard retourna sur le réacteur plusieurs fois. Il ne ressemblait pas à Thor de ce côté-là, pensa ironiquement Tony. La science et la technologie semblaient l'intriguer.

- Dis-moi ce que ça fait, demanda soudainement Loki, repliant ses jambes sous son corps pour se remettre sur ses pieds.

Il ne vacilla qu'une fois.

-Tu as juré de me le dire quand on était dans cette misérable cellule.

Tony hésita, puis haussa les épaules.

- Ca me garde en vie, répondit-il sans le regarder. Mais je pense que tu le savais déjà. Il n'y a rien de plus à dire.

- Il y a toujours quelque chose de plus à dire.

- Ouais, ben j'ai pas assez confiance en toi pour te le dire.

Loki devint silencieux après ça, mais ne sembla pas être offensé pour autant. Quand Tony eut fini de former une grande pile avec les morceaux de son armure, une question lui échappa comme s'il n'avait pas pu la retenir.

- Est-ce tu aurais besoin des services d'un magicien ?

Tony lui jeta un regard incrédule.

- Mais bien sûr. Je ne suis pas né de la dernière pluie. Tu nous détestes !

Loki déglutit. C'était la première fois que Tony le voyait dans un état qui approchait la nervosité d'aussi près.

- Oui, admit-il, puis il secoua furieusement la tête. Non. C'est… Compliqué. Les choses ne sont plus aussi simples qu'elles l'étaient. Je suis traqué par les mêmes ennemis qui veulent ta mort, Stark. Si on considère ça...

- Tu veux travailler avec nous, dit-il lentement. Mais pas comme un Avenger. Tu veux notre protection.

- Ne sois pas ridicule, cracha Loki, acide. Une protection ? Vous…

- Le Deadlock, le coupa Tony en haussant la voix, pour couvrir la sienne. Tu l'as vu en action. C'est pourquoi tu demandes ça. Tu as besoin d'un endroit où te reposer. Tu es un mort en sursis… S'ils t'attaquent encore comme ça, ils auront le temps de te tuer trois fois avant que tu ne touches le sol et tu le sais.

La poitrine gonflée, les yeux écarquillés, Loki ouvrit la bouche pour lui répondre, mais rien ne sortit. Finalement, ses yeux verts devinrent ternes, et ses épaules se voûtèrent comme sous l'influence soudaine d'un poids énorme. Avec un rire bref et amer, il s'inclina poliment devant lui.

- Je te remercie pour tes services ce soir, Tony Stark, dit-il platement, comme s'il n'était pas déjà à moitié mort.

Puis il pivota avec grâce en ne prenant appui que sur une jambe et commença à s'éloigner dans les ténèbres. Boitillant vers sa mort.

Tony le laissa parcourir la moitié du champ couvert de neige fondue avant de le rappeler.

- Tu sais, ça voulait pas dire non !

Loki s'arrêta net, avant de lancer un flot d'injures dans un langage inconnu. Tony aurait pu jurer avoir entendu son prénom dedans.

Jetant un œil derrière son épaule, il regarda les enfants béats regroupés derrière le cordon de sécurité.

- Est-ce que je peux emprunter un téléphone à quelqu'un ?Un bout d'armure gratuit pour celui qui… Okay, okay, pas la peine de me les jeter dessus. Bon sang.

Appelant le numéro principal des Avengers, il fit un clin d'œil à Loki qui revenait vers lui avec une expression irritée.

Okay, pensa-t-il joyeusement alors que Natasha décrochait, ça allait être marrant.


Et merci au guest, à qui je ne peux pas répondre, si tu lis ça, ça me touche :) Et je compte continuer en effet !