Chapitre 6

Edward marchait en direction de sa salle quand il l'aperçut du coin de l'œil, la petite brune qui avait alimenté ses fantasmes la veille au soir, l'obligeant à s'adonner à des activités solitaires peu vertueuses. Elle se tenait près de son casier et semblait réfléchir. Il la détailla, elle portait ses bottes en cuir sexy et un jean délavé ultra moulant. Il remonta sur sa silhouette fine pour admirer la courbe de ses hanches qui, il le savait, était parfaite. Il frissonna, pourquoi il la laissait-il à Jacob exactement ?

Il contourna Bella discrètement, elle était trop absorbée dans la lecture de son prospectus pour remarquer qui que ce soit.

-Salut beauté, souffla-t-il dans son cou, juste sous son oreille. Elle fit un bond en avant se rattrapant in extremis à la porte de son casier.

-PUTAIN CULLEN ! T'es con ! Tu m'as foutu la trouille.

-Désolé, ricana-t-il, pas du tout sincère. Sur les nerfs ?

-Pas du tout ! T'es dingue. Alors ? Bien rentré hier soir ?

-Oui, qu'est-ce que tu regardes ?

-Le match de demain soir, tout Forks est convié.

-Tu viendras ? Demanda-t-il, espérant qu'ainsi elle se joindrait à la beuverie qui s'en suivrait.

- Aucune chance, ce n'est vraiment pas mon truc.

-Allez, pour moi, pour me voir !

-Tu crois que c'est un argument de poids, tu penses vraiment que je vais rester trois heures dans le froid, à regarder des lascars faire des trucs incompréhensibles sur un terrain ?

-Hé ! C'est pas n'importe quels lascars, il s'agit de moi quand même !

-Et ?

-Et, bah… moi quoi ! Le grand Edward, avec son maillot, ses équipements, transpirant la virilité et la force !

Bella explosa de rire devant l'air de tragédien qu'il avait pris au milieu du couloir bondé. La scène n'avait échappé à personne, Edward s'en foutait, Bella rougissait.

-Transpirant tout court, laisse tomber Edward, je me gèlerai pas trois heures pour te voir suer. J'ai mieux à faire.

-Quoi ?

-Un bon bouquin, une tablette de chocolat, un fond de classique.

-Putain, tu crains Swan, t'as 50 ans ou quoi ? Ils prirent la direction de la salle d'histoire.

-Et toi, tu n'en as pas plus de dix ! Laisse-moi tranquille !

-Ouais, laisse-la tranquille ! Jacob venait de glisser un baiser sur la joue de Bella. Ce qui la fit frissonner. Il marchait maintenant tout à coté d'elle.

- Salut ! Lui roucoula-t-il, la voix suave en plongeant ses yeux bruns dans les siens. A ce moment-là, Bella était en mode déconnectée et elle avait juste conscience que ses jambes ramollissaient et que ses mains devenaient moites.

-Salut, couina-t-elle en continuant d'avancer.

-Tu fais quoi ce soir, princesse ?

-Je révise avec Edward, sortit-elle spontanément, cherchant une échappatoire.

Jacob jeta un regard à Edward qui acquiesça avec un grand sourire, content qu'elle réussisse quand même à lui parler.

-Hum… Dommage et … c'est vraiment important ou vous pouvez remettre ça ?

-C'est vraiment important ! Lancèrent-ils de concert. Ils se tournèrent l'un vers l'autre, vraiment surpris d'avoir parlé en même temps. Ils se sourirent et la complicité entre les deux ados était évidente.

-Ok, alors demain après le match, tu m'accompagnes au Lodge bar ?

-Bella ne veut pas venir au match, répondit Edward à sa place.

-Ok, bah, je passe te prendre après, qu'est-ce que tu en dis ?

-D'accord. Elle ne se sentait pas de résister plus longtemps et, à la soirée, il y aurait Edward et les filles, alors elle était plutôt sereine. Le quater back lui fit un sourire entendu et tourna dans le couloir de droite.

-Tu seras à la soirée ? Demanda-t-elle rapidement à Edward, pour être sure.

-Ouais, t'inquiète !

Sans bavarder davantage, Edward traversa la salle pour s'installer dans le fond, comme d'habitude, il était un peu contrarié, elle avait dit oui à Jacob mais non à lui. Il la regarda prendre une des tables devant et quelques secondes plus tard, Alice et Rosalie s'installaient derrière elle. Alice se mit immédiatement à piailler dans l'oreille de Bella, elle lui raconta, en moins de trois minutes, tout ce qu'elle avait fait la veille et Bella s'y intéressait vraiment, même si le débit de parole de la petite hystérique était beaucoup trop rapide pour qu'elle saisisse tous les mots qui sortaient de sa bouche. Edward ruminait, il se demandait ce que Black avait de plus que lui ?

Bella passa la matinée et le déjeuner avec les mecs de l'équipe de foot et ses deux nouvelles copines. Elle prit le soin, quand elle était seule, de garder la main sur sa bombe dans la poche de sa veste. Grâce à cette arme, elle se sentait plus forte, plus en sécurité et, même si elle n'aimait pas ça, elle savait qu'elle ne pourrait plus s'en passer. Les cheerleaders, face à sa nouvelle assurance et son escorte, ne lui cherchèrent pas des poux. Le cours de maths débuta et Bella stressait pour Edward. Ses pieds tapotaient nerveusement le lino et, quand il rentra quelques minutes après, elle lui offrit un sourire qu'il lui fit oublier qu'il lui en voulait. Il lui murmura en passant :

-Si j'ai un A, je te jure que je t'embrasse ! Il s'éloigna vers sa table au fond et Bella resta figée. Elle finit par secouer la tête en souriant. Cullen était définitivement cinglé mais elle doutait fortement qu'il ferait ça. C'était juste façon de parler.

La mère Johnson, comme Edward l'appelait, rentra avec le paquet de copies et Bella constata qu'elle l'avait jeté avec encore plus de force que la dernière fois. Elle n'aimait pas entendre les copies claquer surle bois du bureau, mais elle détestait surtout l'air terrifiant que la vieille femme prenait pour s'adresser au groupe.

-D'accord, j'ai corrigé vos copies, il y a du bon, du moins bon et du très décevant. Je commence par le moins bon ! Elle attrapa les feuilles et commença sa distribution passant des savons aux premiers élèves qui recevaient leurs copies. Plus le tas de feuilles diminuait, plus les commentaires étaient contrastés et Bella se retourna pour regarder Edward, quand il ne resta plus que quelques élèves qui n'avaient pas reçu leurs feuilles. Elle leva son pouce vers lui et il lui fit un clin d'œil. Il bouillait d'impatience, il savait qu'il avait au moins B+.

-Terry, A- c'est bon, continue comme ça. Edward serra son poing et l'agita au-dessus de sa table. Elena A+ comme Isabella. Elle tendit la dernière feuille à Bella et Edward était complètement déstabilisé. Il n'y avait plus de feuille ! La vieille folle avait perdu sa copie ? Bella le dévisageait, paniquée. Ne comprenant pas, elle non plus.

-Bah et moi Mdam' ? Demanda-t-il, sa voix trahissant son incompréhension.

-Monsieur Cullen… Soupira la vieille en se dirigeant vers le bureau. La semaine dernière, vous m'avez beaucoup déçu, votre copie était lamentable. Elle sortit la copie de son sac et Edward trépignait sur sa chaise, il ne savait plus du tout quoi penser. Bella soufflait de soulagement qu'elle n'ait pas égaré sa copie.

- Je suis encore plus déçue cette semaine. Il fronça les sourcils, il ne comprenait pas et Bella allait se mettre à pleurer.

-Parce que vous êtes capable monsieur Cullen et votre C- de la semaine dernière baisse considérablement votre moyenne, j'aurais aimé que vous commenciez le semestre avec un A+. Elle lui tendit sa copie et il écarquilla les yeux en découvrant le grand A+ rouge entouré trois fois.

-Wahaha ! Hurla-t-il en lui arrachant la copie des mains. Il n'en croyait pas ses yeux, il n'avait jamais eu A+ en maths. A+ ! A+ ! cria-t-il en s'agitant en tous sens, faisant éclater de rire toute la classe, Bella comprise. Elle souriait, aux anges, elle était vraiment heureuse pour lui.

-Vous pouvez remerciez Mademoiselle Swan, fit remarquer la prof.

-Oh putain oui ! Sans demander l'autorisation, il se leva d'un bond et fit les trois enjambées qui le séparaient du premier rang. Bella le regarda approcher avec surprise et bonheur. Le visage d'Edward plongea sur elle et il écrasa ses lèvres sur sa bouche. L'espace de quelques secondes, il partagea son euphorie avec elle et elle eut juste conscience que son cœur venait de rater un battement.

-MONSIEUR CULLEN ! Hurla madame Johnson. Edward relâcha Bella immédiatement, la laissant le souffle coupé. Il traversa la salle dans l'autre sens. Rosalie, Alice et pratiquement toute la classe furent pris d'un fou-rire et Edward se sentait plus fort qu'Iron man, Hulk et Terminator réunis. Bella était morte de honte et avait envie de pleurer de joie en même temps. Son cœur battait à tout rompre et elle ne savait pas si c'était l'effet du baiser ou parce qu'il venait de la mettre dans la situation la plus inconfortable qu'elle n'ait jamais connue. Quel con ! Il l'avait fait ! Elle ne savait pas si elle devait en rire ou en pleurer.

Edward reprit sa place en claquant dans les mains de ses potes qui étaient autour de lui. Rosalie mima des applaudissements silencieux et Alice lui souriait, il voyait la fierté dans son regard. Bella, elle, était tournée sur sa copie la tête basse, essayant d'oublier le fait qu'il venait de l'embrasser en public. Ce n'était pas grave, c'était sous l'effet de la joie et il l'avait prévenue mais elle ne pensait pas qu'il le ferait. Et elle avait encore le goût de ses lèvres sur les siennes.

-Allez ! Allez, on se calme maintenant !

Edward se demandait si Bella n'avait pas mal pris son geste. Elle lui tournait le dos maintenant et il pouvait voir qu'elle ne bougeait plus d'un pouce. Il se sentait con vis-à-vis d'elle. C'était juste pour déconner et il aurait dit pareil même à un de ses potes ! Il ne l'aurait sûrement pas fait mais, en réalité, il ne savait pas ce qui lui avait pris. Il voulait partager sa joie avec elle et maintenant elle allait sûrement lui en vouloir. Les baisers n'avaient certainement pas la même signification pour lui que pour elle. Bella était si innocente. Il culpabilisa immédiatement pour son geste. Il prit son mobile et tapota discrètement un message.

« Excuse-moi pour ce baiser, moment d'euphorie, E » Bella sentit sa poche intérieure vibrer et elle profita que Madame Johnson soit au tableau pour jeter un coup d'œil. Elle lut les excuses d'Edward et souffla, elle ne pouvait pas lui en vouloir. Elle était trop contente pour lui.

« Ok, excuses acceptées. Pour ton prochain moment de liesse, oublie-moi ! Merci, B »

Edward sourit en ouvrant sa boîte de réception, elle ne lui en voulait pas.

« Merci d'être si conciliante avec moi mais je vais commencer à croire que tu n'aimes pas quand je t'embrasse, E »

« J'ai peur de finir par y prendre goût, B »

« Je n'aurai pas des A+ tous les jours mais je sais que je rends rapidement les filles addictives »

« Et je suis si faible, suis le cours au lieu d'envoyer des sms »

« Non, j'y comprends rien et je m'en fous, j'ai une super prof pour m'expliquer après, E »

« Laisse-moi suivre si tu veux que je t'explique, taré ! B

Il rit en lisant sa réponse. Ses copains tournèrent la tête vers lui et l'interrogèrent du regard. Il haussa les épaules et reprit le cours, il était toujours euphorique et avait envie de sauter partout. Il eut du mal à se concentrer, il avait envie d'envoyer des messages à Bella, mais elle était sérieuse.

Il sauta de sa chaise quand ça sonna et se dirigea immédiatement vers elle.

-Tu viens à la maison ? Demanda-t-il précipitamment, alors qu'elle saluait ses deux amies. Elle hocha la tête et il l'attendit pour gagner le parking. Ils se félicitèrent mutuellement et comparèrent leurs copies sur le chemin qui les séparaient de leurs véhicules respectifs. Bella remarqua immédiatement que quelque chose clochait, sa voiture ne semblait pas droite. Elle comprit en même temps qu'Edward qu'elle avait un pneu à plat. Elle s'approcha rapidement, et s'aperçut avec horreur qu'on avait lacéré son pneu.

-Merde ! Souffla-t-elle en découvrant la grande entaille dans le caoutchouc.

-T'as une bonne assurance ? Demanda Edward, en passant sa main dans la nuque de Bella.

-Ouais, mais j'ai pas de roue de secours surtout. Bella répondit sans vraiment s'en rendre compte. La rage commençait à prendre possession de son corps.

-Dis-moi laquelle de ces garces a pu faire ça ?

-Je sais pas, Bella. Edward vit clairement les mains de son amie se mettre à trembler. Il en prit une pour la calmer et cela n'échappa pas à Tanya qui se tenait en haut des marches.

-Ca va aller Bella, on va aller au garage, on va acheter un pneu, je vais te le changer.

-Je suis capable de changer une roue, Edward ! Ce n'est pas le problème !

Elle craquait, comme d'habitude Bella était dans la sur-réaction et sa colère provoquait les larmes qui dégringolaient sur ses joues sans qu'elle ne puisse rien faire. Il l'attira contre lui la serrant entre ses bras forts.

-Bella, chut… ça va aller.

Irina venait de rejoindre Tanya devant les grandes portes et vit la même scène qu'elle. Edward enlaçait Bella et Irina savait que ça brisait le cœur de sa jumelle. Elles avaient remarqué qu'Edward était différent avec Bella. Il ne lui parlait pas sèchement, comme il faisait avec toutes les filles, il riait avec elle et, surtout, il avait des gestes tendres et ça, elles ne l'avaient jamais vu faire ce genre de chose.

-Plus j'en fais, plus ça les rapproche. La voix de Tanya était froide, parfaitement dénuée d'émotion.

-On va trouver un autre moyen. Je te promets que la Swan ne finira pas l'année à Forks High.

Sur ses mots, elles quittèrent le lycée, soulagées au moins d'une chose, elles avaient fait pleurer Bella et elles s'en réjouissaient.

Bella pleurait à chaudes larmes contre le torse d'Edward et il ne savait plus quoi faire pour la calmer. Il prit alors les choses en mains et appela son pote Emmet. Le grand brun baraqué répondit rapidement et Edward lui demanda de passer au garage et lui donna la référence du pneu. Il prit Bella par l'épaule et l'entraîna vers le bureau du principal Green.

Bella n'avait eu affaire au proviseur qu'une seule fois depuis son arrivée ici, c'était le jour de la rentrée quand il l'avait accueillie avec son père. Il connaissait bien le chef et Bella ne fut pas surprise de voir son père débarquer dans la demi-heure qui suivit. Elle avait calmé ses pleurs dans le bureau du principal mais n'osait pas parler et Edward avait pris les devants en lançant qu'elle avait reçu des menaces.

Le principal assura qu'il prenait cette histoire au sérieux et qu'il garderait un œil sur Bella. Charly remercia Edward qui venait de lui faire un résumé de la situation avec l'aide du principal. Le chef Swan s'inquiétait de l'état de sa fille mais Bella était plus résignée qu'autre chose. Elle savait que son année de terminale à Forks High serait très, très, très longue. Emmet, comme un super chevalier arriva dans sa jeep blanche. Il déchargea le gros pneu et, à trois, ils n'eurent pas beaucoup de peine à remplacer la roue endommagée. Edward jetait des coups d'œil réguliers à Bella et il la sentait fébrile, ce que bien sûr, il détestait.

Charly remboursa le pneu qu'Emmet avait acheté et il remercia chaudement Edward et son ami. Il était content que sa fille ait des gars sur qui compter mais il s'inquiétait quand même beaucoup pour elle.

-Je retourne au poste Bella, je vais déposer une main courante pour toi, tu passeras la signer ce week-end. Tu rentres à la maison. D'accord ? Elle hocha la tête. C'était la fatalité, elle voulait être amie avec Edward, elle devait en payer les conséquences.

-Je vais suivre Bella jusqu'à chez vous, chef.

-Bonne idée mon garçon, tu n'hésites pas s'il y a quoi que ce soit. Charly tendit sa carte à Edward qui la fourra dans la poche de son jean en le saluant. Le chef s'éloigna après avoir déposé un baiser sur le front de Bella.

-Merci Emmet, c'était cool vieux. Je te revaudrai ça. Edward claqua l'épaule de son pote.

-Oui, merci beaucoup Emmet, lança Bella d'une toute petite voix.

-Toujours là pour les femmes en détresse. Il lui fit un clin d'œil et s'éloigna.

Comme il l'avait dit au chef, Edward escorta Bella jusqu'à chez elle. Il descendit en même temps qu'elle et la suivit quand elle lui proposa de rentrer. Il se déchaussa dans l'entrée et lui demanda :

-Ca va aller, Bella ? Elle réfléchit quelques secondes, elle ne savait pas trop.

-J'en sais rien Edward, elles me foutent la trouille, jusqu'où sont-elles prêtes à aller pour me pourrir la vie ?

-Je sais pas Bella, soupira-t-il.

-Tu veux boire quelque chose ?

-Tu as quoi ? Il la suivit dans la cuisine et elle lui tendit une canette de soda. Cela lui convenait parfaitement. Ils s'installèrent dans sa chambre. Bella dans le fauteuil près de la Bow Windows et Edward sur le matelas contre la tête de lit. Il sortit son manuel de maths et commença à l'interroger sur ce qui l'avait fait tiquer. Elle n'était pas très enthousiaste à l'idée de faire des maths, elle n'avait envie de rien. Mais elle se dit que si elle se plongeait dans les exercices avec Edward, elle ne penserait pas aux autres idiotes. Elle grimpa sur le lit, s'installa près de lui pour voir de quoi il parlait, elle n'était pas capable de résoudre ces équations de tête. Ils travaillèrent un bon quart d'heure, Bella déroulait les raisonnements et Edward les notaient sur son cahier en appui sur ses genoux le livre ouvert entre eux. Elle soupira plusieurs fois, non, même les maths ne lui changeaient pas les idées. T

-Hé Bella, allez ! Pense à autre chose ! Souffla doucement Edward en caressant le dos de sa main. La tête de Bella tomba sur l'épaule d'Edward et elle inspira douloureusement. Son corps semblait peser une tonne et elle comptait sur son ami pour la décharger de son poids.

-J'y arrive pas.

-Ok.

Il ferma le bouquin de maths et l'attira contre elle. La tête de Bella se trouva calée au creux de son bras et il caressa sa joue. Il avait envie de crever les yeux de toutes les cheerleaders. Mais il savait que ça ne ferait qu'envenimer la situation. Bella devait être forte et ne pas se laisser impressionner. Il ne savait pas jusqu'où elles étaient capables d'aller et il ne voulait pas le savoir. Il se sentait responsable de la situation dans laquelle se trouvait Bella. Tout ça, c'était de sa faute à lui. L'altercation avec Jessica et Loren au self avait mis le feu aux poudres.

-Pourquoi sont-elles comme ça, tes copines ? Chuchota Bella en étendant ses jambes pour mieux se caler. Edward fit de même et regarda Bella.

-J'en sais absolument rien, mais une chose est sure, ce ne sont plus mes amies. Qu'il n'y en ait même pas une qui vienne me parler. J'ai jamais tapé une femme mais je crois que je pourrais me lâcher. Jessica ou Loren, je ne sais pas laquelle des deux je bafferai en premier. Bella alluma la chaîne hifi avec la télécommande, baissant un peu le volume pour faire une musique d'ambiance.

-Ca ne t'apporterait que des problèmes. Finit-elle par dire.

-Je sais. Mais qu'est-ce que tu veux qu'on fasse Bella ?

-Rien, il n'y a rien à faire, elles sont stupides, elles le resteront, ce sont des cas désespérés. Edward rit, elle n'avait vraiment pas tort. Comment avait-il pu passer autant de temps avec elles ?

-En tout cas, je te lâche plus d'une semelle. Je te conduis au bahut, ça t'évitera d'avoir des ennuis avec ta voiture.

-C'est gentil, Edward.

-Bon, puisque tu n'as pas la tête à réviser, veux-tu qu'on fasse autre chose ?

-Non, je suis bien là. J'ai rien envie de faire. En même temps que Bella prononçait ses mots, elle se rendit compte de l'ambiguïté de la position qu'elle avait, affalée contre lui et à quel point elle s'en moquait, tellement elle se sentait bien.

-D'accord, alors ne faisons rien. Il réajusta sa position et soupira de contentement, il était bien, lui aussi. C'était la première fois qu'il avait un contact de ce genre avec quelqu'un mais ça ne le dérangeait pas, au contraire. Il se sentait plus proche de Bella qu'il ne l'avait jamais été avec qui que ce soit. Et il aimait cette relation qu'ils avaient, complices, sans ambiguïté. Il aimait parler avec elle, quand elle n'était pas silencieuse comme maintenant. Alors pour s'occuper, il détailla sa chambre, il aimait bien l'ambiance. Il faisait pratiquement nuit dehors alors, c'était un peu sombre, mais il aimait la tapisserie claire et sa housse de couette gris foncé qui tranchait avec ses meubles blancs. Il trouvait le petit désordre sur son bureau agréable, ça rendait la pièce vivante. Et tous ces livres qui trainaient partout, c'était tellement elle.

-Tu lis quoi en ce moment ? L'interrogea-t-il.

-Guerre et Paix de Tolstoï.

-C'est une belle histoire. Moi, je suis branché Marvel, rien à voir, je sais.

-C'est super les Marvel, j'adore Spiderman.

-Vraiment ? Edward était surpris, jamais une fille de son entourage lui avait dit ça.

-Ouais, regarde. Bella se leva d'un bond, ouvrit son placard et sortit le tout premier album de la série.

-Hey excellent, s'extasia-t-il. Viens ! Il lui prit le livre des mains et Bella regagna sa place après qu'il eut remis son bras derrière sa nuque.

Ils passèrent plus d'une heure à feuilleter et à commenter la BD. Bella était bien loin de ses soucis du lycée et Edward ne pensait plus à rien, si ce n'est à son amie qui riait de ses blagues et partageait sa passion de la BD, débile aux yeux de beaucoup de gens. Elle, elle le comprenait et peut-être qu'il lui montrerait sa collection de figurine. Celle qu'il avait faite à dix ans et qu'il cachait dans une boîte à chaussures sous son lit. Il avait suffisamment confiance en elle pour lui montrer ça.

Au rez-de-chaussée, Charly s'attendait à trouver sa fille et Edward dans le salon puisqu'il avait vu la Volvo grise du jeune homme dans l'allée. Il fronça les sourcils en constatant qu'ils étaient dans sa chambre. Il aimait bien Edward mais il n'aimait pas l'idée qu'ils soient seuls dans sa chambre pendant son absence. Il monta les escaliers et soupira de soulagement quand il vit la porte grande-ouverte. Ils ne seraient pas assez stupides pour se peloter les portes ouvertes ? Se demanda le chef en serrant les dents. Il ne voulait pas avoir à foutre le petit Cullen dehors.

-Bella ? La tête de Charly apparut sur le pas de la porte ce qui fit sursauter Bella et Edward se pencha en avant pour voir le chef. Il s'attendait au pire.

-Oui ?

Charly refrénait un sourire, ils étaient sagement en train de lire une BD. Dans quel monde parallèle était-il tombé ? Deux adolescents de sexes opposés, seuls dans une chambre, allongés sur un lit et ils lisent une BD ?

-Ouais heu… Je commande des pizzas, vous voulez quoi comme garniture ?

-Fromage pour moi papa, répondit Bella, Edward ? Tu manges avec nous ?

-Ouais, d'accord, fromage, ça me va aussi.

-Bien, je vous appelle quand c'est là, soyez sages !

Charly s'éloigna, Bella s'empourpra, Edward pouffa.

-Il est cool ton père, j'ai cru qu'il allait me botter le cul !

-On ne fait rien de mal et je crois qu'il t'aime bien. Bella ne pouvait l'expliquer mais elle connaissait son père et elle savait qu'il appréciait Edward. Elle soupira et se réinstalla confortablement dans le creux de son épaule en inspirant le parfum délicat de son eau de toilette. La chaleur du corps d'Edward permit à Bella de se retrouver parfaitement détendue contre lui. Elle aimait l'effet que son contact avait sur elle. Elle se sentait tellement bien qu'elle avait envie d'en pleurer.

Une demi-heure plus tard, le chef interrogeait Edward sur leurs résultats footballistiques et, intérieurement, il jubilait de voir sa fille si proche d'un des joueurs. Bella se sentait bien, Edward était là à parler avec son père et ils avaient l'air de bien s'entendre. Ca faisait du bien à Bella de voir qu'il appréciait son ami. Le téléphone d'Edward sonna dans sa poche. Il s'excusa avant de répondre.

-Oui allo ? Demanda-t-il, curieux de savoir qui l'appelait en numéro privé.

-Edward, c'est Tanya, ça va ?

-Ha Tanya ? Répondit-il surpris. Il eut immédiatement envie de l'envoyer promener mais il ne pouvait pas faire ça devant Bella et le chef. Bella, elle, avait serré les dents et réprimé un frisson en entendant le prénom de la cheerleader. Charly l'avait remarqué et s'amusa de voir sa fille jalouse. Il pensa qu'elle avait raison, elle devait marquer son territoire, sa petite.

-Tu fais quoi ? Je t'attends depuis une heure. Cingla la blonde dans l'oreille d'Edward qui ne comprenait pas pourquoi elle l'attendait.

-Je suis chez les Swan là, Je n'avais pas prévu de venir et nous sommes en train de dîner donc je te rappelle plus tard. Allez bonne soirée.

Il interrompit la communication en appuyant un peu fort sur le bouton rouge, coupant pour de bon son téléphone.

A quelques rues de là, dans un pavillon très chic du quartier huppé de Forks, un smartphone de dernière génération venait de perdre la vie suite à une collision brutale contre la cloison de la chambre d'une adolescente rageuse. Irina, alertée par le bruit dans la chambre de sa jumelle, se précipita auprès d'elle et écouta les malheurs de sa sœur.

Edward ne pensa pas une seconde qu'il venait d'humilier Tanya, il savait qu'il l'avait probablement blessée mais il s'en fichait parce qu'il reprit sa conversation footballistique avec le chef, ce qui était bien plus intéressant que la blonde. Bella était soulagée qu'il l'ait envoyée paitre, elle aimait ça, même si elle ne put s'empêcher de penser que ça allait encore envenimer les choses.

Edward quitta la maison des Swan peu après vingt et une heures et alla directement chez son pote, Jasper. Madame Witlock l'accueillit avec une fausse gentillesse. La maman de Jasper aimait bien les amis de son fils mais, quand ils étaient tous réunis, ils faisaient un boucan du diable et elle ne pouvait pas suivre son film parce que c'était la folie dans la chambre au-dessus du salon.

-Ils sont là-haut, soupira-t-elle en le laissant rentrer. Edward ne s'attarda pas et grimpa les marches quatre à quatre, il entra sans frapper, il venait ici depuis toujours. Rosalie et Emmet se bécotaient sur la moquette, contre le pied du lit alors qu'Alice et Jasper étaient mélangés sur le lit.

-Salut les potes ! Lança-t-il avec la bonne humeur qu'il avait depuis qu'il avait quitté le lycée avec son A+, oubliant les soucis qu'il causait à Bella. Il s'installa sur le bout du lit, Jasper le frappa pour qu'il se pousse, il bouchait la vue sur la TV. Edward grogna et Rosalie l'interrogea.

-Bella n'est pas avec toi ?

- Non, elle ne voulait pas sortir, elle était fatiguée.

-Alors, comment elle va ?

-Bof, c'est la merde, lança-t-il franchement. En se laissant tomber en arrière, sur les pieds d'Alice. Rosalie se leva et vint s'installer à coté de lui.

-Je crois qu'il va vraiment falloir qu'on veille sur elle. J'ai essayé de tirer les vers du nez à Jess mais elle m'a assuré qu'elle ne savait rien pour le pneu.

-Elle avait l'air sincère, renchérit Alice, mais comme elle sait qu'on est amies avec Bella maintenant, je n'assurerais pas qu'elle ne mentait pas.

-Pourquoi elles font ça ? Demanda subitement Jasper. Je veux dire, Bella est gentille, elle n'a jamais rien fait de méchant.

-Ce sont des chiennes, expliqua Emmet. Elles ont pris Bella en grippe parce qu'Edward est amoureux d'elle.

-Hé ! L'intéressé se redressa d'un bond. Arrête de raconter des conneries ! Se défendit-il. Amoureux de Bella ? Et puis quoi encore ?

-Je suis assez d'accord avec Emmet, souffla Rosalie en tirant sur son col. Avoue qu'elle te plaît. Alice ricanait, Edward et Bella ? Cette idée lui plaisait. Jasper jaugeait la réaction de son pote. Le grand blond trouvait qu'il démentait bien trop vite pour que ce soit honnête.

-Non ! Elle ne me plaît pas. Enfin si, physiquement, elle est canon et je la cartonnerais bien mais c'est Bella et Bella est sérieuse, une fille bien. Elle ne voudra jamais s'envoyer en l'air avec moi.

-Qui te parle de t'envoyer en l'air ? Edward arqua un sourcil en repoussant les doigts de Rosalie qui tirait sur son oreille.

-Bah alors quoi ? Demanda Edward ne comprenant pas ce qu'elle lui reprochait exactement.

-Elle te plaît, vraiment ? C'est jamais venu dans ton petit crâne de crétin que tu pourrais sortir avec elle ?

-Sortir ? Genre sortir sortir ? Comme toi et Emmet ?

-Ouais, où comme Lic' et Jasp'. Edward émit un petit rire nerveux.

-Non, ça ne m'est jamais venu à l'esprit, mais, maintenant que tu le dis… ouais, ricana Edward. Je pourrais lui tenir la main, la ramener après les cours, lui faire un cadeau en forme de petit cœur pour la Saint Valentin et aller manger le dimanche midi avec ses grands-parents. Non, mais t'es malade ? Plutôt me couper une couille !

-T'es un trou du cul, Cullen. Rosalie laissa tomber sa main sur le visage d'Edward et le secoua de droite à gauche. Qu'est-ce qu'on va faire de toi ? Pauvre tâche !

-Bella serait super bien comme copine pour toi. Continua Alice. Elle imaginait déjà ses amis ensemble et ça lui plaisait vraiment beaucoup.

-Plutôt mourir Alice.

-Mais pourquoi ? Bella est cool, elle a un super humour, vous avez plein de trucs en commun et tu l'adores, je le sais !

-Ouais je l'adore, c'est pas le problème et ouais, elle est super !

-Alors, c'est quoi le problème ? Demanda Emmet, sans quitter la télévision des yeux pour autant.

-Elle n'a aucune expérience en matière de sexe et … j'ai des besoins moi !

-T'es dégueulasse ! Alice était aussi écœurée qu'amusée par les propos d'Edward, elle était habituée qu'il ait ce comportement odieux mais, en même temps, elle ne pouvait rien y faire.

-Si je te suis, demanda Jasper, Bella est bien mais, comme tu as besoin d'une nana qui baise, tu ne t'intéresses pas à elle.

-Exactement ! Edward se redressa et tapota affectueusement sur le mollet de son pote. Toi, t'es un frère, tu me comprends !

-Bah, elle baisera avec Jacob Black, t'inquiète pas. Rosalie déposa un baiser sur sa joue, retourna s'installer avec Emmet au pied du lit.

-Ouais et quand il l'aura décoincée, il te la refilera. Edward éclata de rire à la remarque de son ami assis par terre. Il aimait bien l'idée d'une Bella dépravée dans son lit.

-Carrément. Souffla Edward en se laissant retomber sur le matelas.

-Quel plaisir de passer derrière lui. Ironisa Jasper.

Edward ne se rendait vraiment pas compte que ses amis se foutaient de sa gueule, néanmoins, il admit dans sa tête que non, il n'aimerait pas passer derrière lui, mais si Jake pouvait décoincer Bella, ça lui ferait du bien à la petite. Il avait envie de la voir s'éclater, Edward aimait terriblement le sexe et imaginait aisément passer un bon moment avec Bella. Mais il n'aurait jamais la patience d'être doux et tendre avec elle, comme elle le désirait pour sa première fois. Déjà avec un baiser, il avait failli la retourner. Il lui foutrait la trouille et il la dégoutterait du cul pour toujours. Remarque, il n'imaginait pas Jacob Black être plus délicat. Mais, au moins, ça ne serait pas de sa responsabilité.

Edward sentit à ce moment-là un mal-être terrible. Il ne pouvait pas penser à Jacob faisant des trucs à Bella. Elle était trop innocente, trop douce, il allait lui faire du mal. Edward savait que Jake n'attendait rien de plus avec elle et il ne prendrait pas de pinces. Son inquiétude pour la petite brune revint et ça ne le quitta pas de la soirée. Il ne le montra pas bien sûr, car il savait que s'il disait quoi que ce soit il allait être bon pour le discours t'es amoureux d'elle et il n'aimait pas ça. C'est lui qui décidait de qui il aimait ou pas. Et Bella, aussi parfaite soit-elle ne serait jamais sa petite-amie, parce qu'il ne voulait pas de petite-amie. Il essayait de repousser la brune de ses pensées, elle ne devait pas être son souci.

Pourtant, quand il rentra au milieu de la nuit, il ne put s'empêcher de penser à elle. Sans le vouloir et en se détestant, il remettait en cause ce qu'il avait dit à ses amis. Il ne voulait pas sortir avec elle, il aimait trop leur amitié mais il ne voulait pas que Jacob pose ses mains sur elle et il ne voulait pas qu'il lui manque de respect. Il devait la mettre en garde, empêcher que cela se produise, c'est ce qu'un ami devrait faire ?